USAGES
Sécrétion Le foie cst l'organc sécréteur de la bile. La bile est sécrétée dans les cellules [ de la bile. ]i(5patiques, dont le contenu, comme nous l'avons vu, présente déjà une partie j des éléments essentiels de la bile. On s'est demandé si les matériaux de lasécré" tion sont apportés par l'artère hépatique ou par la veine-porte. L'anatomie. en
(l) Voyez Procès-verbal de la distribution des prix delà Maternité, 1832.
UU FOIE
montrant que l'artère iKÎpatique se répand principalement sur les parois des \aisîeaux et des conduits ht^paliques, et que les divisions de la veine-porte pénètrent chaque granulation^ semble établir que le premier vaisseau est un vaislu nourricier, et que le second appartient essentiellement à la sécrétion bii, lire. Cependant, si l'on se rappelle que les veinules qui recueillent le sang do ces vasa vaaorum se jettent dans des branches de la veine-porte, on ne sera pas éloigné d'admettre que le sang de l'artère hépatique contribue également, iHiur une f;iible pari, à. la sécrétion de la bile. Cette opinion, du reste, est mise iu'.rs de doute 1" par l'observation d'Abernelhy, concernant une petite fille chez l iquelle on a trouvé de la bile dans la vésicule, bien que la veine-porte, au lieu de ~e distribuer dans le foie, s'ouvrît directement dans la veine-cave inférieure ;
par les faits d'oblitération de la veine-porte avec persistance de la sécrétion .'iliaire.
La bile parcourt successivement toutes les ramifications du canal hépatique ; parvenue dans ce conduit, elle peut suivre deux directions : ou bien arriver directement dans le duodénum par le canal cholédoque, ou bien se porter dans kl vésicule biliaire à travers le canal cyslique. Ce mouvement vers la vésicule, qui est un cours rétrograde, a beaucoup occupé les physiologistes : peut-être j explique-t-il par l'étroitesse de l'orifice duodénal du canal cholédoque, par son I laslicilé et surtout par la compression qu'exercent sur la portion duodénale de >; canal les fibres circulaires du duodénum. I.a vésicule du fiel et le canal cyslique ne sont pas indispensables à l'excrétion de la bile. Rien de plus fréquent le de rencontrer, chez les vieillards, l'appareil excréteur du foie réduit au ca- :al hépatique et au canal cholédoque.
Le foie remplit d'autres usages que celui de sécréter la bile. Bien avant les ravaux de M. Bernard, la disproportion qui existe entre le volume de cet organe ■t la quantité de bile sécrétée, le volume énorme du foie chez le fœtus, c'est-à-dii e I une époque où la sécrétion biliaire est à son minimum d'activité, portaient à admettre que le foie a une autre destination; et quand on considérait, d'une mtre part, que le foie est l'aboutissant, chez l'homme, d'un système veineux ; l ès-considérable, et chez le fœtus, du système veineux placentaire, on était fondé à présumer que . les usages inconnus du foie devaient être relatifs à l'hé- I uiatose.
C'est à M. Claude Bernard qu'il appartenait de mettre en lumière une des foncions principales du foie, celle de produire du sucre. Ce sucre, qui est indépendant de, celui que l'alimentation peut introduire dans le sang, n'est point excrété avec les produits biliaires; il sort du foie par les veines sus-hépatiques, qui le versent incessamment dans la veine-cave inférieure. Il se forme dans le foie, aux dépens |i"3 éléments du sang, aux dépens de la fibrine, suivant Lehmann. Mais cette '•rnsformation des éléments du sang en sucre n'est pas immédiate; il se proit d'abord dans le foie une matière spéciale, ternaire, non azotée, analogue à iraidon végétal et susceptible de se transformer en sucre par une sorte de fer- "icntation : M. Bernard lui a donné le nom de substance g lycogène. La fermenl'ilion glycogéniquo a lieu sponlanémcnt, même après la mort, sous l'innuence ' 'I "ne substance azotée, de la nature des ferments, qui paraît exister dans le su du foie.
