C. — §»triictiirc cic l'inteslin g^rôic
Préparation. Il faut étudier cette structure: 1» sur une portion d'intestin distendue et non desséchée; 2" sur une porlion d'Intestin desséchée; y» sur l'intestin retourné et distendu. 11 importe encore d'étudier la membrane muqueuse sous l'eau, à l'aide d'une forte loupe, et enfin au microscope. Des injections fines poussées par les veines d'abord, puis par les artères, sont indispensables pour approfondir l'étude de la distribution vasculaire de l'intestin. |
De même que l'estomac, l'intestin grêle est conslitué par quatre tuniques ou membranes, qui sont, de dehors en dedans, une tunique séreuse, une tuniqxuf musculeuse, une tunique celulleuse et une tunique muqueuse. Tuuique se- a. Tunique séreuse. Sa disposition n'est pas la môme sur le duodénum et sur le reuse. jéjuno iléon. Sur le duodénum, le péritoine se comporte à l'égard de la première uon ''suMe" portion du duodénum comme a l'égard de l'estomac, c'est-à-dire qu'il la revêt eal duodénum ; entier, excepté en avant et en arrière, où se voit un espace triangulaire qui est mlèrè" "^or- dépourvu de cette membrane. De même que l'estomac^, cette première portion tion. donne attache en avant au grand épiploon, et en arrière au petit. On a. appelé improprement ligament hépatique du duodénum le repli que forme le péritoine ca-^ se portant du foie sur le duodénum.
Sur la dMi- Relativement à la deuxième porlion du duodénum, le péritoine ne fait que xième et sur pagger au-devant d'elle, sans lui fournir une enveloppe complète ; en sorte que '''poriTon"" l'intestin répond immédiatement, en arrière, aux parties avec lesquelles il estca j rapport, el présente une très-grande fixité.
Quant à la troisième portion, nous avons vu que le feuillet inférieur du mésocOlon transverse lui formait une enveloppe incomplète. Sa disposi- Le péritoine forme une gaîne complète au jéjuno-iléon, excepté à son bord tion sur concave, où les deux feuillets du péritoine qui constituent le mésentère, s'écartent l'inteslin „ ^ l'autre pour recouvrir l'intestin ; là se voit un espace triangulaire celluprement leux tout à fait semblable à celui que nous avons remarqué le long des courbures de l'estomac, et qui remplit le même usage, c'est-à-dire qu'il supplée au défaut d'extensibilité du péritoine, et permet à l'intestin d'acquérir subitement un grand volume. On aurait toutefois une fausse idée de la dilatabilité de l'intestin, si l'on pensait qu'elle a pour limites celles de cet espace triangulaire, car, dans les rrandes dilatations de l'intestin, le mésentère lui-même se dédouble pour servir l'ampliation de ce canal, ainsi que je m'en suis assuré en mesurant le diamètre antéro-postérieur du mésentère, soit avant, soit après l'insufflation de l'intestin grêle.
Ténuité du Du reste, le tissu cellulaire qui unit la tunique périlonéalc à la tinnque mustissu cellu- culcusc est exirêmcmcnl délié, et son adhérence à celte dernière tunique va en '^éritoriai' au^mcn'tant à mesure que, du bord concave, on s'approche vers le bord convexe.
Bien que sa ténuité soit extrême, et permette de voir par transparence les
DE l'intestin grêle.
libres musculaires, la lunique pc^-itonéalc jouit d'une assez grande force de v6- -istance.
1). Tunique miisculeuse. Elle est composL'e de deux plans de fibres : l'un superli- ( ici, l'autre profond. Le plan superficiel, qui est le plus mince, est formé de fibres tiisposéi'S suivant la longueur de l'intestin, ou de fibres longitudinales, réparties (le la manière la plus régulière, et constituant un plan continu à la surface de l'inlestin. Je n'ai pas vu que ces fibres fussent plus multipliées du côté du bord inésentérique que du côté du bord convexe. Cette couche de fibres s'enlève presque toujours avec la tunique péritonéale, à laquelle elle adhère intimement. La couleur blanche de ces fibres, l'aspect resplendissant qu'elles présentent à tra- \ers la membrane péritonéale, les ont fait regarder à tort par quelques auteurs anciens comme étant de nature tendineuse.
11 est difficile, et d'ailleurs sans intérêt, de déterminer d'une manière rigoureuse si les mômes fibres parcourent toute la longueur de l'intestin, ou bien si elles sont interrompues de distance en distance. On admet généralement qu'elles i<m\. interrompues, et que leurs extrémités sont reçues dans l'intervalle des autres fibres.
La couche profonde de fibres musculaires, plus épaisse que la précédente, est l ormée de fibres circulaires, parallèles, ou se coupant sous des angles très-a gus.
