‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 21 sur 136 · DES MEMBRANES DU CENTRE NERVEUX CÉPHALO- RACHIDIEN · texte numérisé non relu

DES MEMBRANES DU CENTRE NERVEUX CÉPHALO- RACHIDIEN

Il est peu de parties du corps qui soient aussi efficacement protégées que le centre nerveux céphalo-rachidien ; c'est pour lui qu'existent la colonne vertébrale (1) et le crâne, dont le mécanisme, si éminemment favorable à la protection des parties contenues, a été exposé ailleurs.

Indépendamment de l'étui osseux que fournit au centre nerveux céphalo-rachidien^comme moyen de protection, la colonne vertébro-crânienne, il existe encore : 1° une gaine fibreuse, la dure-mère ,• 2° une membrane séreuse, V arachnoïde; 3° une membrane propre, la pie-mère, dans laquelle se ramifient les vaisseaux qui appartiennent au centre nerveux.

DCKE-MÈRE (2).

La dure-mère La dure-mère (meninx crassa, Galien ; méninge, Chauss.)

est une mem- -ni ■>

brane fibreuse, est une membrane fibreuse qui sert d enveloppe prolectrice a la partie centrale du système nerveux et à l'origine de tous les nerfs qui en parlent ou qui s'y rendent.

C'est la plus extérieure des membranes de l'encéphale (meninx exterior, Sœmmering) ; on la divise en dure-mère crânienne et dure-mère rachidienne.

1° Préparation de la dure - mère crânienne. Inciser crucialement, ou seulement d'avant en arrière, les téguments du crâne ; renverser les lambeaux, en ayant soin d'enlever le périoste en même temps que le cuir chevelu.

Les os du crâne étant mis à nu, on peut enlever la voûte, soit avec le marteau-hachette, soit avec la scie.

(1) Qui dit animal vertébré, dit animal pourvu d'encéphale; qui dit animal 1nvertébré, dit animal dépourvu d'encéphale.

(2) Le nom de mire, appliqué aux méninges, vient des Arabes, qui regardaient les méninges comme l'origine, les membranes mères de toutes les autres parties du corps : ou, peut-être encore, comme le dit Haller, ce nom vient-il de l'idiome arabe, qui désigne, sous le nom de mère, l'enveloppe d'un corps quelconque,

Le marteau-hachette est le moyen le plus expéditif et le meilleur. Préparation

J , delà dur e-mere

L'ébranlement et la déchirure du cerveau, qu'on lui a reprochés, ne crânienne.

sont nullement à redouter lorsque l'instrument est convenablement

manié. L'inconvénient d'entamer le cerveau est presque inévitable

quand on a recours à la scie, qui n'a sur le marteau-hachette d'autre

avantage que la netteté de la coupe.

La coupe doit être circulaire, horizontale, et pratiquée à un travers de doigt au dessus des arcades orbitaires ; on enlève la voûte à l'aide de l'extrémité étroite du marteau-hachette ou mieux à l'aide d'un crochet, qu'on peut adapter à l'extrémité libre du manche de cet instrument.

Si, dans la préparation, on se résout à sacrifier le cerveau, on s'y prendra d'une manière un peu différente. Deux traits de scie parallèles seront dirigés de chaque côté du sinus longitudinal supérieur et dans toute la longueur de ce sinus. Les extrémités antérieure et postérieure de chaque trait de scie seront réunies par un trait de scie horizontal. Les segments d'ellipsoïde, interceptés par la coupe horizontale, seront enlevés; il restera une zone osseuse intermédiaire, d'un pouce de largeur, étendue de la bosse nasale à la protubérance occipitale, et qui formera comme l'anse de la tête. On divisera la dure-mère le long des bords de cette anse, pour enlever ensuite le cerveau et le cervelet.

Dans le cas où on ne voudrait pas sacrifier le cerveau et le cervelet, il faudrait, après avoir enlevé la voûte crânienne de la manière accoutumée, diviser la dure-mère circulairement, au niveau de la coupe du crâne, ^couper ensuite à l'aide de ciseaux l'extrémité antérieure de la faux du cerveau , et renverser d'avant en arrière toute la calotte fibreuse.

On peut encore, et je préfère ce dernier mode de préparation, inciser la dure-mère de chaque côté du sinus longitudinal supérieur, et diviser ensuite l'extrémité antérieure de la faux, qu'on renversera d'avant en arrière.

2° Préparation de la dure-mère rachidienne. On peut la mettre à découvert: 1° en enlevant les arcs postérieurs des vertèbres; 2° en enlevant les corps de ces os. Cette dernière préparation est peu usitée.

L'ablation des arcs postérieurs des vertèbres se fait au moyen du ciseau et du maillet, ou mieux, à l'aide de divers instruments particuliers imaginés pour cet objet, qu'on appelle des rachitomes. Les meilleurs sont:

I/O KÉVROLOGIE.

Préparation 1° Le rachitome coupant, qui consiste en une simple lame fortement de la dure-mère , , . , , ,

rachidienne. trempée, a bord tranchant convexe, a bord oppose mousse et très épais.

Cet instrument doit être assez fort pour supporter le choc d'un marteau très lourd. Sur l'une ou l'autre faces, à quelques lignes du bord tranchant, est une saillie qui ne permet point à l'instrument de s'enfoncer trop profondément et de blesser la moelle.

2° Le rachitome à scie, qui consiste dans deux lames de scie parallèles, légèrement convexes sur leur bord dentelé, solidement fixées l'une à l'autre, et pouvant être écartées ou rapprochées à volonté; une traverse s'oppose à ce que la scie dépasse les os, de manière à entamer la moelle.

On préfère, avec raison, le premier rachitome à cetinstrument compliqué. L'objet important, dans l'ouverture du rachis, est de faire porter le trait de scie sur le point de jonction des lames avec les apophyses transverses et articulaires.

Pour bien voir la continuité de la dure-mère rachidienne avec la dure-mère crânienne, il faut, au moyen de deux traits de scie qui viennent tomber sur l'occiput, réunir les coupes du crâne et du rachis.

Une belle préparation sèche de la dure-mère consiste à enlever sur le même sujet : 1° la voûle et les parties latérales du crâne ; 2° la totalité de l'arc vertébral postérieur: le cerveau et la moelle seront enlevés par des incisions faciles à masquer. On remplit de suif la cavité de la dure-mère ; et, plus tard, on se débarrasse du suif à l'aide de l'huile essentielle de térébenthine. On peut encore arriver plus facilement au même résultat, en remplissant de sable fin la dure-mère ainsi détachée.

Dure-mère crânienne.

La dure-mère La dure-mère crânienne est un sac fibreux qui sert à la fois pîrioasiei'n°terne de périoste interne à la boîte osseuse du crâne qu'elle tapisse, flbreuese.ve'oppe et d'enveloppe au cerveau, dont elle sépare les diverses parties, au moyen de prolongements ou cloisons incomplètes.

La dure-mère présente à considérer une surface externe et une surface interne.

A. Surface externe de la dure- mère.

La surface externe de la dure-mère tapisse exactement la surface interne des os du crâne, à laquelle elle adhère par une

foule de petits prolongements fibreux et vasculaires, dont on ]aAsuSeCeexvoit très bien les débris en plongeant sous l'eau cette membrane m™e.deladure" détachée. Ces prolongements donnent à la surface externe de la dure-mère, un aspect rugueux, qui contraste avec le poli de sa surface interne. Sur celle surface externe, se voient les ramifications des arlères et veines méningées moyennes, qui proéminent sur la membrane externe , comme si elles étaient simplement appliquées contre elle.

L'adhérence de la dure-mère aux parois du crâne, présente Variétés des

r ' r adhérences de

d'ailleurs de grandes différences dans les diverses régions. la dure-mère:

Ainsi, elle est généralement moins considérable à la voûte du re*j0^givant les crâne qu'à la base, où il est impossible de la séparer des os qu'elle revêt. Je signalerai plus particulièrement, sous le point de vue de l'adhérence, le bord supérieur du rocher, le bord postérieur des petites ailes du sphénoïde et le pourtour du trou occipital.

L'adhérence de la dure-mère est plus forte au niveau des sutures, que dans les autres points. Il est des régions, telles que les surfaces orbilaires, les fosses occipitales, la portion écailleuse du temporal, où l'adhérence est si peu prononcée, qu'on a pu croire que la dure-mère était complètement libre à leur niveau (1).

