PARTIES ACCESSOIRES DE LA PEAU
Nous comprenons sous ce nom les follicules sébacés, les follicules pileux et les organes sudatoires.
Follicules sébacés.
Définition. La Peau contient dans son épaisseur des follicules sébacés : ce sont de petites poches ou utricules, du volume d'un grain de mil, qui sont logées dans l'épaisseur du derme, soulèvent l'épiderme, et s'ouvrent à l'extérieur par un très petit orifice visible à
Des orifices laloupe, et même à l'œil nu, chez quelques individus. C'est par bacés!'iCulesse" cet orifice qu'est incessamment versée à la surface de la peau une matière grasse, propre à en entretenir la souplesse, matière grasse qu'on exprime chez quelques individus sous forme de petits vers, en comprimant certaines régions, et plus par-
ces follicules ticulièrement les ailes et le dos du nez. Ces follicules, qui ont
manquent à la • .
paume des beaucoup d analogie avec ceux des membranes muqueuses ,
mains et à la ' . „ ,
plante des pieds, manquent complètement a la paume des mains et a la plante des pieds. Peut-être existent-ils dans toutes les autres parties du corps; maison les remarque surtout au creux de l'aisselle, au cuir chevelu , autour de l'anus, de la vulve, des ouvertures du nez et de la bouche, des mamelles, dans le conduit auditif. Ils sont très développés chez l'enfant naissant. Considérés sous le point de vue de la structure, les follicules sébacés me paraissent appartenir au tissu granuleux ou glanduleux , et cette structure est surtout évidente dans les follicules du creux de l'aisselle, dont l'organisation me paraît plus complexe que celle iisappanien- (jes autres follicules cutanés ; les follicules axillaires sont en
nent au tissu '
glanduleux. effet des glandules constituées par des granulations agglomé-
tiques, de la dernière distribution des vaisseaux et des nerfs réunis par un peu de matière animale.
4° D'une couche de ce réseau, uniquement formée des dernières ramifications des vaisseaux lymphatiques.
5° Du mucus de Malpighi,
6° De Pépiderme,
rées, s'ouvrant dans un conduit excréteur commun, lequel verse ses produits à la surface de la peau. C'est par une pure conception de l'esprit qu'on a pu considérer les follicules sébacés comme formés par la peau amincie et réfléchie. Ces follicules sont très développés chez quelques sujets, et ce développement relatif porte tantôt sur la totalité de l'appareil sébacé, tantôt sur certaines régions. Du reste, le développement des follicules n'est pas en rapport avec celui du derme. Ex. : follicules de la peau du scrotum. Ce sont les follicules sébacés non moins que les follicules pileux qui proéminent à l'extérieur de la peau dans le phénomène connu sous le nom de chair de poule. Les follicules sébacés sont les satellites des poils, et souvent Ledéveioppe-
, .„,..,„,. n r ii- i nient des folli—
deux ou trois follicules sébacés existent autour a un lollicule cuies n'est pas
. iii-i , en rapport avec
pileux. La paume des mains et la plante des pieds sont ega- celui du derme, lement dépourvues et de follicules cutanés et de follicules pileux.
D'après plusieurs anaiomistes modernes, la plupart des folli- Les follicules
1 r . . sébacés s'ou-
cules pileux seraient pourvus de follicules sébacés , qui s'ou- vrent-iis dans
1 les follicules pi-
vriraient dans leur cavité (1). leux?