Hes m'ont paru décrire un cercle complet, et s'insérer à elles-mêmes par leurs extrémités. Elles n'offrent point d'intersections.
Toutes ces fibres sont lisses, c'est-à-dire qu'elles n'ont aucune apparence de stries transversales comme celles de la vie de i-elation.
c. Tunique celluleuse. Intermédiaire à la membrane musculaire et à la membrane muqueuse, elle présente les mômes caractères qu'à l'estomac.
d. Tunique muqueuse ou villeuse. Elle présente: 1° une surface externe, adhérente par un tissu séreux assez lâche à la membrane celluleuse, tissu cellulaire susceptible d'infiltration séreuse, sanguine, purulente ; on peut très-bien simuler l'emphysème ou l'œdème sur le cadavre, en distendant l'intestin retourné, soit avec de l'air, soit avec de l'eau; 2" une surface interne ou libre remarquable 1° par des duplicatures ou valvules, appelées valvules conniventes ; i° par des villosités très- développées ; 3° par des orifices nombreux.
Tunique inusculeuse.
Fibres longitudinales.
Fibres circulaires.
Membrane celluleuse.
Tunique muqueuse ou villeuse.
1» Valvules conniventes {vulvulœ intestinales).
Préparation. Renverser l'intestin grêle, de manière que sa face externe devienne interne. Plonger l'intestin renversé dans l'eau, ou bien encore se contenter de diviser l'intestin, et étudier sous l'eau sa surface interne. Étudier aussi l'intestin insulllé et desséché.
Jusqu'à présent nous n'avons vu dans la membrane muqueuse du canal alimentaire que des replis destinés à favoriser l'ampliation de ce canal (ex. œsophage, estomac), replis qui s'effacent complètement par l'effet de la distension des organes. Les replis de la muqueuse de l'intestin grôle ont une autre deslinalicn, et s'il est incontestable qu'ils servent en quelque chose à l'allongement et i la dilatation de l'intestin, il ne l'est pas moins qu'ils ne s'efi'acent jamais coinplélcment, à quelque degré que soient portés cet allongement et celle dilalalion. Ces replis niérilcnl une description particulière. On les appelle valvules conniventes (connivcre, fermer à demi), ou valvules de Kcrkringius, bien que Eallope les eût parfaitement décrites avant cet anatoinislc. Elles commencent dans le
Valvules couiiivcn-
l'.Ues (lilTort'iit lies replis lie l'a;sii|ihaj;c el (le l'estuinac .
SPLANCIINOLOGIE.
Elles conimcnceiil dans le ' (luodcnuiii.
Leur diiniuulinn graduelle à mesure qu'on approche de la \alvulc iléocaecale.
Leur direction.
Leur forme.
Leurs diineusions.
Leur disposition.
Direction des valvules coniiiveutes.
Rlles sont conslituéi's
par un repli muqneux.
K;les r.ilentissent le rours des ni;iticres.
(Fig. 93)
duodénum, à 3 ou b ccnliniùtrcs du pylore; il n'est pas rare de les voir précédées de quelques plis verticaux. Trùs-nombrcuses et trùs-développées dans le duodénum et au commencement du jéjuno-iléon, elles diminuent peu à peu à partir des deux premiers cinquièmes de cet intestin, et sont d'autant moins régulières et d'autant moins prononcées qu'on s'approche davantage de la partie inférieure de Tint estingréle; au voisinage de la valvule iléo- cœcale, elles manquent quelquefois complètement, dans une étendue de (iO centimètres à un mètre. Dans quelques cas rares, j'ai vu cependant ces valvules conniventes s'étendre jusqu'à la valvule ilôo-cœcale ; nulle part elles ne sont assez multipliées pour qu'il y ait une véritable imbrication.
Ces valvules sontdisposées perpendiculairement à l'axe de l'intestin et décrivent la moitié, les deux tiers, les trois quarts d'un cercle. Il est rare qu'elles forment
un anneau complet ; leur largeur est plus considérable à leur partie moyenne, qui a de 3 à 7 millimètres, qu'à leurs extrémités, qui sont eftilées. Pour bien apprécier leur forme , leurs dimensions et leur disposition respective, il faut les plonger dans l'eau, ou les étudier sur un intestin desséché après insufflation; généralement parallèles , elles s'inclinent l'une vers l'autre par leurs extrémités, se bifurquent , s'envoient de petits prolongements, soit verticaux, soit obliques; quelquefois on voit de peliles valvules intermédiaires aux valvules plus considérables. Quelquesunes sont l)rusquement interrompues : on dirait au premier abord qu'elles ont subi une perle de substance. Plusieurs sont alternes et semblent disposées en spirale ; mais il n'y a rien de constant à cet égard. Leur bord libre regarde lantùt le pylore, tantôt la valvule iléo-ca;cale. Leur direction n'a rien de constant, elles obéissent à l'impulsion qui leur est communiquée, et leur bord libre se porte indifleremment en haut ou en bas. Examinées sur un inleslin desséché, elles représentent très-bien les diaphragmes de nos insirumenis d'optique.
