‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 29 sur 140 · GÉNÉRALITÉS. DÉVELOPPEMENT DES OS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS. DÉVELOPPEMENT DES OS

divc, qu'il constitue comme un état provisoire dans lequel les cartilages rempliraient les fonctions des os. Mais si l'on considère, 1° la rapidité du passage de l'étal cartilagineux à l'état osseux pour certains os ; 2° la demi-transparence du cartilage de nouvelle formation , lorsqu'il ne présente qu'une petite épaisseur, ainsi qu'on le voit au crâne dont le cartilage se distingue à peine des deux membranes auxquelles il est interposé, on concevra qu'on a pu facilement méconnaître l'état cartilagineux. D'un autre côté, l'observation m'a constamment démontré que dans l'ossification normale tout os a été primitivement un cartilage.

L'état cartilagineux paraît se développer simultanément dans n n'existe pas les diverses pièces du squelette. L'idée des points centraux de irauxd'écartuacartilaginification correspondant aux points centraux d'ossifi- 8inillcal'oncation est une pure hypothèse. Un os apparaît cartilagineux dans tous ses points à la fois, et jamais par points isolés. Le cartilage présente la même configuration que présentera l'os devenu osseux.

Tous les os qui doivent être unis par la suite au moyen de cartilages, sont confondus en une seule pièce cartilagineuse : exemple, os. du crâne et de la face; tous ceux, au contraire, qui doivent n'être unis entre eux que par des ligaments, sont distincts et séparables.

3° Etat osseux. C'est vers la fin du deuxième mois de la utai-osseu*. conception que la carlilaginificaiion est terminée; mais déjà depuis longtemps des points osseux ont paru çà et là. Le pre- successive" des mier point d'ossification se montre dès la quatrième semaine à p°'£1s d osslflcala clavicule ; le deuxième, à la mâchoire inférieure.

Du trente-cinquième au quarantième jour apparaissent , tantôt successivement, tantôt simultanément, des points osseux au fémur, à l'humérus, au tibia, à l'os maxillaire supérieur.

Du quarantième au cinquante-cinquième jour apparaissent à de courts intervalles les points d'ossification de la portion an-

Des os à la naissance.

nulaire des premières verlèbres, du corps des vertèbres moyennes, des côtes, de la portion large des os du crâne, du péroné, de l'omoplate, de l'iliaque, des os du nez, de l'os malaire, des os palatins, des os métacarpiens, des phalanges des doigts et des orteils , du métatarsien , etc. , qui se développent plus ou moins rapidement pendant tout le reste de la vie intrautérine.

A la naissance, le corps des os longs et les os larges sont déjà très développés. Parmi les os courts, on trouve, 1° les verlèbres qui ne sont pas moins précoces dans leur évolution que les os longs et les os larges; 2° lecalcanéum, le cuboïde, et quelquefois l'astragale : mais ces derniers points d'ossificalion ne sont qu'à l'état naissant. Une seule extrémité d'os long commence à s'ossifier, c'est l'extrémité inférieure du fémur. Les autres os courts et les autres extrémités des os longs se pénètrent successivement, mais à des époques plus ou moins éloignées, de phosphate calcaire.

De tous les os du tarse, le dernier à s'ossifier est le scaphoïde ; de tous ceux du carpe, le plus tardif est le pisiforme : la rotule s'est ossifiée à trois ans.

Ici se préseifte une question du plus grand intérêt : l 'apparition successive des pièces d'ossification est-elle soumise à quelque loi générale?

Loi d'appan- L'ordre suivant lequel se succèdent les points d'ossification

tion successive ,

des points os- est tout à fait indépendant du volume des os. On remarque bien,

seux non fondée: . , ,

îs sur le volume il est vrai, que les petits os, a 1 exception toutefois des osselets

des os*

de l'ouïe, sont les plus tardifs dans leur apparition ; mais d'un autre côté, ce ne sont pas les os les plus volumineux qui sont les plus précoces : ainsi ce n'est que longtemps après la clavicule qu'apparaissent les os du bassin.