J'ai vainement cherché cette disposition. M. Giraldès, agrégé de la Faculté , qui a bien voulu me seconder dans ces recherches , n'a pas été plus heureux ; en sorte que je suis fondé à admettre que les auteurs distingués qui l'ont adoptée, s'en sont laissé imposer par une illusion d'optique (voy. poils). Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il y a connexion intime entre les follicules sébacés et les follicules pileux, et que constamment l'orifice cutané des follicules sébacés est situé à côté d'un poil, si bien qu'il semble quelquefois que l'orifice de sortie du poil soit le même que l'orifice d'un follicule cutané, et cependant le développement des follicules sébacés n'est pas en raison directe et nécessaire de celui des poils. Ex. : follicules de la peau du nez, de
(l) Les planches de M. Arnold représentent des glandes sébacées s'ouvrant dans les follicules pileux. Glandnlœ sebacece acinosœ, quarum duce ad unum quemque folliculum pleumque pertinent... earum ductus excretorius cavitati folliculi pili continuus, fig. décima fascicui. II, tabula XI,
connexions l'aréole des mamelles. Ces rapports intimes entre les follicules
intimes entre „,,„,,.,., , ,
les follicules se- sébacés et les follicules pileux, rapports tels que dans certaines îicuies pijeux. régions, ces follicules semblent se transformer les uns dans les autres (1), expliquent l'opinion de certains auteurs, d'Eichorn, en particulier, qui tendrait à établir leur identité absolue ; suivant d'autres anatoniistes, il n'existerait pas de follicules sébacés, mais les follicules pileux seraient chargés de la sécrétion de Les follicules l'enduit cutané. Mais il suffit d'étudier comparativement, avec
sébacés et les
follicules pileux Weber, les follicules pileux et les follicules sébacés, la situation
sontdes organes
distincts. plus profonde des premiers, leur forme si différente et même leur structure si distincte, pour être convaincu que les follicules pileux et les follicules sébacés sont des organes distincts.
Vus au microscope simple, les follicules sébacés représentent des utricules de diverses formes, à goulot extrêmement court, iîcuiëde&bS'c0,1" ^ans ^e(ïue^ s'enfonce l'épiderme aminci. La structure de ces a^ microsc°Pe utricules nous est inconnue; mais la présence de l'épiderme dans leur cavité est démontrée par f inspection directe et par la couleur jaune qu'acquiert la surface interne du follicule, lorsque la peau a macéré dans l'acide nitrique.
La matière colorante pénètre-t-elle dans la cavité du follicule sébacé ? On voit sur la peau du nègre la matière colorante entrer dans le goulot du follicule, mais on ne peut la suivre plus loin.
Follicules se- Il est des follicules sébacés simples : il en est de composés:
bacéssimplcset - . , , , , A . ,
composés. deux, trois, quatre utricules s ouvrent dans la même cavité. Au reste , les follicules sébacés ne font pas parue intégrante, nécessaire , de la peau : c'est un organe surajouté.
Des follicules pileux.
Définition. Les -poils sont des productions de la surface de la peau, épidermiques, filiformes, très flexibles et très déliées dans l'espèce humaine, variables par leur longueur, leur diamètre et leur couleur, et qui ont reçu divers noms suivant la région qu'ils
(l) Chez certaines femmes, plusieurs des follicules sébacés des mamelles sont remplacés par des follicules pileux.
occupent (1). Les poils ont pour organe producteur un follicule assez analogue au follicule dentaire.
Le système pileux est moins développé chez l'homme que chez les autres animaux qui vivent dans l'air, d'où la nécessité des vêlements. La sensibilité tactile étant en raison inverse de la protection, on conçoitpourquoi dans l'espèce humaine, celleci a été sacrifiée à la première. Les poils paraissent destinés spécialement à garantir la peau contre la température extérieure, de môme que les follicules sébacés paraissent avoir étédestinés à la garantir contre le dessèchement.
Toute la surface du corps de l'homme, la paume des mains Lapaumedes
, , , . , ', . .. mainsetlaplan-
et la plante des pieds exceptées, est recouverte de poils le des pieds sont
. « n . > , n ,, ' , . . , les seules par-
tres fins et très courts, sous la forme d un duvet léger, et ues dépourvues qui conserve ce nom (duvet); mais les poils proprement ep0IS* dits sont groupés sur certaines régions de la surface du corps, où ils sont affectés à des usages particuliers. Ainsi on les trouve en très grande quantité sur le crâne, où ils ont reçu le nom de cheveux ; à la face, où ils portent le nom de barbe ; les poils qui bordent l'une et l'autre paupières, s'appellent cils; la rangée arquée qui surmonte les paupières s'appelle sourcil; les poils des lèvres constituent la moustache, etc.