L-î matière glycogène existe dans les cellules hépatiques sous la forme de graiiiilalions; d'autre part, nous y avons rencontré ccriaius éléments delà bile. Nous no saunons donc admettre l'opinion de quelques auteurs, qui considèrcnl lo foie
Klle a lieu
daus les cellules hépatiques.
Excrélion de la bile.
Probabilité des usages du foie relatifs à l'hématose.
Fonction glycogcnique du foie.
comme formé par deux glandes dislincles, mais enchevûlrées l'une dans l'autri' l'une, constituée par les cellules hépatiques, qui servirai! à former le sucre l'autre, composée des glandes des conduits biliaires, qui serait chargée de sécréter la bile.
Il existe enfin dans la science quelques faits qui tendraient ;\ démontrer qu(; c'est dans le foie que se forment les globules du sang; mais celte fonction du foie relative à l'hématose est loin d'être établie sur des bases certaines.
- § 2. - DU PANCRÉAS
Koi niatioii Préparation. — On peut apercevoir le pancréas sans préparation à travers l'épiploon gasdes globules ••''0-hépatique, en portant l'estomac en bas. Pour le mettre à découvert, renverser l'estomac sanguins, de lias en haut, après avoir divisé les deux feuillets du péritoine qui partent de sa grande courbure pour aller constituer le grand épiploon.
On découvre plus aisément encore le pancréas en renversant en haut l'arc du colon et en divisant le feuillet inférieur du mésocolon transverse.
Par une exception toute spéciale, le conduit excréteur du pancréas occupe l'épaisseur de l'organe. Pour le préparer, il faut diviser et écarter avec beaucoup de précaution, vers le milieu et vers l'extrémité droite de la glande, les granulations qui le recouvrent. On pourrait l'injecter par le canal cholédoque, en liant l'espèce de mamelon ou ampoule commune aux deux conduits cholédoque et pancréatique.
Le fancréas (ira-^apea;, tout chair) est un organe glanduleux, annexe du duodénum, avec lequel il affecte des rapports immédiats, situé transversalement et profondément, derrière l'estomac, au-devant de la colonne lombaire.
■ Forme et volume. Sous le rapport de sa forme, le pancréas ne ressemble à aucune autre glande : il est oblong transversalement, aplati d'avant en arrière: volumineux à son extrémité droite, où il présente une espèce de renflement anguleux, à la manière d'un marteau, s'effilant par degrés à mesui'e qu'on approche de son extrémité gauche : d'où la division scolastique du pancréas eu tête, en corps et en queue. Son grand diamètre, ou diamètre transverse, est mesuré par l'intervalle qui sépare la concavité duodénale de la rate. Du reste, lo volume et le poids du pancréas présentent beaucoup de variétés. Son poids, qui est pour l'ordinaire de soixante-cinq à quatre-vingts grammes, peut s'élever jusqu'à cent cinquante et même deux cents. Il n'est pas rare, d'autre part, devoir le pancréas atrophié, et, dans un cas de ce genre, son poids n'excédait pas trentedeux grammes. Dans un autre cas le pancréas était formé de deux portions bien distinctes, l'une verticale, l'autre horizontale, réunies à angle droit. Cette disposition, qui m'avait paru être l'exception, serait, au contraire, la règle, selon M. Verneuil, qui, dans un concours pour le prosectorat de la Faculté, a eu l'occasion d'examiner un grand nombre de pancréas. Un rétrécissement plus ou moins marqué, mais constant, légitime cette distinction. Dans le cas que j'ai observé, la portion verticale, qui naissait de l'extrémité appelée téle, était plus considérable que la portion horizontale.
