PORTION CERVICALE DU GRAND SYMPATHIQUE
Pourquoi La portion cervicale du grand sympathique offre ce ca-
n'exisle-til que .', ,. , .. .,. . ,
deux ou trois ractere particulier qu au lieu d être constuuee par un nombre
ganglions cervi- P ,. ' ix i • 1 . »u ni •
eaux ? de ganglions égal a celui des vertèbres, elle n en présente que
deux ou trois. On peut se rendre compte de cette particularité en admettant que le ganglion cervical supérieur représente à lui seul les ganglions en moins. Nous verrons plus bas que les ganglions lombaires offrent assez souvent une fusion analogue. La portion cervicale du grand sympathique occupe la région antérieure de la colonne vertébrale, derrière les artères carotides interne et primitive, la veine jugulaire interne et le nappons de nerf pneumo- gastrique. Un tissu cellulaire très lâche l'unit à vlcaîe du' grand toutes ces parties et aux muscles prévertébraux ; elle est sépasympat îque. ^ ^gg unes et ^es aalres par une lame aponévrotique ; elle
commence par un ganglion fusiforme considérable, ganglion cervical supérieur, auquel succède un cordon nerveux plus ou moins grêle, lequel aboutit au ganglion cervical moyen lorsqu'il existe , et en son absence, au ganglion cervical inférieur, qui se continue avec le premier ganglion dorsal, tantôt directement par continuité du tissu, tantôt à l'aide de deux ou trois rameaux à anse, fort remarquables, et souvent à la fois par l'un et l'autre modes de communication. Nous allons étudier successivement les trois ganglions cervicaux.
Ganglion cervical supérieur.
Préparation. Enlever la branche correspondante delà mâchoire inférieure, séparer avec beaucoup de soin le ganglion cervical supérieur des nerfs pneumo-gastrique, glosso-pharyngien, grand hypoglosse, derrière lesquels il est placé. Pour suivre la branche supérieure ou rameau carolidien, faire une coupe médiane antéro-posférieure de la tête, faire la coupe du trou déchiré postérieur indiquée pour le pneumo-gastrique ; étudier le ganglion cervical supérieur et sa branche supérieure par son côté interne.
Le ganglion cervical supérieur, olivâtre ou fusiforme, est situation du
ssnslion ccrvî
situé au devant des 2eet 3e vertèbres cervicales, dont il est séparé cal supérieur. par le muscle droit antérieur, derrière l'artère carotide interne et les nerfs glosso-pharyngien, pneumo-gaslrique et grand hypoglosse ; son extrémité supérieure est distante de 2 à 3 centimètres (10 à 12 lignes) de l'orifice inférieur du canal carolidien : on dit l'avoir vu distant de 6 centimètres (2 pouces).
Son volume, qui est plus considérable que celui des autres son volume, ganglions cervicaux {ganglion cervicale magnum), présente beaucoup de variétés et sous le rapport de la longueur et sous celui des autres dimensions : ainsi;, on a vu son extrémité inférieure atteindre la Ue, la 5e et même la 6e vertèbre cervicale. Sa couleur est grisâtre , sa surface lisse. Il n'est pas rare de le voir bifurqué à son extrémité inférieure; il est assez souvent double. Lobstein a fait représenter un cas de ce genre. Il avait également deux ganglions cervicaux supérieurs superposés dans un cas d'hyperthrophie considérable de ces ganglions que j'ai fait représenter (1).
Les cas de ganglion cervical supérieur double sont évidemment des cas de ganglion cervical supérieur morcelé.
Les rameaux qui aboutissent au ganglion cervical supérieur Division des
,.'.'- rameaux qui
ou qui en parlent, peuvent être divisés en supérieurs, infè- aboutissent au
, . , ,. . . ganglion cervi-
rieurs, externes, internes et antérieurs. Je les diviserai : «ai supérieur ou
A . qui en émanent.
1° en rameaux de communication avec les paires crâniennes et cervicales -3 2° en rameaux de communication avec les autres ganglions cervicaux ; 3° en rameaux artériels et viscéraux. Le ganglion cervical supérieur fournit encore plusieurs filets aux muscles de la région prévertébrale.
