‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 92 sur 180 · II. — DU TISSU PROPRE DES POUMONS · texte numérisé non relu

II. — DU TISSU PROPRE DES POUMONS

I.e lissu pulmonaire se présente sous l'aspect d'un tissu spongieux ou vésicuiix, dont les cellules sont remplies d'air ; celte disposition ressort de l'obser- .liou la plus simple de la surface du poumon, examinée, soit à l'œil nu, soit à la oupe, avec ou sans insufflation préalable. L'étude à la loupe des coupes faites ■ iiv le poumon desséché démontre la texture celluleuse ou vésiculeuse de la Kinière la plus évidente, et cela dans toute l'étendue des poumons. On peut, sur ? coupes, apprécier les formes diverses de ces cellules et leur inégale capacité. Mais quels sont les rapports de ces cellules entre elles? Communiquent-elles ms toute l'étenduedu poumon ? Communiquent-elles dans un espace déterminé, 1 bien sont-elles indépendantes les unes des autres? Pour résoudre ces questions, faut examiner le poumon d'un très-grand animal, celui du bœuf, par exemple, ioiitla structure est la même que celle du poumon derhonime, chez lequel on • ut ensuite répéter les mômes observations. On voit 1" la surface du poumon ircourue par des lignes qui se réunissent en angles émoussés et circonscrivent '3 espaces polygonaux à 4, 5 ou 6 côtés, d'environ un centimètre de diamètre ; ' si le poumon a été insufflé, on trouve qu'il est légèrement déprimé au niveau ' ces lignes et bombé dans les intervalles. 2° Si, à l'aide d'un tube délié, on liuffle de l'air sous la plèvre, ou encore si on insuffle fortement le poumon par : trachée, de manière à déterminer la rupture de quelque vésicule, et par con- ■quent un emphysème du tissu cellulaire interlobulaire, on voit ces lignes losanques répondre à des couches minces de tissu cellulaire très-délié, mais assez che, lesquelles divisent le poumon en un nombre considérable de groupes de ■Uules, qu'on parvient à isoler complètement les unes des autres par la dissection, jusqu'à ce qu'enfin on arrive aux pédicules par lesquels ces groupes de cellules sont liés à la masse commune.

Ces groupes de cellules sont les lobules du poumon; le tissu cellulaire qui les unit, est le tissu cellulaire interlobulaire; il est d'une grande ténuité, jamais graisseux, mais souvent infiltré de sérosité et susceptible d'emphysème; dans ce tissu cellulaire rampent des vaisseaux lymphatiques très-multipliés , souvent visibles à l'œil nu, toujours faciles à injecter, et qui viennent de la profondeur des poumons.

Les lobules pulmonaires ne communiquent nullement entre eux ; ils sont complètement indépendants les uns des autres. L'insufflation le démontre; la dissecition le prouve de la manière la plus manifeste. L'étude des poumons du fœtus me saurait d'ailleurs laisser le moindre doute à cet égard. La plèvre et le tissu (Cellulaire interlobulaire ayant, en effet, peu de cohérence chez le fœtus, les lobnles pulmonaires se séparent sans dissection, et représentent comme des grains ide raisin appendus à leur pédicule et portés sur une tige commune, qui est conistituée par les divisions des bronches et des vaisseaux pulmonaires.

Cette indépendance des lobules est encore prouvée par l'analoraie pathologique : ainsi on voit tous les jours un lobule infiltré de sérosité, de pus, de matière tuberculeuse, au milieu de lobules parfaitement sains.

Chaque lobule est donc un petit poumon, qui peut agir indépendamment des lobules qui l'environnent. Je me suis assuré par un grand nombre d'expériences que les lobules sont inégalement perméables à l'air; qu'une insufflation modérée des poumons, faite autant que possible dans les limites d'une inspiration ordi-

Aspcct spongieux ou vésiculeux.

Disposition des cellules les unes par rapport aux autres.

Lobules du

poumon.

Tissu cellulaire interlobulaire.

Indépendance des lobules pulmonaires.

SPLANCHNOLOGIE.

mous.

Chaque lo- "aire, ne dilale pcut-cMrc pas le liers des lobules pulmonaires. J'ai observé, ci bille peui fait nie paraît d'une hiiute porlée, que les lobules les plus perméables étaient it v

déi^écummê 'o^ules du sommct du poumon; d'où il suivrai! que ces lobules agiraient plu.

uupciiipou- habituellement que les lobules des autres régions du poumon ; d'où peut-étn

inégale"per ^^^^ grande fréquence des tubercules dans le sommet du poumon ()). Il \ mé«biiité daus le poumon, des lobules qui sontpour ainsi dire en réserve, et qui n'agis^

des lobules, q^g ^^ns les grandes i nspiralions (2) .

variéiés de Les lobules pulmonaires ont une forme Irès-variable : tous les lobules suptiti lobuie^s'^ui- ciels représentent une pyramide dont la base répond à la surface du poumon: monaires. les lobules profonds, couchés le long des tuyaux bronchiques, sont taillés à 1^^ celtes, et se moulent exactement les uns sur les autres, à la manière des pic de marqueterie ; mais ils sont tellement irréguliers dans leur forme, qu'il sei aussi difficile qu'inutile d'en donner la description. Vue géné- Ainsi le poumon résulte du groupement d'une multitude innombrable de lo- "^^s'trucTuré* bulcs couchés sup les tuyaux bronchiques et des vaisseaux qui leur servent i!, des pou- soutien et de charpente, et auxquels ils sont appendus par des pédicules ; lobn

réunis par un peu de tissu cellulaire séreux interposé et par une enveloi.iiL commune, la plèvre, qui fait un tout unique d'un si grand nombre de parties.

