PIE-MÈRE
On donne le nom de pie-mer e(j>ia seu mollis mater, des Arabes; meninx interior, de Sœmmering; méningine, de Chauss. ) à la troisième des membranes du cerveau , dans l'ordre de superposition. C'est une membrane, ou plutôt un réseau vasculaire extrêmement délié, qui enveloppe immédiatement le centre nerveux (tennis membrana cerebrum involvens, Vésale ), et qu'on peut considérer comme la membrane nourricière des parties qu'elle revêt. C'est, en effet , dans la La pie-mère
ccrél^rolc 6st
pie-mère que se divisent, pour ainsi dire à l'infini, les vais- une membrane
GS S 6 0 1 i tî 1 1 61T1GD *
seaux artériels avant de pénétrer la substance cérébrale; c'est vasculaire. dans ce même réseau de la pie-mére que viennent se réunir en rameaux , en branches et en troncs, les vaisseaux veineux qui reviennent de la substance cérébrale. Un tissu cellulaire séreux , très délié , occupe ces mailles vasculaires. Du tissu fibreux s'y joint dans certaines régions , et transforme cette membrane vasculaire en une lamelle fibreuse très résistante, qui a tous les caractères du névrilème.
La pie- mère rachidienne présente des caractères tellement distincts de la pie-mère cérébrale, qu'il convient d'ajourner sa description jusqu'au moment où nous parlerons de la moelle épinière, dont elle constitue la membrane propre.
Pie-mère cérébrale.
La pie-mire cérébrale ne se borne pas à entourer le cer- Disposition
r générale de la
veau à la manière de l'arachnoïde, mais encore, 1° elle pénètre pie - mère cé-
, . n rébrale.
dans toutes lesanlïactuosites de sa surface extérieure; 2 elle s'enfonce dans l'intérieur des ventricules. On appelle pie-mère extérieure la portion de pie-mère qui enveloppe le cerveau, et
200 NÉVROLOGIE.
pie-mère intérieure la portion de pie-mère contenue dans les ventricules.
L'étude de la pie-mère intérieure suppose la connaissance de la conformation intérieure du cerveau, et sera mieux placée à l'occasion de cette conformation intérieure.
Pie-mère cérébrale extérieure.
Préparation. À la base du cerveau, la pie-mère est naturellement séparée de l'arachnoïde, par un espace considérable qu'occupe le liquide sous-arachnoïdien ; mais il est facile de séparer partout ces deux membranes, à l'aide de l'insufflation ou de l'injection d'une certaine quantité d'eau. La distinction de l'arachnoïde et de la pie-mère, sans préparation aucune, est facile à saisir dans le cas d'œdème ou d'infiltration de pus dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien.
La pie-mère La pie-mère extérieure, subjacenie à l'arachnoïde, à la-
revét toutes les
anfractuosités quelle elle est unie par un tissu cellulaire séreux très délié,
du cerveau et
tomes les ia- revêt non seulement le bord libre des circonvolutions du
melles du cervelet, cerveau, mais encore s'enfonce dans les intervalles ou anfractuosités qui les séparent, tapisse d'abord l'une des parois de chaque anfracluosité, se réfléchit ensuite sur l'autre paroi pour aller recouvrir le bord libre de la circonvolution correspondante, en sorte que chaque anfracluosité contient un double feuillet de la pie-mère (1). Il suit de là, 1° que la pie-mère se correspond à elle-même dans une bonne partie de son étendue ; 2° qu'elle présente une surface bien plus considérable que l'arachnoïde, en sorte que si le cerveau pouvait se déployer de la manière que le supposait Gall, sa surface déplissée serait entièrement recouverte par la pie-mère. Ce que je viens de dire à l'égard du cerveau , s'applique parfaitement au cervelet, et il n'est pas une des lames ou lamelles de cet organe qui ne soit entièrement revêtue par un repli de la pie-mère.
(1) J'ai entendu un anatornisle soutenir, dans une occasion solennelle, qu'il n'avait jamais vu cette réflexion de la pie-mère dans les anfractuosités, qu'il n'avait vu qu'un prolongement indivise de cette membrane dans chaque anfracluosité. Il suffit d'olserver un seul cas d'infiltration de sérosilé dans le tissu ceHulajre sous-arachnoïdien pour faire justice de celte erreur.