Les rameaux de communication du ganglion cervical supérieur, avec les paires crâniennes et cervicales, sont : 1° pour les paires crâniennes , le rameau supérieur ou carolidien et les rameaux antérieurs; 2° pour les paires cervicales, les rameaux externes. Le rameau de communication du ganglion
(1) Anat, palh., pi. S, 1" livraison.
ti. hG
722 NÉYROLOGIE.
cervical supérieur avec les autres ganglions cervicaux, c'est le rameau inférieur. Les rameaux artériels et viscéraux constituent les rameaux internes : ce sont les rameaux pharyngiens , les rameaux cardiaques et les rameaux de l'artère carotide externe.
Rameau supérieur ou rameau de communication avec tes nerfs qui constituent la paire crânienne antérieure.
Rameau su- Rameau supérieur ou carotidien. Le rameau supérieur ou périeur ou ca- .,. > • * • i > > -,■>•• -, -,
roiidien. carotidien a ete longtemps considère comme 1 origine du grand
sympathique, et comme on ne connaissait avant Meckel que l'anastomose de ce rameau supérieur avec le nerf de la 6e paire ou moteur oculaire externe, on disait que le nerf grand sympathique tirait son origine de la 6e paire : la découverte du nerf vidien par Meckel l'ancien fit admettre deux origines ou deux racines pour le grand sympathique, savoir : l'une provenant de la 5e, l'autre de la 6e paire.
Depuis les recherches des anatomistes modernes, l'étude du rameau supérieur ou carotidien du plexus cervical est devenue un des points les plus compliqués de la névrologie.
Le rameau carotidien fait suite au ganglion cervical supérieur, dont il paraît être le prolongement ; il s'effile à mesure qu'il approche du canal carotidien dans lequel il pénètre , et n se divise en avant d'y pénétrer se divise en deux branches : l'une qui se
deux branches. , ., , . , , .,
place en dedans, lautre qui se place en dehors de 1 artère carotide interne. Ces branches communiquent entre elles, se divisent, se réunissent, et parvenues dans le sinus caverneux, plexus caver- constituent un plexus, le plexus caverneux, duquel partent des rameaux de communication avec la 6e paire, avec la 5e paire et les petits plexus qui entourent la carotide interne et ses divisions (1).
Laumonier, et d'après lui Lobstein et plusieurs autres, ont
(4) Le rameau carotidien, quelquefois unique, contourne l'artère à Ja manière d'une spire : il est d'abord placé en arrière, puis en dehors, puis en dedans, puis encore en dehors de cette artère.
admis dans le canal carotidien, au niveau de la lr€ courbure ,
un petit renflement grisâtre appelé qanqlion caverneux ou Ganglion ca-
" verneux ou ca-
carotidien; mais on cherche en vain ce ganglion ou ces gan- rotidien. __ glions , car on en a admis plusieurs : à moins qu'on admette comme tels de petits renflements que présentent les branches externe et interne dans tous les points de division ou de réunion des filets (1).
Pendant leur trajet dans le canal carotidien, les. divisions du rameau carotidien fournissent :
1° Un filet anastomotique avec le rameau de Jacobson. Filet anastox, ,,.,,, , , . motiqueavec le
Il est très tenu, vient de la branche externe, traverse la paroi rameau de Ja-
, , . , . , ^ , , , cobson.
externe du canal carotidien, pénètre dans la caisse du tympan par un permis, et va s'anastomoser avec le nerf de Jacobson, branche du glosso-pharyngien. (Ce filet, indiqué par Jacobson, appartient à la paire crânienne postérieure, et non à la paire crânienne antérieure.)
2° Un filet anastomotique avec le ganglion sphe'no-pa- Filet anasto- 7.-TI' i ' ' j \ j i j*j ■•f • * motique avec le
latin II émane , comme le précèdent, de la division externe ganglion spnedu rameau carotidien, et se porte au nerf vidien ou ptérygoï- no~Paallndien du maxillaire supérieur. Nous avons déjà parlé de ce filet , qui est connu sous le nom de rameau carotidien ou rameau profond du nerf vidien. Doit-on le considérer comme fourni par la 5e paire au ganglion cervical supérieur, ou comme fourni par le ganglion cervical supérieur à la 5e paire? Les anatomistes sont en dissidence à cet égard. M. Arnold, se Dissidence des
° auteurs au sujet
fondant sur sa couleur grise et sur son peu de consistance, le de ce filet, considère comme provenant du ganglion cervical supérieur , tandis que le grand nerf pétreux superficiel ou branche superficielle du nerf vidien appartiendrait, par sa couleur et sa consistance, au système cérébro-rachidien. J'ai déjà dit que je n'avais pas trouvé entre le grand nerf pétreux superficiel et le
(1) Arnold, dont l'autorité en pareille matière est d'un grand poids, n'a jamais vu ce ganglion : il remarque, avec beaucoup de raison, que les anatomistes qui admettent le ganglion carotidien ne s'accordent pas sur sa situation.
