DÉVELOPPEMENT GÉNÉRAL DE LA FACE
Le développement de la face ne consiste pas uniquement dans l'accroissement de ses dimensions : la prédominance partielle de certaines régions, ou leur infériorité relative, entraîne dans les divers âges, des différences de configuration qui sont tout à fait caractéristiques.
Etat de la région antérieure de la face aux différents âges.
À. Chez le fœtus. La partie supérieure de la face offre une
de pér
la pame su- prédominance remarquable, due, 1° au développement précoce
•ieure de la r * 7 7 rsr r
*'ace. du frontal , 2° à la grande capacité des orbites.
Exigu'ué de la La portion moyenne ou sus-maxillaire est , au contraire, très pâme mayenr-o. rétre<;ie par l'absence du sinus maxillaire; les dimensions verticales de l'os sus-maxillaire et du palatin sont même tellement peu considérables, que le bord de l'orbite et le bord alvéolaire sont presque continus; il n'y a pas de fosse canine. Nous devons dire ici que le relief du bord alvéolaire, qui renferme en- Absence de core tous 'es aermes ^es dents, entre pour beaucoup dans l'abfosse canine. sence de cette fosse canine.
Eiîfin, l'os maxillaire inférieur est rétréci dans le sens ver- Reiief des tical comme le sus-maxillaire , et présente comme lui un relief
bords alveolai- , . . v , .- ,-.»',.
tes. très prononce en devant , du a la présence des germes dentaires
dans les alvéoles. Cette circonstance de l'inclusion des germes dentaires, faisant proéminer le bord alvéolaire, détermine dans la symphyse une légère obliquité d'avant en arrière et de haut en bas.
Aux diverses causes du rétrécissement vertical delà face chez le fœtus, il faut ajouter le peu de hauteur de l'elhmôïde. Dimensions Les dimensions transversales de la face sont très étendues
Iran sversalps. . , , . x . .• • e • • j ■ p ■■
au niveau des orbites : a la partie intérieure de la face, elles
Chez l'adulte.
sont au contraire beaucoup plus étroites proportionnellement que chez l'adulte.
Ce qui fait le caractère de la face chez le fœtus , c'est donc , caractères de
. , , ,. . . , ■ . . , . i la ';ice chez le
1° 1 exiguïté des dimensions verticales; 2° la prédominance de fœtus, largeur de la partie supérieure sur la partie inférieure.
B. Dans l'âge adulte, le développement du sinus maxillaire , l'aplatissement et l'allongement vertical des arcades alvéolaires, donnent à la face l'expression qui la caractérise à cet âge.
C. Chez le vieillard, la chute des dents et l'affaissement chez le vieil-» du rebord alvéolaire rendent en partie à la face l'expression
qu'elle avait dans le fœtus, et de plus l'allongement et la proéminence du menton qui , parla diminution du diamètre vertical , se rapproche du nez, lui imprime un caractère particulier, qui dépend surtout de ce que la symphyse , de verticale qu'elle était chez l'adulte , devient oblique d'arrière en avant et de haut en bas. Cette obliquité est précisément inverse de celle qu'on observe chez le fœtus (1). Chez le vieillard, l'angle de la mâchoire redevient un peu obtus, et le corps de la mâchoire inférieure est réduit à sa portion basilaire; la portion alvéolaire est complètement usée. Le canal dentaire occupe par conséquent le bord supérieur de l'os.
(1) Quelques détails sur le développement de l'os maxillaire inférieur ne seront pas ici déplacés. Dans les premiers temps de la vie fœtale, il n'existe pas de canal dentaire; il n'y a qu'un trou qui conduit dans une large et profonde gouttière commune aux alvéoles et au canal dentaire. Souvent le canal dentaire reste à l'état de gouttière, au moins dans la portion de son trajet qui répond aux dents molaires. — Sur les mâchoiies des fœtus à terme, on trouve des vestiges de l'aiguille de Spix dans une scissure qu'on remarque au pourtour de l'orifice du canal dentaire. — Sur les mâchoires du fœtus, il y a plusieurs trous et canaux accessoires du canal dentaire inférieur. C'est sans doute ce qui expliqua pourquoi M. Serres a figuré dans ses planches deux canaux dentaires inférieurs. Enfin, je ferai remarquer que l'orifice du canal dentaire inférieur répondpendant les mouvements de la mâchoire inférieure , à un point immobile à l'axe même de ces mouvements. Celte disposition prévient le tiraillement des nerfs et des vaisseaux,
Etat des régions latérales aux différents âges.