Les valvules conniventes sont consliluées par un repli de la membrane muqueuse, dans l'épaisseur duquel on trouve un tissu cellulaire lAche, des vaisseaux de divers ordres et des nerfs. L'insufflation, l'œdème naturel ou artificiel de ce tissu cellulaire sous-muqueux, en soulevant la muqueuse, les effacent complélemen(. La tunique celluleuse présente un épaississemcnt léger au ni\eau de la base de chaque valvule.
Les valvules conniventes, malgré leur renversement facile, doivent avoir pour usa^^c de ralentir un peu le cours des malièresen circulation dans le canal inleslhial, sans toutefois leur opposer une résistance notable, qui aurail pu devenir une cause d'obstruction et produire des accidents. Leur usage principal es! peut-
(') Valvulvcs rornivcntrs de la .nuquci:sc de la partie supérieure de l'inlcslin jrèlc.
DE l'iMESTIN grêle.
êd-e de multiplier les surfaces. Or, elles doublent, suivant Fabrice, elles triplent, suivant Fallope, elles sextuplent, suivant Kew, la surface de l'intestin; celle plient lernière évaluation est tWidemment exagérée. Sœmraering a émis l'opinion que ["g^^^i^^^'l"
<urfiioc de la muqueuse intestinale surpasse en étendue la surface de la mmu (i). Sans être particulières cU'espèce humaine, les valvules conniventes sont bien plus développées chez l'homme que chez les autres animaux.
Indépendamment des valvules conniventes, la membrane intestinale présente dos plis irréquliers qui s'effacent par la distension. p'^'s irrégu-
^ ^ liers de la
muqueuse
2» Ylllosités, intestinale
Préparation. 1" Placer dans l'eau, en l'exposant aux rayons solaires, l'intestin ouvert, et agiter le liquide; un lilet d'eau, préalablement reçu sur la muqueuse, la débarrassera des nuicosités qui forment quelquefois à chaque villosité une gaîne tenace. A. Meckel conseille, pour enlever le mucus, de plonger l'intestin d'abord dans une solution arsenicale, et ensuite dans une eau chargée de gaz hydrogène sulfuré ; mais l'action continue du jet d'eau est iiitiiiiment préférable. 2o On pourra encore rouler sur elle-même une portion de la muqueuse
^achée; bien entendu que l'enroulement devra avoir lieu du côté de la face adhérente, llenverser une anse d'intestin ; la surface péritonéale devient alors la surface interne. l'Iacer alors dans la cavité de cette anse renversée un cylindre qui la remplisse, plonger la pièce dans un flacon cylindrique, et agiter l'eau pour rendre les villosités plus apparentes.
Les villosités (2) se montrent exclusivement dans l'intestin grêle, depuis le Aspect des pylore jusqu'au bord libre de la valvule iléo-tœcale ; nous avons vu cepen- iJ[és°fnaies. danl qu'on les rencontre quelquefois dans la portion pylorique de l'estomac. Fallope a la gloire de les avoir découvertes (3). Étudiées plus tard par Helvélius, IHewson et Lieberkuhn, elles l'ont été plus récemment par Albert Meckel, et par un grand nombre d'anatomistes modernes, lixamlnée à l'œil nu et à la loupe, !a surface interne de l'intestin paraît hérissée d'une foule d'éminences ou de villosités : on dirait d'un gazon bienloufi'u ou d'une chenille très-velue. Chez quelques animaux, chez le chien et surtout chez l'ours, les papilles sont si mullipliées et tellement longues, qu'elles représentent en quelque sorte une racine chevelue.
Ces villosités occupent toute la longueur de l'intestin grêle, hérissent les valvules conniventes, aussi bien que les intervalles qui les séparent; mais, suivant les régions, elles s'y présentent avec deacaractères différents.
Nombre. C'est dans le duodénum qu'elles sont le plus nombreuses; on y a Nombre, compté environ 72 villosités par millimètre carré. Ce nombre va en diminuant progressivement à mesure qu'on approche de l'extrémité infôiieure de l'intestin ^grélc, où il n'est plus, suivant Henle, que les y de celui des villosités du duodénum.
