XIV AVANT-PROPOS
absolues. Avec notre organisation, nous ne pourrons jamais savoir ce que les corps sont en eux-mêmes, mais seulement ce qu'ils sont relativement à nous.
Cet ouvrage étant essentiellement élémentaire, et en quelque sorte un ouvrage d'amphithéâtre, j'ai du me circonscrire dans d'étroites limites, et retrancher avec la plus grande sévérité toutes les considérations qui ne ressortent pas directement de l'étude anatomique des organes.
Toutefois je n'ai pas dû oublier que ce livre était destiné à des médecins, et non à des naturalistes, et j'ai été conduit, chemin faisant, à indiquer, plus ou moins explicitement, les applications immédiates de l'anatomie, soit à la physiologie, soit à la chirurgie, soit à la médecine. L'usage d'une forme, d'une saillie, d'un enfoncement, d'une disposition de texture, suivra presque toujours l'exposition de cette saillie, de cet enfoncement, de cette disposition de texture. Les conséquences pathologiques immédiates qui en découlent ne seront pas non plus absolument étrangères à mon objet. J'ai pensé que, par ce mode d'exposition, le jeune médecin, frappé dès son entrée dans la carrière, des applications innombrables de l'anatomie à la physiologie et à la pathologie, se livrerait avec une ardeur toujours croissante à l'étude de cette belle science; qu'il comprendrait mieux et la grande différence qui existe entre les découvertes anatomiques et les conceptions à priori, et s'accoutumerait, de bonne heure à rechercher avec une sorte d'avidité les raisons anatomiques des phénomènes, soit dans l'état sain, soit dans l'état morbide.
Il est évident que l'anatomie abstraite, telle qu'elle est