CENTRE NERVEUX CEPHALO-RACHIDIEN. P1E-MÈRB. 20l
Par sa surface externe ou arachnoïdienne, la pie-mère ré- Surrace ex-
. , terne ou arach-
pond donc à elle-même dans les sillons ou anfractuosiîes du noïdienne delà
, % v pie-mère.
cerveau et du cervelet; elle repond en outre a 1 arachnoïde, a laquelle elle est unie par un tissu cellulaire séreux plus ou moins lâche et susceptible d'infiltration. Au niveau des nerfs, elle ne se réfléchit pas comme l'arachnoïde , mais se prolonge sur ces nerfs et semble se transformer en névrilème. La pie-mère subit sur chaque nerf, au moment de sa sortie du crâne, la même transformation que sur la moelle épinière : de membrane purement vasculaire et nourricière qu'elle était, elle devient membrane fibreuse protectrice, en même temps que membrane nourricière, et la structure fibreuse domine. Il importe ici de réfuter une erreur longtemps accréditée, savoir, que la piemère cérébrale se prolonge sur le nerf optique, pour aller constituer la membrane choroïde, de même que la dure-mère se prolonge sur le même nerf, pour aller 'former la sclérotique. C'est peut-être par suite de cette manière de voir erronée que plusieurs anatomisles donnent encore à la pie-mère le nom de choroïde.
Par sa surface interne ou cérébrale, la pie-mère répond au surface in-
... . ... , , , . . terne ou céré-
cerveau auquel elle est unie par d innombrables vaisseaux qui braie. pénètrent la substance de cet organe. Celte adhérence varie beaucoup, suivant les sujets : ainsi, lorsqu'elle est infiltrée, la pie-mère s'enlève avec la plus grande facilité et d'une seule pièce. Dans l'état de sécheresse de celte membrane , l'ablation est, difficile, mais rarement l'adhérence est telle que, hors l'état de maladie, on ne puisse détacher la pie-mère sans intéresser la substance du cerveau. Il est des maladies du cerveau dans lesquelles la couche superficielle de l'organe étant ramollie, en même temps que l'adhérence de la pie-mère augmentée , l'ablation de la pie-mère ne peut avoir lieu sans entraîner une couche plus ou moins épaisse de substance cérébrale (1).
(t) Je ne crois pas, cependant avec quelques patbologistes, que l'impossibilité de cette ablalion, sans entamer la substance du cerveau, soil un signe positif de maladie de cette substance.
202 NÉVROLOGIE.
structureémi- Structure. La pie-mère encéphalique est une membrane en-
nemment vas- ., , . , , .,.",,
cuiaire de la lierement vasculaire. C est un reseau dans les mailles duquel ou trouve du tissu cellulaire lâche, et dans quelques points seulement , un peu de tissu fibreux.
Pour bien voir les vaisseaux qui de la pie- mère pénètrent dans l'épaisseur du cerveau, il faut examiner leur disposition chez un sujet mort par asphyxie. On peut, d'ailleurs, produire cette injection artificiellement, en laissant, pendant quelques heures, la tête d'un cadavre pendante. Alors, non seulement la pie-mère sera noire d'injection , mais encore elle sera pénétrée de sérosité ; et si on la détache avec lenteur, on verra sortir de la substance cérébrale, un nombre prodigieux de filaments vasculaires , semblables à des cheveux, remarquables par leur excessive ténuité, par leur longueur, et par leur défaut d'anastomoses. Des gouttelettes de sang indiqueront à la surface du cerveau les points correspondants qui, à la loupe , présentent aulant de trous ou de perforations faites comme par emportepièce, qu'il y a de vaisseaux.