Lieberkuhn a porté le nombre total des villosités i ilOO.OOO, d'autres à un million. D'après des estimations plus récentes, il dépasserait 10 millions. Il m'a paru que, sous le rapport du nombre et de la longueur des villosités, les carnivores l'emportaient de beaucoup sur les herbivores. On signale la loutre comme l'animal qui présente les villosités les plus considérables.
(1) Corpor. hum. Fabrica, t. VI, p. 295.
(2) Les villosités ont été ainsi nommées par Fallope, parce qu'il les comparait aux Hlaments qui garnissent le vcluurs.
(3) Fallopii Q/jservationes (uiutomic(v, 15'i2.
splanchnologie:.
Forme.
Viirièlés de forme.
Leur forme varie beaucoup. Dans la pliipail des animaux que j'ai examinas, chien, chai, veau, ours, elles sont filiformes. Chez l'homme, elles sont foules apla-
(Fig. 94) n.
lies ou foliacées, mais deviennenl cylindriques quand elles sont gorgées de sang
ou de lymphe. Au duodénum, elles (Fig. 95) (**). sonl larges, en forme de lames,
recourbées sur elles-mêmes; leur hauleur égale à peine la moitié de la largeur de leur base. Dans l'intestin grêle proprement dit , elles sont reclilignes, flollanles, cylindroïdes , conoïdes , lerminées en massue, étranglées et quelquefois coudées à leur partie moyenne.
Leur longueur varie entre 5 el "7 centimètres; leur diamètre, entre \ et 2. Entre les villosilés qui présentent ces dimensions, il n'est pas rare d'en rencontrer quelques-unes qui sont beaucoup plus courtes, de forme conique ou prismatique, et qui reposent sur une base trèslarge. Au voisinage des ulcérations inleslinales, elles sont comme ébarbécs, tronquées, siruc.ure. Slruclure. Urunner y voyait des tubes mcn>br.ineux d'où naissent les chyhftrcs.
,.s c„..inn vorllrnlc (le l'inlcslin erèlc Irailcc par une solution légère de polassc, puis la^é. - 1. t'ss" eoijlS! de U 'propreiut dite. .^.^^0. e. g.audcs en tuLe. - couehe n.usculeuse de
;:v7::::?:;ei;.^,::"ïï d:::^e;;:r;i..osi.és e. or,fioe. s,andu,aires.
DE l'intestin grêle.
(Fig. 9G) (♦)
l oeuwenhoek les l'capporle A la fibre musculeuse. Helvc'tius et Hewson les appelaient des valvules en petit, idt5e qui a été reproduite et développée dans ces derniers temps par Albert Meckcl. Cet anatomiste, qui a fait représenter (I) les villosités observées chez un grand nombre d'animaux, les considérait comme formées de pelits feuillets, tantôt contournés sur leur axe, à la manière de la première feuille d'un grain de blé en germination, tantôt repliés en demi-canal ou gouttière ; mais toutes ces formes pourraient être rapportées à celle d'un feuillet, large à sa base, étroit à son sommet, forme fondamentale, qu'on parviendrait toujours à dt^monlrer avec la pointe d'une épingle.
Lieberkuhn admet àlabase de chaque villosité une ampoule qui s'ouvre par un l ifîce au sommet de celte villosité. Suivant Mascagni, les villosités sont compo- ■es d'un lacis de vaisseaux sanguins et de petits vaisseaux lymphatiques, et re- I ouvertes par une membrane extrêmement ténue, formée de vaisseaux lymphatiques et que remplit une substance spongieuse, dans laquelle s'ouvrent le chylifère central et les vaisseaux artériels et veineux (2).
Les villosités intestinales n'ont pu être bien étudiées qu'avec le secours du microscope. Elles se composent : i° D'une partie fondamentale, ou villosité proprement dite, prolongement de la couche la plus superficielle du cliorion muqucux; 2° de vaisseaux, qui se distribuent dans l'intérieur ou à la surface de la villosité ; 3° d'une couche de cellules é/nlhéliales , recouvrant toute la villosité.
La partie fondamentale de la villosité est formée d'une substance conjonctive homogène, dans laquelle sont disséminés de petits corpuscules arrondis. Les villosités ^ filiformes sont creusées d'un cœial central (3) qui se termine vers l'extrémité libre de la villosité, par un cul-de-sac, souvent renflé, et qui, au niveau de la base de celte dernière, s'abouche avec le réseau lymphatique de la muqueuse intestinale. Les villosités foliacées reçoivent tantôt un seul chylifère et tantôt plusieurs, terminés en cul-de-sac, ou peut-être en anse (4).
Surface interne de l'intestin grêle, avec ses villosités rendues turgescentes par lé chyle.
(1) Journal complément., t. Vil, p. 209.