Au tronc, les poils forment un massif autour des parties génitales ; on en trouve également au creux des aisselles, dans les deux sexes; sur le thorax, entra les deux mamelles chez l'homme.
Les poils présentent des différences très marquées suivant Différences le sexe, suivant l'âge, suivant les races humaines. La race TéveKmen? caucasique est celle qui offre le système pileux leplus dé- despoils* veloppé ; la race nègre , au contraire , le présente à son minimum de développement.
(1) Les 'piquants du hérisson, les soies du sanglier, le crin du cheval, la laine du mouton, la bourre de la plupart des mammifères, sont des espèces de poils. Il en est de même des plumes des oiseaux, suivant M. de Blainville; car les plumes proviennent d'un bulbe contenu dans uu follicule, et le tuyau de la plume sort par l'ouverture de ce follicule.
Les cheveux, les ciis et les sourcils existent avant la naissance; avant la naissance aussi, tout le corps est revêtu d'un duvet très épais, qui tombe dans les premiers mois de la vie extra-utérine. A l'époque de la puberté, la région pubienne et le creux des aisselles de l'un et de l'autre sexe; chez la femme les grandes lèvres; chez l'homme le scrotum et le pourtour de l'orifice anal, se couvrent de poils. En outre chez l'homme la barbe paraît ; la région aniérieure du tronc et les membres se Un système revêtent de poils plusoumoins longs, suivant les individus. Je
pileux très dé—
veioppé n'est ferai remarquer que le développement des poils n'est pas tou-
pas toujours un . . , e -, .,. ,. ., . . ,,
signe de vi- jours en rapport avec la lorce de 1 individu, ainsi que 1 ont avancé certains auteurs, qui regardent un système pileux abondant comme un attribut de la force et de la virilité. Si parmi les hommes velus il en est qui soient doués du tempérament athlétique, il en est un grand nombre qui sont grêles et même affectés dephthisie tuberculeuse.
Chez les mammifères, les poils de la région postérieure du tronc sont plus développés que ceux de la région aniérieure, preuve de leur destination à l'attitude quadrupède ; chez quelques animaux, qui se défendent en se renversant le dos, ce sont les poils de la région aniérieure qui sont les plus développés.
La longueur et Les cheveux peuvent acquérir une grande longueur : on en
la direction des r -1 a o
cheveux^ pmu- a vu qUj descendaient jusqu'à la partie moyenne de la jambe, et tion de l'homme QU: disséminés autour du tronc, pouvaient le couvrir comme
a l'altitude bi- ^ ' ' r
pède. un vêtement. La longueur des cheveux et leur direction prou-
vent manifestement la destination de l'homme à l'attitude bipède; car, dans l'altitude quadrupède, ils traîneraient à terre, et tomberaient sur la face.
Différence» des Les cheveux présentent d'ailleurs un grand nombre de dif-
rapportVe "îeur férences, sous le rapport, 1° de leur direction-, il en est qui
direction, de .. , 17 . • , .
leur diamètre , sont lisses et longs, d autres qui sont crépus et comme laineux : cette dernière disposition est propre à la race nègre; dans ce cas, les cheveux n'acquièrent jamais beaucoup de longueur ; 2° de leur diamètre ; il en est qui sont d'une ténuité excessive;
Vautres soin volumineux, et roides; 3* du nombre: en gêné- Différences
que présentent
ra!,les cheveux sont plus nombreux chez la femme que chez les cheveux, l'homme, comme si l'activité du système pileux se concentrait chez elle sur le cuir chevelu ; 4° de la couleur: la couleur des cheveux établit entre les hommes des différences importantes. Les nombreuses nuances de coloration des cheveux se rallient autour de trois couleurs principales : le noir, le blond et lé rouge de feu. Le blond appartient aux habitants du nord et aux tempéraments lymphatiques et sanguins ; le noir, aux habitants du midi et aux tempéraments bilieux et sanguins ; le rouge de feu n'appartient à aucun tempérament en particulier; et, dans nos idées de beauté, cette couleur, qui s'accompagne ordinairement d'une transpiration d'odeur désagréable, est regardée comme une disgrâce de la nature. Il est bon de rappeler que le pigment de la peau est en général eu rapport avec la couleur des cheveux.