Moyens de fixité. Les deux parties de la glande ne sont pas également fixes : Is portion verticale est liée au duodénum par un tissu cellulo-fibreux assez dense, par des vaisseaux et par des conduits excréteurs; or le duodénum n'est pas mobile. Lii queue du pancréas, au contraire, a des moyens d'union nombreux avec la rate, et celle-ci avec l'estomac, qui prend des dircclions diverses scion qu il
DU PANCRÉAS
L'st vide ou distendu plus ou moins par des aliments ; de là une mobilité bien |irononc<5e de la queue du pancréas, laquelle suit ces organes dans leur locomo-
(Fig. 132) (•).
V Lt
i lion. Le corps de cette glande peut prendre une direction oblique en haut el à I gauche (Verneuil).
Rapports. Sa face antérieure, convexe, recouverte par le péritoine, répond à l'es- iiappoiis ' tomac, qui glisse librement sur elle. Dans certains cas de maladie, une adhérence """"^
. * " > mac.
> S établit entre le pancréas et l'estomac; si bien que, dans l'ulcère chronique sim- couséqueu- ; pie de ce dernier organe, on voit le pancréas remplacer de très-grandes portions d'estomac détruites. Lorsque l'estomac est placé plus bas que de coutume, le
(*) Porlioli supérieure de la cavilé abdoiniiiale d'un eiiTanl; le foie est l'elevc de manière à rendre •pparente sa face inférieure; resloniac a élé renversé en haut, l'épiploon gnsiro-coliqiie ayant été oitisé, et le péritoine enlevé. — Y, estomac. — 1), I)', 0", les trois portions du duodénum, dont la ' première est devenue verticale par suite du déplacement de l'cslomnc. — L, rate — P, pancréas. — R, rein. — T, intestin grêle. — V/, vésicule biliaire. — l.<. ligament rond. — h. canal hépatique. — c. canal cjfstique. — cA, canal cholédoque. — 1, aorte. — 2, arlère coronaire 8lomHchii|ue. — 3, artère nëpatiqiic. — <t, artère spléuique. — S, artère mésenléri<iui; supérieure. — 0, veine mésentériqiie supérieure. — 7, veine Bpléniqne. - Vp, veine porte.
SFLANCIINOLOOllî.
Avec les parois abdominales.
Conséquences.
Rapports en arrière.
Rapports du
paucréas eu arrière.
napportsdu
bord supérieur.
Bord inférieur.
De la grosse extrémité.
Sa réflexion et sa disposition en
volute.
Petit pancréas.
pancréas répond, soit au l'oie, soit à la paroi abdominale antérieure, dont il t-i séparé seulement par l'épiploon gastro-hépatique; en sorte qu'on peut l'explorer avec la plus grande facilité à travers les parois de l'abdomen (1). C'e.st dans ces cas qu'on a vu des praticiens, d'ailleurs expérimentés, diagnostiquer un squirrhe du pylore. Le pancréas répond encore, en avant, à la première portion du duodénum et ;\ l'angle de réunion du colon Iransverse avec le colon ascondan(.
Sa face postérieure, concave, répond à la colonne vertébrale, au niveau de la première vertèbre lombaire; elle en est séparée par la veine splénique, la veine raésenlérique supérieure et le commencement de la veine-porte. Ces deux dernières veines sont logées dans une gouttière profonde, ou plutôt dans un canal presque complet, que l'orme le pancréas à ces veines, à l'artère mésenlérique supérieure et au plexus nerveux qui entoure cette artère. Un grand nombre de vaisseaux et de ganglions lymphatiques, les piliers du diaphragme, la veinecave à droite, l'aorte à gauche, la séparent encore de la colonne vertébrale. A gauche de cette colonne, le pancréas répond à la capsule surrénale, aux vaisseaux rénaux et au rein gauche. Le rapport du pancréas avec l'aorte est important : c'est donc à travers le pancréas qu'on sent les battements de l'aorte à l'épigastre chez les personnes amaigries, et que l'on comprime de vaisseau.