L'adhérence de la dure-mère aux os du crâne, varie d'ail- 2° suivant les leurs suivant les âges , soit pour l'intimité de celte adhérence, ses* soit pour le mode suivant lequel elle s'effectue. Ainsi, chez le vieillard, elle est tellement intime, qu'il est presque toujours impossible d'enlever la voûle du crâne, sans enlever en même temps des lambeaux de dure-mère. Il y a, dans ce cas, ossification des lames les plus extérieures de celte membrane. Chez

(1) Une erreur anatomique longtemps accréditée, c'est que les adhérences de la dure-mère aux os étaient morbides ; on avait même admis l'existence d'un espace entre la dure-mère et les os du crâne. Ces erreurs étaient la conséquence d'une hypothèse physiologique sur la cause des mouvements du cerveau, qui étaient attribués à la contraction de la dure-mère.

l'enfant nouveau-né, l'adhérence est plus forte que chez l'adulte, suriout au niveau des sutures.

Modes divers Quant au mode suivant lequel a lieu l'adhérence : chez l'en-

d'adtaerence de ^

la dure-mère, fant, elle paraît formée exclusivement par des vaisseaux ; chez le vieillard, elle est presque entièrement fibreuse ; chez l'adulte, elle est à la fois fibreuse et vasculaire. prolongements Parmi les moyens d'adhérence de la dure-mère 'aux os du breuxadeia du- crâne, nous devons noter les canaux fibreux que celte memre-mere. brane fournit aux nerfs et aux vaisseaux qui traversent les

trous de la base du crâne : canaux fibreux qui cessent en général avec les trous ou canaux osseux qu'ils traversent pour se continuer avec le périoste de la surface externe du crâne.

Une seule exception à cette règle se voit au niveau de la fente sphénoïdale du trou optique. Là existe un prolongement de la dure-mère, qui se divise bientôt en deux lames, dont l'une va servir de périoste à la cavité orbitaire, et dont l'autre forme autour du nerf optique, une gaine fibreuse ou névrilème , qui se continue avec la membrane sclérotique : d'où l'opinion des anatomistes qui ont considéré la sclérotique comme un épanouissement de celte gaine, et par conséquent comme une émanation de la dure-mère.

B. Surface interne de la dure-mère.

La surface interne de la dure-mère est polie, incessamment Aspect iisseet lubréfiée par de la sérosité : elle doit cet aspect lisse au feuillet

poli de la sur- r

lace interne, araebnoïdien qui la revêt, feuillet tellement ténu, qu'on serait tenté de nier son existence, et tellement adhérent, qu'il est très difficile de le démontrer. La surface interne de la dure-mère , ainsi tapissée par un feuillet séreux, est libre de toute adhérence, excepté dans les points où les veines cérébrales vont s'ouvrir dans les différents sinus : elle est contiguë à l'arachnoïde cérébrale, et médiatement aux circonvolutions du cerveau.

De cette surface interne partent des prolongements ou cloisons incomplètes, qui divisent la cavilé du crâne en un certain

nombre de compartiments. Ces prolongements sont au nombre Des cloisons

de la dure-mède trois, et désignés sous les noms de faux du cerveau, tente re.

du cervelet et faux du cervelet.

Faux du cerveau {faix magna, processus falciformis). Faux du cer- C'est une lame fibreuse, médiane, verticalement dirigée, ayant la forme d'une faux, tendue entre l'apophyse crista-galli et la tente du cervelet. Sa pointe, qui est en avant, s'enfonce sa pointe, dans le trou borgne , et enveloppe l'apophyse crista-galli ; sa base est en arrière , et tombe perpendiculairement sur la sabase, partie moyenne de la tente du cervelet avec laquelle elle se continue. C'est dans le lieu d'intersection de la faux du cerveau et de la tente du cervelet, qu'est creusé le canal veineux connu sous le nom de sinus droit. Son bord supérieur con- ses bords, vexe, mesure tout l'intervalle qui sépare le trou borgne de la protubérance occipitale interne, et par conséquent est en rapport avec la ligne médiane du frontal, la suture sagittale et branche supérieure de la gouttière cruciale de l'occipital . Dans l'épaisseur de ce bord, se trouve le sinus longitudinal supérieur. Le bord inférieur concave est mince, comme tranchant, répond au corps calleux, qu'il touche seulement en arrière, et sur lequel, d'après quelques anatomistes, il imprimerait un sillon assez profond. Ce bord, plus épais en arrière qu'en avant, contient dans son épaisseur une petite veine à laquelle on a donné le nom de sinus longitudinal inférieur . Les deux faces de la faux répondent à la surface interne des deux hémi- ses faces, sphères. Il n'est pas rare de voir la faux du cerveau comme éraillée dans quelques points, et même il m'est arrivé de trouver une fois les deux hémisphères cérébraux continus l'un à Vautre, à travers une perte de substance de cette cloison.

' r Ses usages.

Les usages de la faux sont bien évidemment de prévenir les effets de l'ébranlement latéral du cerveau, et d'empêcher, lors du décubitus latéral, que l'un des hémisphères ne pèse sur l'autre.

Tente du cervelet. Espèce de cloison incomplète, et comme tronquée en avant, horizontale (septum transverse, Chauss.),

174 NÉVROLOGIE.

qui sépare îe cerveau du cervelei. Ce repli offre un état de tension permanent; il doit celte tension à la faux du cerveau, qui Tente du cer- est elle-même habituellement tendue. La faux du cerveau et la veleL tente du cervelet sont réciproquement la cause de leur état de

tension. La section de l'un est nécessairement suivie du relâchement de l'autre. On ne peut donc avoir une bonne idée de la lente du cervelet, que lorsqu'on l'étudié en place, la faux du ses pians in- cerveau étant inacte. On voit alors que, vue par sa facesupé-

clinés.

rieure, cette tente représente deux plans inclinés réunis à angle obtus, de manière à former une sorte de voûte membraneuse, sur le sommet de laquelle s'appuie la base de la faux du cerveau. La concavité inférieure de cette voûte répond à la eonvexiié du cervelet, sur laquelle elle se moule ; la convexité supérieure répond à la concavilé légère des lobes postérieurs du cerveau. Le double plan incliné (en dos d'âne) de là lente du cervelet est important à noter pour se faire une idée de la manière dont le cerveau résiste aux ébranlements directs ou indirects. Il en résulte une décomposition de mouvement qui prévient les funestes effets des commotions.

Sa circonfé- Sa circonférence externe, horizontale, répond, en arrière, à la moitié postérieure des gouttières latérales; en avant, au bord supérieur du rocher. Le sinus latéral est creusé, dans la portion occipitale , et le sinus pélreux supérieur dans la portion pétrée de celle circonférence.

Sa circonférence interne, à forme parabolique, est complétée, en avant, par la gouttière basilaire de l'occipital ; elle intercepte un espace que remplit la protubérance annulaire, sur laquelle elle se moule 1res exactement.

Croisementen Les extrémités, ou pointes des deux circonférences de la

X des pointes • . . , , . , , ,

des deux cir- lenie du cervelet , se croisent de chaque cote, a la manière

conférences. .. , . ,, ,..,,.

d un X : la pointe, ou 1 extrémité de la circonférence externe, va se fixer à l'apophyse clinoïde postérieure, et former, vers le sommet du rocher, une espèce de pont, au dessous duquel passe le nerf irifacial ; la pointe ou l'extrémité de la circonférence interne, subjacente à la précédente, se prolonge jusqu'à

l'apophyse clinoïde antérieure. Ces derniers prolongements complètent de chaque côté la fosse pituhaire , dont ils augmentent la profondeur, et c'est dans leur épaisseur que sont logés les sinus caverneux.

Faux du cervelet (faix minor). Petit repli faiciforme, ver- Faux du cerlical, médian (septum médian du cervelet, Cbauss.) ; quelquefois double, suivant la remarque de Win slow ; étendu de la protubérance occipitale interne au trou occipital ; destiné à séparer les deux hémisphères du cervelet. Sa base répond en haut à la tente dif cervelet, et s'y implante; son sommet se bifurque sur les parties latérales du trou occipital ; les deux branches de bifurcation contiennent dans leur épaisseur les points occipitaux. Son bord postérieur répond à la crête occipitale ; son bord antérieur répond au fond de la scissure médiane du cervelet. J'ai vu la dure-mère former, au niveau de la moitié postérieure du trou occipital, un petit repli faiciforme, qui formait comme la base d'un triangle isocèle, dont les deux branches de division de la faux du cervelet représentaient les bords égaux.

Il existe un quatrième repli de la dure -mère : c'est celui qui cioîsod fi-

brcusG d6 l'hv*

recouvre le corps piluitaire et complète l'espèce de boîte partie pophyse. osseuse, partie fibreuse, dans laquelle il est encaissé. Ce repii, espèce de diaphragme (diaphragma hypophyseos) , est constitué par le feuillet interne de la dure-mère replié sur luimême, tandis que le feuillet externe va tapisser la selle lurcique. Une petite ouverture se voit au centre de ce diaphragme pour laisser passer la lige piluitaire.

