‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 91 sur 180 · I. — DE LA PLÈVBE · texte numérisé non relu

I. — DE LA PLÈVBE

Préyamtim. Pour voir la plèvre costale, diviser par un trait de scie les six ou sept premières côtes en arrière, au niveau de leur angle; couper les cartilages de ces mêmes cotes I quelques lignes de leur articulation sternale; enlever avec précaution les cotes et les muscles intercostaux, de manière à laisser intacte la plèvre costale. On pourra insutfler la , vite de la plèvre.

pPour voir la portion médiastine et la portion pulmonaire, il faut ouvrir la plèvre costale en suivre la continuité.

I La plèvre (nr^Eupà, le côté) est une membrane séreuse, par conséquent un sac :.ns ouverture, qui est déployée, d'une part, sur les parois de la poitrine {-plèvre iriétale), d'autre part, sur les poumons {plèvre viscérale).

Il y a deux plèvres, une pour le poumon droit, une pour le poumon gauche. ' Voici quelle est la disposition générale de ces sacs séreux :

1° La plèvre tapisse les parois thoraciques, côtes et diaphragme, plèvre costale, lièvre diaphragmatique ; '1° elle revôt le poumon dans toute sa surface, et lui forme Ine espèce de tégument, plèvre pulmonaire; 3° elle s'adosse à la plèvre du côté tpposé, pour former une cloison qui sépare les deux poumons l'un de l'autre,

lèvre 7nédiastine.

Pour faciliter la description de la plèvre, nous la supposerons partir d'un point uelconque de sa continuité; nous suivrons son trajet sans interruption, et nous i ramènerons au point de départ.

Si donc, par la pensée, nous faisons commencer la plèvre à la face postérieure u sternum, et si nous éludions le trajet de cette membrane de dedans en dehors, eus verrons qu'elle tapisse la surface interne du thorax, appliquée contre les ôtesetles muscles intercostaux, recouvrant, en avant, les vaisseaux et les gan- .lions mammaires internes, en arrière, les vaisseaux et nerfs intercostaux, et au liveau de la tôte des côtes, les ganglions du grand sympathique; en bas, au nieau des insertions du diaphragme, la plèvre se réfléchit sur ce muscle, dont elle evét toute la face supérieure. Nous avons déjà vu, à l'occasion du diaphragme (1) [ue le bord antérieur du poumon ne descend pas jusqu'au fond du cul-de-sac j ormépar la plèvre qui passe des parois costales sur le diaphragme, et qu'à ce I liveau la plèvre costale est immédiatement en rapport avec la plèvre diai' Pragmatique, dans une étendue variable suivant le degré de dilatation ou de ' 'iiiction du poumon. En haut, la plèvre se termine par un cul-de-sac destiné à cvoir le sommet des poumons, qui, comme nous l'avons vu, déborde plus ou ri'iins le niveau de la première côte.

Arrivées sur les côtés de la colonne vertébrale, les deux plèvre? se réfléchissent 1 u rière en avant jusqu'à la racine des poumons, et constituent, par leur ados- ' iiioni, une cloison connue sous le nom de médiaslin postérieur. Celte cloison

Figure.

Siluation.

Distribution générale de la plèvre.

Son trajet sur la face ioterne du thorax.

Médiasiiu poslcriciir.

(1) Voy. I. I, p. 5^7.

SPLANCIlNOLOGllî.

contient dans son épaisseur l'aorte, l'œsophage, les nerfs pneumo gastriques, hcanal thoracique, la veine azygos, beaucoup de tissu cellulaire, un très-grand

Tta

.0 /17 16/ 18 Ps

Sa disposition sur les poumoDS.

nombre de ganglions lymphatiques et la trachée-artère. On voit que l'adossement des deux plèvres est bien loin d'ûtre immédiat.