Son bord supérieur, épais, est creusé en gouttière dans toute sa longueur, pour loger l'artère splénique, qui souvent parcourt une espèce de chemin creux dans l'épaisseur de cette glande; la veine splénique, qui est rectiligne, est bien plus étroitement embrassée par cette gouttière. Il n'est pas rare de voir l'un de ces vaisseaux longer le bord inférieur du pancréas, surtout dans la portion droite, puis se relever, en passant sur la face antérieure de la glande, pour en gagner le bord supérieur (Verneuil). Ce bord répond encore à la première portion du duodénum, au lobe de Spigel et au tronc coeliaque. L'épaisseur de ce bord avait fait dire à quelques anatomistes que le pancréas était prismatique et triangulaire.
Son bord inférieur, beaucoup moins épais que le supérieur, est longé par la troisième portion du duodénum, dont il est séparé, à gauche, par les vaisseaux mésentériques supérieurs. Il repose sur le feuillet inférieur du mésocolon transverse.
Son extrémité droite ou duodéfiale, ou grosse extrémité, ou portion verticale, répond au duodénum et au canal cholédoque, qui s'y creuse, sinon un canal complet, du moins une gouttière de 3 centimètres environ de longueur. Celte extrémité duodénale présente une disposition fort remarquable : elle se recourbe sur cllcmfirae de haut en bas, comme le duodénum, par la concavité duquel elle est circonscrite,devient transversale lorsqu'elle a|atteint la troisième portion, se porte de droite à gauche, derrière les vaisseaux mésentériques, et forme la paroi postérieure du canal qui protège ces vaisseaux. Cette portion réfléchie, disposée en volute, se détache quelquefois du reste de la glande, ce qui lui a valu le nom de petit pancréas. l*ar sa grosse extrémité, le pancréas est comme attaché au
(1) On peut reconnaître rt priori celte (li.sptjsition : c'est lorsque la colonne vertéhralc peut être sentie immédiatement derrière les (larois tic l'abdomen, au niveau de 1 epi gastre. Je ne l'ai jamais rencontrée que chez des personnes amaigries, lorsqu'une grande partie de l'intestin grêle occupait l'excavation du l)assin. Il est probable que c'est la tra< tion exercée par l'intestin grcle contenu dans le bassin qui détermine, dans ce ras. l'nl'aisèment de l'estomac.
DU PANCRÉAS
'exirémilé splénique.
kiûdéniim, sur lequel il se moule de manière à offrir une concavilé et à le délorder en avant et en arrière. En avant, et surtout au niveau du petit conduit, L j granulations glanduleuses occupent l'épaisseur des parois du duodénum. Siilée parBérard, qui compare ce groupe d'acini aux glandes molaires situées \ûijinnge de l'embouchure du canal de Sténon, bien étudiée par M. Verneuil, ,Mte disposition, qui paraît être constante, unit plus intimement encore la 1 indc à celte partie de l'intestin. Le pancréas suit le duodénum dans tous ses . placements, en sorte que, lorsque le duodénum est situé plus bas que de couu^iie, ce qui arrive dans tous les déplacements de l'estomac en bas, la téte du ancréas est déplacée dans le même sens.
Chez l'enfant, la seconde portion du duodénum seule est en contact avec la lande (Verneuil).
Son extrémité gauche ou splénique, ou petite extrémité, est étroite, et vient s'ap- Rappui-tsde liquer contre la rate, sur laquelle elle s'aplatit et s'émousse, en présentant uolquefois un léger renflement; un repli du péritoine unit ces deux organes.
On voit que, sous le point de vue des rapports, il existe une grande analogie Tiaiisci'auiintre le pancréas et les glandes salivaires. Ainsi, des vaisseaux volumineux avoi- 'os'eemre
^ " ' • les rapports
iuent et pénètrent cet organe, qui leur forme en quelque sorte un chemin cou- du pant. et qui est agité par leurs mouvements. Le diaphragme, le duodénum et ^omac sont encore, pour le pancréas, la cause d'une sorte de succussion et de gi^ndes sa-
rPSSion. livaires.