Structure de la dure-mère crânienne.

La dure-mère est peut-être la plus épaisse et la plus résistante de toutes les membranes qui enveloppent les viscères. On peut la considérer comme formée de deux lames fibreuses, bien distinctes : l'une extérieure, lame ou feuillet périoslique, c'est le périoste interne des os du crâne; l'autre intérieure, lame ou feuillet cérébral proprement dit, qui, con-

176 WÉVROLOGIE.

La dureraére fondu avec le précédent, dans la plus grande partie de son

est composée de , , , , . -, ,

deux lames a- étendue, s en écarte dans quelques points pour constituer et

les canaux fibreux, appelés sinus, et les divers replis que nous

Mode de for- avons décrits à la face interne de la dure-mère. Ainsi, au ni-

mation des sinus . . , ,. , , „ ... , . . , '

et des replis de veau de la gouttière longitudinale, le leuillet penoslique de la

la dure-mère. , , . . , . ,, „ .-,, ' , ,.

dure-mere tapisse cette gouttière; mais le feuillet cérébral s'en détache de chaque côté : or, les deux lames de ce feuillet cérébral, en se rapprochant, interceptent entre elles et le feuillet périostique un espace prismatique triangulaire, c'est le sinus longitudinal supérieur, pour aller constituer la faux du cerveau. Il en est de même au niveau du sinus latéral, où le feuillet cérébral, en se repliant, va constituer la tente du cervelet.

Le feuillet interne de la dure-mère, essentiellement fibreux,

ne doit pas être confondu avec le feuillet arachnoïdien, qui

tapisse sa face interne, et sur lequel nous reviendrons dans un

instant (1).

La structure La dure-nière appartient évidemment au tissu fibreux, et

deladure-mére . , . ,, ,

est fibreuse, non au tissu musculaire , comme on l'a cru pendant longtemps (2).

Elle est formée de fibres entrecroisées sous diverses directions.

(1) Bien que la séparation de la dure-mère en deux feuillets fibreux distincts, puisse, à la rigueur, être contestée, et qu'on puisse considérer cette séparation comme le résultat artificiel d'une dissection minutieuse; il n'en est pas moins vrai que la séparation des deux feuillets fibreux, si évidente au niveau du sinus, peut être suivie bien au delà. Chez les vieillards, la séparation des deux lames de la dure-mère se fait souvent naturellement lors de l'ablation de la voûte du crâne. Le feuillet externe suit la voûte à laquelle elle adhère intimement ; le feuillet interne seul reste en place.

(2) Pacchioni, qui a fait un long travail sur cette membrane, allait même jusqu'à y admettre trois ventres ou corps charnus ; savoir : un pour chaque hémisphère, et un pour le cervelet. Le même auteur donne une description excessivement minutieuse de la direction des divers plans de fibres de la duremère. Je ne crois pas qu'il existe dans l'histoire de l'art un exemple plus frappant de l'abus qu'on peut faire de l'anatomie de texture.

On dëcril généralement, comme dépendance de la dure- Granulations

, , , , , , . de Pacchioni.

mère, les granulations ou corpuscules blancs, reunis en grappe, pour la plupart, le long du sinus longitudinal supérieur, et qui sont appelés improprement glandes de Pacchioni, du nom de l'auteur qui les a, le premier, bien décrits.

Ces corpuscules, qui manquent chez l'enfant, existent presque constamment chez l'adulte , et sont très multipliés chez le vieillard. Tantôt isolés, tantôt réunis en grappe , situés, dans situation de les premiers temps de leur formation , à la face interne de tions. 8raE la dure-mère, ils finissent par écarter les fibres de la lame interne de celle membrane , qu'ils séparent en petits faisceaux parallèles, ou réticulés, et se trouvent ainsi logés entre les deux lames fibreuses de la dure-mère. Là , ils constituent des tumeurs proéminentes à la face externe de cette membrane, tumeurs qui se creusent une cavité dans l'épaisseur des os du Elles , exPVlr

^ , l quent les de-

crâne. C'est aux grappes de granulations de Pacchioni que sont pressions ru-

0 CL ° J gueuses des pa-

dues ces cavités rugueuses irrégulières que l'on observe si fié- nçta.<", 'f long

° ° ^ ciu sinus lon^i-

quemment sur les pariétaux des vieillards , et que les anciens ifdinai supeprenaient pour une carie des os du crâne.

Souvent ces granulations s'insinuent le long du trajet obli- Elles s'insi-

..... . . nuent dans l'in-

que que parcourent les veines , aans 1 épaisseur des parois au teneur de ce

, . , . , . v ... , . , . sinus.

sinus longitudinal supérieur, proéminent al intérieur des veines et de ce sinus, et paraissent baigner dans le sang, dont elles soni toutefois séparées par la tunique interne de ces vaisseaux.

Bien que ces corps soient principalement situés le long du sinus longitudinal supérieur, on en trouve encore , suivant la remarque de Haller, au niveau de l'extrémité antérieure du sinus droit. J'ai vu une petite masse pédiculée de granulations qui proéminait dans l'intérieur de la portion horizontale du sinus latéral et qui pouvait gêner la circulation.

Je considère ces corps comme siégeant dans le tissu cellu- siège des gra-

. . ..... , nulations.

laire sous-arachnoidien; on les rencontre, en effet, souvent aune certaine distance du sinus longitudinal, sous l'arachnoïde, le long des veines cérébrales supérieures. Toujours ils

NEVB.OLOGIE.

proéminent à la face interne de la dure-mère , avant de s'engager dans l'épaisseur de cetle membrane.

Quelle est la nature de ces corps ? Rnysch , qui les avait opinions di- observés, croit qu'ils sont de nature graisseuse. Quelques au-

vcrses des au- a •*•«.- **

teurs sur la teurs les ont assimilés aux granulations si 'fréquentes dans les

nature des gra- ^

nuiations de plexus choroïdes : mais il n y a pas la moindre parité à établir

Pacchioni. ,

entre ces deux ordres de granulations. Pacchioni les regarde comme des glandes conglobées, destinées à sécréter une lymphe particulière. Il a même décrit de prétendus conduits excréteurs, que quelques auteurs font arriver dans le sinus longitudinal supérieur. On a considéré ceux de ces groupes qui pénètrent dans les sinus comme destinés à remplir l'office de valvules. Mieux vaut confesser notre ignorance au sujet de ces corps, qui ne sont pas non plus de petits ganglions lymphatiques, ainsi qu'on l'a prétendu. Leur fréquence est telle, qu'ils ne sauraient être rangés parmi les productions morbides. Leur absence chez l'enfant, leur nombre beaucoup plus considérable chez le vieillard que chez l'adulte, sont un des traits principaux de leur histoire.

Vaisseaux. Sous le rapport du nombre et du volume de ses vaisseaux , la dure-mère crânienne semble faire exception aux membranes fibreuses, qui sont toutes remarquables par leur peu de vascularité. Nous trouvons, en effet, comme artères de la dure-mère , la méningée moyenne , branche de la maxillaire interne; la méningée antérieure, fournie par les ethmoïdales; la méningée postérieure, fournie par la pharyngienne supérieure ou pharyngo-méningée. Toutefois, si l'on considère, d'une part, la situation de ces vaisseaux entre la dure-mère et les os ; d'une autre part, leur distribution , qui a lieu presqu'en entier aux os du crâne, on se rendra facilement compte du nombre et du volume de ces vaisseaux.

Les veines sont : 1° les veines satellites des artères méningées , au nombre de deux pour chaque branche artérielle ; 2° les veinules isolées qui vont se rendre dans les sinus. C'est

Vaisseaux de la dure -mère:

1° Artériels;

2° Veineux;

dans l'épaisseur de la dure-mère , entre les deux feuillets de cette membrane, que se voient les sinus veineux.

Les vaisseaux lymphatiques , qui constituent un réseau à 3° Vaisseaux

i p • * jij « -.- *i emphatiques.

la surface interne de la dure-mere, paraissent étrangers a la membrane fibreuse proprement dite. D'après Mascagni , la dure-mère aurait des vaisseaux lymphatiques propres qui accompagneraient les ramifications de l'artère méningée moyenne, sortiraient avec elles par le trou petit rond, se joindraient aux vaisseaux lymphatiques profonds de la face, et, iraient se rendre dans les ganglions lymphatiques qui entourent la veine jugulaire interne.

