C. L'articulation du troisième métatarsien avec le tarse
est maintenue par un ligament dorsal qui vient du troisième dorsai!amenl cunéiforme. Il n'y a point de ligament plantaire proprement dit, si ce n'est uni faisceau plantaire oblique venant du premier n^mplantaire?' cunéiforme : en outre, la couche fibreuse qui forme la gaine du tendon du long péronier latéral, se prolongeant jusqu'au troisième métatarsien, me paraît tenir lieu de ligament plantaire. Nous trouvons enfin un ligament latéral externe ou interosseux , qui sépare l'articulation du quatrième méiatarsien de celle du troisième, et sur lequel nous reviendrons dans un instant.
D. et E. Pour leur articulation avec le tarse, les quatrième et cinquième métatarsiens présentent une surface légèrement concave qui répond à la surface légèrement convexe du cu-
boïde. Comme moyens d'union, nous trouvons un liga?nentdor- Ligaments dor
, , . ^ , . 7. 7 , 7J. saux très lâches-
sal pour le quatrième métatarsien, un ligament dorsal oblique en dehors et en avant pour le cinquième, l'un et l'autre très lâches, surtout le ligament oblique ; point de ligament plantaire autre que la gaine du tendon du long péronier latéral et une memfianulre1" expansion tendineuse très forte du jambier postérieur. Le tendon du court péronier latéral tient lieu de ligament latéral ex- co^rtndpenronier terne. Nous devons encore ajouter à ce tendon une bandelette laléraU
§66 ÀRTfïROLOC.IE.
Kandeietie fibreuse extrêmement forte , dépendance de l'aponévrose plan-
de l'aponévrose . , , ,'•'.,
plantaire. taire externe, étendue du calcaneuni a 1 apophyse du cinquième
métatarsien , et de plus une expansion du tendon du long péronier latéral , au moment où il glisse sur le cuboïde. L'articulation du cinquième métatarsien est très lâche.
Ligamentsin- Mais nous trouvons un ligament interosseux extrêmement terosseux. , ~ ... , ...
fort, étendu de la facette latérale externe du troisième cunéiforme à la facette latérale interne du quatrième métatarsien et à la facette latérale externe du troisième. Ce ligament , f^ue j'ai indiqué, il y a un instant, comme moyen de séparation de l'articulation du quatrième métatarsien de celle du troisième, nous rappelle celui qui isole l'articulation des quatrième et cinquième métacarpiens des autres articulations carpo-métacarpiennes, et remplit ici les mêmes usages ; en sorte qu'il existe pour les articulations tarso-métalarsiennes trois articulations, et par conséquent trois synoviales distinctes : une destinée au quatrième et au cinquième métatarsien , une au deuxième et au troisième, et une au premier.
Articulation des os du métatarse entre eux.
A. Articulations des extrémités tarsiennes des os du me-
Ce sont des tatarse entre elles. Ce sont de véritables amphiarthroses . Les amphiarthroses. „ , .
surfaces qui se correspondent sont en partie conligues et en partie continues. La portion diarlhrodiale des surfaces est la plus rapprochée du tarse ; elle est plane et présente pour chaque os deux petites facettes secondaires. La portion symphysaire est plus étendue que la portion diarlhrodiate; ce qui est précisément l'inverse de la disposition qu'on observe au métacarpe.
Les ligaments sont interosseux , dorsaux et plantaires.
Ligaments Les ligaments interosseux sont des trousseaux fibreux extrêînterosseux.
mement forts, courts et serrés, qui, nés de toute la surface
rugueuse de la facette latérale de l'un des métatarsiens , se
portent à la surface rugueuse correspondante du métatarsien
voisin.
Les ligaments dorsaux et les ligaments plantaires se ré- Ligaments
, . < , „ . , ,..,.., , „ dorsaux et plan-
duiseniu des faisceaux transversalement dingos de 1 un a 1 au- taircs. tre métatarsien. Les ligaments plantaires sont beaucoup plus considérables que les dorsaux.
B. Articulations des métatarsiens entre eux par leur ex- Ligament
,.,,.., . , transverse des
tremxte digitale. Bien que les extrémités digitales des os du métatarsiens. métatarse ne s'articulent pas entre elles, cependant, comme ces extrémités sont conliguës et exécutent des mouvements les unes sur les autres , une synoviale revêt les surfaces conliguës, et favorise leurs mouvements ; en outre, un ligament, ligament transverse du métatarse, est étendu transversalement au devant de ces extrémités, et les unit lâchement les unes aux autres. Ce ligament est commun aux cinq métatarsiens. Il est formé par la réunion de tous les ligaments antérieurs des articulations méiasarso-phalangiennes , à l'aide de petits ligaments qui vont de l'un à l'autre de ces ligaments antérieurs. Pour le mettre à découvert, il suffit d'ouvrir les gaines des tendons fléchisseurs. Ce ligament est d'ailleurs beaucoup moins prononcé que le ligament transverse du métacarpe, ce qui est en rapport avec la différence qui existe sous le rapport de la force non moins que de la mobilité entre les doigts et les orteils.