Structure. Des analogies non moins multipliées existent, sous le rapport de 1 structure, entre le pancréas et les glandes salivaires, la parotide en parlicuer, et justifient en partie la dénomination de glande salivaire abdominale, qui lui l'té donnée par Siebold : même couleur blanchâtre, môme densité (t), même Auaiogies i-position en lobules, susceptibles de se diviser en granulations. L'identité est ^^j^^^lg"*^' 'lie qu'il serait impossible de distinguer à l'œil nu une portion de pancréas une portion de glande salivaire. Soumis l'un et l'autre à la coction, ils préintent le môme aspect et la môme saveur. Point de capsule fibreuse proprent dite, mais lamelles celluleuses qui séparent les lobules et les aciiii; tissu lulaire séreux assez abondant. Il n'est pas rare de rencontrer une certaine craissepanuililé de graisse, soit à la surface, soit dans l'épaisseur du pancréas; j'ai môme créaiique. n des cas d'atrophie de cet organe dans lesquels la graisse semblait avoir pris I place des grains glanduleux.
Le problème de la structure du pancréas, comme de toutes les glandes, se réiiiit à ces deux propositions : 1° déterminer la texture des grains glanduleux ou f ini; 2° déterminer la disposition des conduits excréteurs, des vaisseaux et des l' rfs dans l'épaisseur de la glande.
' e pancréas est une glande en fjrappe, dont les vésicules mesurent 0™'", 02 à Glande en ,03 en diamètre, et renferment une substance demi-solide et des noyaux ô'^i'P'^xlr(3mement multipliés, avec ou sans membrane d'enveloppe. Dans ces cellules
I '-incontrent des granulalions de diverses grosseurs, qui semblent formées par
la graisse.
iJe môme qu'aux glandes salivaires, les artères arrivent au pancréas par un Artères.
I) Le pancréa» a quelquefois une deii.sité extrême, qui a l)eaucoup d'analogie avec celle ''I squirrhe. si bien que j'ai vu qualifier de .squirrheux des pancréas qui ne présentaient au- ^iiie trace delé.sion do texture. Dans ces cas, il est nécessaire de s'assurer, par des coupes, de iiilegrilé parfaile du tissu glanduleux. Cette dureté comme pierreu.sc coïncide le plus sou- "lit avec l'atrophie de l'orpane.
SPLANCIINOLOGIE.
Veines.
Vaisseaux lymphatiques.
Nerfs.
Conduit excréteur, ou canal de Wirsung.
Il est quelquefois double.
Direction du conduit pancréatique.
Le conduit pancréatique s'ouvre
toujours par un ori- Gce qui lui est commun avec le canal cholédoque.
Canal pancréatique double.
Mode d'insertion des
divisions du canal pancréatique
sur le tronc principal.
(Fig. 133) n
grand nombre de points. Elles sont très-nombi'euses et très-considérables, eui égard à la petitesse de l'organe; elles viennent de l'hépatique, delà spléiiiqu,, et de la mésentérique supérieure. La principale porte le nom de pancréalicoduodénale et provient de la gastro épiploïque droite.
Les veines vont se jeter dans les veines mésaraïque supérieure et splénique.
Les vaisseaux lijmphatiques ne sont pas bien connus; il est probable qu'ils sei rendent dans les ganglions nombreux qui les avoisinent.
Les nerfs du pancréas viennent du plexus solaire.
Conduit excréteur. Il est nommé aussi canal de Wirsuncj, du nom du jeune ana4 tomiste, trop tôt enlevé à la science, qui l'a découvert. Par une disposition uni-i que dans l'économie, ce conduit excréteur est contenu tout entier dans l'épaisseur, on peut même dire au centre de la glande; en sorte que, pour le metlrei à découvert, il faut diviser avec précaution les couches superficielles de cet! organe.