Nerfs de la dure-mere . Si l'on consulte les auteurs à ce i\jerfs <je ja sujet , on sera dans la plus étrange perplexité , les uns admet- dure~meretant, les autres rejetant, delà manière la plus absolue, les nerfs delà dure-mère; et ceux qui les admettent ne s'accordant en aucune manière sur la source de ces nerfs.

Les anatomistes modernes , avec Haller, Wrisberg et Lob- opinions di-

° verses des au-

stein, disent qu'il y a absence complète de nerfs dans la dure- leurs à ce sujet. mers ; d'un autre côté , Vieussens, Winslow, Lieuiaud , Lecat, Valsalva et autres, disent en avoir observé. Ce dernier les fait naître de la septième paire; les premiers, de la cinquième; mais ils ne s'entendent pas sur le lieu d'origine de ces nerfs : les uns les faisant provenir du ganglion semi-lunaire ou de Gasser , les autres des branches ophihalmique, maxillaire supérieure ou maxillaire inférieure. Chaussier, qui les admet, les fait provenir du système ganglionnaire ; mais il est évident que c'est par induction , et nullement de visu, qu'il a été conduit à les admettre.

Le hazard m'a conduit à démontrer, de la manière la plus évidente, les nerfs de la dure-mère. Sur une tète qui avait Préparation

' ' i i) -j •. • -.il» -i ti nécessaire pour

macère dans 1 acide nitrique étendu deau, puis dans 1 eau voiries nerfs de

, , , v , ! la dure-mère.

seule, la dure-mere étant devenue transparente, comme, gelaliniforme , je fus tout surpris de voir dans son épaisseur des lignes blanches tout à fait semblables aux filets nerveux. Je mis à découvert c(vs lignes blanches ; je constatai leur carac-

180 NÉVROLOGIE.

1ère nerveux, et je les disséquai dans toute leur longueur. Je reconnus, de chaque côté de la ligne médiane, deux filaments nerveux, étendus du ganglion de Gasser de la cinquième paire jusqu'au voisinage du sinus longitudinal supérieur. Deux autres filaments nerveux naissant de la branche ophihalmique de Willis se portaient dans i'épaisseur de la tente du cervelet. Ces données ne pouvaient être considérées que comme un simple aperçu ; or, voici le résultat de dissections nombreuses auxquelles M. Bonamy et moi nous nous sommes livrés à ce sujeu

Les filets de la dure-mère se divisent en deux ordres : les uns occupent la région temporo-pariétale de la dure- mère , les autres sont destinés à la tente du cervelet et à la faux du cerveau.

Nerfs de la 1° Les premiers , nerfs de la région temporo-parie'iale de région lemporo- T , , 1 .,,'*,

pariéiaie de la la duremere, au nombre de quatre ou cinq de chaque cote,

dure-mère. . , . ,., - ,

naissent delà cinquième paire, et plus particulièrement du ganglion de Gasser, se placent immédiatement dans l'épaisseur de la dure- mère, plus près de la surface interne que de la surface externe, parcourent en divergeant la région sphéno- temporale, puis la région pariétale de la dure-mère ; plusieurs s'épuisent dans ce trajet , deux ou trois se terminent au voisinage du sinus longitudinal supérieur.

Nerfs' de la 2" Les nerfs de la tente et de la faux, au nombre de cinq ou tenus et de la

faux. six de chaque cote, naissent de la branche ophihalmique de

Willis, à sa sortie du ganglion de Gasser, se recourbent immédiatement en arrière ;■ quelques uns croisent le nerf pathétique auquel ils s'aceollent, ce qui a pu faire croire qu'ils provenaient de ce nerf : ils se placent dans l'épaisseur delà tente du cervelet, en longeant sa petite circonférence , et vont en divergeant à partir de ce point. Les filets externes, arrivés au voisinage du sinus latéral , se recourbent de dehors en dedans, pour aller gagner la partie postérieure de la faux , dans l'épaisseur de laquelle ils se terminent; les plus internes gagnent directement la base de la faux , et se portent en haut et en avant dans l'épaisseur de ce repli, où ils se perdent à diverses hauteurs. La dure-mère est insensible à la section , mais elle paraît

1res sensible à la lacération, à la déchirure. Ainsi, ayant eu occasion d'appliquer un grand nombre de fois des couronnes de trépan sur la tête des chiens, j'ai remarqué que l'animal restait impassible tout le temps que l'action de la scie était limitée à l'os ; mais aussitôt que les dénis de l'instrument atteignaient la dure-mère , l'animal manifestait une vive douleur par des mouvements brusques et par des cris aigus.

Usages de la dure-mère crânienne. La dure-mère sert de usages de la

, . , , i 11 i dure -mère crâ-

perioste interne aux os du crâne , avec lesquels elle a de nom- nienne. breuses connexions vascuîaires ; en outre , elle sert d'enveloppe protectrice au cerveau. Par ses prolongements, qui isolent les unes des autres les diverses parties de la masse encéphalique , elle prévient , en partie, les effets des commotions et des contusions. En outre, elle contient dans son épaisseur des canaux veineux , dans lesquels circule tout le sang qui revient de la masse encéphalique.

Dure-mère rachidienne.

La dure-mère rachidienne est un long cylindre fibreux , prolongement de la dure-mère crânienne , étendu depuis le trou occipital jusqu'à la fin du canal sacré (1).

Capacité. Pour bien apprécier la capacité de cette çaîne Capacitédeia

„, ., „ , , , . . . dure-rnère ra-

nbreuse , il saut préalablement la distendre par une injection chienne, faite dans sa cavité : alors on voit que celte membrane représente un cylindre infundibuliforme , très considérable à la région cervicale, qui se rétrécit à la région dorsale, s'élargit à la région lombaire, et se termine à la région sacrée, en se subdivisant en plusieurs gaines destinées aux nerfs sacrés. La capacité de la dure-mère , bien supérieure au volume de la moelle épinière , est telle , que, dans un état de distension , elle remplit, à peu de chose près, le cylindre osseux formé

(1) D'après une idée plus ingénieuse que vraie, la dure-mère crânienne, en pénétrant dans le rachis, se diviserait en ses deux feuillets, dont l'externe servirait de périoste interne aux vertèbres, et dont l'interne seul constituerait l'enveloppe de la moelle.

182 nIvrologie.

parla colonne vertébrale. Pourquoi la dure-mère a-t-elle une capacité supérieure au volume de la moelle? La solution de ce problème, qui avait exercé la sagacité de presque tous les anatomistes, a été donnée par Cotunni (1) et par M. Magendie (2) : c'est pour contenir un liquide séreux.

Surface externe. Bien différente en cela de la dure-mère crânienne, la dure-mère spinale adhère à peine par sa surface externe aux parois du canal rachidien, et ce défaut d'adhérence est en harmonie avec les mouvements qui ont lieu entre les diverses pièces qui constituent la colonne vertébrale. En- Tissu adipeux lourée d'un réseau veineux en arrière, elle n'adhère nullement

spinal. , ,, ... ,, ..

a 1 arc postérieur des vertèbres et aux ligaments jaunes : une graisse fluide, rougeâlre , entremêlée de vaisseaux veineux toujours infiltrés de sérosité chez le fœtus et dans l'enfance, remplit les vides. Cette graisse, qui se trouve surtout en abondance à la région sacrée , ne peut être mieux comparée qu'au tissu médullaire des os longs , avec lequel la graisse spinale présente une si grande analogie de fonctions. Il est une classe d'animaux vertébrés chez laquelle une graisse tout à fait semblable est accumulée en quantité énorme dans le crâne, et toujours pour remplir des espaces laissés par les organes : cette classe est celle des poissons.

Prolongements En avant, la dure-mère lient au ligament vertébral commun

fibreux de la •■,>*,-,

surface externe postérieur par des prolongements tibreux qui se détachent de

de la dure-mère. ,. , ,. ,. ,

, ce ligament de distance en distance; ces prolongements , qui manquent presque entièrement à la région dorsale, sont nombreux et très longs à la région lombaire , beaucoup plus nom-

(1) « Quidquid autem spatii est inter vaginam dune rnatris et medulîam spï- « nalem, id omne plénum eliam semper est ; non medulla quidem ipsâ in vi- « ventibus lurgidiori, non nube vaporosâ, quod in re adhùc obscurà suspican- « tur suintai viri ; sed aquâ ei quidem simili, quam circa cor eontinet pericar- « dium, quae caveas cerebri ventriculorum adimplet, quse auris labyrintbum, a quœ reliquas tandem complet corporis caveas, libero aeri, nequaquem adeun- « das. » (De ischiade nervosâ, p. 11.)