2°surieyoi- Le voisinage du cœur et des gros vaisseaux n'est pour rien

sinage du cœur , .,,,., ^. ,

et des gros vais- dans la precocile du développement. Sues cotes qui avoisinent

seaux. . , . . , , .,,..,.

le cœur s ossifient rapidement, le sternum, qui 1 avoisine bien davantage encore, est un des derniers qui présente des points

GÉNÉRALITÉS. DÉVELOPPEMENT DES OS. kl

d'ossification. L'angle antérieur et inférieur du pariétal, qui répond à la branche antérieure de l'artère méningée moyenne, est la dernière partie de l'os qui s'ossifie. L'artère fémorale occupe les limites longtemps cartilagineuses de l'os pubis et de l'os ilium. La véritable loi qui préside à la succession du développe- Fondée sur

n r la précocité

ment des Doints d'ossification est celle en vertu de laquelle la d'exercice des

r , fonctions.

précocité de formation des os est en rapport direct avec la précocité d'exercice des fonctions. Ainsi les mâchoires devant agir immédiatement après la naissance, s'ossifient avant les autres os de la tête. De même, les côtes destinées à servir à une fonction qui doit s'exercer dès le moment de la naissance, sont complètement ossifiées pour cet usage : les vertèbres et les os du crâne ne doivent leur précocité d'apparition qu'à leur usage de proléger la moelle épinière et le cerveau ; et c'est ainsi qu'il faut interpréter cette prétendue loi qui établissait une corrélation entre la rapidité de l'ossification et le voisinage des centres nerveux.

Si plusieurs os n'offrent que des points d'ossification primi- fi p^sdfv?ss|s~ tifs , si tous les changements ultérieurs qu'ils doivent éprouver 1* en Primitifsconsistent dans l'extension pure et simple de ces points d'ossification , le plus grand nombre présente , indépendamment de ces pièces essentielles , des points d'ossification complémen- meniai"es°.mple" taires, qu'oit appelle ëpiphyses. Ainsi, à côté du frontal , dont les deux points d'ossification primitifs suffisent au développement complet de l'os, nous voyons les vertèbres qui présentent : 1° trois points d'ossification primitifs, un pour le corps, deux pour les lames et les apophyses ; 2° cinq points d'ossification complémentaires, savoir, deux pour le corps, un pour le sommet de chaque apophyse transverse, un pour le sommet de l'apophyse épineuse.

Le passage de l'état cartilagineux à l'état osseux se mani- PWnomèneap-

r a a preciables lors

feste par les phénomènes suivants : le cartilage devient plus ^, Pas*ase de

1 6131 Cârilitïpl™

dense ; sa couleur est d'un blanc sale d'abord , puis d'un jaune neux a ''état os-

4S OSTÉÛLOGIE.

foncé : il se creuse de vacuoles : des vaisseaux rouges s'y développent , un point osseux apparaît au centre de ces vaisseaux; il est spongieux et pénétré de sang. L'ossification s'étend peu à peu, toujours précédée d'un grand développement de vaisseaux; en sorte que si l'on examine attentivement un cartilage qui commence à s'ossifier , on trouve : 1° au centre , un point osseux; 2° un cercle rouge, 3° une couche cartilagineuse opaque qui se creuse de canaux vasculaires ; 4° enfin le cartilage traversé seulement par quelques canaux vasculaires qui se dirigent vers le point osseux. Au reste, c'est toujours profondément, dans l'épaisseur du cartilage, et jamais à la surface, qu'apparaissent les premiers points osseux. Les ossifications accidentelles seules, telles que celles des cartilages costaux, débutent quelquefois par la superficie. Nous ne chercherons pas à approfondir davantage ici lé mécanisme de l'ossification.

L'os est-il un organe nouveau essentiellement distinct du cartilage qui serait soustrait à mesure par l'absorption, ou bien l'os résulte-t-il d'un dépôt pur et simple de phosphatexalcaire dans une trame cartilagineuse? Cette question toute spéculative ne doil pas nous occuper ici. Tout en admettant ce fait incontestable, mis hors de toute discussion par Haller etparBichat, savoir que l'ossification est toujours précédée et accompagnée d'un grand développement vasculaire, je dois m'élever contre toute assertion qui tendrait à faire envisager l'apparition du sang dans le cartilage comme le signe constant d'une ossification prochaine; car tous les cartilages autres que les cartilages contiennent des articulaires sont pourvus de vaisseaux sanguins, ainsi quon guinse.aux sa"~ Peut sen assurer sur les cartilages costaux et sur ceux du larynx.