Ses vaisseaux Les vaisseaux lymphatiques de la pie-mère, admis et relymphatiques. , , , , . th
jetés par divers auatomistes, ont ete décrus par rohman , qui a vu le réseau lymphatique pénétrer avec elle dans les anfracluosités du cervelet. De ce réseau naissent de petits troncs qui accompagnent les vaisseaux jusqu'à la base du crâne, au delà de laquelle ils n'ont pu être suivis. Je regarde ces vaisseaux lymphatiques comme appartenant à l'arachnoïde.
Les nerfs delà pie-mère, admis par Lancisi qui les faisait venir de la septième paire, n'existent pas.
Les granulations blanches, connues sous le nom de glandes de Pacchioni, sont considérées, par plusieurs anaiomisles , comme une dépendance de la pie-mère. J'ai déjà dit que je les regardais comme une dépendance du tissu cellulaire sousarachnoïdien, et que je n'avais d'opinion arrêtée ni sur leur nature anatomique, ni sur leurs usages.
Usages. Usages de la pie-mère. Celle membrane offre aux vaisseaux
une vaste surface dans laquelle, d'une part, les vaisseaux arlé-
riels se capillarisent ; d'une autre part , les vaisseaux veineux, de capillaires qu'ils éiai'ent au sortir du cerveau , se réunissent en troncs de plus en plus volumineux.
D'après mes recherches , les cinq sixièmes environ des vais- énorme proseaux de la pie-mère appartiendraient au système veineux, seaux" veineux
La pie-mère est le névrilème du cerveau , en ce sens qu'elle de laPie mereest sa membrane nourricière. Ses usages sont entièrement relatifs à la circulation du sang dans le cerveau.
Nous verrons que la pie-mère intérieure est destinée au système artériel et veineux des parois ventriculaires , de même que la pie-mère extérieure est destinée à recueillir les vaisseaux extérieurs.
304 3NÉVROLOGIE.
DE
LA MOELLE EPINIERE,
idée générale La moelle épinière (pvzXo*? ûu%vTvii) est celte tige nerveuse
de la moelle. *
blanche , cylindroïde , symétrique , qui occupe le canal rachidien : elle est continue à la masse encéphalique , dont elle a été tour à tour considérée comme l'origine ou comme la terminaison. Le nom de moelle lui vient d'une analogie grossière de situation et de consistance avec la moelle des os longs. Chaussier lui a substitué le nom de -prolongement rachidien, mais la dénomination généralement reçue de moelle épinière, ne pouvant donner lieu à aucune erreur, mérite d'être conservée (l).
Des limites et de la situation de la moelle.
Les auteurs ne sont pas d'accord sur les limites supérieures de la moelle épinière. Si l'on s'en rapportait à l'acception rigou-
(1) La première description delà moelle, qui soit digne d'être mentionnée, a été faite par Huber (J. Huber de medulla spinali, Gœttingae, 1741); elie a servi de base aux travaux da Haller, Elém. pkysiol., t. /j, sect. 1"; de Mayer? qui en a publié une belle planche en 1779; et peut-être d'Alexandre Monro, Observations on îhe structure, 1783. Sœmmering, Reil et Gall, qui se sont occupés, avec succès, des autres parties du système nerveux, ont passé légèrement sur la moelle épinière. Chaussier, De l'Encéphale en général et en particulier; Keuffel, dans sa dissertation inaugurale [de medull. spinal., 1810, dédiée à Reil, son maître); Rolando, Ricerche anatomice sulla struttura del medollo spinale, Torino, 1824, ont rempli les vides de la science à cet égard. On trouve une bonne description de la moelle dans l'ouvrage de M. Ollivier, sur les maladies de la moelle épinière.
reuse des termes, oa devrait, avec Haller, Boyer, Meckel , Limites delà
. . moelle.
établir pour limite supérieure delà moelle le trou occipital, et considérer le bulbe rachidien, lequel est contenu dans la cavité crânienne, comme appartenant à ia masse encéphalique; mais la limite naturelle delà moelle est bien évidemment le sillon qui sépare le bulbe rachidien de la protubérance annulaire , sillon qui, à raison du volume considérable de cette protubérance chez l'homme, est beaucoup plus prononcé chez lui que chez les autres animaux vertébrés pourvus comme lui de protubérance. Quant aux limites inférieures de la moelle , il s'en Taut bien qu'elles soient celles du canal rachidien. Nous verrons que chez l'adulte, la moelle n'occupe que les régions cervicales et ihoraciques de la colonne vertébrale, et que les régions lombaire et sacrée sont destinées au faisceau de nerfs connu sous le nom de queue de cheval.
