CHAPITRE III APPAREIL DE LA RESPIRATION
Respiration. Lorsque le sang, en traversant les organes, leur a abandonné à chacun les ' matériaux de leur nutrition, en môme temps qu'il s'est chargé des produits dé- i sormais inutiles ou nuisibles A leur fonctionnement, il est devenu impropre à entretenir la vie et ne peut recouvrer ses qualités premières que par un échange de principes avec l'air atmosphérique. Dans cet échange, qui transforme le sang veineux et noir en sang artériel et rouge, le premier abandonne à l'air de l'acide carbonique, de la vapeur d'eau et un peu d'azote, et il absorbe de l'oxygène. Pour que celte transformation puisse s'opérer rapidement et en quelque sorfe simultanément dans toute la masse du sang qui revient des organes, il faliaii que le contact entre les deux fluides fill presque immédiat et qu'il eût lieu, nonseulement à la surface de la colonne liquide, mais encore dans loule son épais-
DU LARYNX
cm; de sorte qu'il n'y eût pas un globule sanguin qui ne fût baigné d'air. V cet effet, la nature a disposé sur le trajet du sang veineux un organe dans Appareil de quel l'air extérieur, attiré par un mécanisme analogue à celui d'un soufflet, ^^H''^'
hemine dans un système de tubes ramifiés, pour arriver dans une multitude
(Fig. 139 (*).
'de petites cavités avec lesquelles ces tubes communiquent. Ces petites cavités lont des parois extrêmement minces, renfermant dans leur épaisseur des réseaux
(') Section transversale de l'appareil respiratoire. — U, larynx. — T, trachée-artère. — T, poumon. — Bd, t>ronche droite. — Bs, bronche gauche. — cr, cartilage cricoïde. — Pfai, repli thyro-nrylénoïdiea inférieur (corde vocale inférieure), renfermant la section transversale du muscle tliyro-arytéuoïdien. ~ V/, ventricule du larynx. — Vtaa, repli thyro-arylcuoïdicn supérieur (oonlo vocale supérieure), rempli de graisse et de glandes. — /, rartiingc thyroïde. — I, orilice pharyngien ilii larynx. — 2, fausse glotte. - 3, flotte véritable.
SPLANCUNOLOGIE.
Poumon.
Trachée-artère.
BroDches.
Larynx.
Thorax.
Fosses nasales.
serrés de capillaires sanguins, dans lesquels les globules du sang cheniinenl presque toujours un à un ; de sorte que chacun de ces éléments, sur lesquels doit se fixer l'oxygène de l'air, est en contact avec ce fluide par une portion notable de sa surface. Or, c'est à travers ces capillaires que le ventricule droit pousse toute la masse du sang veineux qui revient des organes. '
L'organe destiné à établir ces rapports entre le sang et l'air atmosphc-riquei porte le nom de poumon. Il communique avec l'extérieur par l'intermédiairei d'un canal toujours béant, appelé trachée-artère, qui s'ouvre dans le phiiryni,j derrière la langue, et dont les ramificalions, nommées bronches, se distribuent! dans l'épaisseur du poumon. Ln portion supérieure delà trachée-artère présente! des modifications particulières qui en font un instrument de phonation ou le larynx. \
Les poumons sont logés dans une espèce de boîte ou de cage à parois mobiles,, susceptible, par conséquent, de dilatation et de resserrement alternatifs : c'est la t cage thoracique ou le thorax, dont nous avons déjà étudié la composition et le| mécanisme (voyez Ostéologie et Myologie). Il eu est de même du pharynx, quij est une sorte de vestibule commun aux voies digestives et aux voie» respiratoires, i
Les fosses nasales, situées à l'entrée des voies respiratoires, sont la voie na-1 turelle de l'introduction de l'air, et servent en même temps de réceptacle au | sens de l'odorat, qu'on peut considérer comme le sens explorateur des qualilési de l'air. Leur charpente osseuse a été décrite dans l'Ostéologie ; la membrane l pituilaire, qui les tapisse, sera étudiée avec les organes des sens. La cavité bu<^ cale, qui accidentellement livre passage à l'air extérieur, nous est déjà connue. Nous ne nous occuperons donc ici que du larynx, de la trachée avec ses ramifications, et des poumons.
§ 1. — DU LARYNX (t).
Préparation. Avoir plusieurs larynx appartenant à des sujets de ditrérents âges et de différents sexes ; étudier successivement : 1" les rapports généraux du larynx Cduservé en place; 2" les cartilages isolés; 3" les ligaments et articulations; 4» les muscles; 5» les vaisseaux, les nerfs et la nauqueuse laryngée.
Défiaitiun.
Situaliou.
Sa mobilité.
Le larynx est une espèce de boîte {pixis cava) ou de conduit carlilagineux, à pièces multiples et mobiles, formant l'organe de la voix.
Il est situé sur la ligne médiane, sur le trajet des voies aériennes, ouvert supérieurement dans le pharynx, et continu en bas avec la trachée. 11 occupe la partie antérieure et supéiieure du cou, au-dessous de l'os hyoïde, dont il suit les mouvements, au-devant de la colonne vertébrale, dont il est séparé par le pharynx. Il est recouvert par les muscles de la région sous-hyoïdienne, qui le séparent de la peau, et par conséquent très-accessible ;\ l'action des instruments vulnéranls, de môme qu'à la main du chirurgien dans l'opération de la laryngotomie. La glande thyroïde recouvre la porlion inférieure des faces latérales du larynx.
Sa mobilité lui permet de s'élever, de s'abaisser, de se porter en avant, en
(1) L'organe de la voix appartient essentiellement h la vie de relation, et c'est sous ce point de vue que Bichat l'a décrit à la suite de l'appareil de la locomotion; mais les connexions analomiqucs qui existenlentre le larynx et les organes de la respiration, sont telles P que tous les animaux pourvus d'un poiunon sont également pourvus d'un larynx, et que le larynx disparaît là où les poumons cessent d'exister. L'organe de la plionalion, comme tmii instrument à vent, se compose d'un soiifTlet, d'im ronducleur ot d'un appareil partiriillcr.
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DU LARYNX
arrière, et ces divers mouvements sont en rapport avec la déglutition et avec la production des divers tons de la voix. Le larynx peut également être porté à droite et à gauche; mais ces déplacements latéraux, (out à fait accidentels, sont produits soit par une force étrangère, soit par des tumeurs développées sur un des côtés du larynx.
Volume. Le larynx se présente sous l'aspect d'un renQement situé au-dessus de volume, la trachée, dont il a été appelé la léle, caput asperœ arteriœ. La détermination exacte de ses dimensions suivant les nges, suivant les sexes, suivant les indi- (vidus^ et surtout dans ses rapports avec les différentes qualités de la voix, serait ;un des travaux les plus intéressants de la physiologie.
En attendant que ce travail soit complété, voici le résultat de quelques mensurations faites par M. Sappey.