(2) Recherches sur le liquide d'-phalo-rachidien, Paris, 1842.

breux à la région cervicale où ils deviennent plus serrés et moins longs. L'adhérence de la dure-mère est intime au niveau du corps de la deuxième vertèbre cervicale.

De chaque côté, la dure-mère spinale fournit des prolonge- Gaînesfibreuments fibreux, qui servent de gaines aux différentes paires de nerfsTp^ux'ae nerfs, sortent avec eux par les trous de conjugaison, et se per- la dure"meredent immédiatement en se confondant avec le périoste.

Surface interne. Elle est lisse et humide, et doit celte dis- surface interposition au feuillet séreux qui la revêt (i) et y adhère intime- mère6 ment. Elle adhère au ligament dentelé que la plupart des anatomistes regardent comme une dépendance de la dure- mère. Il est d'ailleurs extrêmement rare de voir la dure-mère complètement libre d'adhérences avec le feuillet viscéral de l'arachnoïde, et il faut bien se garder de confondre ces adhérences normales des deux feuillets viscéral et pariétal de l'arachnoïde, qui ont toujours lieu par points isolés, avec des adhérences accidentelles.

Extrémité inférieure. La dure-mère se prolonge jusqu'à la son extrémité fin de la région lombaire, et par conséquent bien au delà de la d"[ene

laiee en am-

moelle épinière : là, elle forme autour de la queue de cheval poultJ' une vaste ampoule , qui paraît n'avoir d'autre utilité que de servir de réservoir au iiquide céphalo-rachidien. Extrémité supérieure. Intimement unie au pourtour du Adbérencede

son 6xtrénîit6

trou occipital, elle se continue avec la dure-mère crânienne, supérieure. L'adhérence intime de la dure-mère au pourtour du trou occipital, son adhérence au sacrum par les gaines sacrées, aux parties latérales de la colonne vertébrale par les gaines cervicales, dorsales et lombaires, maintiennent cette membrane dans un état de tension éminemment favorable à ses fonctions protectrices.

La structure de la dure-mère rachidienne est la même que celle de la dure-mère crânienne.

(1) On voit de chaque côté le double orifice du conduit fibreux qui donne passage aux racines antérieures et aux racines postérieures des nerfs spinaux,

184 NÉVROLOGIE.

Vaisseaux de Vaisseaux. Les vaisseaux de la dure-mère rachidienne sont

la dure — mère ,

rachidienne beaucoup moins multiplies que ceux de la dure-mere crânienne, car ils appartiennent en propre à cette membrane, et nullement à l'étui osseux.

Les artères viennent des branches spinales que fournissent les artères cervicales, dorsales, lombaires et sacrées. Les veines se rendent dans les veines in'tra-rachidiennes.

Les vaisseaux lymphatiques appartiennent à l'arachnoïde.

Les nerfs de la dure-mère rachidienne n'ont pas encore été démontrés.

ARACHNOÏDE.

L'arachnoïde Le centre nerveux céphalo-rachidien est entouré par une

est une membrane séreuse, membrane séreuse, arachnoïde , qui, comme toutes les membranes du même genre, forme un sac sans ouverture, adhérent par sa face externe , libre et lisse par sa face interne. Nous allons étudier successivement la portion crânienne et la portion spinale de l'arachnoïde.

Arachnoïde crânienne.

Préparation. La démonstration de l'arachnoïde sur la convexité du cerveau, peutêlre faite sans préparation sur les cerveaux dont le lissu cellulaire sous-arachnoïdien est infiltré.

On démontre aussi très facilement cette membrane par l'insufflation à l'aide d'un chalumeau introduit au dessous d'elle.

Longtemps confondue avec la pie-mère, à cause de sa ténuité , Y arachnoïde (niembrana ?nedia} a été démontrée sur Ruysch la la convexité du cerveau par Ruy.sch, à l'aide de l'insufflation:

démontrait par

l'insufflation, sur la base du cerveau par Varole, et figurée sur cette même

base par Casserius. Elle a été décrite pour la première fois

comme une membrane spéciale, sous le nom d'arachnoïde,

par la société anatomique d'Amsterdam. Le feuillet viscéral de

Travaux de l'arachnoïde était seul connu avant Bichat, qui a démontré que

Bichat Mir l'arachnoïde, non seulement l'arachnoïde formait une enveloppe au cerveau,

mais encore qu'elle se réfléchissait sur la dure-mère , la ta-

pissait, et y adhérait intimement dans toute son étendue. Bien plus, il avait admis la continuité de la membrane qui tapisse les ventricules avec l'arachnoïde, erreur qui a été victorieusement réfutée par M. Magendie.

De même que toutes les membranes séreuses , l'arachnoïde présente un feuillet viscéral et un feuillet pariétal.

A. Feuillet viscéral de V arachnoïde .

Le feuillet viscéral de V arachnoïde doit être examiné sur

la convexité du cerveau et à sa base.

A. A la hase du cerveau, l'arachnoïde est isolée dans un Trajet de Tara chnoïde à la

grand nombre de points, et plus particulièrement dans ceux base du cer-

' veau.

où elle se réfléchit d'un lobe sur un autre. Eludions avec quelques détails cmie disposition.

1° Sur la ligne médiane, en avant, elle s'enfonce entre les i°surhiigne lobes antérieurs du cerveau , mais seulement à leur partie an- me l térieure; en arrière, elle les unit en passant directement de l'un à l'autre ; elle recouvre la face inférieure des nerfs optiques et de leur chiasma, le luber cinereum, et rencontre la tige pituitaire , à laquelle elle forme une gaine, pour se réfléchir sur le repli de la dure-mère qui recouvre le corps pituitaire ; du tuber cinereum , elle se porte à la manière d'un pont sur la protubérance annulaire, et laisse entre elle et le cerveau un espace ou plutôt une excavation considérable parcourue par des filaments fibreux rares et denses.

J'appellerai espace sous-arachnoïdien antérieur cet espace qu'on peut considérer comme le réservoir principal de la sérosité crânienne.

2° Sur la ligne médiane, en arrière, l'arachnoïde tapisse Espace sousle sillon de séparation des lobes postérieurs du cerveau, se réfléchit du corps calleux sur le processus vermiculaire supérieur du cervelet, rencontre dans cette réflexion les veines de Galien, forme ordinairement tout autourun repli circulaire, que Bichat avait comparé à l'hiatus de Winslow, et que l'on considérait, d'après cet auteur, comme l'orifice d'un canal

arachnoïdieu antérieur.

186 KÉVROLOGIE.

arachnoïdien allant s'ouvrir dans le troisième ventricule sous la toile choroïdienne, et établissant ainsi une communication entre les cavités des ventricules et la cavité de l'arachnoïde. Espace sous- L'arachnoïde revêt tome la face supérieure du cervelet;

arachnoïdien v '

postérieur. parvenue à sa grande circonférence, elle passe, à la manière d'un pont, d'un hémisphère cérébelleux sur l'autre, et du cervelet sur la face postérieure de la moelle épinière. Dans ce trajet d'un hémisphère cérébelleux à l'autre, et du cervelet à la moelle, l'arachnoïde laisse entre elle et les parties qu'elle revêt un espace considérable, réservoir de sérosité, qu'on peut appeler espace sous-arachnoïdien postérieur (1). 2° De chaque 2° De chaque côté, l'arachnoïde recouvre la face inférieure

côté de la ligne

médiane. du lobe antérieur du cerveau et du ruban olfactif qu'elle main-

tient appliqué contre ce lobe; passe directement, à la manière d'un pont, du lobe antérieur sur le lobe postérieur, sans s'enfoncer dans la scissure de Sylvius, et du lobe postérieur sur la protubérance et sur le cervelet. Il en résulte de petits espaces sous-arachnoïdiens, qui communiquent avec le grand espace sous-arachnoïdien antérieur du cerveau : en sorte que sur le cadavre il existe, à la base du cerveau, entre l'arachnoïde et la pie-mère, un espace assez considérable dont le centre est l'excavation médiane de la base du cerveau, et qui se Modedecom- prolonge : 1° en avant, entre les lobes antérieurs du cerveau; deux ca' espaces 2° sur 'es côtés, le long de la scissure de Sylvius ; 3° en arrière, d?ens.arachn01 autour des pédoncules du cervelet. Ce dernier prolongement fait communiquer l'espace sous-arachnoïdien antérieur avec l'espace sous-arachnoïdien postérieur. Tous ces espaces sont remplis de sérosité dans l'état naturel, et d'une matière couenne use dans certains cas d'inflammation du tissu cellulaire sous-arachnoïdien.