Ordinairement unique, le canal excréteur est quelquefois double, et alors il y| a un canal principal, qui appartient au corps môme du pancréas, et un petit canal,, qui appartient à la portion réfléchie, ou petit pancréas.
Le canal pancréatique mesure toute la longueur de la glande ; étroit à l'extrémité splénique, qu'on peut considérer comme son origine, il augmente progressivement à mesure qu'il s'approche de l'extrémité dùodénale; là, il s'infléchit en bas, pour atteindre le canal cholédoque, à gauche duquel il est placé,,
s'accole à ce conduit, le perfore obliquement, et s'ouvre de la manière que j'ai indiquée à l'occasion du foie, dansi l'ampoule olivaire (ampoule de Vater) qui précède ini-^ médiatement l'orifice duodénal du canal cholédoque. Il i suit de là que le canal cholédoqne et le canal pancréatique s'ouvrent chez l'homme par un orifice commun. Cette disposition est constante, et lorsqu'il arrive de rencontrer un canal pancréatique qui perfore isolément le duodénum, on peut être assuré qu'il existe un autre canal pancréatique qui présente la disposition accoutumée; du moins cette règle ne m'a jamais trompé. Quant au siège précis de l'ouverture isolée du canal pancréatique surnuméraire, il se trouve devant, derrière, au-dessous, ou au-dessus de l'insertion du canal cholédoque. Tiedemann, qui a recueilli tous les cas connus de canal pancréatique double et toutes les variétés d'insertion qui ont été rencontrées chez l'homme, est parvenu à ce résultat curieux que ces variétés ont leurs analogues dans les diverses espèces d'animaux.
Le mode d'insertion des divisions du canal pancréatique sur le tronc princip;il mérite d'élre noté; les radicules pancréatiques, en effet, ne se réunissent p^ien ramuscules, rameaux et branches, à la manière des veines; mais les ramuscules provenant de chaque lobule se rendent directement et successivement au conduit général, disposition qui donne à l'appareil excréteur du pancréas l'aspect de ces insectes auxquels on a donné le nom de mille-pattes. Telle m'avait paru la disposition ordinaire du conduit de Wirsung (t). Mai-
(*) Section de la paroi intestinale passant par la papille sur laquelle s'ouvrent le canal cholciloijuc (< et le canal pancréaliquu(;)). — *, ampoule de Valcr. — rt-pli n)uqueux qui couvre la papille.
(I) Voyez 2= édition de cet ouvrage, I8i3.
DU PANCRÉAS
olle présente de nombreuses variétés. Suivant Meckel, il existe normalement, > hez le fœtus, deux canaux excréteurs s'ouvrant dans l'intestin, et dont le supé-
(Fig. 134) n.
-iir s'oblitùre habi- ...ellement chez ladalle. Quelquefois ces ,loux canaux persistent et présentent le mfime ■ dlibre. Une branche lie communication les unit l'un à l'autre; mais elle peut manquer, et alors il y a deux canaux excréteursparfailement indépendants.
Les dissections nombreuses de M. Verneuil et sur l'homme et sur
les animaux, à l'occasion d'un concours pour leprosecloraf, lui ayant révélé des laits nouveaux, qui ont été consignés dans un mémoire inséré dans la Gazette médicale, je vais laisser parler ce jeune anatomiste :
« Le canal de Wirsung occupe la partie moyenne du corps, à distance à peu près égale du bord supérieur et du bord inférieur ; tantôt plus rapproché de la lace antérieure, tantôt plus voisin de la postérieure, disposition qui m'a paru la [.lus fréquente; tantôt enfin au milieu de la glande. En approchant de la téte, ce canal s'infléchit fortement en bas, de manière à présenter une double courliure en S italique. 11 se rapproche beaucoup du bord inférieur de la glande, et ultérieurement se dirige en arrière, pour se réunir au canal cholédoque. Les conduits secondaires de l'extrémité splénique, et en général ceux qui sont d'un petit volume, se jettent perpendiculairement dans le conduit principal; mais on voit souvent, vers la partie moyenne du corps, un ou deux canaux, l'un supérieur, l'autre inférieur, qui se jettent dans le canal de Wirsung, après avoir reçu euxmêmes un assez grand nombre de canaux de troisième et de quati'ième ordre.