724 NÉVROLOGIE.
rameau carotidien, une différence assez tranchée pour motiver cetie distinction ; ces deux nerfs sont d'ailleurs parfaitement distincts, ils sont même isolés l'un de l'autre, excepté dans le canal ptérygoïdien, où ils sont simplement accolés. Ce filet éta- H importe de remarquer que les deux rameaux du nerf vi-
blit une! con- » - . i
ncxion entre le dien aboutissent au renflement connu sous le nom de ganglion
ganglion cervi- ° *>
cal supérieur sphéno-palatin. Les connexions de ce ganglion avec le gan-
et le ganglion r r ° ° s
sphéno-palatin. glion cervical supérieur, n'ont pas été négligées parles anatomistes qui, d'une part, considèrent le renflement sphénopalatin comme un ganglion, et qui, d'une autre part, considèrent les ganglions crâniens comme faisant partie du système des ganglions du grand sympathique.
Meckel regarde le rameau carotidien comme Xorigine principale ou vraie du grand sympathique.
Branches 3° Branches anastomotiques avec la 6e paire. Plusieurs
anastomotiques .
diigangiioncer- rameaux, ordinairement au nombre de trois, contournent la
vical supérieur . •> , . , i i . . -,
avec la 6e paire, convexité de la seconde courbure de la carotide interne, se portent en dehors de cette artère et viennent s'anastomoser, soit isolément, soit après s'être réunis, avec la 6e paire. Cette réunion se fait à angle aigu, ouvert en arrière, dans le sinus caverneux, au moment où la 6e paire croise l'artère carotide interne. Comme ce nerf s'aplatit en s'élargissant au niveau de cette artère, on a pu penser qu'il augmentait de volume, et que celte augmentation était due à l'addition des filets émanés du ganglion cervical supérieur; mais cette augmentation n'est qu'apparente, et malgré la différence de couleur, je serais porté à admettre que les filets de communication de la 6e paire avec le ganglion cervical supérieur, sont fournis par la 6e paire et sui- Ces branches vent une direction réfléchie. J'ai vu les trois rameaux de com-
anastomntiques , ,. . , , . . e
sont fournies munication du ganglion cervical supérieur avec la 6 paire,
par a 6 paire. former un renflement gangliforme au moment où ils allaient
s'unir à cette 6e paire : c'était de ce renflement gangliforme
que partait le plexus qui enlaçait l'artère carotide interne et
ses divisions.
GRAND $YMPATHI0 UE. PORTION CERTICALE. 725
Plexus caverneux.
Le plexus caverneux, auquel aboutissent en définitive les situation du
, ,... i .,. .f ,, , plexus caver-
deux divisions du rameau carotidien, est situe en dedans de neux. l'artère carotide interne au moment où cette arière pénètre dans le sinus caverneux. De ce plexus grisâtre, qui est entremêlé de petits vaisseaux, d'où le nom de plexus nervoso-arteriosus, qui lui avait été donné par Walter, partent un assez grand nombre de filets dont les uns établissent une communication entre ce plexus et la 5e paire, dont les autres enlacent la carotide interne et l'accompagnent dans toutes ses divisions. Les rameaux qui émanent du plexus caverneux sont très multipliés.
Ce sont :
1° Des filets de communication avec la 8e paire, avant sa Son filet de
,. . . a p f . " ' i ,, . , ^ V, „, commnication.
division, et même avant sa pénétration dans l'orbite. Ces filets avecia3e pake de communication, qui ne sont pas généralement admis, passent au dessus du nerf de la 6e paire, auquel ils paraissent accolés (1).