La barbe est propre au sexe mâle : elle occupe la partie in- De la barbe, férieure de la face, et par conséquent laisse à découvert les régions qui servent éminemment à l'expression de la physionomie; savoir : les régions oculaire, nasale et frontale.
On ne saurait trop insister sur la connexion qui existe entre le développement des organes génitaux et celui de la barbe. L'eunuque est presque imberbe.
Les soins minutieux que nécessitent une longue barbe et une longue chevelure, ont porté l'homme à s'en affranchir, en se soumettant à la coupe des cheveux et de la barbe. Il est assez remarquable que les peuples les plus efféminés, les Orientaux, par exemple, soient précisément ceux qui attachent le plus de prix à une longue barbe. L'hygiène s'occupe, non sans de grands motifs, de l'influence de ces diverses habitudes sur la santé.
Structure et développement des poils.
On ne peut avoir une bonne idée de la structure des poils que par l'élude de leur développement. Les poils, par celle de
leurs extrémités qui lient à la peau, sont contenus dans une
espèce de bulbe ou follicule, très analogue au bulbe ou folli-
Buibeou fol- cule dentaire. Ce bulbe ou follicule pileuse, qui est l'organe
licule pileux. „ , .. , , , , „ , .
formateur au pou, est loge dans le tissu cellulaire sous-cutane, et se prolonge jusqu'à la surface de la peau par une sorte de canal membraneux, bien décrit par Bichat. On considère dans le bulbe ou follicule pileux une poche ou bourse et une papille ou pulpe pileuse :
Membrane i° La membrane en forme de poche ou de bourse (mem-
bursale ou fol- m v
licule pileux, brane bursale ; Heusinger), est une espèce de cul-de-sac oblong, ouvert à l'extérieur par un goulot ou orifice étroit, qui donne passage au poil sans y adhérer en aucune manière. Sa transparence permet de voir le poil contenu dans sa cavité. Si on divise celle membrane bursale, qui ne serait, d'après M. Dutrochet, que la peau déprimée, on voit que sa surface interne est lisse, sans adhérence avec le poil, dont elle est séparée par un liquide rougeâîre, indiqué par Heusinger. Celte membrane bursale, bien distincte du derme qu'elle traverse, est constituée par trois couches ou membranes superposées : 1° une couche exlerne fibreuse ; 2° une couche moyenne qui forme un réseau vasculaire ; 3° une couche interne épidermique. La présence d'une coucheépidermique est démontrée parla coloration jaune qu'y développe l'acide nitrique étendu et par sa résistance à l'action de cet acide, lorsque les autres couches du follicule ont été converties en gélatine par l'action prolongée de cet acide, si bien qu'on peut isoler la gaine épidermique. Papille pi- C'est du fond, c'est à dire du point le plus éloigné du pore épidermique qui doit livrer passage au poil, que naît la papille pileuse, papille conique, à base adhérente, à sommet libre, qui est bien loin de se prolonger jusqu'à l'orifice du follicule, comme on l'a dit, mais qui est au contraire extrêmement courte et est reçue immédiatement dans la base du cheveu creusée en cône pour la recevoir. Ces choses ne peuvent bien se voir qu'à l'aide du microscope.
C'est par son fond, et pour se rendre essentiellement à la pa-
DE LA PEAU. • . éi)
pille, que le follicule reçoit les vaisseaux et les nerfs destinés à l'accroissement du poil. Le grand nombre de vaisseaux et de nerfs qui se rendent aux parties abondamment pourvues de poils, établit combien est active la nutrition des follicules pileux, et explique la douleur qui résulte de l'arrachement des poils. On dit avoir suivi les nerfs jusque dans la papille pileuse.