Le problème de la texture du poumon se trouve donc réduit à la détermiiju lion de la texture d'un lobule. Mais la difficulté se trouve reculée plutôt que détruite, car un lobule, c'est un petit poumon. Or, chaque lobule reçoit un canal aérien et un vaisseau artériel, il émet une ou plusieurs veines et des vaisseaux lymphatiques.

a. — Ramiflcations bronchiques.

Bans le hile du poumon, les deux bronches fournissent chacune une branche supérieure, pour le lobe supérieur, et une branche-inférieure, plus considérable, pour le lobe inférieur. Entre ces deux branches on voit naître, à droite, une branche plus petite, destinée au lobe moyen. Ces branches et leurs ramifications cheminent entre les vaisseaux sanguins et les ganglions lymphatiques, dans le tissu cellulaire qui unit tous ces organes. Quand on les isole des parties environnantes, et qu'en môme temps on refoule la substance pulmonaire, qui est simplement appliquée à leur surface, on reconnaît qu'elles se bifurquent ou se tiifurquent plusieurs fois dans un très-court trajet, et que les rameaux qui résultent de chacune de ces divisions, supérieures, quant à leur capacité totale, à la branche qui leur a donné naissance, lui sont inférieures, prises isolément, et s'écartent à angle aigu. Ce n'est que lorsque les ramifications bronchiques sont réduites à des canaux de 4 millimètres environ de diamètre, qu'elles s'engagent véritablement dans l'épaisseur de la substance pulmonaire, dont on ne peut plus

(1) II y a de l'exagération à dire que la pneumonie atlsque presque toujours la base des poumons : la pneumonie n'a pas de siège spécial; elle envahit peut-être aussi souvent le sommet que la base.

(2) Dans les respirations ordinaires, il n'y a peut-être pas le tiers des poumons qui soit en action : le besoin d'exercice , les bâillements tiennent prol)ablement à la nécessité de faire agir la totalité des poumons. Ainsi des milliers de tubercules peuvent infecter le poumon sans qu'ds manifestent leur présence par de la gène dans les respirations ordinaires. Ce n'est que dans les grandes inspirations, dans l'exercice, dans les clforts de la voix, dans tous les mouvements où l'action de la totalité des poumons est réclamée, que l'on s'aperçoit qu'il y a une lésion dans l'organe central de la respiration.

DES POUMONS

(Fig. 179)

Rameaux lobniaires.

, s isoler dès lors sans de nombreuses ruptures. Le nombre des divisions bronhiques de ce calibre que reçoit chaque lobe, est variable iiivant le volume de ce dernier; mais il est toujours peu usidérable.

Dans i'épaiiseur de la substance pulmonaire, les divisions ■onchiques dont il vient d'ôtre question, cheminent presque ; ligne droite vers la superficie des lobes, sans se diviser ans leur trajet, mais en émettant successivement, sur les iivers points de leur périphérie , des rameaux latéraux, ;ui se ramiflentà leur tour. Réduites de volume à mesure [lie ces rameaux s'en détachent, elles finissent par n'avoir as que le calibre de ces derniers, et, dès lor?, se compor- , nt comme eux. Les ramifications ultimes des canaux aériôres présentent de nouveau le mode dichotomique ; les iianches de bifurcation s'écartent ordinairement à angle oit, et leur calibre diminue de plus en plus. Elles s'ou- 1 ent enfin dans des espèces de poches ou de sacs, sur lesquels nous allons revenir. Chaque lobule reçoit en général un seul ,raeau {rameau lobulaire) d'un millimètre iviron de diamètre; quelques lobules és-volumineux reçoivent deux ou trois .meaux. Dans l'intérieur du lobule, la peite bronche se bifurque plusieurs fois (de à 7 fois); les divisions terminales n'ont us que 0"'°',3 à 0""",4 de diamètre au moenl où elles s'ouvrent dans les cavités 3 lobules, par un orifice circulaire légèement rétréci.

Dans toute l'étendue de leur trajet, les ùronches et leurs ramifications restent complètement indépendantes les unes des auilres; en aucun point, on ne rencontre ni icommunicalions, ni anastomoses.

Les ramifications bronchiques diffèrent ides troncs qui leur donnent naissance, et de la trachée par leur forme ; en effet, elles se présentent sous l'aspect de tubes Cïlindriques,dontrorganisation est lamôme idans tout leur pourtour. Leurs parois, assez épaisses dans les grosses branches, s'amincissent de plus en plus, à mesure que leur calibre diminue. Au voisinage des lobules •elles sont d'une finesse extrême, qui ne le

côde guère à celle des parois des alvéoles. ' suuciure

Structure des ramifications bronchiques. Ce qui difl'érencie au premier abord la ^,^^^1"^^. conformalion des ramifications bronchiques d'avec celle de la trachée et des iio„s |„.on-

chiques.

(*) Moule (les ramificalions terminales d'un rameau bronchique. D'après une pièce corrodée du proiecteur Pauli, appartenant au musée de Goltingen. (**) Rameau broncliique ouvert et étale.

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