2° Un filet de communication avec le ganglion ophthal- Filet au gan-
¥1 » , , . , . , , g'ion ophthal*
mique. 11 naît de la partie antérieure du plexus caverneux, mique. pénètre dans l'orbite, en passant entre la branche ophthalmique et le nerf de la 3e paire, et se réunit, tantôt à la longue racine du ganglion ophthalmique , longue racine que nous avons dit provenir du rameau nasal de la branche ophthalmique de Willis ; tantôt au ganglion ophthalmique lui-même.
Cette racine avait été décrite et figurée par Lecat avant que Bock, M. Ribes (2) et M. Arnold appelassent de nouveau l'attention sur ce sujet.
Il résulterait de celte dernière disposition que le ganglion ophthalmique aurait trois racines, deux cérébro-rachidiennes et une ganglionnaire.
(1) Je n'ai point vu la communication du ganglion cervical supérieur avec le nerf racial, indiquée par quelques anatomistes.
(2) M. Ribes, Mémoires de la Société médicale d'émulation, t. 7.
726 névrologie:
Filets de com- 3° Les filets de communication avec la 5e paire , qui vont,
municationavec , t.t/-i ■ . > i , i i i ,
la se paire. les uns au ganglion de Gasser, les autres a la branche ophthal-
mique de la 5e paire.
Filets de la 4° Les filets qui accompagnent V artère carotide interne carolide inter- . . . ,.,... ,
ne. et ses divisions. Ils sont excessivement délies ; cependant
certains sujets se prêtent admirablement à leur étude. On peut les suivre jusque sur les divisions principales de l'artère carotide interne, savoir : les cérébrales antérieures et moyennes. On a admis un plexus pour l'artère ophthalmique et pour chacune de ses divisions. On a même décrit un plexus jusque sur l'artère centrale de la rétine (1). Filets pour le Plusieurs auteurs admettent comme émanation du plexus
corpspituitaire. r
cervical, un certain nombre de filets pour le corps pituitaire ou hypophyse, que quelques analomisles modernes seraient fort disposés à regarder comme un ganglion du grand sympathique (filets sus-sphénoïdaux , Chauss.). Je n'ai pas été assez heureux pour les découvrir, non plus que le ganglion admis sur l'artère communicante antérieure du cerveau, ganglion qui, suivant plusieurs analomîstes, se trouverait au point de réunion du cordon sympathique droit avec le cordon sympathique gauche.
Des anastomo- H suit de ce qui précède, que par son rameau supérieur ou
ses du rameau ...-.•
carotidien. rameau carolidien, le ganglion cervical supérieur communique avec la plupart des divisions de la paire crânienne antérieure, savoir : 1° avec la 5e paire, par le ganglion de Gasser, par la branche ophthalmique, par le ganglion ophthalmique, soit directement, soit indirectement, et par le maxillaire supérieur, au moyen du renflement sphéno-palatin ; 2° avec la 3e paire ; 3° avec la 6e.
(4) Je rappellerai ici que sur deux sujets j'ai vu un filet émané du ganglion sphéno-palalin , se porter aux rameaux de communication de la 6' paire avec le grand sympathique.
Rameaux antérieurs, ou rameaux de communication avec la paire crânienne postérieure.
C'est par ses rameaux antérieurs que le ganglion cervical Rameaux an-
,,. j> • • j i • teneurs du gan-
supeneur communique avec les diverses divisions de la paire giion cervical crânienne postérieure : l'accessoire deWillis seul ne paraît sup neur' avoir aucune communication directe avec ce ganglion.
Le glosso-pharyngien et le pneumo-gastrique communiquent avec le ganglion cervical supérieur en deux points différents : l°par leurs ganglions ; 2° par leurs branches.
1° La communication du ganglion cervical supérieur avec icommunica-
, ,.,,,. i . tionde ce gan-
les ganglions du glosso-pharyngien et du pneumogastrique a giion, i° avec le été signalée par M. Arnold: elle est difficile à démontrer à gien et lepneu-
. . -, . .. mo-gastrique.
travers le tissu dense qui entoure ces ganglions.
2° La communication du nerf glosso-pharyngien et du cordon plexiforme du pneumo-gastrique avec le ganglion cervical supérieur, est au contraire extrêmement facile à démontrer. La communication du rameau carotidien avec le rameau de Jacobson, branche du glosso-pharyngien, doit être rapportée à la paire crânienne postérieure. J'ai déjà dit (voyez pneumogastrique) que chez un sujet, le nerf pneumo-gastrique était accolé au ganglion cervical dans toute sa longueur, si bien qu'il était impossible de les séparer.