« Au point indiqué, le canal excréteur semble se trifurquer : la branche moyenne et antérieure n'est autre que le canal principal qui recueille lui-même un nombre considérable de canalicules venant des lobules de la face antérieure. A la réunion du corps et de la téte, on voit encore des canaux secondaires importants se jeter dans le canal de Wirsung. Le plus remarquable a été considéré ' î'i tort comme un second canal ; c'est tout simplement une branche récurrente, 'l'un volume très-nolable, qui reçoit les conduits de troisième, quatrième et cin- 'juième ordre, venant des granulations qui constituent la plus grande partie du l:)be duodénal. Cette branche, que j'appellerais volontiers canal a%yyos pancréa- 'i'jue,a donc pour but de recueillir tous les canaux qui auraient peine à se jeter isolément dans le gros conduit; mais elle présente ceci de remarquable, qu'au lieu de se terminer en cul-de-sac, elle va s'aboucher dans l'intestin par sa petite Uréniilé. C'est, que je sache, le seul cas dans l'économie d'une branche d'un
( ) Pancréas et duodéuum vus par la face poslcricurc. Le canal paiicrcalique csl mis à ilOcoiivert, et line portion de la paroi postérieure du duodénum est enlevée pour montrer l'omhoncliure du canal iTincipal dans le canal cliolédoiiue, et celle du canal accessoire — I, canal principal. — 2, brandie
■ llatéralc du lobe inférieur. — ,1, canal pancréalique accessoire. - 4, canal cliolcdoqnc.
Slruclure du canal pancréatique.
Développement,
Usages.
Caractères (lu suc pancréatique.
Cliimiques.
Physiques.
Pancréaline.
SPLANCHNOLOGIE.
canal exc.éleur ouverte par les deux bouls. En effet, d'une pa. t, elle s'ouvre par un pertuis étroit dans l'intestin ; et, de l'autre, elle va, en augmentant progris sivcinenl de volume à mesure' quelle reçoit de nouveaux canalicules, se ieleidans le conduit de Wirsung; prùs de sa terminaison dans l'intestin, elle reçoit également les conduits trùs-pelits des granulations qui rampent dans l'épaisseur des tuniques du duodénum. Le lieu de réunion de cette branche se trouve une dislance variable du pli deValer (de 1 à 4 centimètres). Ce n'est point le cas d admettre un second canal distinct du premier; mais on peut envisager celte disposition comme une voie supplémentaire, ouverte par précaution au fluifie pancréatique. »
Quant à la structure du canal pancréatique, ses parois sont trùs-minces- il est affaissé sur lui-même, d'un blanc de lait qui tranche sur la couleur blancgrisâtre du tissu propre du pancréas. Sa surface interne est extrêmement lisse, à la nianière d une membrane séreuse ; il est très-extensible, il est formé d'une couche externe et d'une couche interne de tissu conjonctif, la première lAche la seconde serrée, toutes deux mêlées de fibres élastiques fines. Un épithéliun! cylindrique tapisse sa surface interne.
M. Verneuil a observé à la surface des canaux excréteurs principaux du pan^J créas de petits corpuscules qu'il considère comme des glandules et qui, suivant lioelliker, sont de petites glandes en grappe, versant leur produit dans les conduits pancréatiques par des canalicules très-courts.
Développement. Le développement du pancréas ne présente d'autres particularités que celles qui sont relatives au volume de cette glande, proportionnellement plus considérable chez le fœtus et chez l'enfant nouveau-né que chez l'adulte. Les maladies du pancréas pendant la vie intra-utérine ne sont pas' sans exemple : j'ai trouvé le pancréas squirrheux sur un enfant à terme.