L'arachnoïde se comporte d'une manière uniforme par rapport aux nerfs qu'elle rencontre à la base du cerveau : 1° elle

(1) M. Magendie décrit ces espaces sous le nom de confluents du liquide céphalo-rachidien ; il en admet quatre principaux.

passe sous ces nerfs, qu'elle fixe, par conséquent, d'une ma- Disposiiionde

r l'arachnoïde au-

nière solide à la face inférieure du cerveau ; 2 dans le lieu ou tour des nerfs. ces nerfs se détachent du cerveau, elle leur fournit une gaine qui les abandonne au moment où ils s'engagent dans les trous de la base du crâne, pour se réfléchir sur la face interne de la dure-mère, et constituer !e feuillet pariétal de l'arachnoïde. B. Sur la convexité du cerveau, l'arachnoïde s'enfonce dans Trajet de l'a-

, . ., i ' • « rachnoïde sur la

la scissure médiane de ce viscère, se réfléchit d un hémisphère convexité du à l'autre, immédiatement au dessous du bord libre de la faux du cerveau; et comme la faux s'approche bien plus du corps calleux en arrière qu'en avant, il en résulte qu'à leur partie antérieure, les hémisphères sont en contact immédiat, ou plutôt ne sont séparés que par la pie-mère dans une certaine étendue.

Au reste, à la convexité comme à la base, l'arachnoïde enve- Trajet d'une

? circonvolution à

loppe le cerveau, en passant, à la manière d un pont, dune l'autre, circonvolution à l'autre, et ne s'enfonce jamais dans l'intérieur des anfractuosités.

Le tissu cellulaire qui unit l'arachnoïde à la pie-mère, est . Ténuité du

M ^ ' tissu cellulaire

séreux, extrêmement délié, et permet aispment la séparation sous- arachnoïde ces deux membranes, excepté dans le cas d'inflammation. L'insufflation de l'air sous l'arachnoïde , révèle loutela ténuité de ce tissu cellulaire, qui s'infiltre très souvent de sérosité.

Jamais le tissu cellulaire sous-arachnoïdien n'est le siège de l'exhalation de la graisse. La graisse que Ruysch, Haller, et autres anatoniistes, disent y avoir observée, n'était autre chose qu'une couenne gélatiniforme jaunâtre, qu'il est très commun de rencontrer dans les cas d'inflammation (1).

Dans quelques parties de son trajet, l'arachnoïde est doublée par du tissu fibreux qui lui donne une très grande résistance. Ce tissu fibreux, qu'on peut considérer comme un prolongement du névrilème de la moelle épinière, occupe surtout

[i) Cependant j'ai trouvé, sur une vieille femme, un kyste adipeux, du volume d'un petit grain de raisin, naissant de la face supérieure du corps pituitaire par un pédicule très mince.

188 NÉVROLOGIË.

Tissu fibreux les grands sillons du cerveau. Ainsi, on le trouve au pourtour

sous-arachnol- ,

dien. du grand espace sous-arachnoïdien antérieur, où il constitue

comme un cercle fibreux très résistant, qui circonscrit le trapèze artériel de la base du cerveau : c'est encore lui qui maintient les diverses parties de la base du cerveau, dans leurs rapports, lors même que celui-ci, retiré de la boîte osseuse du crâne, repose sur sa convexité.

B. Feuillet pariétal de l'arachnoïde.

du^uuMet3 p°- ^a ^ace mterne de 'a dure-mère est revêtue par une mem- *'o!£i>del'arach"brane séreuse très mince et extrêmement adhérente, qui, pour cette double raison, avait échappé à l'investigation des anatomistes. L'analogie de ce qui a lieu pour toutes les autres membranes séreuses, a pu seule mettre sur la voie de sa découverte. Le feuillet arachnoïdien pariétal est bien distinct du feuillet interne de la dure-mère que j'ai admis avec la plupart des anatomistes. A l'inspection pure et simple, on dirait que le feuillet arachnoïdien de la dure-mère n'existe pas, sa transparence permettant de voir comme à nu les faisceaux fibreux de la duremère. Aussi, la présence de ce feuillet arachnoïdien est-elle encore mise en doute par plusieurs observateurs. Mais si on entame très superficiellement la dure-mère, du côté de la face interne, on peut, à l'aide d'une pince fine, en détacher quelques lambeaux d'une excessive ténuité. Enfin, il n'est pas très rare de voir des ecchymoses (1) entre la dure-mère et le feuillet arachnoïdien qui la revêt. Les ossifications de la dure-mère,

(1) Ces ecchymoses ou taches, qui donnent à la surface interne de la dure-mère un aspect truite , ecchymoses quelquefois spontanées , et d'autres fois résultant de coups reçus sur la tête, ont bien certainement leur siège sous l'arachnoïde pariétale. Quand aux collections de sang qu'on dit avoir lieu entre le feuiliet arachnoïdien et la dure-mère, ce prétendu feuillet arachnoïdien n'est autre chose qu'une membrane de nouvelle formation, offrant toutes les apparences d'une membrane séreuse, ainsi que l'a très bien démontré M. Baillarget, sur plusieurs pièces qu'il a présentées à la Société anatomique.

et en particulier de la faux du cerveau, étant développées sous l'arachnoïde , permettent quelquefois d'isoler cette membrane de la manière la plus manifeste. %

Reste maintenant à déterminer le mode suivant lequel se con- Mode de continuent entre elles l'arachnoïde pariétale et l'arachnoïde céré- rachnoïde6 pa~ brale. Nous avons vu que l'arachnoïde formait des gaînes à [arachnoïde vis6chacun des nerfs qui se détachent de la base du cerveau, et à ceralechacune des veines qui vont se rendre aux divers sinus : ces gaînes ont à peine pénétré dans les conduits fibreux que leur fournit la dure-mère, qu'elles cessent immédiatement par la réflexion de l'arachnoïde sur la dure-mère : il en résulie que l'arachnoïde forme une espèce de cul-de-sac au niveau de l'origine de chaque gaine fibreuse de la dure-mère. Pour bien voir la disposition infundibuliforme de ces gaînes arachnoïiiennes, il convient de les étudier au moment où on renverse le cerveau d'avant en arrière, pour couper les nerfs qui le fixent à la base du crâne. L'espèce de tiraillement qu'éprouve chaque gaine , par le fait de ce renversement, la rend très manifeste. Il n'est pas rare de voir l'infiltration pseudo-membraneuse de la base . du cerveau, s'étendre le long de ces gaînes.

L'arachnoïde ne pénètre pas dans l'intérieur des ventricules Le canal au dessous du bord postérieur du corps calleux. Le canal arach- Bkha?0n'exudte noidien, dit canal de Bichat, n'existe pas, et il est le produit pas' artificiel de l'expérience même qu'on fait pour le démontrer. Voici les propres paroles de Bichat, relativement à ce prétendu canal :

« Le cerveau étant découvert et en place, on soulève dou- Procédé de

Bichat pour dé-

« cernent chaque hémisphère en arrière, en l'écartant un peu m mirer ce pre-

. . . tendu canal,

« en dehors : les veines de Galien paraissent alors sortant du

« canal qui les embrasse, et dont l'orifice ovalaire est très ap-

« parent. Quelquefois cependant les bords de cet orifice em-

« brassent tellement les veines, qu'on ne peut les distinguer

« que par une petite fente située d'un côté ou d'autre, et on

« croirait au premier coup d'œil, qu'il y a continuité. Glissez

« alors un stylet le long de ces vaisseaux, d'arrière en avant ;

490 SÉVROLOGIE.

« quand il aura pénétré un peu, faites-le tourner tout autour: « il dégagera, les adhérences, et l'ouverture deviendra très « sensible.

" Pour s'assurer que celte ouverture mène dans le ventri- « cule moyen du cerveau, il faut y introduire un stylet crénelé, « l'engager sous les veines de Gaiien , le pousser doucement : « il pénètre sans, peine dans le ventricule. On enlève ensuite le « corps calleux et la voûte à trois piliers, de manière à laisser « en place la toile choroïdienne ; on incise sur le stylet, et on « voit que la membrane, lisse et polie dans tout son trajet, n'a « point été déchirée pour le laisser pénétrer. Quelquefois on « éprouve de la résistance ; on ne -peut même le faire « parvenir : cela tient à ce que les veines qui viennent se « dégager dans celles de Gaiien, s' entre-croisent en tous « sens dans le canal, le rendent pour ainsi dire aréo- « laire, et arrêtent F instrument. Il faut alors le retirer, « et, pour démontrer la communication, verser du mercure « dans le trou extérieur, qui, par la position inclinée de la tête, « parvient tout de suite dans le ventricule moyen. En soufflant « aussi de l'air, il parvient dans ce ventricule, et de là dans « les latéraux, parles ouvertures situées derrière l'origine de « la voûte à trois piliers. Si l'on enlève celle-ci, et qu'on nielle « parla à nu la toile choroïdienne, elle se soulève chaque fois « qu'on pousse de l'air.