La communication du ganglion cervical supérieur avec le 2« Avec le grand hypoglosse n'est pas moins évidente que celle du pneu- se?" ypogos" mo-gastrique. Ces filets de communication avec la paire crânienne postérieure ne partent pas toujours du ganglion cervical supérieur, mais souvent aussi de son rameau carotidien.
Hameaux externes, ou rameaux de communication avec les 1", 2e et 3e paires cervicales.
Les rameaux externes, qui établissent une communication entre le ganglion cervical supérieur et les paires cervicales, sont gris, volumineux et de structure ganglionnaire : on peut les considérer comme de véritables prolongements du ganglion
728 KÉVROLOGIE.
Les raœeaux cervical supérieur. Les principaux viennent se rendre et à
externes font
communiquer le l'anse que forment autour de l'apophyse transverse de la
ganglion cervi- , , , ,, ,..
cai supérieur 1 vertèbre cervicale, la 1 et la 2e paires, et a 1 angle de bifur-
3VGC les deux ou
trois premières cation que présente la 2e paire cervicale, entre sa branche aspaires cervica- , , , , , ,, .
les. cendanle et sa branche descendante; d autres rameaux, plus
petits, vont à la lre paire cervicale. Ces rameaux constituent un véritable plexus ganglionnaire. Ils forment souvent deux groupes bien distincts.
Variétés. Souvent le ganglion cervical supérieur ne communique
qu'avec les deux premières paires cervicales. D'autres fois il communique, en outre, avec la 3e et avec la 4e paires, par un rameau long et très oblique. Dans un cas, il communiquait directement avec le nerf phrénique.
Rameau inférieur , ou rameau de communication avec le ganglion cervical moyen.
Rameau infé- Cordon blanc, semblable aux nerfs appartenant au système
rieur ou de com- , „ , . ,.' , , , .
municaiion. cerebro-rachidien, excepte dans quelques cas exceptionnels, où il paraît un prolongement du tissu même du ganglion : lorsque l'extrémité inférieure du ganglion cervical supérieur est bifurquée, il naît de la bifurcation externe. Son volume varie beaucoup suivant les sujets, Il descend verticalement au devant de la colonne vertébrale, derrière la carotide primitive, la veine jugulaire interne et le nerf pneumo-gastrique, auxquels il est uni par un tissu cellulaire extrêmement lâche. Parvenu au niveau de l'artère thyroïdienne inférieure, il passe derrière ce vaisseau et va se rendre au ganglion cervical moyen, lorsqu'il existe, et à son défaut, au ganglion cervical inférieur.
fiieL rde "la 3^et Chemin faisant, il reçoit le plus communément des rameaux cervîcafes!>aires Provenant de la 3e et de la ke paires cervicales, rameaux que nous avons dit se rendre quelquefois au ganglion cervical supérieur. A son origine, il émet en dedans, 1° deux filets qui vont au nerf cardiaque supérieur dont ils augmentent le volume; 2° un filet anastomotique avec le rameau ex-lerne du nerf
laryngé supérieur. II n'est pas rare de voir le nerf cardiaque n émet des fi-
,. . ., ' . , , , ,, .. lets cardiaques.
supérieur naître entièrement de la branche de communication du ganglion cervical supérieur avec le ganglion cervical moyen, et alors celle branche se bifurque.
La branche de communication du ganglion cervical supé- Variétés de la
e branche de corn-
rieur avec le ganglion cervical moyen présente beaucoup de municaiion. variétés. J'ai vu ce rameau présenter, au niveau de l'artère thyroïdienne inférieure, un petit ganglion : de ce ganglion qui était comme achevai sur cette artère, et qui pouvait ctre considéré comme un vestige du ganglion cervical moyen, parlaient deux cordons, l'un antérieur, qui allait se jeter dans le nerf cardiaque , l'autre postérieur, qui allait se rendre au ganglion cervical inférieur : l'un et l'autre cordons présentaient une disposition gangliforme. Il n'est pas rare de voir le cordon du grand sympathique entrecoupé d'espace en espace par de petits nœuds ganglionnaires.