La moelle épinière est située à la partie postérieure médiane Sa situation du tronc , en arrière des organes de la digestion , de la circulation et de la respiration (1).
La colonne vertébrale, la dure-mère, l'arachnoïde et la pie- sa quadruple mère , lui forment une quadruple enveloppe : la première , une tectrice." pr°" enveloppe osseuse ; la deuxième , une gaîne fibreuse ; la troi sième , une gaîne séreuse ; la quatrième , une gaîne propre , fibreuse et vasculaire tout à la fois. Cette dernière membrane, exactement moulée sur la moelle épinière, en soutient et comprime doucement toutes les parties.
La moelle épinière ne flotte pas librement dans le canal vertébral : elle est maintenue, de chaque côté,' par un ligament qu'on appelle ligament dentelé'.
(1) Cette situation de la moelle en arrière du canal alimentaire, est une des grandes différences qui existeut entre le système nerveux des animaux vertébrés ' et le système nerveux des animaux invertébrés ; chez ces derniers, le système nerveux est inférieur au canal alimentaire; chez les animaux vertébrés, il est supérieur au canal alimentaire. Celte remarque est due à M. de Blainvile.
206 kévrolOgie.
Du ligament dentelé.
Ainsi nommé à cause des prolongements denlicuîés qu'il présente en dehors , au niveau de chaque paire de nerfs, le ligament dentelé esi une languette fibreuse , extrêmement ténue , longeant la partie latérale de la moelle épinière, au névrilème de laquelle elle adhère intimement , dans toute son étendue , par son bord interne qui est très mince ; envoyant de son bord externe, libre et plus épais, des espèces de dents qui viennent s'implanter à la dure-mère dans l'intervalle des conduits que cette membrane fournit aux nerfs : la première dentelure de ce Nombre et ligament , qui peut être considérée comme son origine , est .très
disposition de , , ,. ., , <». j . . , .
ses dentelures, prolongée; elle se voit sur les cotes du trou occipital, entre l'artère vertébrale et le nerf grand hypoglosse : la dernière, qui est la vingtième ou la vingt-unième, est la terminaison du ligament, et répond à peu près au niveau de l'extrémité inférieure de la moelle. La forme, la ténuité et la longueur de ces dents varient beaucoup, sa nature fi- Le ligament dentelé est évidemment de nature fibreuse, et
creuse.
ne saurait être regardé , avec Bonn , comme une production de l'arachnoïde.
Quant à la question de savoir s'il est un prolongement de la dure-mère, une émanation du névrilème, ou bien enfin un ligament propre , ce sont là des questions oiseuses. Ses usages. Le ligament dentelé paraît avoir le double usage de concourir à ta fixité de la moelle épinière, et de séparer les racines antérieures des nerfs spinaux de leurs racines postérieures. Volume de la moelle épinière.
volume de la Les dimensions en hauteur de la moelle épinière sont, chez moelle. l'adulte , de 15 à 18 pouces (de SO à 36 centimètres). Sa cir-
conférence est de 12 lignes(27 miîlim.)dans sa portion la plus étroite, et de 18 lignes ( U0 miiiimèlres ) dans sa portion la plus volumineuse. Mais la détermination métrique du volume de la moelle est bien moins importante que l'appréciation du volume relatif de cet organe considéré par rapport au cer-
veau, et par rapport à la capacité du canal rachidien , ou que l'élude des différences de vojume qu'elle présente dans les divers points de son étendue.
La moelie étudiée dans la série des animaux vertébrés, sous Du volume de
, . , , - , ,, . . la moelle dans
le rapport de son volume, compare au corps de 1 animal , ia séné des donne ce résultat, que ce volume est toujours en raison directe bréT.auX Ver e" de l'activité vitale de l'animal. Ainsi , les reptiles et les poissons ont une petite moelle, les oiseaux et les mammifères les plus élevés dans l'échelle ont une moelle volumineuse.