Mécanisme des articulations métatarsiennes.
A. Sous le rapport de la solidité. 1° La solidité des cinq piè- Mécanisme , , ,. ... sous le rapport
ces osseuses qui constituent le métatarse, est telle, qu il est rare de la solidité. que l'une d'elles se fracture isolément : aussi le métatarse ne se brise-t-il que par l'effet de causes susceptibles de produire son écrasement.
2° La mobilité , même peu étendue , dont jouissent les os du métatarse, concourt utilement à la solidité de celle partie du pied , en lui permettant d'atténuer, en cédant un peu, l'intensité des chocs extérieurs.
3° La solidité n'est pas uniforme dans tout le métatarse; le premier des métaiarsiens l'emporte sur tous les autres pour la
568 ARTHROLOGIE.
solidité : aussi est-ce lui qui, pendant la station, transmet au sol une grande partie du poids du corps. Mécanisme B. Sous le rapport de la mobilité. Celle mobilité doit être
sous le rapport , ■,. , ,n i • > . > • ^n ^ 1 »
de la mobilité, étudiée : 1 dans les extrémités tarsiennes; 2° dans les extrémités digitales des métatarsiens.
1° Dans les extrémités tarsiennes, la disposition anguleuse et l'espèce d'enclavement réciproque du tarse et du métatarse, la force et la brièveté des ligaments tant extérieurs qu'interosseux, ne permettent que des mouvements de glissement très obscurs. Ce qui prouve dans quelles étroites limites est maintenue la mobilité des extrémités tarsiennes , c'est qu'il n'existe peut-être pas d'exemple de luxation des os du métatarse sur le tarse.
2° Quelque obscurs que soient les mouvements de l'extrémité postérieure des métatarsiens, il en résulte pour l'extrémité antérieure de ces os une mobilité assez prononcée. Cette mobilité est favorisée par la laxilé du ligament transverse métatarsien , et par la présence d'une synoviale entre les têtes des métatarsiens.
Du reste , le premier métatarsien ne jouit pas de plus de mobilité que les autres métatarsiens ; ce qui établit une grande différence entre cet os et le premier métacarpien.
Articulations métalarso-phalangiennes.
Ces articulations appartiennent à la classe des condrjliennes; elles offrent une identité presque parfaite avec les articulations mélacarpo-phalangiennes.
A. Surfaces articulaires. Du. côté des métatarsiens, on trouve
Cond le d lme l^le aP^at'e sur les côtés, et par conséquent un condyle, le-
métatarsien. qUe| estétroit et sphéroïdal en haut, et va en s'élargissant de la
face dorsale vers la face plantaire, et se prolonge beaucoup plus
dans ce dernier sens que dans le premier. Du côté de la pha-
caviicgionouie ian<re on trouve une cavité superficielle ou glénoïde, dont la
de la phalsnye, ° '
plus grande étendue est transversale, par opposition à ce qu'on observe pour la surface métatarsienne.
B. Moyen d'union. 1° Il existe un ligament inférieur, situé à la face plantaire de l'articulation, très épais, ayant la densité d'un cartilage, formé de fibres croisées en sautoir ; il se continue par ses bords, d'une part avec la gaîne des tendons fléchisseurs , d'une autre part avec le ligament métatarsien transverse , et avec les ligaments latéraux de l'articulation. Ce ligament creusé en gouttière inférieurement , pour répondre aux tendons fléchisseurs, concave en haut, pour
-, y , . '• -, , a , . Le ligament
repondre a la convexité de la tête du métatarsien, complète la inférieur esi un
. , , , ,, A .,,..„, véritable liga-
cavite dans laquelle cette lete est reçue ; aussi merilerait-il le mentcapsuiaire. nom de ligament capsulaire. Il est très solidement fixé par son bord antérieur à la partie inférieure du pourtour de la cavité phalangienne, dont il semble !a continuation; libre par son bord postérieur, ou plutôt très lâchement uni par quelques fibres ligamenteuses aux inégalités qui sont situées en arrière de la tête des métatarsiens, il se moule très exactement sur le col rétréci qui soutient la tête de ces os.