Arrêtée, pour ainsi dire, dans sa réflexion d'arrière en avant par le pédicule ou la racine des poumons, la plèvre se réfléchit de dedans en dehors derrière ce pédicule, revêt une petite partie de la région postérieure du péricarde, recouvre toute la portion de la face interne des poumons qui est en arrière de leur racine, revêt ensuite le bord postérieur de ces organes, et, parvenue sur leur face externe,

. ri u"'î°° horizontale de la poitrine, passant au niveau de l'uttion du cartilage de la quatrième rô:e Va. rM. vin ■ ~. • - du sternum. - f.» à do" section de la k U

C côle - VIO, section de la 10c vertèbre dorsale. - apophyse épineuse de la 9. vertèbre dor-

I LL ;•„ '"'"'T'"" - f""'""^' et 3", feuillet pariétal du péricarde. -

R o "iiiIm"'" ■ T'^l ''"^ - P""' vcntWculc panche. - 7, racine pulmo-

ZZi: ' ? ^' offices des veines pulmonaires. - 9, plèvre costale. - 10, plèvre pul-

TrL.ai:. iT.Tnr°'Tl"' ''•'^"«^f^P'"-»o-6astriqnes. -12. aorte thoracique - .3, veine

cZ;^^ i- Teint; Tv c '^T '"''? ^r"'"'- - ""rf splanchnique gauche. - ?6. canal thora-

iasti; Postérieur T " " ""^ ^l.''»"'=''"iq"<= droit. - ,9, gra„d\jmpathique droit. - 20, mé-

ZTZtZZ'rZj ' ''«"Pée obliquement. 1 22, oreillette droite avec embou-

churc (le la veine cave supérieure.

DES POUMONS

.nfoace dans la scissure interlobaire, revôt complètement les faces corresponn tes des lobes, se réfléchit sur le bord antérieur du poumon, sur sa face mrne nu elle tapisse jusqu'au pédicule pulmonaire, recouvre la part.e antérieure ce pédicule, se réfléchit ensuite d'arrière en avant, sur les côtés du péricarde i-devint duqiel elle s'adosse à la plèvre du côté opposé, et arrive ainsi au bord 1 sternum, d'où nous l'avons supposée partir.

Les deux feuillets transversaux qui tapissent la racine du poumon, 1 un en ,ant l'autre en arrière, se continuent au-dessous de cette racine jusqu au dianragme, s'accolent l'un à l'autre et constituent un ligament triangulaire, qm «e solidement la base des poumons au diaphragme {ligament des poumons). LOn appelle médiastin antérieur cloison antéro-postérieure formée par les deux lèvres depuis la racine des poumons jusqu'au sternum {\). Cette cloison n est as verticale et médiane comme le médiastin postérieur, mais obliquement di- 'oée de haut en bas et de droite à gauche; disposition qui est en rapport avec a "reclion oblique du cœur, lequel empiète plus sur la cavité gauche que sur la Hvité droite du thorax. Il suit de là qu'à sa partie supérieure le médiastin anteeur répond à la face postérieure du sternum, tandis qu'inférieurement il antipe sur les cartilages costaux du côté gauche; d'où la possibilité d'arriver dans î médiastin sans ouvrir la cavité de la plèvre, en plongeant l'instrument le long u bord gauche du sternum, au niveau de la cinquième côte. I e médiastin antérieur, étroit à sa partie moyenne, est évasé en haut et en .as, à la manière d'un sablier. Le cône ou l'évasement supérieur, très-developpé ihez le fœtus, est rempli par le thymus, que remplace plus tard du tissu celluiiire ; le cône ou l'évasement inférieur, plus considérable, contient le cœur et péricarde, les nerfs diaphragmatiques et, au-devant du cœur, une grande quantité de tissu cellulaire (2).

Le tissu cellulaire, qui est contenu en si grande abondance dans le médiastin ntérieur, communique librement, en haut, avec celui de la partie antérieure du »ou, en bas, avec celui de la paroi abdominale, à travers l'espace triangulaire .ue le diaphragme présente derrière le siernum. Cette double communication xplique comment le pus d'un abcès formé au cou ou dans l'épaisseur du méliastin peut venir se faire jour à la région épigastrique.

La plèvre, étudiée d'une manière générale, présente à considérer deux suraces, une externe, une interne.

A. Surface externe ou adhérente. Elle adhère inégalement aux parties qu'elle •evêt. La plèvre costale, peu adhérente, peut âlre séparée des côtes et des muscles Dlercostaux avec la plus grande facilité. Quelquefois elle est soulevée au niveau

(1) Suivant Meckel, le médiastin antérieur serait la portion de cloison située au-devant tdu cœur, de même que le médiastin postérieur est la portion de cloison située derrière cet wgane. Je ferai remarquer que la distinction entre le médiastin antérieur et le médiastin

postérieur n'est possible qu'au niveau de la racine des poumons ; il n'existe véritablement

qu'un seul médiastin.