(2) Ayant eu occasion de rencontrer un sujet dont les vaisseaux lymphatiques étaient remplis de matière liihcrculeuse, j'ai pu suivre dans chaque villosité une radicule lymphatique tuberculeuse, qui en parcourait toute la longueur.
{V) .l'iii injecté du mercure dans une veine mésenlérique ; par-de.'isus le mercure, j'ai fait pousser une injeciion noire, grossière : le mercure et une partie de la matière grossière injectée ont pénétré dans la cavilé intestinale, un globule de mercure apparaissaitau sommet d'un grand nombre de villosités noires d'injection, .l'en avais conclu que les villosités étaient perforées à leur sommet; celte opinion a été également soutenue par Hunier, Cruikshank, Hewson, lledwig, F5leu!nnd, Leuret et Lassaigne. Mais il est reconnu aujourd'hui que dans ce» expériences, il se produit des ruptures qui livrent passage aux matières injectées.
(i) Suivant ltrucke,le chylifère central de» villosité.s serait un simple espace sans paroi propre. Celle opinion est en contradictionavecccllede Kœlliker et delà plupartdes observateurs.
Ce canal central, dans Idiuel tous les anatomiste.-! sérieux reconnaissent l'origine des chylifère-s, est bien plus large que les vaisseaux sanguins qui se voient à la surface de la villosité. II. 10
Ampoule do
Lieberkuhn Opinion de Mascagni sur la struc ture des villosités.
Etude à l'aille du microscope
SPLANCHNOLOGIE.
Aulourduchylifùre cenlral,Brucke a découvert des faisceaux très minces de^l^rcs musculaires lisses, dont la direction est Ion gitudinale, et qui, suivant Kœllikcr, se
rattachent aux fibres de la (Fig. (9-;) (♦). couche musculeuse de la
muqueuse. C'est i\ ces Gbrcs musculaires qu'il faut rapporter les phénomènes de contraction observés dans les villosités d'abord par l.acauchie,puispar MM. Gruby et Delafond.
Les vaisseaux sanguins de la villcsilé forment dans la couche superficielle de l'organe un réseau capillaire à mailles étroites, dans lequel le sang afflue par une ou plusieurs artérioles, suivantle volume de l'organe, et qui donne naissance à un nombre correspondant de veinules, occupant, en général, la face opposée de la viUosité. Ces veinules vont se rendre dans le réseau veineux sous-,
muqueux. , . , . . i
Les villosités intestinales, de même que les intervalles qui les séparent, sont
■Ai
n Résoa.. dos vaisseaux sa„....^ des^inc.i.és in.«.inales^ ^
l-.) E,.ill.6tium de 1 'f ^l'" ,^/J;;; "c Ûul s Bondces par Tcau qui y a ,,.nc:rc. - D, cor-
;:i::JïS;;::v;:::,ï'S;tl;; c^uuies .pu.^.iaies. i e, c,i.d.s d-epi.h.iu. de na.
testin grêle de l'homme.
DE l'intestin grêle.
recouvertes par une couche de cellules épithéliuks cylindriques, légèrement r6ti L'ciesà leur extrémilé adhérente, et renfermant un noyau vésiculaire avec un ou Jeux nucléoles. L'épithélium de l'intestin grêle se détache rapidement après la mort, sous la forme de lambeaux, et ne peut ôtre étudié que sur des pièces trèsiraiches; il présente cette particularité remarquable que la face libre ou base des cellules dont il se compose, est couverte d'une membrane, épaisse, qui, vue de profil, apparaît comme un bourrelet Iransparenl. Ce bourrelet, qui se gonfle énormément dans l'eau, est marqué de striesparallèles à l'axe de la cellule, stries que Kœlllker regarde comme traduisant des canalicules très-fins traversant toute l'épaisseur delà paroi, et jouant un rôle dans l'absorption, dans lesquels Ilenle voit, au contraire, les limites de cils analogues aux cils vibraliles.
3» Glandes de l'intestin grêle.
Préparation. Il est des intestins qui se prêtent difficilement à l'éturle des glandes, si bien qu'on dirait que certaines glandules, soit isolées, soit agminées, n'existent pas. Il en est d'autres qui sont très-favorables à leur observation. On les rend plus apparentes en plongeant l'intestin dans de l'eau acidulée. Les glandes tubuleuses s'observent très-facilement
• sur des lambeaux de muqueuse qui ont séjourné.dans l'acide acétique, ou sur des tranches i détachées de pièces durcies dans de l'acide chromique. Il faut étudier les follicules et par lia surface interne de la membrane muqueuse, et par la surface externe, en enlevant les ! membranes séreuse, musculeuse et celluleuse qui les recouvrent. L'étude des glandules ( duodénales exige impérieusement ce dernier mode de préparation.