Usages. Le pancréas est l'organe sécréteur d'un liquide particulier connu sous le nom de suc pancréatique, dont les caractères physiques et chimiques n'ont été bien connus que dans ces derniers temps. J'ai eu occasion de rencontrer trois cas î de rétention du suc pancréatique : le canal dilaté représentait une sorte de kyste séreux, à parois très-minces et transparentes; le liquide contenu était extrêmement visqueux, transparent, mais d'un œil blanchâtre, à la manière d'une solution de gomme arabique. Je le goûtai : il était légèrement salé. Les canaux col- ' latéraux étaient extrêmement dilatés. Il y avait des concrétions blanches, comme du plâtre, au centre d'une multitude de grains glanduleux. Cette matière, qui était très-abondante dans quelques granulations, ayant été enlevée, présentait l'aspect d'un petit morceau de plâtre ou de craie.
On se procure facilement du suc pancréatique par le procédé de M. Bernard, c'est-à-dire en pratiquant une fistule sur le canal pancréatique.
Le suc pancréatique est un liquide limpide, visqueux et filant, sans odeur ni saveur nettement accusées; sa réaction est alcaline; quand on le chauffa', il se coagule et se prend en masse; l'alcool, les acides énergiques, les sels métalliques produisent le même eflct. Ce liquide s'altère avec une grande facilité : il devient alors beaucoup plus fluide, perd sa coagulabilité, et ne larde pas à se putréfier.
Le suc pancréatique doit ses propriétés essentielles â une substance particulière, de nature albuminoïde, que l'on a désignée quelquefois sous le nom de pancréatine. Elle diffère de l'albumine en ce que, précipitée par l'alcool, elle peut .se redissoudre dans l'eau.
DE LA RATE
Celle substance, dissoute daus une grande quanlilô d'eau, est associc'e dans le 3UC pancréatique à divers sels min(5raux, chlorures, phosphates et carbonates alcalins, et à des traces de matières grasses. Voici, suivant une analyse de Bidrder et Schniidt, dans quelles proportions ces éléments se renconirent dans le suc pancréaliquc du chien.
Eau 90,08
Matières organiques. 9,04 Sels . 0,84
Composilion chimique.
Les expériences des physiologistes modernes ont démontré que le suc pancréatique remplit des usages très-importants dans l'acte digestif : 1° M. Bernard a nettement établi que le suc pancréatique jouit de la propriété à' émulsionner les corps gras et de les rendre absorbables. Cette action est tout à fait distincte de J'action chimique ou de saponification qu'exerceraient des subslances alcalines aur les graisses, puisque ces dernières se retrouvent intactes dans les chyliîfères.
2» Une aulre propriété du suc pancréatique, mise hors de doute par les expéiriences de Bouchardat et Sandras, est celle de transformer l'amidon en dexlrine d'abord, en sucreensuite. Cette propriété, qu'il partage avec la salive, nous explique comment une grande partie des ahmenls féculents qui ont échappé à l'action de slasahve dans les portions supérieures du tube digestif, se dissout dans l'intestin pêle et peut être absorbée.
3» Enfin le suc pancréatique exerce une action dissolvante sur les matières albuminoîdes ; c'est là un fait que les travaux de M. L. Corvisart, confirmés par blusieurs autres expérimentateurs, ont démontré d'une manière irrécusable. W.Meissner a constaté que pour que cette action s'exerce, il faut que le sucpancréai;ique soit légèrement acide, et c'est en effet dans ces conditions qu'il se trouve dans le duodénum, au moment où le pylore laisse passer le produit acide de la digestion stomacale.
Usages du suc panciéalique.
Action sur les corps gras.
Sur les corps amyloïdes.
Sur les matières albuminoîdes.