Ce sont celles qui subissent le moins de changement; car si le développement du sinus maxillaire tend à augmenter chez l'adulte le relief de la tubérosité maxillaire, d'un autre côté, l'inclusion des germes dentaires dans l'os sus-maxillaire pendant la vie fœtale , compense assez exactement le défaut de saillie produite par l'absence du sinus.
Etat de la région postérieure de la face aux différents âges.
obliquité des Dans sa partie gutturale , celte région présente dans le fœmâchoire "chez tus et l'enfant les dispositions suivantes : Le bord postérieur le fœtus. ^es jjrancjies (je ja mâchoire est très oblique, et s'éloigne con-
sidérablement de la direction à peu près verticale qu'il présente chez l'adulte ; les apophyses ptërygoïdes et les ouvertures nasales poslérïeuses sont dirigées très obliquement de haut en bas et d'arrière en avant , au lieu d'être verticales , ce qui dépend de l'absence du sinus maxillaire, qui, en se développant , les repousse en arrière.
De l'obliquité du bord postérieur de la branche maxillaire,
il résulte que le condyle qui surmonte ce bord regarde , par sa
surface d'articulation, en arrière , au lieu de regarder en haut.
influence du Dans la portion horizontale ou palatine, la région inférieure
inus maxillaire . , ,, .,>*!!»
sur les change- de la face a proportionnellement moins détendue d avant en
ments que subit ., ,"'",,'■,'■, . • , „''.,.
la configuration arrière que chez l'adulte , ce qui est une conséquence de 1 obliquité que présente l'apophyse ptérygoïde, et du peu de développement du sinus maxillaire. On voit donC aux divers âges quelle grande influence les différents états de ce sinus exercent sur toute la configuration de la face.
On comprend facilement qu'au milieu de tous les changements que présente la conformation de la face, les cavités dont .elle est creusée doivent en éprouver de très importants. Le plus Développe- remarquable est la lenteur du développement des fosses nasa-
ment des cavi- ^ A ,
tés. les comparées aux fosses orbitaires. On peut même dire qu il y
a entre les unes et les autres un rapport inverse de développe-
ment. La cavité orbitaire, destinée à recevoir le globe de l'œil Rapport indéjà très développé à l'époque de la naissance, a beaucoup de î^lmeiitentre capacité. Elle doit cette disposition uniquement au développe- foMesnasates.6* ment rapide du frontal et du sphénoïde; car le malaire et le maxillaire n'y concourent que faiblement, et l'ethmoïde a si peu de hauteur encore , que le diamètre vertical de l'orbite, qui dépend de celui de l'ethmoïde, est moins considérable que le diamètre horizontal de celle cavité. Les fosses nasales, réduites à de très petites dimensions dans le fœtus , acquièrent par l'accroissement en hauteur de l'ethmoïde, du palatin, du maxillaire supérieur, du vonier, de même que par l'accroissement des cornets , une étendue de surface qu'augmente beaucoup l'ampliation du sinus maxillaire, des sinus sphénoïdaux, des cellules eihmoïdales et des sinus frontaux. Nous devons remarquer, à l'égard de celle dernière cavité, que son développement est du surtout à l'écarlement des deux lames du frontal , dont l'antérieure se déjelte presque toujours en devant, la postérieure restant immobile. On connaît cependant des exemples qui prouvent que c'est la lame postérieure qui , par sa dépression en arrière , fait presque exclusivement ies frais de la formation du sinus.
SOO OS1ÉOLOGIE.