‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 71 sur 140 · DES MEMBRES THORACIQUES. OMOPLATE · texte numérisé non relu

DES MEMBRES THORACIQUES. OMOPLATE

anguleuse : c'est au niveau de l'angle saillant présenté par ce

bord, que répond l'épine de l'omoplate.

Le bord supérieur ou cervical est le plus court et le plus Bord supérieur

, . . , , ou cervical.

mince; il présente une echancrure de grandeur variable, convertie en trou par un ligament, et donnant passage au nerf sus-scapulaire seulement , rarement au nerf et aux vaisseaux tout à la fois.

Le bord externe ou axillaire, incliné en bas et en avant, Bord externe

11 ■ i • -i ni ou axillaire.

sépare du thorax par un intervalle qui détermine la profondeur du creux de l'aisselle, forme la partie la plus épaisse et la plus résistante de l'omoplate. Son épaisseur va en croissant de sa partie inférieure vers son extrémité supérieure, et on pourrait dire que ce bord sert de support à la cavité glénoïde, qui est creusée aux dépens de sa partie supérieure. En haut, immédiatement au dessous de la cavité glénoïde, il présente une dépression triangulaire, rugueuse, dans, laquelle s'insère la longue portion du triceps brachial.

k° Angles. Des trois angles de l'omoplate , deux sont Angies> destinés à l'insertion des muscles les plus importants de cet os, le troisième à l'articulation de l'omoplate avec l'os du bras.

L'angle interne est celui qui se rapproche le plus de Angle interne. l'angle droit : il donne insertion au muscle angulaire. Il présente en avant, du côté de la fosse sous-scapulaire, une empreinte très marquée chez les sujets robustes; elle est destinée à l'insertion de la partie supérieure du muscle grand dentelé.

L'angle inférieur, très aigu, offre en dedans des inégalités Angle inférieur, pour l'insertion du grand dentelé. Cet angle n'étant séparé de la peau que par la seule épaisseur du muscle grand dorsal, qui y prend souvent quelques insertions, est, de tous les angles de l'omoplate, le plus exposé à se fracturer par l'action des chocs extérieurs.

L'angle externe ou glënoïdien est la partie la plus volumineuse de l'omoplate ; cet angle, qui est tronqué , est comme

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creusé d'une cavité ovalaire, doni le grand diamètre est dirigé

verticalement; l'extrémité la plus petite de l'ovale est tournée

caTité gié- en haut. Cette cavité , appelée cavité g lénoïde de l'omoplate,

est destinée a 1 articulation du bras avec 1 épaule : elle est

coi de l'omo- supportée par une portion rétrécie qu'on appelle col de Y omoplate, et surmontée par une grosse apophyse qu'on a nommée

Apophyse co- coracoïdej parce qu'elle a été comparée à un bec de corbeau. Celte apophyse, qui naît immédiatement au dessus de la cavité glénoïde, se dirige en dehors et en avant à la manière d'un

segfaces. doigt demi-fléchi ; elle est concave et lisse par sa face inférieure qui regarde en dehors, et présente une courbure correspon-

ses bords, dante à la tête de l'os du bras ; convexe et rugueuse à sa face supérieure , qui regarde en dedans, donne insertion aux ligaments coraco-claviculaires, et s'articule avec la clavicule. Le

sonsommet. sommet de cette apophyse est rugueux, et fournit des insertions musculaires. Le ligament coraco-acromien se fixe à son bord postérieur; le muscle petit pectoral, le faisceau antérieur des ligaments coraco-claviculaires s'insère à son bord antérieur; les muscles biceps et coi aco-brachial réunis à son sommet.

Résume' des connexions . L'omoplate s'articule avec la clavicule et l'os du bras.

Conformation intérieure. Je ne connais aucun os qui soit

Transparence aussi ojénéraîement peu épais que l'omoplate. Voyez la trans-

de l'os au niveau ° 1 r -1 r j

des fosses sus et parence des fosses sus-épineuse et sous- épineuse; à ce niveau

sous-epineuses. r r r

l'os est tellement mince qu'on ne peut le ruginer sans entamer la lame unique de tissu compacte dont il se compose en ce point. Il n'y a pas un atome de tissu spongieux dans toute l'étendue de ces fosses, et l'on trouve ici une nouvelle application de ces deux lois qui dominent toute l'ostéologie, économie de poids et économie de volume. Il suffisait à la nature que cet os eût assez de solidité pour résister à la contraction musculaire : d'ailleurs, entourée par une couche épaisse de muscles au niveau de ces fosses, l'omoplate n'était pas susceptible de fractures. Mais à la circonférence, et surtout aux angles, la structure spongieuse apparaît ; on la retrouve surtout à l'angle externe ou antérieur,

BKS MEMBRES THÔRÀCIQUES. OMOPLATE. ?J\\

à f l'angle inférieur, au bord axillaire-, au bord postérieur de l'épine de l'omoplate, à l'acromion el a l'apophyse coracoïde.