A. Volume et poids de la moelle, comparés au volume et vdume et au poids du cerveau. Ce fut en étudiant la moelle épinière et t!?s d^a'moeilë le cerveau des serpents et des poissons, que Praxagoras, cité u cerveaupar Galien, émit l'idée que le cerveau était une production de la moelle. Tous les anatomistes anciens qui ont éiudié le cerveau et la moelle chez l'homme, chez les oiseaux et chez les mammifères, ont, au contraire, regardé la moelle comme un prolongement, un appendice du cerveau (j-anquam cerebri effusionem, Kuf.); on a même longtemps considéré la moelle comme le nerf principal de l'économie, summusin corpore humano nervus. De nos jours, on est revenu à l'opinion de Praxagoras, et la moelle épinière est généralement considérée (Reil, Gall, Tiedemann) comme la partie fondamentale du système nerveux, dont le cerveau ne serait qu'une production, une appendice, une effîorescence. Je n'entrerai point ici dans ces questions purement spéculatives de production, d'émanation, d'origine et de prééminence; car la moelle ne produit pas plus le cerveau, qu'elle n'est produite par lui.
Sœmmering a établi que l'homme est de tous les animaux, Le volume de celui dont la moelle épinière est la moins considérable, relati- la. moelle est
r ' plus considera-
vement à l'encéphale, et cette proportion ne saurait être l'objet ble chez ''h0!n"
r ? r i j me que chez les
d'aucun doute; mais il ne s'en suit pas que les animaux aient autresanimaux. la moelle plus considérable que l'homme relativement au volume de leur corps : bien loin de là, il résulte, au contraire, de mes observations, que si nous en exceptons les oiseaux, l'homme est celui de tous les animaux qui a la moelle épinière
208 WÉVKOLOGIE.
la plus volumineuse. Comparez, en effet, au volume et au poids du corps le volume et le poids de la moelle du cheval, du bœuf; faites la même comparaison pour l'homme , et vous verrez que chez ce dernier, la moelle est remarquablement plus volumineuse proportionnellement au reste du corps. Rapports en D'après Chaussier, la moelle épinière serait, dans l'adulte,
poids de la , ,. ., , , . ., . ,
moelle épinière de la dix-neuvieme a la vingt-cinquième partie du cerveau, et
et du cerveau. , \, , , ., s
chez 1 enfant nouveau-ne, la quarantième partie. D après Meckel, ce dernier rapport serait celui qui existe chez l'adulte. Il est vrai que, d'une part, Meckel étudie la moelle dépouillée de sa membrane propre, et par conséquent des nerfs attachés à ses parties latérales, et que, d'une autre part, suivant la remarque judicieuse de M. Longet, Chaussier considérait le bulbe rachi~ dien comme partie intégrante de la moelle , tandis que Meckel ne faisait commencer la moelle qu'au trou oc*cipital. Du volume de E. Volume de la moelle comparé à la capacité du canal
laj moelle com= -
paré à la capa- rachidien. La moelle ne remplit pas, a beaucoup près, toute la
cité du canal tt
rachidien. capacité du canal rachidien. Un espace considérable, occupé par le liquide sous- arachnoïdien, la sépare des parois de ce canal. Pourquoi cette disproportion? pourquoi cet espace intermédiaire? Nous avons dit ailleurs (voyez Ostéologie) que les dimensions du canal rachidien sont en raison composée et du volume de la moelle, et de l'étendue des mouvements de la colonne vertébrale. Quant à l'opinion de Vieussens, qui admettait que cet espace avait pour but de permettre les mouvements de soulèvement de la moelle, elle est suffisamment réfutée par cette observation , que le cerveau , bien qu'il soit agité de mouvemenis isochrones à la respiration et à la circulation, remplit la capacité du crâne (1).
