DE LA LANGUE. ÙS
forme à chaque papille une enveloppe protectrice. Chez les individus qui ont succombé à une longue diète, la gaine épidermique forme plusieurs étuis imbriqués, qui s'enlèvent par le frottement ; l'enduit lingual adhérent est en grande partie formé par ces débris de l'épiderme. L'épiderme lingual s'enlève par le frottement, et la langue s'en dépouille dans certaines inflammations. Lorsque, dans les maladies , la papille linguale est dénuée d'épiderme , elle est excessivement douloureuse.
Nerfs de la langue. Il n'est peut-être aucun organe qui, La langue est
, . ,«ii très abondam-
pour un volume donne, reçoive autant de nerfs que la langue ; ment pourvue
, . , . , , , . f de nerfs.
une paire tout entière lui est destinée : c est la neuvième, ou le grand-hypoglosse ,• le nerf g losso-pharyngien, compris dans la huitième, s'y distribue en grande partie; le nerf lingual, branche volumineuse de la cinquième paire, lui appartient exclusivement ; le nerf laryngé supérieur, branche du pneumo- Lenerf laryn-
gé supérieur en-
gastnque, envoie constamment a la base de la langue un iilet voie constam-
, . , ,T , .., . . ment à la base
quon peut suivre jusqu au V lingual : ce met est exclusi- de la langue un vement affecté à la membrane muqueuse de la base de la langue et semble destiné à suppléer les filets du nerf glosso-pharyngien. Enfin, j'ai vu une fois le nerf facial envoyer à la langue Le nef facial un rameau assez considérable. Que), est celui de ces nerfs qu'on rameau dans ua doit considérer comme nerf gustatif ? C'est évidemment celui cas Parlicuherqui se distribue aux papilles linguales. C'est à ce titre que, depuis Galien, le nerf lingual est regardé comme le nerf gustatif, Le nerf Hntandis qu'il semblerait plus naturel d'admettre avec Boerhaave gustaiif. que le nerf grand-hypoglosse, qui appartient exclusivement à la langue, est comme préposé aux fonctions propres de cet organe. Or, le nerf lingual pénètre la langue par ses bords, s'épanouit en rameaux qui se portent verticalement en haut, gagnent la membrane papillaire, et se distribuent seulement à la moitié antérieure ou libre de la langue. Le nerf grand-hypoglosse se porte d'arrière en avant, entre , Le nerfgrand-
• , . or a r ? hypoglosse est
le genio-glosse et le stylo-glosse , et communique avec le nerf un nerf muscu-» lingual, de manière à constituer un plexus, plexus lingual.
txk ORGANES DES SEINS.
II est certain qu'aucun des fileis nerveux du grand-hypoglosse ne se rend aux papilles; il est positif que la totalité de ces filets se perd dans les muscles de la langue. Le nerf gtos- Le nerf afosso-pharyngien , nerf de la base de la langue, va se
so - pharyngien . , .
est destiné à la rendre exclusivement a la membrane muqueuse qui revêt cette
muqueuse de. ia .
base de la ian- base. Aucun filet du glosso-pharyngien n est destine aux fibres musculaires ; et, chose bien remarquable, dans le cas mentionné.plus haut, où le nerf facial envoyait à la langue un rameau supplémentaire du glosso-pharyngien, ce rameau se distribuait absolument de la même manière que le glosso-pharyngien, c'est à dire, qu'il se rendait exclusivement à la membrane de la base de la langue. D'après tout ce qui précède, il est anatomiquement démontré que le nerf lingual, et le nerf glossopharyngien sont les nerfs spéciaux de la langue (1). Fait d'anato- Un fait d'anatomie pathologique non moins démonstratif est
mie pathologique très démon- le suivant : Un individu avait une paralysie complète du mouvement dans la moitié droite de la langue. Celle moitié de langue était atrophiée, et avait à peine le tiers de l'épaisseur de la moitié saine. La sensibilité tactile et gustative était développée au même degré de l'un et de l'autre côtés. A la mort de cet individu, on trouva un kyste acéphalocyste engagé dans le trou condylien postérieur : ce kyste avait complètement atrophié le nerf grand-hypoglosse. Je me suis assuré que les fibres musculaires de la moitié correspondante delà langue avaient subi la transformation graisseuse.
(l) On a dit, dans ces derniers temps, et on s'est fondé sur des expériences, que le nerf lingual était le nerf de la sensibilité générale, et le nerf glosso-pharyngien le nerf gustatif ; mais il suffit de réfléchir sur la distribution respective de ces deux nerfs, pour être convaincu du peu de fondement de celte théorie.