C. Conformation intérieure des Os courts
Supposez l'extrémité d'un os long séparé du corps de l'os, Analogie qui
. i . , .îi existe entre un
et vous aurez un os court, aussi pien sous le rapport de la cou- 0s court et les
r . . , . i-ii c ■ . • extrémités d'un
formation extérieure que sous celui de la conformation inte- Ostong. rieure ; c'est une masse spongieuse revêtue d'une couche mince de lissu compacte.
C'est h leur structure spongieuse que les os courts, ainsi que structure les extrémités des os longs, doivent leur légèreté spécifique. sP°nsieuse-
Je ferai observer que tout ce qui vient d'être dit relativement à la conformation intérieure des os, ne s'applique rigoureusement qu'à ceux de l'adulte, parce que les cellules du tissu spongieux sont d'autant moins développées qu'on les examine chez
Ampleur des des sujets plus jeunes. Et de même que nous avons vu les pa-
cel Iules du tissu ■ • • h , » %•' • • ■
spongieux chez rois du cylindre des os longs diminuer en épaisseur, el la caviié médullaire augmenter- en diamètre chez le vieillard, de même, par les progrès de l'âge, les parois des cellules deviennent extrêmement minces et les cellules très amples. Il m'est arrivé, dans quelques cas pathologiques, à la suite de tumeurs blanches de l'articulation libio-tarsienne, par exemple, de rencontrer de véritables canaux médullaires dans le cuboïde el le calcanéum; j'ai remarqué, dans un cas de tumeur cancéreuse du sein, que les côtes qui avoisinaient la tumeur étaient creusées d'une sorte de canal médullaire. C'est à celle diminution de substance osseuse, à celte espèce d'atrophie des os, que j'attribue la fragilité qu'on remarque si souvent dans tout le système osseux à la suite d'un grand nombre de maladies chroniques et même du repos au lit longtemps continué.
Texture des Os.
Analyse chi-
Deux éléments essentiels elbien distincts, l'un inorganique mique des os. et l'autre organise, entrent dans la texture des os.
Soumettez un os à l'action de l'acide nitrique étendu, les sels seront dissous ; l'os deviendra flexible et élastique, à la manière d'un cartilage ; il aura perdu une grande partie de son poids, bien qu'il conserve exactement le même volume el la même
Elément or- ^
ganisé. forme. Les sels terreux ont élé dissous ; il ne reste plus que l'é
lément organique, lequel, soumis à l'ébullition, présente tous les caractères de la gélatine.
D'un autre côté, calcinez les os, toute la partie organisée Eiémemi in- sera détruite, en répandant l'odeur de corne qui brûle. Il vous
orgamqne. resiera un corps qui conserve exactement le même volume et la même forme que l'os non calciné, mais léger, poreux, d'une fragilité telle, qu'il se réduit en poudre par la plus faible pression ; blanc, si la calcinalion a élé complète ; noir, quand elle a été incomplète; susceptible de se vitrifier par l'action d'une chaleur plus vive et plus longtemps continuée. L'exposition
GÉNÉRALITÉS. TEXTURE DES OS. l\\
prolongée à l'action de l'air et de l'humidité, enlève également aux os la matière organisée, et ne laisse qu'un résidu calcaire.
Les deux éléments des os ne sont pas en même proportion d(, ^7'^'!™dans les divers àges : certaines maladies influent sur la prédo- menlsminance de l'un ou de l'autre, et opèrent à peu près les mêmes effets que les agents chimiques.
A la partie inorganique, les os doivent leur dureté et leur inaltérabilité; à la partie organisée, ils doivent leur vitalité et le peu de flexibilité et d'élasticité dont ils jouissent.