(4) Il résulte de plusieurs expériences que j'ai faites à ce sujet, que le liquide spinal, observé à ia région cervicale, entre l'occipital et l'axis, est agité de mouvements isochrones à ceux du pouls et à ceux de la respiration ; mais que le liquide, une fois évacué, la moelle épinière ne présente aucune espèce de locomotion. J'ai examiné, avec la plus grande attention, les tumeurs lombaires que portaient plusieurs enfants affectés de spina-bifida ; je n'ai pas pu
Considérée sous !e point de vue de sa longueur', la moelle Longueur de
.... . ,,.,.. . la moelle.
épinière n est point en rapport avec les dimensions verticales du canal rachidien ; elle finit au voisinage de la première vertèbre lombaire, et pourtant le canal rachidien se prolonge jusqu'au sommet du sacrum.
Les limites inférieures de la moelle n'ont pas été assignées n^s^dè"^ avec la précision que réclame une question aussi grave: suivant moelle- Winslow, la moelle épinière finit au niveau de la tre vertèbre lombaire; Morgagni l'a vue descendre jusqu'à la 2e; Keuffel l'a vue atteindre la 3e vertèbre lombaire, chez un sujet, et s'arrêter à la 11e dorsale, chez un autre. La divergence des auteurs Divergence
.,,.,..,,, , , des auteurs à ce
ace sujet, lient : 1 aux variétés individuelles que présente la sujet. moelle sous le rapport de ses limites inférieures; 2° à la différence d'acception qu'on a pu donner aux mois extrémité inférieure de la moelle : les uns limitant la moelle à la partie renflée, les auires à la partie effilée de celte extrémité inférieure. Il résulte d'expériences que j'ai faites à cet égard, et qui con- Expériences, sistent à enfoncer horizontalement un scalpel d'avant en arrière, dans le disque intervertébral qui sépare la lrc de la 2e vertèbre lombaire, il résulte, dis-je, qu'il existe des variétés chez les différents sujets, sous le rapport de cette terminaison, et que l'attitude des cadavres, l'état de flexion ou d'extension de la tête et du rachis, peuvent influer sur les limites inférieures de la moelle, mais qu'en général le renflement ou base du cône qui termine la moelle, répond à la lre vertèbre lombaire , et le sommet du cône à la 2r'.
y découvrir de mouvements isochrones aux battements du pouls ; mais les mouvements de la respiration exerçaient sur ces tumeurs une influence manifeste : ainsi, quand on vidait la poche par la compression, les cris que provoquait la douleur causée par cette réduction, étaient presque immédiatement suivis de la tension extrême de la poche. La moelle épinière, étant dépourvue des grosses artères qu'on observe à la base du cerveau, ne peut concourir en aucune manière aux mouvements isochrones aux battements du cœur, observés dans le liquide spinal : ces mouvements du liquide lui sont communiqués par les artères cérébrales.
210 NÉVROLOGIE.
Pendant les premiers temps de la vie fœtale, la moelle descend jusqu'au sacrum, mais chez les fœtus à terme, je n'ai pas trouvé une différence aussi prononcée que le disent les anatomistes modernes (1).
flements0idée,|â ^* différences du volume de la moelle dans les divers moelle : points de sa longueur. Le volume de la moelle épinière n'est
pas le même dans les divers points de sa longueur : renflée à son origine, au niveau de la gouttière basilaire, où elle constitue le bulbe rachidien supérieur, ou occipital, ou crânien, elle se rétrécit immédiatement après avoir franchi le trou occipital. Renflement Le lieu de ce rétrécissement, qui a reçu le nom de collet du bulbe rachidien, est pour beaucoup d'anatomistes, le commencement de la moelle épinière.
Un nouveau renflement oblong, beaucoup plus étendu que le précédent, bulbe rachidien moyen, commence au niveau de la 3e vertèbre cervicale , augmente de diamètre jusqu'à la 5e vertèbre cervicale, conserve ce diamètre au niveau de la 6e, puis diminue progressivement et finit au niveau de la 2e vertèbre Renflement dorsale. On désigne encore le bulbe rachidien moyen sous le
cervical /• • -m \
nom de renflement cervical, a raison de sa situation, ou de renflement brachial, parce que c'est de ce renflement que partent les nerfs destinés aux membres supérieurs.