Les glandes intestinales sont extrêmement nombreuses; elles doivent être dist tinguées en 1° glandes tubuleuses; 2° glandes vésiculeuses ou follicules clos ; 2°glan-
• des acineuses ou en grappes .
1° Glandes tubuleuses ou de Lieherkuhn. Les glandes tubuleuses sont uni formé- Disposition ; ment réparties sur toute la longueur de l'intestin grfile, et se continuent dans le giayd"i gros intestin. Elles correspondent aux glandes tubuleuses de l'estomac ; de môme beiicuim.
• que ces dernières paraissent être destinées à la sécrétion du suc gastrique, de : môme les glandules de Lieherkuhn sont probablement chargées de la sécréi lion du suc intestinal. Disposées à côté les unes des autres et parallèles entre t elles, ces glandules sont tellement serrées, que leurs parois sont presque au con- ' tact; elles ne pénètrent point dans le tissu cellulaire sous-muqueux, mais sont ' contenues entièrement dans la muqueuse. Ce sont les plus petites glandes de ( cette espèce; leur longueur est mesurée par l'épaisseur de celle tunique et varie , entre O^^jS et 0°"",5 ; leur diamètre est environ le tiers de leur longueur et aug- ? mente un peu vers le fond du cul-de-sac. Leurs orifices sont circulaires, très-rapi proches etsituésautourdes villosités, qu'il est nécessaire d'ébarber pour les apcr- ' cevoir. On en trouve de trois à huit dans l'intervalle qui sépare deux villosilé.'^. ' Leurs parois sont fort minces, et se composent d'une membrane propre, sans struc- < tùre, tapissée à l'intérieur d'un épiihélium cylindrique ou prismatique. Les . glandes de Lieherkuhn contiennent un liquide transparent, où nagent des gra- ; nulalions. La disposition des vaisseauxaulour de cesglandulcs est, suivant Husch- ^ ke, l.i môme qu'autour des glandules stomacales.
2" Les glandes vésiculeuses ou foUiculrs'ios, désignées A tort par quelques ana- Foiiir,ii.-s tomislessous le nom do glandes deBrunner (I), cet anatomiste n'ayant décrit que soiitaiiis,
(1) Disput.da g/ait'L duoden. Ileidclberg, 1087-I7i5.
Caracicres des foUicu- Icssolitaires.
Follicules agminés. ou glandes de Pejer.
Aspect gaufré fies plaques.
soit glanduks du duodénum, se renconlrent dans l'intcslin soit isolées, soit réunies en groupes.
Les follicules solitaires sont uniformément répandus sur toute la surface de l'intestin grûle; mais leur nombre est extrêmement variable : lantûl, en eifet, on en rencontre à peine quelques-uns, et tantôt ils sont tellement serrés les uas contre les autres, que dans certaines maladies, où ces follicules étaient plus proéminents que de coutume, on a pu les prendre pour une éruption confluenle. Ils se présentent sous l'aspect de petites granulations, semblables à des grains de mil, arrondies, tantôt saillantes à la surface interne de la muqueuse, tantôt cachées dans le tissu sous-muqueux, sans ouverture distincte ; on les observe sur les valvules connivcntes aussi bien que dans leur intervalle. Placés sous la muqueuse, qu'ils soulèvent plus ou moins et qui est ordinairement garnie de viUosités à leur niveau, ils ne peuvent être reconnus habituellement que paï| transparence. Souvent une dépression, comme ombiliquée, de la muqueuse-f marque leur place. * Les mêmes différences se rencontrent pour le volume de ces glandes ; leur; diamètre varie entre 0"'"',4 et 0""",5; mais il est des sujets cliez lesquels tous les^ follicules ont le même diamètre, et d'autres chez lesquels ils présentent toutes; les variétés possibles. " , j'
Les follicules agminés sont plus généralement connus sous le nom de glanda
de Peyer, bien que cet anatomisteait décrit à la fois et les follicules solitaires et les follicules agminés. Pechl in les avait,, indiqués sous le titre de vesi-' cularum a^niîna.Willis, Glisson, Malpighi,Duverney,Wepfer,en avaient donné des descriptions plus ou moins complètes; mais Peyer (1), jeune encore, sans connaître le travail de Pechlin, les a décrits et fait représenter, sous le litre de glandulœ agminatœ, avec une exactilude qui ne laisse rien à désirer.