« L'orifice interne du conduit de communication se trouve « à la partie inférieure de la toile choroïdienne : pour le voir, « il faut renverser celle -ci en arrière, ou avec la voûte à trois « piliers qu'elle tapisse, ou après l'en avoir isolée. La glande « pinéale qui tient à celte toile se renverse aussi : alors, au « dessous et au devant de celle glande, on voit une rangée de « granulations centrales, représentant un triangle dont la « pointe est en avant. C'est à la base de ce triangle qu'est l'o- « rifice interne du conduit de l'arachnoïde. »

Or, si on répète la préparation indiquée par Bichat, il est aisé de voir qu'il existe en arrière, au dessous du corps calleux,

CENTRE NERVEUX CEPHALO-RACHIDIEN. ARACHNOÏDE. 191

une ouverture circulaire ou ovalaire, laquelle conduit dans une Le canal

arachnoïdiei de

espèce de cul-de-sac plus ou moins profond, forme par l arach- Bichat était pu-

„.-,-, rement artifi-

noïde qui se réfléchit autour des veines de Galien ; que le fond ciel, de ce cul-de sac peut être facilement déchiré par un stylet mousse, et qu'alors on arrive sous la toile choroïdienne, ainsi que l'a indiqué Bichat; mais à travers un canal artificiel. D'ailleurs, si vous introduisez un liquide coloré dans les ventricules, vous ne pouvez jamais le faire passer par le prétendu canal de Bichat; d'une autre pari, si vous poussez un liquide dans l'orifice de ce canal, jamais vous ne le voyez pénétrer dans le troisième ventricule : le mercure n'y pénètre que par déchirure ; il en est de même de l'air. L'analogie, qui a si souvent inspiré à Bichat de belles et grandes découvertes, l'a donc égaré sur ce point (1),

Puisque le canal arachnoïdien de Bichat n'existe pas, il s'agirait de déterminer quelle est la voie de communication des ventricules, avec l'arachnoïde extérieure? C'est une question que nous discuterons plus tard.

Arachnoïde spinale.

La moelle épinière, indépendamment de sa membrane pro- Feuillet vis-

r -,, . . j, ^' •.> céral de l'aracD.»

pre, est recouverte par un feudlet transparent, d une ténuité ex- noïde spinale, cessive, qu'on ne peut bien voir qu'en le soulevant à l'aide d'une pince, ou en le soumettant aux préparations indiquées plus haut : c'est le feuillet viscéral de V arachnoïde spinale.

Feuillet viscéral. Ce feuillet se présente sous l'aspect d'une gaîne séreuse, d'une capacité bien supérieure au volume de la moelle. Cette gaîne se prolonge autour du faisceau de nerfs connu sous le nom de queue de cheval, et fournit à chaque paire de nerfs une gaîne infundibuliforme, qui se termine en

(1) L'idée de celte communication entre la cavité des ventricules et la cavité de l'arachnoïde par l'orifice appelé trou de Bichat, a sans doute été suggérée à Bichat, par la communication de la grande cavité des épiploons, avec la cavité péritonéale, à travers l'hiatus de Winslow. Cette erreur est celle du génie égaré par l'induction.

192 NÊVROLOGIE.

cul-de-sac, au niveau du trou de conjugaison correspondant , pour se réfléchir sur le canal fibreux que la dure-mère fournit à chacune d'elles.

Grand espace II existe donc, entre la moelle épinière et le feuillet arach-

sous-aracanoi— A

dien du rachis. noïdien qui lui sert de gaine, un espace considérable tout à fait semblable aux espaces sous-arachnoïdiens de la base du cerveau, espace dont on ne peut se faire une bonne idée que par l'insufflation de l'air ou par l'injection d'un liquide. Nous verrons tout à l'heure que cet espace sous-arachnoïdien spinal, de même que les espaces sous-arachnoïdiens cérébraux, sont remplis par de la sérosité.

Filaments Nous avons vu qu'au niveau de l'excavation médiane du cer-

fibreux sous- , , , „ ,

arachnoïdieus. veau, 1 arachnoïde n adhérait a la pie-mere cérébrale, qu a l'aide de filaments longs, de nature fibreuse. C'est aussi au moyen de filaments fibreux, que l'arachnoïde spinale adhère à l'enveloppe propre de la moelle (1) : nulle part on ne rencontre ce tissu cellulaire sous-arachnoïdien si délié, que nous avons remarqué sous l'arachnoïde cérébrale.

Une autre particularité du feuillet viscéral de l'arachnoïde spinale, c'est que ce feuillet adhère au feuillet pariétal dans une foule de points , par des filaments très déliés qui ont échappé à l'observation de la plupart des anatomistes.

Adhérences fi- Feuillet pariétal. Le feuillet pariétal de la dure-mère spi-

lamenteuses du . . , . , .,

feuillet pariéiai nale, se comporte exactement comme celui de la dure-mere

et du feuillet v . . , A ., , , A ,, , „ .

viscéral de l'a- crânienne, et présente la même ténuité, la même adhérence et la même difficulté pour sa démonstration. Il se continue avec le feuillet viscéral, à l'aide des gaines que ce dernier fournit aux nerfs spinaux.

(1) M. Magendie dit que ces filaments sous-arachnoïdiens semblent former en arrière une cloison médiane et longitudinale, cloison incomplète, qui correspond à un sillon du feuillet viscéral, et qui ne s'oppose pas à ce que le côté droit de la cavité communique avec le côté gauche.

CENTRE NERVEUX CEPHALO-RACHIDIEN. ARACHNOÏDE. 193 Du liquide sous-arachuoïdien.

Il existe autour de la moelle épinière une quantité de sérosité situation du

liquide sous-

assez considérable pour remplir l'intervalle qui sépare cet or- arachnoïdien. gane deia dure-mère, et ce liquide occupe le tissu cellulaire sousarachnoïdien. Ce même liquide existe dans les ventricules du cerveau, dans le lissu cellulaire sous-arachnoïdien de la masse encéphalique, et remplit les espaces libres de la cavité crânienne. Deux choses sont à constater relativement à ce liquide: 1° son existence; 2° sa situation.

Le fait de l'existence du liquide sous-arachnoïdien, indiqué par Haller (1), et démontré de la manière la plus explicite par Colunni (2), fut oublié par les anatomistes, et regardé par les uns comme un phénomène cadavérique, par les autres comme un phénomène pathologique. La présence de ce liquide a été de nouveau constatée par M. Magendie, qui a rempli les nombreuses lacunes laissées par Cotunni, à cet égard; démontré, de la manière la plus positive, la présence de ce liquide sur les animaux vivants ; parfaitement établi que le siège de ce liquide est le tissu cellulaire sous-arachnoïdien, et attaché son nom à celle intéressante découverte (3).

Pour constater l'existence du liquide sous-arachnoïdien (/*"- Preuves de quide céphalo-rachidien^ Magendie), il suffit d'ouvrir la ré- i1quide"cesousUgion lombaire du canal rachidien sur un certain nombre de su- raci 0I ien' jets, et d'inciser la. dure-mère : on voit alors s'écouler une quantité plus ou moins considérable de sérosité limpide. Cotunni, qui a fait cette expérience sur vingt sujets, a. recueilli de quatre à cinq onces (de 120 à 150 gram.) de sérosité sur chacun

(1) Elementa physiologiae, t. 4.» p. 87.

(2) De ischiade nervosâ commentarium.

(3) C'était sur le cadavre que Cotunni avait découvert ce liquide, et cen'était que par induction qu'il en admettait l'existence sur le vivant. C'est dans des vivisections répétées, que M. Magendie, qui ignorait le travail de Cotunni, a découvert ce liquide, qu'il a été conduit ensuite à rechercher sur les cadavres humains.

194 NÉVROLOGIE.

d'eux. D'après M. Mageitdie , la quantité normal e de ce liquide est chez un adulte, de 62 grammes ; il a pu en recueillir 372 grammes dans certains cas d'atrophie cérébrale (1). Le liquide Que si on objecte que le liquide se trouve sur le cadavre,

sous-arachnoï-

dien existe pen- mais qu'il n'existe pas sur le vivant , nous répondrons par les

dantlavie. r ■ i 1

faits suivants :

Il y a un espace considérable entre la dure-mère et la moelle épinière, celle-ci ne remplissant que les deux tiers environ de la capacité du canal rachidien, et celte disproportion est surtout considérable en bas, au niveau de ia queue du cheval: nous verrons bientôt que le cerveau lui-même ne remplit pas exactement la cavité crânienne. Or, le vide n'existe nulle part dans le corps des animaux; les espaces intermédiaires aux solides sont remplis par des liquides ou par des corps gazeux. Si on se rejette sur la vapeur séreuse, dont l'élasticité pourrait faire équilibre à l'air extérieur, nous répondrons que celte vapeur ne pourrait suffire à !a production d'une aussi grande quantité de liquide que celui qu'on trouve dans le canal rachidien.