Ligaments latéraux. Il existe deux ligaments latéraux Ligaments latrès forts, un interne et un externe. Ces ligaments s'insèrent, leiauxnon point à renfoncement latéral que présententde chaque côté les têtes des métatarsiens, mais aux tubercules situés derrière cet enfoncement; de là ces ligaments se portent très obliquement d'arrière en avant et de haut en bas, sous la forme de bandelettes aplaties qui vont en s'élargissant, pour se terminer en partie au ligament inférieur, et en partie sur les côtés de la phalange. Le ligament latéral externe m'a toujours paru plus fort que le ligament latéral interne. La direction extrêmement oblique de ces ligaments a pour conséquence un relâchement complet de ces ligaments dans l'extension et une tension très considérable dans la flexion.
Point de ligament dorsal proprement dit; mais le tendon extenseur correspondant en lient évidemment lieu.
Capsule synoviale. Sous le tendon extenseur se voit une
570 ÀRTHROLOGI1Ï.
capsule synoviale extrêmement lâche; elle va tapisser la face interne des ligaments, ainsi que les cartilages articulaires.
L'articulation métatarso-phalangienne du premier métatarsien présentant quelques particularités, mérite une description spéciale, qu^'p^sente articulation métatarso - phalangienne du gros orteil. métaïar^'o-pha- ^° ^es sur^aces articulaires ont une étendue beaucoup plus 'rosorteu du cons>dérable que dans les autres articulations métaiarso-phalangiennes.
2° La lêle du premier métatarsien offre, du côté de la région plantaire, deux poulies qui sont séparées l'une de l'autre par
Double irochiée une c,'^le saillante, dirigée d'avant en arrière.
TdeuTo's sésa- L'existence de celle double irochiée est en rapport avec la présence de deux os sésamoïdes, développés dans l'épaisseur du ligament inférieur, lequel présente une épaisseur triple ou quadruple de celle qu'il offre dans les autres articulations. C'est à ces os sésamoïdes que se fait, en presque totalité, l'insertion des ligaments latéraux et celle de tous les muscles propres du pied ; en sorte que ces os sésamoïdes sont comme deux petites rotules développées sur le trajet des tendons courts et épais de ces muscles: il existe en ouire, pour celle articulation, une espèce de bourrelet qui revêt le pourlour de la cavité que présente la phalange.
Si maintenant nous éludions l'ensemble des articulations mélatarso-phalangiennes sous le rapport de leur situation respective, nous verrons qu'elles décrivent une courbe très régulière à concavité postérieure, et que, contrairement à ce que nous avons vu pour les articulations métacarpo-phalangiennes, l'articulation métatarso-phalangienne ne fait pas exception (1).
(1) Il pourrait se rencontrer des circonstances dans lesquelles l'ablation simultanée de deux ou plusieurs orteils serait nécessaire, et l'on conçoit combien alors il serait utile de connaître ces rapports pour substituer une amputation simultanée à plusieurs amputations isolées.
Mécanisme des articulations metalarso-phalanglennes.
Comme toutes les articulations conJylieiines, ces articulations exécutent des mouvements dans quatre sens principaux, Mouvements
J l ' en quatre sens.
et par conséquent des mouvements de cireumduciion. Les mouvements d'extension ou de flexion en arrière peuvent être portés beaucoup plus loin qu'ils ne le sont dans les autres articulations de la même espèce. Les mouvements latéraux, ou d'abduction et d'adduction, sont très bornés. Voyons ce qui se passe dans ces divers mouvements, pour la production desquels la cavité glénoïde de la première phalange glisse sur la tête du métatarsien correspondant.
Dans la flexion, la première phalange glisse de haut, en bas Flexion. sur la tête du métatarsien ; le tendon extenseur et la partie supérieure de la synoviale sont distendus par la tête saillante de ce métatarsien ; les fibres supérieures des ligaments latéraux sont distendues : ce sont ces fibres qui limitent le mouvement, lequel est beaucoup plus limité que le mouvement de flexion de l'articulation métacarpo-phalangienne de la main, tandis que dans cette dernière articulation le mouvement de flexion peut être porté au point que la phalange fasse un angle droit avec le métacarpien ; au pied, c'est à peine si la phalange forme avec le métatarsien un angle extrêmement obtus. Au pied, le mouvement d'extension l'emporte évidemment sur le mouvement de flexion.
Dans Y extension ^ la phalange glisse de bas en haut sur la Extension, tête du métatarsien qui la supporte ; les ligaments latéraux sont relâchés. Chez presque tous les sujets, le ligament inférieur ou capsulaire est distendu. La tête du métatarsien tend à sortir de l'espèce de collet que forme sur son col ce ligament capsulaire. Ce mouvement d'extension ou mieux de flexion en haut est aussi considérable que le mouvement de flexion proprement dit est restreint: ce qui ne surprendra pas si l'on considère le rôle que joue l'extension des articulations métatarso-phalangiennes dans la progression , la course , le saut, la danse , dans tous
572 ARTHROLOGIE.
les mouvements en un mot qui se font sur la pointe du pied. Quant aux mouvements d'adduction et d'abduction, ils sont arrêtés par la rencontre des autres orteils.