Loi qui pré- L'étude du développement des os ne consiste pas seulement oufsoùdureîde" dans la détermination du nombre et de l'époque d'apparition points osseux. ^ points d'ossification; elle embrasse encore celle des changements ultérieurs qui se passent dans le système osseux. Ces

DÉVELOPPEMENT DKS OS. 60

changemcnls comprennent : 1° la réunion des points d'ossification primitifs-, 2° l'apparition et la soudure des points d'ossification complémentaires. Or, le développement et la réunion des points d'ossification ne sont pas toujours en rapport avec l'ordre de leur apparition; souvent même ce développement et cette réunion ont lieu en sens inverse (1). Ainsi , l'extrémité inférieure du lémur est la première épiphyse à paraître, et c'est de toutes la dernière à se réunir; tandis que, par une disposition opposée, l'exlrémilé supérieure du radius paraît une des dernières, et se soude avant toutes ou presque toutes les autres épiphyses.

La soudure des points d'ossification n'est complète que vers . r-v°(m oh

1 r ^ la réunion des

l'a se devinât-cinq ans , époque à laquelle se réunit au corps de P0,ints «i'ossifi-

° o i ' t i i r eation est corn-

l'os l'épiphyse inférieure du fémur. PltHe«

Marche générale de l'ossification des éminences et des cavités,

M. Serres, dans un travail fort remarquable, a donné , sous le titre de Lois générales d'ostéogénie , les résultats de son observation sur le développement des os impairs ou médians , des éminences et des cavités. Un examen rapide de ces lois complétera ce que nous avons à dire sur les points d'ossification.

1° Par la loi de symétrie , qui, suivant cet anatomisle, pré- Loi de symé..

(i) M. A. Béi'ard a fait des recherches desquelles il résulte : 1° que des deux extrémités des os longs, c'est, toujours celle Yers laquelle se dirige le conduit nourricier qui se soude la première avec le corps de l'os. Ainsi, au membre supérieur, le conduit nourricier de l'humérus se dirige de haut en bas vers le coude, et ceux du radius et du cubilus de bas en haut vers le coude encore ; or, dans ces trois os, l'exlrémilé cubitale se réunih>à la diaphyse plutôt que les extrémités qui regardent l'épaule etlepoignet. Aumembre inférieur, la disposition des conduits est inverse : ils s'éloignent du genou, aussi la réunion des épiphyses se faitelle d'abord en haut pour le fémur, et en bas pour le tibia et le péroné.

2° Si dans un os long il n'y a que doux poinls d'ossification, l'un pour utie des extrémités, et l'autre pourl.i deuxième extrémité et !e corps, l'extrémité qui s'ossifie ainsi conjointement avec le corps est celle vers laquelle se dirige le conduit nourricier. Ainsi au premier métacarpien et au premier métatarsien le conduit nourricier est dirige vers le pouce et vers le premier orteil : et c'est l'extrémité plialangienne qui, dès le principe, est confondue avec le corps de l'os. 1. 4

sideau développement de tous les os situés sur ia ligne médiane, toul os médian serait primitivement double, c'est à dire composé de deux moitiés séparées qui , marchant à la rencontre Tune de l'autre , finissent par se confondre. Ainsi , il y a primitivement deux demi-rachis osseux, deux demi-sternum. La portion basilaire de l'occipital , le corps du sphénoïde , la lame criblée de l'ethmoïde , le vomer, les apophyses épineuses des vertèbres , ont été primitivement doubles.

objections. Mais celte loi comporte de nombreuses exceptions. Si , par exemple, plusieurs pièces du sternum se développent souvent par deux points latéraux, la première et la dernière se développent toujours ou presque toujours par un point médian. Le corps des vertèbres se développe le plus souvent par un seul point; la portion basilaire de l'occipital, la lame perpendicu- - laire de l'ethmoïde, le vomer, les apophyses épineuses des vertèbres, soûl dans le même cas. Des divisions incomplètes sur la ligne médiane ne sauraient être données comme une preuve de l'existence de deux points primitifs d'ossification.