Du reste, toules ces objections, ainsi que la supposition du moindre volume du cerveau et de la moelle après la mort, que pendant la vie, tombent devant l'expérience suivante, qui établit en outre le véritable siège du liquide dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien .

Expérience Si, sur un animal vivant, sur un chien par exemple, vous di-

convaincaflte à . , . v

cetégard. visez les muscles cervicaux postérieurs a leur insertion occipitale, vous arriverez sur le ligament occipito-atloïdien postérieur. Le sang bien abstergé, entamez ce ligament couche par couche et en dédolant. A peine l'avez-vous divisé dans toute son épaisseur, qu'une petite hernie aqueuse apparaît : c'est le feuillet arachnoïdien viscéral que soulève le flot du liquide. Si on divise alors crucialement, à l'aide d'une sonde, le ligament

(1) La composition chimique de ce liquide, d'après M. Lassaigne, est à peu de chose près celle de tous les liquides exhalés pas les membranes séreuses.

CENTRE NERVEUX CEPHALO-RACHIDIEN. ARACHNOÏDE. 195

occipito-atloïdien (1), on voit un liquide aussi limpide que de Le liquida

„ sous-aracbnoi-

leau distillée, place sous le feuillet viscéral de 1 arachnoïde, et dien est agité

ii ii • i . Pac un double

agile par un double mouvement, 1 un isochrone aux balte- mouvement, ments du pouls, l'autre isochrone aux mouvements de la respiration. Si on fait une ponction à la membrane arachnoïde , aussitôt s'échappe par jets saccadés, le liquide, dont on peut apprécier la quantité.

Les difficultés qu'on trouve à éviter d'ouvrir le feuillet vis- , Le liciuic'e

M n occupe pas la

céral arachnoïdien, expliquent pourquoi on avait cru, jusque cav^oïje la~ dans ces derniers temps, que le liquide spinal était contenu dans la cavité de l'arachnoïJe, bien que la plupart des observateurs eussent noté que, dans le crâne, la sérosité occupait !e tissu cellulaire sous-arachnoïdien.

Il suit de là, qu'indépendamment de la sérosité exhalée à la face libre ou dans la cavité de l'arachnoïde, il existe une certaine quantité de sérosité, qui remplit les mailles du tissu cellulaire sous-arachnoïdien ; et, sous ce rapport, l'arachnoïde diffère essentiellement des autres membranes séreuses, qui versent, dans leur cavité, et nullement dans le tissu cellulaire subjacent, les divers liquides qu'elles sécrètent.

Pourquoi celte différence ? Elle dérive uniquement du défaut cause proba-

„ „ , , ,, . .. , * , ii ' at 'i i- ble de celte par-

d adhérence de 1 arachnoïde a la moelle. INous pouvons établir, ticuianté. comme une loi, que les membranes séreuses exhalent presque indifféremment par leur surface interne et par leur surface externe, lorsque cette surface externe n'est pas adhérente. La membrane arachnoïde est à la fois perspirable par sa face interne et par sa face externe : car on rencontre assez fréquemment dans sa cavité une certaine quantité de sérosité ; et si les phlegmasies aiguës ont le plus souvent pour résultat, le dépôt d'une certaine quantité de pus ou de pseudo-membranes dans le tissu cellulaire sous-araclmoïdien, il n'est pas rare de voir

(1) Il importe de donner peu d'étendue à l'incision transversale, pour éviter la lésion des veines vertébrales qui sont très volumineuses ; car cette lésion donne lieu à une hémorrhagie qui ne permet pas de continuer l'expérience.

19G NÉVROLQGIE.

l'exhalation morbide se faire dans la cavité même de l'arachnoïde spinale.

Non seulement le liquide sous-arachnoïdien existe dans le

canal vertébral, maïs on le trouve encore dans la cavité du

crâne, où il remplit tous les espaces qui peuvent se former

entre le cerveau et la dure-mère.

ta quantité Or, ces espaces présentent beaucoup de variétés dans leurs

de liquide sous- •

aracnuoïdieaest dimensions, suivant les âges et suivant les maladies : ainsi,

variable. '

dans l'atrophie séniie ou morbide du cerveau et de la moelle, l'intervalle entre la dure-mère et l'axe cérébro-spinal augmentant, la quantité de liquide augmente d'une manière proportionnelle.

La quantité du liquide sous-arachnoïdien est en raison directe des progrès de l'âge : chez les vieillards en démence, dont les circonvolutions sont atrophiées, la quantité de sérosité sous-arachnoïdienne contenue dans la cavité du crâne est très considérable (l).

sonabondance Le liquide sous-arachnoïdien du crâne n'est pas uniformé-

à la base du , , ... ...

crâne. ment répandu autour du cerveau, mais il occupe principale-

ment la base de cet organe , parce qu'à la base se trouvent les grands espaces destinés à le contenir. Pour le démontrer, il suffit de soulever avec précaution le cerveau d'avant en arrière : on voit alors le liquide distendre tous les prolongements infundibuliformes que l'arachnoïde fournit aux nerfs, et s'échapper au moment où l'on divise l'arachnoïde.

Le liquide sous-arachnoïdien de la base du cerveau et le liquide des ventricules cérébraux sont toujours, sous le rapport de la quantité, en raison directe l'un de l'autre, et en raison

(1) Aucune de ces remarques n'avait échappé à Gotunni : « Nec tantùm hsec aqua complens al) occipite ad usque imutn os sacrum, tubum dura matris.... sed et in ipso redundat calvariae cavo omniaque complet intervalle quas inter cerebrum et dura matris ambitum inveniuntur Quantum autern magniludinis cerebrum in bis perdit, tantùm à contactu subtrahitur duras matris, et quidquid loci decrescendo reliquil, aquosus vapor collectas tolnm adimplet. » (Op. cit., p. 11, 12.)

CENTRE NERVEUX CEPHALO-RACHIDIEN. ARACHNOÏDE. 197

inverse du liquide sous-arachnoïdien de la convexité du cerveau. A l'ouverture d'enfants morts à la suite d'hydrocéphale ventriculaire aiguë, on trouve ordinairement la surface convexe du cerveau sèche et comme collante.

La question de la communication du liquide céphalique et du communïca-

. , , . ,. . tion des liquides

liquide rachidien est importante. sous-arachnoï-

. . , , , diens crânien et

On ne saurait révoquer en doute la communication de la se- spinal, rosité sous-arachnoïdienne du cerveau avec la sérosité sousarachnoïdienne de la moelle ; mais la sérosité des ventricules communique-t-elle avec la sérosité sous-arachnùïdienne?

Haller admet celte communication directe (1) entre la sérosité ventriculaire et la sérosité spinale , communication qu'il croyait établie avec la cavité même de l'arachnoïde; Cotunni s'exprime à cet égard plus explicitement encore.

Haller et Cotunni (2) pensaient que. cette communication existait au bas du quatrième ventricule, sans préciser ni le lieu ni le mode. C'est dans ce même lieu que M. Magendie a signalé celte communication au niveau du bec du calamus scriptorius. Nous avons vu que Bichat avait placé le lieu de la communication entre l'arachnoïde ventriculaire et l'arachnoïde extérieure, dans son prétendu canal arachnoïdien.

L'étude de cette communication du quatrième ventricule avec le tissu cellulaire sous-arachnoïdien sera mieux placée à l'occasion du quatrième ventricule. CVoy. cervelet.)

(1) Qua prodit de ventriculo aqua, facile in medullae spinalis circumjectum spatium eiiarn parât : eam aquam enim difficulteromninô in tertium ventriculuni et ad infundibulum redderet, quod perpendiculum oportet ascendere (Haller. t. 4, sect. 3. p. 77)... Non dubito quin collecta ex ventriculis cerebri aqua cô descendere possit (sect. 3, p. 87).

(2) His spinae aquis eas etiam subindè commisceri, quas, sive a majoribus cerebri ventriculis per lacunar et sylvii aquœductum, sive à propriis exhalantibus arteriis, cerebelli venlriculus accipiat ; cujus positio perpendiculata et via adspinœcavum satispatens defluxiim bumoris in spinara manifesté persuadetf (Cotunni) p. 3 9, 81 ^

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