Considérablement rétrécie depuis la 2e jusqu'à la 10e vertèbre dorsale, la moelle épinière se renfle une troisième fois, mais beaucoup moins qu'à la région cervicale et à la région occipi- Renflement taie; ce troisième renflement constitue le bulbe ou renflement rachidien inférieur, qu'on appelle renflement lombaire , à
(1) La moelle épinière est susceptible d'alongement et de rétraction : elle s'allonge dans la flexion ; elle revient sur elle-même dans l'extension de la colonne vertébrale ; cette différence m'a paru être d'un pouce à quinze lignes.
Sur ie corps d'un enfant à terme, affecté de spina-bifida sacré, mort peu de temps après sa naissance, la moelle descendait jusqu'au bas du sacrum ; il n'y avait pas de queue de cheval. Malacarne avait déjà noté un fait analogue. Cette disposition dépend, non d'un retard dans l'évolution de la moelle, mais des adhérences contractées par cette moelle, à une époque peu avancée de la vie fœtale. (Voyez dnat, pathol,, 17e livraison, Spina bi/ida).
cause de sa situation, et renflement entrât, parce que c'est de
ce renflement que partent les nerfs des membres inférieurs. Ce Terminaison
bulbe ou renflement s'effile immédiatement à la manière d'un iée du renfle- „ . j . a, p.- ment lombaire.
fuseau, et se termine par un cordon excessivement grêle, filiforme, qui est demi-transparent, d'aspect fibreux , caché au milieu des nerfs de la queue de cheval, et qu'accompagne constamment une veine. On distingue ce cordon des nerfs qui l'environnent, par sa situation sur la ligne médiane, par sa ténuité, par sa tension , par son aspect fibreux et par sa terminaison. On le suit jusqu'à la base du sacrum, où on le voit se confondre avec la dure -mère.
Dans quelques cas , le bulbe rachidien inférieur se bifurque variétésanadans sa portion rétrécie , mais les deux branches de la bifur- tom'^uescation aboutissent à un cordon fibreux unique. Huber, Huiler et Sœmmering disent que la moelle se termine inférieurement par deux petits renflements en globules, dont l'un, supérieur, ovoïde, l'autre, inférieur, eonoïde. Ils ont pris évidemment l'exception pour la règle.
Il y a bien loin de cette disposition de la moelle renflée en La moelle trois points de sa longueur, à celle admise par Gall, qui, corn- auStnfveaunflde parant avec Haller la moelle épinière de l'homme et des ani- nerîs?6 palre de maux vertébrés à la double série de ganglions des annelides et des insectes, admet autant de renflements dans la moelle qu'il y a de paires de nerfs. L'observation rigoureuse des faits est en opposition complète avec cette manière de voir : car même chez le fœtus, qui présente si souvent d'une manière transitoire l'état permanent des animaux inférieurs, on ne voit en aucune façon cette série de renflements. Une fausse induction et Jine apparence grossière de la moelle environnée de ses nerfs, ont égaré le célèbre physiologiste, qui aurait dû chercher les analogues des ganglions des insectes , non dans la moelle épinière elle-même, mais dans la série des ganglions spinaux (1).
(4) On ne trouve même pas de renflements dans la moelle épinière du veau, que Gall prenait pour type de celte disposition. Les commissaires de l'Institut n'eu trouvèrent pas davantage chez le chieu, le cochon, le cerf, le chevreuil, le
212 NÊVROLOGIE.
Loi qui pré- L'existence des trois ronflements de la moelle épinière est
side aux ren- ,. , , , . . j , ,
déments de la une application de ces deux grandes lois de nevroîogie, savoir : l»que le volume de la moelle épinière est en rapport avec le volume et le nombre des nerfs qui en émanent ou qui s'y rendent, et avec l'activité fonctionnelle des organes auxquels ces nerfs se distribuent; T que l'exercice de la sensibilité est en rapport avec des nerfs plus volumineux que l'exercice de la myotilité.