Ces follicules agminés se présentent sous la forme de plaques, généralement elliptiques, dont le grand diamètre est dirigé suivant la longueur de l'intcslin, criblées de trous ou de petites dépressions, qui leur donnent un aspect gaufré, d'où le nom plaques gaufrées, sous lequel je crois les avoir le premier décrites; toutes sont situées du côté opposé au méscnttre,
(.) Surface Interne de la partie inférieure de Tiulcsliu grêle, glandes soliUires et agminées.
(,) De glandulis intestinonm, i. Conradus Peyer, 1CC7-1G73. -f«f » [î^'^^^PJ^^^Î^ coinme appartenant à l'état normal, des cas de développement morb.de des foll.cules agmmôs.
DE l'intestin grêle.
, osl-t\-dire le long du bord convexe de l'intestin, quelquefois sur l'une et l'autre eucs occu-
e, mais jamais sur le bord niésentérique. On les rencontre principalement vers
tin de l'intestin grêle; elles deviennent de plus en plus rares à mesure qu'on '"l^'^'.lj^ ipproche du duodénum; cependant Peyer lui-môme en a rencontré une dans Leur siège. 10 duodénum. Leur nombre varie beaucoup : on en compte ordinairement vingt, iiuclquefois à peine la moitié, d'autres fois trente et même davantage. Peuvent- Mes manquer entièrement? La difficulté de les démontrer chez un certain
inbre de sujets les a fait rejeter par quelques auteurs et considérer comme le résultat d'un état pathologique, manière de voir qui est en contradiction manifeste avec l'observation.
Du reste, rien de constant, ni dans la situation, ni dans la forme, ni dans les dimensions des plaques gaufrées. On les voit se présenter sous la forme de '"H^IJ" longues bandelettes de 5 à 8 centimètres de longueur; quelquefois elles plaques. Rirment un groupe circulaire ou elliptique parfaitement régulier, d'autres fois ' s groupes inéguliers. C'est au voisinage de la valvule iléo-cœcale que se ren-
nlrent les plaques gaufrées les plus considérables. 11 n'est pas rare de voir la fin de l'intestin grêle entourée par une plaque gaufrée annulaire ; dans d'autres cas, 1 s plaques cessent à quelques centimètres au-dessus de la valvule iléo-cœcale, el sont remplacées par des follicules simples ou réunis deux à deux, trois à trois.
Ces plaques gaufrées sont en général contenues dans l'épaisseur de la mu- riics sont liicuse, qui est déprimée légèrement et dépourvue de villosilés au niveau de ^^^^^^.""^^^^ iliaque follicule du groupe; dans quelques cas, elles semblent implantées au 'sêurdela milieu de la tunique celluleuse. On doit les étudier et par la surface externe et muqueuse, [i ir la surface interne de la muqueuse. Lorsqu'elles sont remplies du liquide qu'elles sécrètent, et qu'on les examine par transparence, elles représentent trèsliicn les vésicules de la peau d'une orange. Cette observation est surtout facile i hez le chien, dont les follicules agminés m'ont paru proportionnellement plus développés que chez l'homme.
Les plaques gaufrées sont évidemment des agglomérations de follicules tout, à iiuiépen- 1 lit semblables aux follicules simples, et indépendants les uns des autres (i). 'fj,',",,!.*' Aussi voit-on quelquefois deux ou trois follicules altérés au milieu d'une plaque des plaques l>arfaitement saine d'ailleurs. Du reste, les villosités ne manquent pas au ni- agm.nees. veau des plaques agrainées ; elles occupent les intervalles qui séparent les dépressions. Il en est de même des glandes de Lieberkuhn. Mais leur nombre est devenu moindre en proportion de l'espace qu'occupent dans ces plaques les pa- [dlles et les glandes solitaires.
Tous ces follicules ont la même structure ; ils.se composent d'une enveloppe ^^^^""111^^, ^'ferne, parfaitement close, épaisse, résistante, formée de tissu conjonctif, et d'un culcsclos. onlenn grisâtre, mou, renfermant de nombreux noyaux et cellules.
3° Glandes achieuses on en grappe. Elles portent généralement le nom de : glandes de Bninner, et n'existent que dans le duodénum. Cet analomiste, qui avait ' déjà fait sur le pancréas des expériences curieuses, dit qu'ayant soumis le duo-
(I) Ctiez le phoque, dont j'ai eu occasion d'étudier le canal inleslinal, il règne tout le long 1 da bord convexe de l'intestin grêle un épaississemenl notable, en forme de Imndelelte de ! 2 à 3 lignes de largeur, épaississemenl que j'ai reconnu être constitué par des follicules
> agminés. Si on enlève les tuniques périloiiéale et musculeuse de l'intestin, les follicules
> agminés apparaissent sous la forme d'une glande, et si on divise l'inlcslin au niveau de ces follicules, la coupe présente des vacuoles très-distinctes, remplies d'un liquide ayant l'aspect du mucus.