Loi de déve- 2° Toute éminence, dit M. Serres, se développe par un point

loppement pour , «.*"** j-

tes éminences. d'ossification. Cela est vrai en général; mais combien d'éminences qui ne sont autre chose que l'extension de la pièce d'os-

obiections sification qui les supporte! Où est le point d'ossification poulies apophyses articulaires des vertèbres, pour l'apophyse coronoïde du cubitus, pour les protubérances occipitales externe, interne? etc. Il y a des éminences doubles qui se développent par un seul point. Exemple, les condyles du fémur.

Loi de déve- 30 Toute cavité est formée par la réunion de deux pièces au

loppement pour ,

les cavités. moins d'ossification , eu sorte que lorsquun os creusé d'une cavité est composé de plusieurs pièces, c'est au niveau de celte cavité que se trouve le point de conjugaison. Exemple , l'os coxal, dont les trois pièces viennent se réunir à la cavité cotyïoïde. La môme loi présiderait, d'après M. Serres , à la formation des trous, des conduits osseux de toute espèce : ainsi, le canal médullaire des os longs, tous les canaux vasculaires et nerveux , le canal carolidien , vidien , elc. Tous les trous de la

base du crâne seraient formés primitivement dQ deux moitiés; mais les laits sont en opposition avec celte assertion présentée d'une manière aussi absolue.

Marche de l'ossification dans les trois espèces d'os.

1° Vans les os longs.

C'est dans le milieu de leur corps que l'ossification des os longs commence. On y voit paraître un petit cylindre étroit à son centre, élargi vers les extrémités , lubulé dans son intérieur, déjà percé du trou nourricier, dont les dimensions sont très apparentes , et qui reçoit de très gros vaisseaux.

Ce petit cylindre grossit et s'allonge peu à peu, de manière à s'avancer vers les extrémités de l'os qu'il atteint vers l'époque Formation du

corps.

de la naissance.

Tandis qu'à cette époque l'état osseux a déjà fait de si grands Formation des progrès dans le milieu des os longs, leur^ extrémités ne sont point encore osseuses. Ce n'est que plus lard et à des époques variables qu'on voit paraître au centre du carlilage qui les constitue , un point osseux qui s'accroît aux dépens de la portion cartilagineuse qui le sépare du noyau central, jusqu'à ce qu'enfin cette cloison qui devient de plus en plus mince soit envahie par .l'ossification. Tous les os longs ont deux épiphyses essentielles, Epiphyses es-

. . . .1 , > . senlielles.

auxquelles se surajoutent plusieurs épiphyses complémentaires, comniémentai- Les phalanges font exception à cette règle ; elles n'ont qu'une resépiphyse.

C'est cette réunion qui porte le nom de soudure des épiphyses. . soudure des

r r J k épiphyses.

L'époque à laquelle elle se complète n'est point circonscrite dans des limites précises : c'est de vingt à vingt- cinq ans qu'elle se termine.

Pendant toute la durée de ce développement, l'accroissement d'adroitement en longueur se fait : 1° principalement aux dépens de la laine osiongsî*" deS cartilagineuse qui sépare f épiphyse du noyau central ; 2° par l'élongation du cylindre osseux lui-même. Le premier mode d'accroissement a été bien établi par rjunter; le second mode est prouvé par l'expérience suivante , qui appartient à Duha-

52 ostéolOôie.

mel. Si on place à des distances déterminées trois aiguilles sur le cylindre central d'un des os longs d'un jeune oiseau, on trouve, au bout d'un certain temps, que les aiguilles se sont écartées; ce qui prouve que le cylindre osseux a subi un allongement.

2° Dans les os larges.

Développement 1° Parmi les os larges, ceux qui sont symétriques présenœltriquesg.esSÏ" tenl souvent deux points qui sont placés sur les côtés de la ligne médiane.

Non syméiri- 2° Les os non symétriques se développent quelquefois par un seul point d'ossification , comme les pariétaux; d'autres fois par plusieurs points, comme les temporaux.

Développement Une des circonstances les plus remarquables du développepar irradiation. menl ^es os larges ; c'est l'espèce d'irradiation ou de rayonnement suivant lequel se propage le phosphate calcaire qui , du centre de l'os où s'est formé primitivement le noyau osseux , se porte par rayons divergents vers toute la circonférence, en formant des stries osseuses , séparées par des intervalles que remplissent bientôt d'autres rayons.