Voici, du reste, les résultats qu'a fournis l'analyse chimique à M. Berzélius :
/ 1° Matière animale réductible 1° Partie organisée. À en gélatine par la décoction. 32,17 ! 2° Matière animale insoluble. 1,13
/ Phosphate de chaux 51, k
[Carbonate de chaux . .... 11,30
Fluate de chaux 2,0
Phosphate de magnésie. . . . 1,16 I Soude et hydrochlorate de |. soude. 1,20
Les os sont pénétrés de vaisseaux : les uns pour y porter le vaisseaux sang artériel, les autres pour en rapporter le sang veineux.
1° Artères. Elles sont de trois ordres , comme les conduits i° Artères. osseux que nous avons fait connaître en parlant des cavités des os.
Premier ordre ou artères du caual médullaire des os louas. Du premier
ordre.
Il existe pour chaque canal médullaire, au moins une artère principale qui pénètre par le conduit nourricier et se divise presque immédiatement en deux rameaux, dont l'un se dirige de bas en haut, et l'autre de haut en bas, pour se subdiviser en une infinité de ramuseules dont l'entrelacement forme ce réseau vasculaire qu'on nomme membrane médullaire ; réseau qui s'anastomose avec les vaisseaux du deuxième ordre qui pénètrent par l'extrémité des os longs. De cette importante communica-
2° Partie inorganique.
tion, il résulte que les vaisseaux, malgré l' extrême différence de leur mode de pénétration dans les os, peuvent se suppléer réciproquement. Bichat en rapporte un exemple remarquable observé sur un tibia dont le trou nourricier était oblitéré, et dont cependant la nutrition s'était conservée dans toute son intégrité.
C'est de l'artère médullaire que naissent les ramuscules destinées à celles des couches de tissu compacte qui forment les parois de la cavité médullaire.
Du deuxième Les artères du deuxième ordre, destinées au tissu spongieux , pénètrent dans les os par les trous nourriciers du deuxième ordre. II s'en faut bien que leur nombre soit déterminé par celui des trous, lesquels sont, pour la plupart, destinés au passage des veines. Ces artères communiquent d'ailleurs et avec l'artère médullaire dontiious avons parlé, et avec les artères périostiques.
Du troisième Les artères du troisième ordre ou artères périostiques sont extrêmement multipliées. A celte classe appartiennent les innombrables petites artères qui, après s'être ramifiées en réseau dans le périoste , sont reçues dans de petits sillons que nous avons dit être creusés à la surface de l'os qu'ils pénètrent à travers les conduits du troisième ordre. Ces petits vaisseaux, destinés à fournir aux couches extérieures du tissu compacte, s'anastomosent avec les deux autres ordres de vaisseaux.
sQ veines des os. 2° Les veines des os suivent le même trajet que les artères. Il existe en outre dans l'épaisseur des os larges, des os courts, et des extrémités des os longs, des canaux veineux particuliers, décrits pour la première fois par M. Dupuyiren dans les os du crâne, où ils sont très apparents. Ces canaux veineux sont criblés d'ouvertures par lesquelles ils reçoivent le sang des parties voisines ; la membrane interne des veines les tapisse : une lame extrêmement mince de tissu compacte forme leurs parois. Nous canaux vei- verrons P^us tar<^ Qu'*l Y a analogie parfaite entre les canaux
neuxdesos. veineux et les sinus de la dure-mère. La seule différence, c'est que dans les sinus les parois sont fibreuses, tandis qu'elles sont
GÉNÉRALITÉS. TEXTURE DES OS. ko
osseuses dans les canaux veineux. J'ai observé que dans le fœtus et dans l'enfant nouveau-né toutes les cellules du tissu spongieux, qui plus lard devront être remplies de tissu adipeux, sont remplies par du sang veineux, en sorte qu'à un certain âge, on peut considérer les os comme un vaste réseau veineux, ou comme je l'ai dit ailleurs, comme un tissu érectile ou caverneux à parois osseuses (1).
On n'a point encore démontré l'existence des vaisseaux
• ., i i . )-i . Vaisseaux
lymphatiques dans les os; mais il est probable qu il en existe, lymphatiques. le phénomène de la nutrition, et certains phénomènes morbides, tendent aies y faire supposer.