SPLANCHNOLOGIK.
dt5num à une coclion incomplùte, il vit sur sa membrane interne des gianulalions, qu'il a fait figurer, de mûriie que les follicules isolés de la portion d'intestin voisine. Il appela cette réunion de glandules second pancréas. Or, voici ce que l'observation apprend à cet égard : il existe dans la moitié supérieure ou les deux tiers supérieurs du duodénum, au-dessous de la muqueuse, unecoucbe de glandules. aplaties, parfaitement distinctes les unes des autres, bien qu'elles
Elles oiTrent soient contiguës et comme pressées les unes contre les autres; couche qu'on ne tère""es ^^^"^ qu'après avoir enlevé les tuniques séreuse, musculeuse et celluieuse
gianduiessa- de Finteslin. Ces glandules, dont le diamètre varie entre 0""",2 et 0""",3 offrent hvaircs. ^Q^g jgg caractères des glandules buccales et labiales. Elles se compose*it d'un cerlain nombre de lobules réunis par un peu de tissu conjonctif, lobules donnant naissance à depetils conduits excréteurs; ceux-ci se réunissent en un canal excréteur commun, qui pénètre dans l'intestin après avoir traversé obliquement la muqueuse. Ces glandes, véritablement acineuses, ne cessent pas brusquement, mais deviennent rares et éparses vers la fin du duodénum, en même temps que leur volume se réduit de plus en plus. ,
Veines.
4° Vaisseaux et nerfs.
Artères. Les artères de l'inteslin grôle proprement dit viennent toutes de la mésentérique supérieure ; elles sont très-multipliées. Celles du duodénum émanent à&$ l'hépatique. Les branches de la mésentérique supérieure sont remarquables 1° par les nombreuses anses anastomotiques qu'elles forment avant d'arriver à l'intestin; 2° par leurs flexuosités dans l'épaisseur des parois; 3» par les plans successifs qu'elles forment entre la tunique péritonéale et la tuniquemusculeuse, entre la tunique musculeuse et la tunique celluieuse, entre celle-ci et la tunique muqueuse. Ce dernier plan offre un réseau très-compliqué, d'où partent les vaisseaux de la muqueuse. Nous avons fait connaître la disposition des vaisseaux des villosités; ceux des glandes de Lieberkuhn ressemblent exactement à ceux des -j glandes stomacales. Quant aux follicules clos, ils reçoivent un réseau périphérique qui, d'après Frey, envoie de nombreux ramuscules très-flns dans leur intérieur.
Les veines qui naissent de ces divers organes, forment dans la tunique celluieuse un réseau assez serré, d'où partent les rameaux qui conslitueni par leur réunion la grande veine mésaraïque, une des branches principales d'origine de la veine-porte. Les veines de l'intestin grêle sont bien plus volumineuses que les artères; elles sont rectilignes e.t non flexueuses comme ces dernières. Les vaisseaux lymphatiques de l'intestin sont plus connus sous le nom de vaislyniphati- scaux lactés OU chylifèrcs. Us naissent des villosités par un ramuscule central, des plaques de Peyer et des follicules solitaires par des réseaux qui entourent chaque follicule, peut-être aussi des autres éléments de la muqueuse. Toutes ces radicules s'anaslomosent entre elles dans la tunique celluieuse, et y forment un réseau très-serré, d'où parlent de petits Ironcs qui vont se jeler dans les ganglions nombreux situés dans l'épaisseur du mésentère; ceux du duodénum se rendent aux ganglions placés au-dessus du pancréas.
Les nerfs (\c l'intestin grêle sont une émanation du plexus solaire; ils forment le plexus méscntérique supéricur, appliqué sur l'artère du même nom.
Le développement de l'intestin grêle sera étudié en même temps que celui du gros inlestin.
Vaisseaux
Nerfs.
DU GROS INTESTIN
Usanes Dans l'inleslin grOle se complète la Iranslbrmation des maliôres alimentaires en substances assimilables; c'est là aussi que s'opère l'absorption de rtN substances. La transformation des aliments a pour agents essentiels la bile, le suc pancréatique et le suc intestinal. L'absorption a lieu dans toute l'étendue de l'intestin grêle ; elle a pour agents les villosités, pour les substances grasses, lo réseau vasculaire sanguin, pour les autres éléments absorbables. Les nombreux contours que présente rintesfin grôle, les valvules conniventes, et peut-
re aussi les villosités, ont pour effet d'augmenter l'étendue des surfaces. Les libres longitudinales en raccourcissant, et les fibres circulaires en resserrant l intestin, déterminent la progression des matières.
L'intestin pièlc est le siégede la chylificatioii.