Développement. L'omoplate se développe par six points Nombre d« d'ossification : un primitif pour le corps de l'os, cinq épiphy- ^'J^ d'0S8ili saires ou complémentaire^, dont un pour l'apophyse coracoïde, deux pour l'apophyse acromion; un pour le bord postérieur de l'os, un pour son angle inférieur.

Le poini osseux du corps de l'omoplate n'est apparent que ordre d'appavers la fin du deuxième mois de la grossesse ; il se forme au n lon' niveau de la fosse sous-épineuse, où on trouve à celle époque une plaque osseuse irrégulièrement quadrilatère, à la surface de laquelle on n'aperçoit pas le moindre vestige osseux de l'épine scapulaire.

Ce n'est que dans le troisième mois que celle-ci devient apparente, et à celle époque l'ossification a fait encore si peu de progrès vers la partie supérieure de l'os, que l'épine qui, par la suite, doit être située au-dessous du quart supérieur de l'o- L'épine sc>-

, , m - i -î i i .■ ' pu'.a re ne naît

moplaie, est alors assez élevée pour déborder la partie supe- pas par un point rieure de cet os. Jamais l'épine ne se développe par un point pa' ic"'er osseux qui lui soil propre; elle naît de la face postérieure de l'os, comme par végétation.

C'est quelquefois à l'époque de la naissance , le plus ordinairement dans le cours de la première année, que se forme le point osseux de l'apophyse coracoïde, lequel empiète sur la ca- .. Point eoracoïvilé glénoïde de manière à constituer le quart supérieur de cette cavité.

Des deux germes osseux de l'apophyse acromion, celui de la L'acromion

, naît Par deux

base est arrondi et se développe avant la quinzième année. Le points, germe osseux du sommet de l'acromion ne se développe que de quinze à seize ans, c'est à dire à l'époque où s'opère la soudure de l'apophyse coracoïde au corps de l'os. Ce germe osseux du sommet de l'acromion est très variable dans sa forme : tantôt il se présente sous l'aspect d'une bandelette i 16

Dion.

étroite, tantôt il forme à lui seul la plus grande partie de l'apophyse acromion (1).

point de l'an- Le point osseux de l'angle inférieur de l'omoplate se forme

gle inférieur. ,

dans le courant de la quinzième année.

Point du bord Le point osseux du bord vertébral de l'omoplate envahit

vertébral. , t

tout le bord postérieur de 1 os, sous la forme d une longue epiphyse marginale, analogue à celle dont il sera question plus tard au sujet de l'os de la hanche. Il ne se forme que dans la dixseptième ou dix-huitième année, ordre de réu- La réunion des divers points osseux qui viennent d'êlre indiqués ne commence à s'effectuer que dans le cours de la quinzième année, époque à laquelle l'apophyse coracoïde se soude au corps de l'os. Les autres points opèrent leur jonction à des époques variables, et qui ne sont pas encore déterminées avec beaucoup d'exactitude. De tous les points épiphysaires, celui qui reste le plus longtemps distinct est le point osseux du bord vertébral de l'omoplate. Ce n'est qu'à l'époque où l'accroissement est terminé, que la soudure de tous ces points est complète.

De l'Epaule en général.

Considérée comme ne formant qu'une seule pièce, l'épaule est une ceinture osseuse destinée à servir de point d'appui aux membres thoraciques.

(!) Il n'est pas rare de voir les deux points osseux de l'acromion rester isolés loule la vie, et unis entre eux à l'aide d'une articulation analogue à l'articulation acrourio-claviculaire. M. Laurence a soumis à la Société anatomique l'omoplate et la clavicule d'une vieille femme, qui présentaient au moignon de l'épaule une double articulation : 1° une articulation de la clavicule avec une pièce osseuse qui représentait le sommet de l'acromion ; 2° une articulation du sommet de l'aeromion avec l'acromion lui-même. La même disposition existait de l'autre côté. J'ai considéré celte disposition non comme le résultat d'une fausse articulation suite de fracture, mais comme une fausse articulation suite d'un défaut de soudure du sommet de l'acromion avec son corps. Je dois faire remarquer que dans deux cas que j'ai eu occasion d'observer, cette disposition, existait en même temps des deux côtés,

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