Rameaux internes, onrameaux carotidiens et viscéraux .
Les rameaux internes , très nombreux , se divisent en ceux qui accompagnent l'artère carolide externe et ses divisions, et en ceux qui sont destinés aux viscères.
A. Brandies satellites de la carotide, externe , et de ses divisions.
Nous avons vu que de l'extrémité supérieure du ganglion cervical supérieur parlaient des nerfs qui enlaçaient l'artère carolide interne, et se prolongeaient autour de ses divisions.
Du côté interne de ce même ganglion naissent des nerfs Des nerfs qui destinés à enlacer l'artère carolide externe et les branches qui rotidee externe.' en émanent.
Ces nerfs sont des cordons gris (subrufi) , mous (nervi molles elpenè mucosi, Scarpa), noueux et gangliformes (rami gangliforrnes, Neubaùer), qui se détachent du ganglion au niveau de l'origine de l'artère faciale : ils se portent en dedans, derrière les artères carotide externe et interne , forment une espèce de plexus gris (plexus inter-caroticlien) qui se prolonge- car^fdUj!n.nter"
730 NÉVROLOGIE.
le plexus in- jusqu'à l'embranchement de la carotide interne et de la carotide
tercarolidien est ^,N ,, .,,, ^ j>
complété par le externe (1), contournent la première a la manière d une anse et |ien et fe pneu- viennent s'anasiomoser avec les rameaux carolidiens que nous mo-gastnque. avons ^ venir du glosso-pharyngien , et les rameaux pharyngien et laryngé supérieur du pneumo-gaslrique. Aucune des branches émanées de ce plexus ne se prolonge sur l'artère carotide primitive : toutes se portent sur l'artère carotide externe et sur les diverses branches qui en émanent, pour former autant de plexus qu'il y a de divisions artérielles , et se distribuer
Plexus thy- avec elles au cou et à la face. Ainsi, il y a un plexus thyroïroïdien. , ,
dien qui enlace 1 artère thyroïdienne supérieure, et qu on
suit jusque dans l'épaisseur de la glande thyroïde; un plexus
jP,exus lin" lingual qui pénètre dans l'épaisseur de la langue 5 et qu'on
suppose s'anastomoser avec le rameau lingual et même avec
Plexus facial. le grand hypoglosse ; un plexus facial qu'on suppose s'anastomoser à la face avec le nerf facial. Les rameaux qui pénètrent la glande maxillaire ont fixé l'attention des anaiomistés dont les uns soupçonnent, dont les autres admettent comme démontrée la communication avec le ganglion sous-maxillaire. Je n'ai pas été assez heureux pour la découvrir.
Plexus pha- Il y a un plexus pharyngien, un plexus occipital, un plexus pitai, auricu- auriculaire : Meckel l'ancien (2) a même décrit une anasto-
laire. v '
mose entre le nerf facial et le petit plexus qui accompagne 1 artère auriculaire : enfin l'artère temporale, l'artère maxillaire interne et ses divisions sont également entourées {hederœ ad modum, Scarpa) de petits plexus nerveux, et ces plexus sont quelquefois si considérables, que Meckel l'ancien a pu dire que de tous les vaisseaux du corps, ce sont les artères de la face qui offrent les plexus nerveux les plus considérables. Ces plexus me paraissent surtout remarquables par le mélange de filets blancs et de filets mous, mélange qui atteste leur double origine.
(1) C'est dans cet embranchement qu'existe souvent un renflement gangliforme, que M. Arnold propose d'appeler ganglion inter-carotidien.
(2) Mémoires de Berlin, 1752.
Tous ces plexus présentent ça et là des renflements gangli- Renflement
. , . , .o i i j gangliforme de
formes, ainsi quon peut le voir sur la magnifique planche de cespiexus. Scarpa (1). Cet auteur a figuré, d'après Andersh , un ganglion qu'il regarde comme constant au niveau de la division de la carotide externe et de la temporale. A ce ganglion ou renflement gangliforme aboutit un filet du nerf facial (2).
B. Branches viscérales.
Elles naissent toutes du côté interne du ganglion et se divi- Branches vissent en pharyngiennes , en laryngiennes et en cardiaques.