Gomme tous ces rayons n'ont pas une longueur égale, et qu'ils

sont séparés vers la circonférence par des intervalles plus ou

moins considérables, il en résulte que le pourtour d'un os large

Formation des qui s'ossifie présente une bordure festonnée ou découpée, qu'on

ilrnl t'iuios

a comparée aux dentelures d un peigne. C'est cette disposition

qui devient l'origine des inégalités que présentent les sutures.

Dans les premiers temps de leur ossification , les os larges

Absence du sont proportionnellement beaucoup plus minces qu'ils ne le

tissu spongieux r * . ■ ■*

dans les pre- seront par la suite , attendu que le tissu celluleux n'est pas en-

niiers temps.

core développé (1).

A l'époque de la naissance, les centres osseux primitifs n'étant point encore réunis entre eux, et, d'un autre côté, l'ossifi-

(1) Par conséquent il n'y a pas de distinction entre la table externe et la table Interne des os du crâne. La nécrose des os du crâne, à (a naissance, occupe donc toute l'épaisseur de l'os.

caiion qui part du centre de l'os n'ayant pas alteinl la limite de

leur circonférence, il en résulte que les différentes parties d'un Espaces oar-

, ,. , ! ' .- , . * tilagineux.

niome os , et que les divers os qui par la suite doivent être contigus, sont séparés par des intervalles cartilagineux et en quelque sorte membraneux, qui au crâne constituent les fon- Fontanelles. tan elles.

Après la naissance, l'ossification s'étend de plus en plus dans les os larges; leur épaisseur et leur dureté s'accroissent en Formation du même temps : ils semblent se diviser en deux lames ou tables, eTSdesSPdeuSxudont le tissu spongieux remplit l'intervalle.

Quelques os larges sont pourvus de points d'ossification épi- points épiphyphysaires ou complémentaires qui occupent toujours la circon- saircs" férence de l'os; on les appelle épiphyses marginales (margo, j; bord). Ainsi , on voit se développer dans la partie du cartilage g'na'es. qui répond à la crête de l'os coxal un point osseux qui s'étend dans toute la longueur de ce bord, et forme une épiphyse marginale, qui se soucie plus lard avec le reste de l'os , et qui, sous ce rapport , est exactement analogue aux épiphyses que présentent les extrémités des os longs.

Les points épiphysaires ne sont donc point l'apanage exclusif des os longs, ainsi que l'avait dit Bichat : nous en trouverons également dans quelques os courts.

Mais ce serait une fausse analogie que celle qui assimilerait les os wormiens , formés durant le développement du crâne , Les os wor-

... , . . , , ., , miens ne sont

aux épiphyses des os longs et des os larges ; car ils présentent pas des epiphydes caractères qu'on ne retrouve jamais dans les véritables épiphyses. Ainsi :

1° Leur réunion ne se fait point par soudure , comme celle Différences. des épiphyses ; mais constamment elle se fait par suture.

2° Ils n'offrent rien de constant, ni dans l'époque de leur origine, ni dans leur forme, qui est irrégulière, ni dans leur grandeur, qui est en général d'autant plus considérable que leur apparition a été plus précoce , parce qu'ils ont eu le temps de s'étendre davantage avant d'arriver à la rencontre des os environnants.

dSoissemeS De ce c,ui a élé dit Précédemment , nous devons conclure que 2?i«J™£?ur des les os larRes onl un double mode d'accroissement en larçeUr :

os> larges» o

1° l'addition successive de substance osseuse aux bords mêmes de l'os; 2° la formation des épiphyses marginales.

Dans tout Os large qui se forme de plusieurs pièces, et qui présente à sa superficie une surface articulaire , celle-ci devient le centre vers lequel tous les points viennent se réunir à l'époque où l'ossification s'achève.

S° Dans les os courts.

ils sonr les Ce sont les derniers à s'ossifier. Un très grand nombre d'os

derniers a s os— D

sifier. courts sont encore cartilagineux à la naissance.

Les os courts ne sont point privés de points osseux épiphysaires : les vertèbres et le calcanéum en offrent des exemples.

Du reste , l'ossification présente dans les os courts les mêmes phases et la même marche que dans les extrémités des os longs, lesquelles ressemblent aux os courts sous tant de rapports.