Pourquoi Or, c'est au niveau des trois bulbes qu'ont lieu les corn mules trois renfle- . . , ...
ments de la nications nerveuses les plus multipliées et les plus importantes.
moelle sont-ils .,.,.,.,. i u • ■ j.i e j
inégaux? Au bulbe inférieur ou lombaire répondent les nerfs des extré-
mités inférieures ; au bulbe moyen , les nerfs des extrémités supérieures; au bulbe supérieur, les nerfs de la respiration, de la langue, une partie et peut-être la totalité des nerfs de la face.
Si le bulbe cervical , qui répond aux extrémités supérieures , présente des dimensions plus grandes que le bulbe lombaire qui répond aux membres inférieurs, dont la masse et le volume sont beaucoup plus considérables, c'est parce que, d'une part, les premières jouissent d'une activité musculaire plus grande que les secondes, et que , d'une autre part , elles sont les organes du toucher.
Preuves dé- L'analomie comparée justifie pleinement cette manière de
duites de l'ana- . .... ,
tomie compa- voir, qui s applique également aux dimensions en longueur de la moelle. On trouve, en effet, que dans les diverses espèces animales, la longueur de la moelle épinière n'est nullement en rapport avec celle du canal vertébral, avec la présence ou l'absence d'une queue , mais bien en rapport avec l'énergie du mouvement et de la sensibilité tactile. Desmoulins, jeune anatomiste trop tôt enlevé à la science , a établi ce fait sur des preuves irréfragables (1).
bœuf, le cheval, où Gall prétendait les avoir découverts. Les belles recherches de Tiedemaun, sur le dévelo ppement de la moelle épinière, ont à jamais renversé cette manière de voir, qui ne reposait que sur des analogies non vérifiées. (1) Lu moelle épinière des oiseaux, fournit une preuve frappante de la loi
CENTRE NERVEUX CÉPHALO-RACHIDIEN. MOELLE. 2io Forme, direction et rapports.
La moelle épinière a la forme d'un cordon blanc eylindroïde aplati d'avant en arrière, renflé dans trois points de sa longueur et terminé en pointe inférieurement.
Sa direction suit les inflexions de la colonne vertébrale , Direction de aux déviations de laquelle la moelle participe, et c'est une chose bien digne d'intérêt que de voir la moelle échapper souvent à toute compression, même dans le cas de flexion anguleuse du rachis, pourvu toutefois que celte flexion se soit opérée d'une manière graduelle.
La moelle épinière est parfaitement symétrique par rapport au plan médian antéro-postérieur. Or, tandis que l'insymétrie du cerveau est si souvent facile à constater dans l'état normal et dans les maladies, il est impossible de reconnaître le moindre défaut de symétrie dans la moelle épinière, même à la suite d'hémiplégies datant d'une époque très reculée.
La syméirie est moins pai faite entre la moitié antérieure et sa symétrie. la moitié postérieure de la moelle; elle est moins parfaite encore entre sa moitié supérieure et sa moitié inférieure.
On divise la moelle épinière en corps et en extrémités. Le corps de la moelle doit être étudié, 1° lorsqu'il est encore enveloppé de sa gaîne propre, 2° après l'ablation de cette gaîne.
qui préside au développement de la moelle : il n'est point, dans l'économie, de mouvement qui nécessite plus de force et d'agililé que le phénomène du vol. On n'est donc point étonné de voir la moelle se renfler au niveau des nerfs qui se rendent aux muscles de l'aile; mais il semblerait que la portion de moelle qui répond aux membres inférieurs doive être beaucoup moins développée, et pourtant le renflement inférieur est tout aussi considérable que le renflement de l'aile, et cela parce que les membres inférieurs sont les organes du toucher chez les oiseaux. La moelle épinière de la tortue confirme, au plus haut degré, la loi que nous avons admise d'après Desmoulins. L'espèce de boîte calcaire dont est enveloppée la partie moyenne de cet animal, est privée de tout mouvement et de tout sentiment. Or, le tronçon de moelle qui répoDd au membre supérieur est uni au tronçon de moelle épinière qui répond au membre iqfé* Heur par un filet très délié,
A. Du corps de la moelle enveloppé de sa gaîne propre. Des plis trans- Toute la surface de la moelle présente des plis transverses