Rameaux pharyngiens. Ce sont de gros cordons ganglion- Division:
naires qui naissent de la partie supérieure et interne du gan- En rameaux
pharyngiens ,
glion cervical supérieur, se portent transversalement en dedans et s'associent aux rameaux pharyngiens du glosso-pharyngien, du pneumo-gaslrique et du spinal, pour former un des plexus les plus remarquables de l'économie, lequel se distribue au pharynx. C'est à ce plexus qu'il faut rapporter les phénomènes nerveux si importants qui siègent dans le pharynx et plus particulièrement la sensation de la soif.
Rameaux laryngiens . Ces rameaux s'unissent au nerf la- Rameaux lau i t\ * i ryngiens,
rynge supérieur et a ses branches. Dans un cas ou le rameau laryngé externe naissait isolément du pneumo-gaslrique, ce nerf avait autant de filets d'origine provenant du ganglion cervical supérieur que du pneumo-gastrique. Rameaux cardiaques. Ils constituent le nerf cardiaque su- Rameaux car-
(1) Tabula? nevrologicae, tabula 3, 1794.
(2) M. Arnold a décrit et figuré un filet émané du plexus qui entoure i'arlère sphéno-épineuse, et qui, suivant ce laborieux investigateur, irait se rendre à son ganglion otique ; il admet aussi des filets nerveux qui, du plexus de l'artère palatine ascendante, iraient se rendre au ganglion sous-maxillaire. C'est ainsi qu'il établit la connexion de ces deux ganglions de la tête avec le grand sympathique. Quelque attention que j'aie donnée à ce point d'anatomie, il m'a été impossible de découvrir rien de semblable, et pourtant toutes les préparations difficiles ont été faites sur des pièces qui avaient préalablement macéré dans l'acide nitrique étendu d'eau.
732 NÉVROLOGIE.
périeur sur lequel je vais revenir après avoir décrit les ganglions cervicaux moyen et inférieur.
Ganglion cervical moyen.
Le ganglion Ganglion cervical moyen. Il manque chez un grand nom-
cervical moyen . ,
manque sou- bre de sujets , et , dans ce cas, les rameaux qu il émet ou qu'il
vent.
reçoit sont émis ou reçus par les cordons de communication entre le ganglion cervical supérieur et le ganglion cervical inférieur, ou par le ganglion cervical inférieur lui-même : quelquefois le ganglion cervical moyen est double, d'autres fois il est à l'état de vestige.
sa position. Il occupe le niveau de la cinquième ou sixième vertèbre cervicale , appliqué au devant de l'artère thyroïdienne inférieure au niveau de sa première courbure, et quelquefois derrière elle : son rapport avec l'artère thyroïdienne inférieure, qui est à peu près constant, motive la dénomination de ganglion thyroïdien qui lui a élé donnée par Haller ; cependant je l'ai vu souvent à huit lignes au dessus de cette artère. Sa
*ses 'variétés forme et son volume sont extrêmement variables non seule-
de forme et de , , • .. ..... . . . A
volume. ment chez les divers individus, mais encore chez le même
individu d'un côté à l'autre. Quelquefois c'est un simple renflement gangliforme. Scarpa a fait représenter un ganglion cervical moyen presqu'aussi considérable que le ganglion cervical supérieur et olivaire comme lui. Je ne l'ai jamais vu aussi volumineux (1).
Nerfs qui Au ganglion cervical moven, quand il existe, aboutissent :
aboutissent au r- '
ganglion cervi- 1° En haut, le cordon de communication avec le ganglion
cal moyen ou
qui en émanent, cervical supérieur; 2° en bas, le cordon de communication souvent multiple avec le ganglion cervical inférieur ; 3° en dehors, trois branches venues de la 3e, de la ke et de la 5e paires cervicales : il n'est pas rare devoir la branche de communica-
(1) Je crois qu'il ne faut pas considérer comme ganglion cervical moyen les nœud» ganglionnaires , sans filets afférents ni efférents , qui se présentent assez souvent à des hauteurs variables sur le cordon du grand sympathique.
lion de la ke paire cervicale appartenir au nerf phrénique ; 4° en dedans, plusieurs filets qui forment un plexus autour de l'artère thyroïdienne inférieure, et paraissent destinés au corps thyroïde, quelques filets anastomoliques avec le nerf récurrent. Le plus considérable des nerfs internes est le nerf cardiaque Nerf cardia-
r ; . lue moyen.
moyen, où le grand nerf cardiaque de Scarpa, sur lequel je
vais revenir.