Des changements qui se passent dans les os après Taçcroissement.

Pour avoir une idée complète du développement des os, il ne faut pas se borner à la détermination du nombre des points d'ossification, de leur succession, de leur soudure; il faut encore étudier les changements qui se passent dans les os après l'accroissement, erf hauteur;116"1 L'accroissement en hauteur est terminé à l'époque où toutes les pièces osseuses sont réunies. Cette époque varie de vingt à Accroissement trente ans; mais l'accroissement en épaisseur continue encore

en épaisseur „ ; „

dans rage adui- après cette époque. Pour s en assurer, il suffit de comparer les os d'un jeune homme et ceux d'un adulte de quarante ans. Dans la vieillesse * les os subissent encore des modifications importantes : le canal médullaire des os longs augmente de diamètre > et l'épaisseur des parois diminue d'une manière pro- Raréiaction du portionnelle ; en outre le tissu compacte perd de sa densité et

lissuosseuxdans » ' r ■

la vieillesse. devient plus spongieux. Il se passe quelque chose d'analogue dans les os larges et les os courts. M. Ribes a constaté qu'il y a

résorption du tissu spongieux dans les os courts, dans les extrémités des os longs, et surtout dans les os plats dont les deux tables se rapprochent et se confondent.

Un autre fait important à consigner ici , c'est que les propor- variations dans

, , , , , , la proportion do

lions respectives de phosphate calcaire et de substance orga- substance orga-

. , . . , , , , , A. niséeetdephos-

nisee subissent dans les os des changements continuels. Ainsi, phaïc calcaire. une analyse faite par Davy a prouvé que chez un enfant de quinze ans la proportion de phosphate calcaire était moindre d'un cinquième que chez l'adulte. Le même chimiste a trouvé que dans un occipital d'adulte comparé à un occipital de vieillard, la proportion de phosphate calcaire était : : 6k : 69.

De la nutrition des os.

La nutrition des os , le mouvement de composition et de dé- Expérience de composition qui la constitue, me paraissent démontrés par ld gdranc0l'expérience de la garance. Si on nourrit pendant quelque temps un animal avec des aliments imprégnés de suc de garance, les os de cet animal ne larderont pas à se colorer en rouge, ainsi qu'on s'en assure par l'ampuiation des membres. Si l'on suspend quelque temps l'usage de celle substance, les os reprendront leur couieur naturelle. Dans celle expérience, il n'est pas douteux que le phosphate calcaire ne soit le véhicule de la matière colorante, car les os seuls présentent la coloration rouge; tout ce qui est canilage reste étranger à celle coloration. On peut inférer delà qu'il s'opère incessamment dans les os un double mouvement par lequel dés molécules sont appor- Mouvement de

„ . , composition et

tees, puis reprises, après avoir tan parue de ces organes pen- de décomposi-

, . • i /-«\ Uon des os.

dant un temps plus ou moins long (1).

L'expérience de la garance établit encore , ainsi que l'a prouvé Duhamel du Monceau dans une série d'expériences très curieuses, que l'accroissement des os s'effectue par l'applica-

(1) Une objection un peu subtile serait celle-ci : La matière colorante ne pourrait-elle pas être déposée, puis reprise , sans que pour cela les molécules de phosphate calcaire soient soumises aux mêmes vicissitudes ?

Accroissement lion successive de lames nouvelles , formées aux dépens des

des os par l'ap»

piication suc- couches les plus profondes du périoste. On peut démontrer

CCSBlYfi de lûITlGS

nouvelles. celte vérité par l'expérience suivante : nourrissez un pigeon avec des aliments teints de garance; suspendez pendant quelque temps, puis reprenez l'usage de la matière colorante : si les os sont examinés, on trouve alors sous la couche la plus superficielle qui est rouge , une couche blanche , puis une couche rouge.

Double mode Les os présentent* donc deux modes d'accroissement : 1° le

ïî'ïiccroisscïïient

des os. mode interstitiel et par inius-suscepiion, qui leur est commun

avec tous les autres tissus; 2° le mode par juxla-position.

Ici se termine ce que je m'étais proposé de dire sur les os considérés d'une manière générale.

La colonne vertébrale étant la pièce en quelque7 sorte fondamentale du squelette , c'est par elle que nous commencerons la description particulière des os.

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