(2) Chez l'iiomme.le médiastin forme une cloison complète, qui isole entièrement la cavité ■de la plèvre droite de la cavité de la plèvre gauche; d'où l'indépendance des deux plèvres et de leurs maladies. Chez le cheval, la portion du médiastin située au-devant du cœur, portion qui est très-considérable, est percée à jour, à la manière d'une dentelle; de telle sorte que l'épanchement d'air ou de liquide qui a lieu dans l'une des plèvres, passe nécessairement dans l'aulre. Cette portion du médiastin représente donc assez exactement, sous ce rapport, le grand épiploon percé à jour de certains sujets.

Ligament [ des poumons.

Médiastin antérieur.

Évasemeut en haut et en bas du médiastin antérieur.

Communications du tissu cellulaire du médiastin antérieur.

Surface externe :

lo De la plèvre costale ;

SPLANCIINOLOGIE,

ne la plèvre (liaphragniatiqiie ;

3" De la plèvre pulmonaire;

40 De la plèvre niédiastiiic.

Surface interne.

Structure.

de ces muscles pur des flocons adipcu.v. iîllc est supporlc'e par une lame fibreuBe (jui, nonobstant sa ténuité, joue un rftlc important dans les maladies do la poitrine; car elle explique pourquoi il est si rare de voir des abcès développés dans l'épaisseur des parois thoraciques s'ouvrir dans la cavité de la plùvie, et de« épancbemcnts de la plèvre s'ouvrir au dehors. Cette lamelle fibreuse est rendue on ne peut plus sensible par l'eau acidulée. J'ai vu quelquefois des flocons de graisse déposés entre la plèvre proprement dite et la lame fibreuse. 11 faut bien distinguer ces cas, fort rares, de ceux, beaucoup plus fréquents, où le tissu adipeux est placé entre la lamelle fibreuse et les muscles intercostaux.

La. plèvre diaphragmaiique est plus adhérente que la plèvre costale. On y remarque quelquefois, principalement aulour du péricarde, des appendices graisseux très-développés, qui rappellent les appendices graisseux du gros intestin.

La. plèvre pulmonaire, qui n'est plus supportée par une lame fibreuse, est extrêmement ténue ; bien qu'ellesoit plus adhérente que la plèvre pariétale, elle peut facilement y être démontrée.

La plèvre médiastine, unie aux parties contenues dans l'épaisseur du médiaslin par un tissu cellulaire très-lâche, adhère moins lâchement aux côtés du péricarde, contre lequel les nerfs diaphragmatiques sont comme accolés (1).

B. Surface interne ou libre. Elle est lisse, humide de sérosité, et contiguë à elle-même dans toute son étendue, disposition commune d'ailleurs à toutes les membranes séreuses. Les adhérences qu'il est si commun d'y rencontrer sont tout à fait accidentelles.

C. Structure. La structure de la plèvre est celle de la plupart des séreuses : audessous'd'une couche simple d'épithélium pavimenteux, on trouve une membrane celluleuse, formée de tissu conjonctif et de nombreuses fibres élastiques, lesquelles constituent vers la surface un réseau à mailles étroites.

Les vaisseaux de la plèvre sont bien évidents dans le feuillet viscéral de celle membrane; les artères sont fournies par les artères bronchiques et pulmonaires, et se ramifient dans le tissu cellulaire sous-pleural ; celles du feuillet pariétal, moins nombreuses, naissent des intercostales et de la mammaire interne. Les veines suivent le môme trajet. Luschka et Kœlliker ont pu suivre des filaments nerveux provenant du plexus pulmonaire jusque dans la plèvre.

Quand on examine le poumon sous l'eau, on voit se détacher des bords de l'organe, mais parliculièrement de son inférieur, des prolongements villeux, qui atteignent^quelquefois jusqu'à 1 millimètre de longueur, et qui sont les analogues de ceux qu'on observe sur les membranes synoviales.

D. Usages. Tégument du poumon, qu'elle isole des parois thoraciques et des autres viscères, la plèvre facilite le glissement de cet organe par la sérosité qui est incessamment exhalée et absorbée à sa surface interne.

(1) Il est extrêmement fréquent de rencontrer sur la surface libre des plèvres des granulations transparentes d'une excessive ténuité, visibles seulement dans un certain jour, reconnaissat)les au toucher, lorsque le doigt est promené délicatement sur cette surface libre, granulations bien distinctes des granulations miiiaires et tul)erculeuses, que l'eau ari dulée et l'eau alcoolisée développent par la corrugation qu'elles déterminent dans la membrane.

DES POUMONS

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