(1) On peut expliquer la conversion des cellules vasculaires en cellules adipeuses, en disant qu'après le développement complet des os, la nutrition y devenant beaucoup moins active, les vaisseaux diminuent de calibre, peut-être môme quelques uns s'oblitèrent, et les vides qu'ils laissent se remplissent de tissu adipeux, en vertu de cette loi générale par laquelle tous les vides naturels ou accidentels qui existent entre des parties dépourvues de mouvement sont remplies par le tissu adipeux. Cette explication, que je ne donne que comme une hypothèse, concilierait l'apparence érectile du tissu osseux avec la présence du tissu adipeux dans les aréoles ou vacuoles d'apparence vasculaire.
Ici se rapportent les belles recherches de M. le professeur Gerdy sur la, structure des os sousle titre d'Etat matériel ou anatomique des os; d'après ce travail, ainsi qu'il résulte du savant rapport fait à l'Académie des sciences par M. Breschet , M. Gerdy admet :
d" Que l'apparence fibreuse du tissu compacte est due à des sillons vasculaires.
2° Que les sillons sont longitudinaux dans les os longs , rayonnes et divergents dans certains os plats.
3° Que le tissu compacte est composé de canalicules vasculaires adhérents les uns aux autres et divisés comme les sillons qui viennent y aboutir.
4° Que le tissu spongieux des auteurs est composé d'un tissu canaliculaire d'un tissu réticulaire et. d'un tissu celluleux.
5" Que le tissu canaliculaire loge des vaisseaux dans jne foule de canalicules à peu près parallèles et longitudinaux dans les os longs.
6° Que le tissu réticulaire est formé de filets autour desquels les vaisseaux s'anastomosent.
7° Enfin que le tissu celluleux, assez diversifié dans ses dispositions, suit cependant certaines lois générales.
kk OSTÉOLOGIE.
Tissu cellulaire. Le tissu cellulaire entre aussi dans la composition des os et contribue à en constituer la charpente fibreuse.
Les nerfs des os peuvent être démontrés sur la plupart des pièces du squelette; mais il faut bien distinguer les nerfs qui ne font que traverser les os de ceux qui vont se perdre dans leur épaisseur (Voy. Névrologié).
Développement des Os, ou Osléogénie.
Les os présentent depuis le premier moment de leur apparition dans le fœtus jusqu'à leur développement complet, une série de changements fort remarquables qui constituent un des objet de l'o- points les plus importants de leur histoire. La connaissance de steogeme. cette série de changements ou de périodes successives de développement est l'objet de V os te'o génie.
Le développement des os, considéré d'une manière générale, présente trois phases ou périodes désignées sous le nom d'état muqueux, d'état cartilagineux, et d'état osseux.
Etat muqueux. 1° Etat muqueux. L'état muqueux, état celluleux de quelques auteurs, n'a pas été bien défini. Les uns appellent ainsi celte période de formation où les os sont confondus avec la totalité des organes en une masse homogène d'apparence muqueuse; les autres donnent le nom d'état muqueux à celte période plus avancée, où, prenant une consistance supérieure à celle des parties qui les entourent, les os commencent à se dessiner à travers la transparence de ces parties. Envisagé sous ce dernier point de vue, l'état muqueux n'est évidemment autre chose que l'état cartilagineux à son début. La première acception est donc la seule qui puisse être conservée.
neux!1 Can'lagl 1* Etat cartilagineux. L'état cartilagineux succède à l'état muqueux, sans qu'il soit possible de préciser l'époque de la transition. Plusieurs anatomistes soutiennent, avec Howship, que l'état cartilagineux n'est pas un intermédiaire nécessaire entre l'état muqueux et l'état osseux, qu'il ne s'observe d'une manière bien positive que pour les os dont l'ossification esi !ar-