Le volume du ganglion cervical moyen m'a toujours paru en
rapport avec le développement de ses filets de communication
avec les paires cervicales.
Ganglion cervical inférieur.
Neubaùer a parfaitement décrit le ganglion cervical infé- ga^gHon0cèrv]rieur sous le titre de premier ganglion thoracique , qui lui cal >nférieurconviendrait assez , 1° à raison de la fréquence de sa continuité avec ce dernier ganglion; 2° à cause de sa situation au devant de l'apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale et de la tête de la première côte. Ce ganglion est constant ; il est placé profondément derrière l'origine de l'artère vertébrale qui le masque complètement (1).
Sa forme est semi-lunaire, sa concavité regarde en haut, et sa forme, sa convexité en bas. Par son extrémité interne, il reçoit le Ses connexions, cordon du grand sympathique; par son extrémité externe, il reçoit un gros nerf satellite de l'artère vertébrale, et qu'on peut appeler nerf vertébral: par cette même extrémité externe, il reçoit des branches de communication avec la 5% la 6e et la 7e paires cervicales, et souvent avec la lre paire dorsale. De sa convexité qui est inférieure^partent plusieurs branches, dont les unes passent devant, les autres derrière Tarière sous-clavière qu'elles embrassent à la manière d'une anse. De ces rameaux inférieurs, la plupart sont des moyens de communication du ganglion
(1) Il n'est pas rare de voir le ganglion cervical inférieur décrire autour de l'artère vertébrale un demi-anneau, que complète, en avant, un cordon gris, tendu de l'une à l'aulre extrémité du ganglion.
734 NÉVROLOGIE.
cervical inférieur avec le ganglion thoracique supérieur, et ces moyens de communication existent lors même qu'il y a continuité d'un ganglion à l'autre. Un des rameaux se rend quelquefois au nerf récurrent du pneumo-gastrique. Le plus remarquable des rameaux inférieurs constitue le nerf cardiaque inférieur, qui vient assez souvent du premier ganglion thoracique.
Pour compléter la description de la portion cervicale du Nerf cardia- grand sympathique, il me reste à parler du nerf vertébral et
que inférieur. . c , .
des nerfs cardiaques.
Nerf vertébral.
Fausses idées Le nerf vertébral occupe le canal que tes apophyses transverses des vertèbres cervicales fournissent à l'artère vertébrale. On dit généralement que ce nerf émane du ganglion cervical inférieur; qu'il parcourt toute la longueur du canal de l'artère vertébrale et pénètre avec elle dans le crâne, s'unit à celui du côté opposé pour former un plexus basilaire , lequel se diviserait et se subdiviserait autour des artères terminales du tronc • basilaire, à la manière des plexus fournis autour de l'artère ca-
Le nerf verte- rotide interne , par le rameau carolidien : mais tel n'est pas le
bral est formé ■ . ~. , . ,
par la réunion mode de distribution de ce nerf qui me parait résulter de la
de filets émanés , , , .
des 3e, 4e et 5e reunion successive de filets émanes des 3 , k et 5 paires cer-
paires cervica- . v * i i • j * •
les. vicales , a la manière des grands nerfs splanchniques , dont je
parlerai dans un instant ; qui va grossissant de haut en bas, à mesure qu'il reçoit de nouveaux filets, se place derrière l'artère vertébrale, sort du canal des apophyses transverses, derrière celle artère, pour se jeter dans le ganglion cervical inférieur. Je regarde ce rameau comme destiné à établir une communication entre les 3e, Ue et 5e paires cervicales et le ganglion cervical inférieur (1). Je n'ai pas rencontré sur ces rameaux,
(1) M. Jarjavay a rencontré, dans une pièce de concours pour leproseclorat, une anomalie fort remarquable qui vient à l'appui de celle manière de voir. Dans ce cas, l'artère vertébrale ne pénètre dans le canal de la base des apo-
les renflements ou ganglions qui, suivant une idée fort ingénieuse de M. de Blainville(l), seraient destinés à remplacer les ganglions cervicaux, et sauveraient cette apparence d'irrégularité que présente la région cervicale, sous le rapport des
ganglions.