Relativement aux connexions qui existent entre les follicules Connexions
des follicules pi-
pileux et les follicules sébacés, ces connexions sont intimes : !eu* et des foi-
r , , licules sébacés.
mais je n'ai jamais vu les follicules sébacés s ouvrir dans les follicules pileux : celte disposition, qui a été représentée dans des figures, très bonnes d'ailleurs, ne peut être considérée que comme une simple apparence. Efïeciivement, en examinant au microscope des parties de peau appartenant au cuir chevelu, lesquelles avaient été préalablement comprimées entre deux verres, il m'a semblé quelquefois que le follicuie piteux traversait plusieurs cavités folliculeuses ; mais un examen plus atlentif m'a permis devoir qu'il y avait juxta position et non fusion entre les follicules pileux et les follicules sébacés.
Etui corné. C'est sur la papille que se forme le poil, qui re- Étuis' cornés, présente un étui corné, conique, lequel se moule exactement sur le sommet de la papille. A ce premier cornet en succède un autre qui soulève le précédent, et ainsi de suite, de telle manière que le poil a constamment une forme conique. Les stries circulaires que présente à sa surface le corps des poils vus au microscope, stries que je ne peux mieux comparer qu'à celles de la corne du bélier, sont le vestige de cette disposition.
D'après les expériences de Heusinger, qui a enlevé, à des intervalles déterminés, les moustaches d'un chien qu'il a sacrifié ensuite, dans le but d'observer les changements successifs qui se passent dans les follicules pileux ; d'après ces expériences, dis -je, il s'écoule un temps assez long avant que le poil ne traverse l'épiderme ; mais une fois qu'il l'a franchi , son accroissement se fait avec facilité.
Que devient l'épiderme au niveau du poil ? Suivant les uns, il se prolonge sur la partie libre du poil, dont il forme la mem-
Disposition de brane extérieure; en sorle que , dans celle hypothèse, l'épilapport'aupoiK demie serait entièrement étranger à la racine du poil. Suivant d'auires, il s'enfonce dans la membrane bursale, qu'il tapisserait pour se continuer avec la base du poil , d'après une opinion , pour se réfléchir sur la surface externe du poil; d'après une autre opinion, de manière à lui former un tubeépidermique qui tomberait par écailles à mesure que le poil se produirait au dehors. Suivant certains observateurs, l'épidémie est tout à fait étranger au poil, lequel perfore l'épiderme (1) pour se produire au dehors. Cette dernière manière de voir serait confirmée par les observations de Weber, qui a vu le poil soulever l'épidémie en manière de papiiles (2); et par les recherches récentes de M. Simon (8), qui a vu qu'avant de se produire au dehors, les poils du fœius semblent arrêtés par l'épiderme ; de telle façon qu'ils se courbent sur eux-mêmes ou se contournent en spirale. M. Giraldès a répété la même observation sur des foetus de cochons. Cependant, les observations que j'ai présentées plus haut ne permettent pas de douter de la présence de l'épiderme dans la cavité bursale; et il est clair que cet épidémie folliculaire doit se continuer avec l'épiderme cutané. La difficulté qu'éprouve le poil à franchir le goulot des follicules, ne suppose pas nécessairement que ces follicules soient clos.
Le poil est un En quoi consiste la tige du poil ? On vient de le voir ; le poil
produil de se- . . , , ,. . , , .
créiion. est un produit de sécrétion, et par conséquent un produit non
vivant , résultant de l'emboîtement successif de petits cornets. Vu au microscope, le poil paraît noueux; ici étroit, là renflé, quelquefois bosselé ; sa surface est souvent écailleuse, et ces
(1) D'après M. Flourens, l'épiderme, en s'enfonçant dans le derme pour former des gaînes à la racine des poils, s'arrête à l'entrée du bulbe et à la racine du poil. (Anat. génér. de la peau et des memb. muq. , Archives du Muséum, 1843, t. III. p. 108.
(2) Leeuwenhoek attribue l'incurvation que présentent quelquefois les poils à leur extrémité, à la difficulté qu'ils éprouvent à traverser l'épiderme, 1695., Annot. naturœ, in-4°, p. 421.
(3) Muller, Archives.
petites écailles superficielles , que l'acide acétique étendu détache, présente tous les caractères de fragments d'épiderme.