Articulations phalangiennes des orteils, Cesontdesar- Ce sont des articulations trochléennes ou ginglymes angu-
ticulations Iro- , . „ ., T, , . .. . ...
chiéennes. Jaires parfaits. Il y a pour chaque orteil deux articulations
trochléennes, à l'exception du gros orteil qui n'en présente
qu'une.
À. Surfaces articulaires . L'extrémité antérieure de la pre-
Trochiée. mière phalange, aplatie de haut en bas, présente une trochlée,
qui va s'élargissant de la face dorsale à la face plantaire, et
qui se prolonge beaucoup plus dans ce dernier sens que dans
l'autre.
Du côté delà deuxième phalange, nous trouvons deux peti-
Doubie cavité tes cavités glénoïdes que sépare une crête verticale ; celte crête
glénoïde. ,
repond a la gorge de la poulie, et les cavités aux deux petits condyles.
Ligament in- B. Ligaments. 1° Ligament in férieur ou glénoïdi en. Comme
fétieur ou glé~
noïdien. la poulie articulaire de la première phalange déborde de beau-
coup en bas la deuxième phalange, elle est recouverte dans ce sens par un ligament glénoïdien ou demi-capsulaire, qui ressemble exactement à celui des articulations métatarso-phalangiennes, et qui remplit les mêmes usages. Ligaments la- 2° Les deux ligaments latéraux interne et externe ont ab-
téraux. . .
solument la même disposition que les ligaments correspondants de l'articulation métalarso-phalangïenne ; ils s'insèrent, non point au creux latéral de l'extrémité antérieure de la première phalange, mais au tubercule qui est au-dessus, se portent obliquement d'arrière en avant^ pour s'insérer à la fois et au ligament demi-capsulaire et à la deuxième phalange, mentsupériéur! 3° P°™lt de ligament supérieur, le tendon des extenseurs en lient lieu. Ce tendon présente même une disposition particulière : c'est que souvent il envoie de sa face antérieure une
languette tendineuse qui vient s'insérer à l'extrémité supérieure de la deuxième phalange.
4° La capsule synoviale offre la même disposition que celle capsule syno-
i • - . i o ... viale.
des articulations melatarso-phalangiennes. Souvent il existe
un os sésamoïde dans l'épaisseur du ligament inférieur des ar- os sésamoïde.
liculalions phalangiennes du gros orteil.
Mécanisme des articulations phalangiennes.
Mouvements de
Le mécanisme de ces articulations offrant une identité par- tension *irès *ii^ faite avec celui des articulations phalangiennes des doigts, mUs" nous renvoyons à ce qui a été dit à ce sujet en faisant toutefois remarquer que, soit par une disposition primitive, soit parl'immobililé prolongée des orteils dans des chaussures étroites, les mouvements de ces articulations qui consistent exclusivement dans la flexion et dans l'extension sont beaucoup moins étendus qu'à la main.
574 ARTHROLOGIE.
mie
Définition. Les dents , instruments immédiats de la mastication, sont
des concrétions ossiformes qui bordent l'une et l'autre mâchoire, dans l'épaisseur desquelles elles sont implantées.
Les dents ne Les dents ne sont point des os, bien qu'elles présentent avec
sont point des
os. eux une analogie apparente qui les a fait longtemps considérer
comme de véritables os : elles en diffèrent sous un grand nombre de rapports, preuves dé- 1° Sous le rapport de la position. Les dents sont à nu et
duites : ..,,»„,. ,. , > ,
,. . visibles a 1 extérieur : tandis que les os, et ce caractère est des
1° De la po- ' ^ '
sition. pius importants, sont enveloppés dans un périoste.
2°Dei'anato- 2° Sous le rapport anatomiqve. Les dents sont constituées par un bulbe ou grosse papille environnée d'un étui calcaire, lequel est composé de deux substances, l'émail et l'ivoire. Cet étui calcaire n'est pas parcouru par des vaisseaux ; on n'y découvre aucune trace de tissu cellulaire.
3° Du déve- 3° Sous le rapport de leur mode de développement. Chez loppement.
elles, en effet, la formation de la matière dure ou ossiforme se
fait par couches successives, delà circonférence au centre, tandis que dans les os le développement se fait en sens inverse. Les dents sont tout à fait étrangères au mouvement nutritif qui se passe dans les os. En outre, les dents présentent un renouvellement qui constitue une seconde dentition , et qui ne correspond à aucun phénomène analogue dans le développement des os.
<ï°Delaphy- h°. Sous le rapport phijsiologique. Les dents présentent encore des caractères différentiels importants. Elles ne prennent point part aux maladies des os, elles ne sont susceptibles