CONSIDÉRÉE COMME ORGANE DU GOUT
La langue (1), organe du goût, que nous avons décrite ailleurs (Voy. Cavité buccale, t. 3, p. 219), est de tous les orga- ' nés des sens spéciaux, celui dont la structure a le plus d'analogie avec la peau. Aussi la langue en même temps qu'elle est l'organe du goût, est-elle en même temps un organe de tact et de loucher.
Le sens du goût réside essentiellement dans la membrane Le sens du
.... „ , ,, . . j , i AT goût'résidedans
papillaire qui revêt la face supérieure de la langue. Nous avons u membrane vu que les éminences perforées qui occupent la base de la langue, ne sont pas des papilles, mais des glandules, et nous avons divisé les papilles proprement dites en papilles grosses ou ealieiformes , disposées en V à la base de la langue , et en papilles petites, qu'on peut subdiviser en papilles coniques, filiformes, lenticulaires, arundiniformes, d'après les figures variées qu'elles présentent.
Tout sens spécial, et on donne ce nom aux sens qui n'ont pas caractères
... . ., ,. , ■> , généraux des
pour objet la sensation tactile proprement dite, présente a etu- sens spéciaux. dier un appareil spécial destiné à recevoir les impressions, et un nerf spécial, approprié à ces impressions, et destiné à les transmettre.
La structure musculaire de la langue, qui semble n'avoir
(l) Bien que des expériences ingénieuses aient prouvé que diverses parues de la cavité buccale et plus particulièrement le voile du palais et ses piliers, sont susceptibles de recevoir l'impression de certaines saveurs, il n'en est pas moins vrai que la langue est l'organe essentiel du goût.
hO ORGANES DES SENS.
trait qu'à des usages relatifs à la mastication, à la déglutition et à l'articulation des sons, esl intimement liée à la gustation, qui serait très imparfaite si la membrane gnstative ne pouvait pas être promenée sur les corps sapides.
idée générale Une ?nembrane papillaire étendue sur un organe musculeux
de l'apnarcil do ,. , ' .,'■., ,,,..,<
la gustation. très complique, susceptible de se mouler, de glisser légèrement sur les corps ou de s'appliquer fortement à leur surface, membrane papillaire, maintenue dans un état habituel d'humidité, et occupant la première des cavités que présente l'appareil digestif : tel est l'appareil de la gustation. Appareil rrus- appareil musculeux de la l an que. Je ne reviendrai pas
culeux de (.a °
langue. snr ja description spéciale des divers muscles de la langue ; je
vais me borner ici à une vue d'ensemble, analogue à celle que j'ai présentée pour les muscles de la face. Or, si, sur une langue qui a macéré dans l'acide nitrique étendu d'eau, ou qui a été soumise à la coction, on cherche à établir la continuité et les connexions des fibres linguales, on ne larde pas à s'apercevoir L'entrecroise- que le nœud gordien de la structure musculaire de la langue
ment des mus- , .
cies génio-gios- réside dans 1 entrecroisement des deux muscles genio-glosses,
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de cette struc- entrecroisement auquel échappent seules les fibres les plus posture. . . . lin ,.--,,. X
teneuresde ces muscles, lesquelles vont s insérer directement a l'os hyoïde. Tons les autres faisceaux des muscles génio-glosses appartiennent à la langue et s'entrecroisent dans son épaisseur. Dans la moitié antérieure de cet organe, l'entrecroisement des génio-glosses est facile à démontrer, car il a lieu par faisceaux distincts , très facilement séparables; dans la moiiié postérieure, l'entrecroisement est plus difficile à constater, attendu qu'il a lieu non plus par faisceaux, mais par fibres isolées extrêmement déliées, lesquelles se reconstituent en faisceaux après Le raphé tî- l'entrecroisement; en outre, tout à fait en arrière, au niveau du
breuxdelabase .
de la lansue ré- quart portéiieur delà langue, les fibres musculaires deviennent
suite de l'entre- ' ...
croisement, de tendineuses pour cet entrecroisement et constituent ainsi une
îibres tendineu- . , -, . A . ,, , „
m- sorte de raphe fibreux extrêmement dense, que M. le protesseur
Blandin a décrit sous le nom de cartilage médiande la langue, etqu'i! considère ingénieusement connue le vestige du proton-»
DE LA LA1NGUE. àl
gement que l'os hyoïde envoie dans l'épaisseur de la langue de certains animaux. Ce raphé fibreux se continue dans l'épaisseur du ligament épiglottique médian , lequel peut être considéré comme un tendon aponévrotique du génio-glosse.