Les poils, ai-je dit, présentent à leur surface des stries circulaires à la manière des ongles ; en outre, comme ces derniers, ils présentent des stries longitudinales ; et lorsqu'on a rendu le poil demi-transparent, à l'aide del'acide acétique étendu, on voit, de la manière la plus manifeste, ces lignes longitudinales, lesquelles sont surtout évidentes, même à l'aide d'une simple loupe, au voisinage de l'extrémité papillaire du poil. Du reste, la division structure du en fibres longitudinales, si manifeste à l'œil nu, dans la soie du sanglier, n'existe que pour la substance corticale du poil ; car, au centre du poil, la disposition linéaire est remplacée par une disposition aréolaire : et au milieu de ces aréoles, qu'il faut étudier à l'aide d'un fort grossissement, on voit disséminée la matière colorante dujDoil. Nulle part la partie centrale ou médullaire du poil ne présente ces vaisseaux remplis de matière colorante admis par Bichat.
La coloration des cheveux paraît exclusivement due à lasubstance médullaire; la substance corticale est également incolore dans le cheveu blanc et dans le cheveu coloré. Le cheveu blanc contient tous les éléments du cheveu noir, moins la matière colorante.
3e Vaisseaux sudaloires.
Slenon , Malpighi et autres, avaient admis des qlandes su- Les vaisseaux
° ° sudatoires ont
dorifères situées dans le tissu cellulaire adipeux, sortes de «é indiqués par
r ' beaucoup da-
tubes s'ouvrant à l'extérieur par un orifice muni d'une val- natomistes. vule (1). Fontana avait parlé de vaisseaux serpentins qu'il avait vus sous l'épiderme à l'aide du microscope. Les orifices ou pertuis de la peau qui donnent issue à la sueur, signalés en 1717 par Leuwenhoeck , avaient été reconnus depuis par tous les observateurs (2). N. Eichorn avait de nouveau appelé l'attention sur
(1) Haller, Elementa physiologiœA. V, lib. 12, p. 42.
(2) Il suffit de regarder attentivement, à la loupe et même à l'oeil nu la face
les conduits sudorifères, qu'il décrit comme des canaux droits, rampant obliquement sousl'épiderme ; mais c'est à MM. Breschet et Roussel de Vauzème (1) que nous devons la description exacte et complète de l'appareil sécréteur de la peau (appareil
De la glande diapnogène) , qui se compose : 1° d'une petite glande; 2° de petits canaux en tire-bouchon. Rien de plus facile à démontrer
ses eanaux que ja présence de ces glandes et de ces canaux spiroïdes à la
excréteurs sont ^ * ° r
disposés en spi- paume des mains et à la plante des pieds. Il suffit d'étudier à la loupe et même quelquefois à l'œil nu une coupe perpendiculaire de la peau : on voit alors qu'il existe, non dans l'épaisseur du derme , mais sous le derme, dans le tissu cellulaire sous-cutané, une sorte de petit corps arrondi qui paraît formé par un canal capillaire contourné plusieurs fois sur lui même : de ce corps arrondi part un canal qui décrit un certain nombre de spires en traversant le derme, en décrit de non moins considérables en traversant 1 épidémie, et vient s'ouvrir à la surface de la peau par une ouverture évasée ou infundibuliforme.
Ces glandes et canaux sudatoires existent dans toutes les régions de la peau autres que la paume des mains et la plante des pieds, bien qu'ils y soient plus difficiles à démontrer. La section par tranches de l'épiderme de la plante des pieds et de la paume des mains, permet d'y voir, même à l'œil nu , les coupes des canaux spiraux.
palmaire des doigts et de la paume de la main en sueur, pour voir de petites gouttelettes s'échapper d'innombrables pertuis ou orifices déprimés, infundibuliformes, et ces goutteletles , évaporées, remplacées immédiatement par d'autres goutteleltes. Ces orifices m'ont paru situés sur la même ligue que les papilles. (1) Recherches sur la structure de la peau, 1835, pag. 26, 72, 90.