Après s'être entrecroisées, les fibres musculaires des génio- h n'y ,a Pas
r " dans la langue
slosses se portent, en suivant diverses directions, les unes d'ar- de muscles intrinsèques prorière en avant, les autres transversalement, les autres perpen- premem dits.
diculairement en haut pour constituer les fibres ou muscles intrinsèques de la langue. D'après cette manière de voir, il n'y aurait donc point dans la langue de muscles intrinsèques proprement dits, c'est à dire de muscles naissant et finissant dans l'épaisseur de cet organe.
Membrane papillaire gustative. On trouve, dans la membrane gustative, tous les éléments de la peau :
1° Un chorion qui ne le cède en rien, sous le rapport de la Densité du
. , . , ,. ■ , chorion lingual.
densité, au chonon cutané, et auquel viennent s insérer un très grand nombre de fibres musculaires : en sorte que la membrane linguale peut éprouver non seulement des mouvements en masse, mais encore des mouvements isolés dans chacune de ses parties.
2° Les papilles qui hérissent la surface de ia langue, repré- Papilles linguales.
sentent le corps papillaire de la peau à son summum de développement (1).
Les papilles reçoivent des nerfs; leur présence dans les pa- Leurs nerfs. pilles de la langue est bien plus facile à démontrer que dans les papilles cutanées. Haller a poursuivi les filets du nerf lingual jusque dans les papilles; je les ai suivis également, mais sans pouvoir déterminer comment ils se terminent.
Les papilles reçoivent des vaisseaux artériels et veineux ; Leurs \aisils y sont tellement abondants dans les injections heureuses, qu'il semble que le corps papillaire soit entièrement vasculaire.
(l) Lorsqu'on a enlevé les tubes épidermiques si remarquables de la patte de l'ours, les papilles mises à nu représentent exactement les papilles de ia langue.
seaux.
Il2 ORGANES DES SENS.
Réseau lyra- 3° Réseau lymphatique. Si on pique au hasard, mais superficiellement, soit la langue, soit les bords de la face dorsale, on trouve un réseau lymphatique tout à fait semblable à celui de la peau.
ce qu'on doit U° Le corps muqueux ou corps réliculaire n'existe pas plus
entendre par le ' (
corps réticuiai- sur la langue que sur la peau. J'ai dit que c'était en étudiant la
re de la langue.
langue du bœuf, préalablement soumise a 1 ébullition, que Malpighi avait reconnu une couche glutineuse, intermédiaire à l'épiderme et aux papilles, perforée d'autant d'ouvertures qu'il y a de papilles : d'où le nom dereticulum qu'il lui a donné (1) ; mais il est aussi impossible de le démontrer sur la langue que sur la peau.
Pigmentum 5° Piqmentum. Il n'existe jamais de matière colorante
lingual. ° J
noire sur la langue de 1 homme ; elle est on ne peut plus manifeste sur la langue de certains animaux, du bœuf par exemple, et son siège entre les papilles et l'épiderme est facile à démontrer.
Épiderme lin- 6° Epiderme. Chaque papille est revêtue d'une espèce d'étui épidermique, dont Haller attribue la démonstration à Méry et à Cowper, et qu'Albinus a parfaitement décrit sous le nom de periglottis. Cet épiderme, si facile à démontrer chez les animaux, où il présente une consistance cornée, n'est pas moins facile à démontrer chez l'homme, malgré sa ténuité, qui est en harmonie avec le développement du goût dans l'espèce humaine (2). Si on examine à la loupe la face supérieure de la langue, surtout après la macération, on voit que l'épiderme lingual se comporte absolument comme l'épiderme cutané, et
(1) Hanc fabricam à Malpighio invenlara, et à Bellino libenter acceperunt scnptores anatomicorura et physiologicorum operum, iconibus etiam fictis expresserunt. Haller, t. V, lib. 13, p. 107.
(2) L'épiderme lingual est tellement épais dans le genre felis et en particulier chez le lion, que chaque papille est transformée en un piquant, à l'aide duquel cet animal déchire sa proie en la léchant. Le développement du goût est en raison inverse de celui de l'épiderme lingual : chez les animaux qui goûtent leurs aliments avant de les déglutir, l'épiderme est très mince.