BRANCHES COLLATÉRALES DE LA CAROTIDE EXTERNE
Artère thyroïdienne supérieure.
L'artère thyroïdienne supérieure appartient à la fois au variétés d'olarynx et à la glande thyroïde. C'est la première des branches r,gine' que fournisse la carolide externe; elle naît assez souvent au niveau même de la bifurcation de la carolide primitive, qui semblerait, dans ce cas, se diviser en trois branches. Dans certains cas, elle naît directement de la carotide primitive; d'autres fois enfin on l'a vue naître d'un tronc commun avec la linguale.
Son calibre , toujours considérable, présente des variétés qui calibre* sont, 1° en rapport direct avec le volume du corps thyroïde ; 2° en rapport inverse avec le calibre des autres artères thyroïdiennes.
Direction. D'abord horizontalement dirigée en avant et en Direction, dedans, la thyroïdienne supérieure se recourbe presque immédiatement en bas pour devenir verticale, et gagner l'extrémité supérieure du lobe correspond an l delà glande thyroïde dans laquelle elle se termine.
Rapports. Superficielle à son origine, où elle n'est recou- Rapports, verte que par la peau et par le peaucier, elle s'enfonce ensuite sous les muscles omoplat-hyoïdien, sterno-hyoïdien et sternothyroïdien ; elle est en outre recouverte par l'aponévrose cervicale et par les veines thyroïdiennes supérieures. Celte artère fournit plusieurs branches collatérales. Ce sont, 1° la laryngée supérieure ; 2° la laryngée inférieure ou rameau crico-tliyroïdien-, 3° la branche sterno-ma stoïdienne.
596 ANGEIOLOGIE.
Branche la- 1" Branche' lai*yngée stipérieure. Elle naît de la thyroïneure? supe~ dienne au moment où celle-ci change de direction ; quelquefois aussi elle naît directement de la carotide externe. Elle est, dans certains cas , tellement considérable, qu'on pourrait la regarder comme une branche de bifurcation de la thyroïvariétés do- dienne supérieure. Dans un cas où elle manquait du côté gauche, je l'ai vue remplacée par la thyroïdienne supérieure droite, qui avait un-volume à peu près double de celui qu'elje présente dans l'état ordinaire; elle naît quelquefois de la faciale; on ne l'a vue qu'une fois naître de la linguale. Cette artère se porte transversalement en dedans entre le muscle thyro-hyoïdien et la membrane thyro - hyoïdienne , qu'elle traverse en même temps que le nerf laryngé supérieur; parvenue dans le tissu cellulaire subjacent à celte nierasa division en brane, elle se divise en deux rameaux: l'un ascendant, gfoitkjue ctPén eu épiglottique, qui se porte sur le côté, puis au devant de rameau laryn- l'épigiotte qu'il couvrede ses ramifications ; l'autre descendant, ou laryngien proprement dit , qui se porte derrière le cartilage thyroïde , entre ce cartilage et le muscle thyro-arylénoïdien , et se répand dans les muscles et dans la muqueuse du larynx.
Il n'est pas rare de voir la branche laryngée supérieure pénétrer dans le larynx à travers un trou que présente chez queiques.sujets le cartilage thyroïde.
Branche la- 2° Branche laryngée inférieure, ou rameau crico-thyroï-
ryngée infe- ,. „,. . , , , . . , . , ,. ,
rieure. dien. Elle naît de la branche interne de terminaison de l artère
thyroïdienne supérieure ; elle est remarquable par son existence constante plutôt que par son volume. Elle manque quelquefois d'un côté; Biais alors elle est remplacée par la thyroïdienne supérieure du côté opposé. Elle se porte transversalement, en dedans, au devant de la membrane crico-thyroïdienne, le iong du bord inférieur du cartilage thyroïde, et s'anastomose en arcade avec la branche du côté opposé. De celte arcade partent des rameaux qui traversent la membrane crico-thyroïdienne, et se répandent dans les muscles et dans la muqueuse
du larynx. Il n'est pas rare de trouver celte branche divisée en deux rameaux: L'un superficiel, qui est transversal; l'autre ascendant, qui remonte derrière le cartilage thyroïde. M. Chassaicnac a montré à la Société anatomique une nièce Variété im-
D ■ » portante.
dans laquelle le tronc même de l'artère thyroïdienne supérieure au lieu de fournir la branche laryngée inférieure passait ellemême transversalement sur le ligament crico-lhyroïdien.
3° Brandie sterno -mastoïdienne. Elle existe constamment, Branche
sterno -mastoï-
mai. présente un volume variable. Elle naît de îa thyroïdienne dienne. un peu au dessous de la branche laryngée supérieure, et se porte de haut en bas pour gagner la face profonde du muscle sterno-mastoïdien, dans lequel elle se distribue.
Branches terminales. L'artère thyroïdienne supérieure, Branches parvenue au niveau de la glande thyroïde, se divise en trois termlnales' branches : 1° une qui se porte entre la glande thyroïde et la trachée ; 2° une qui longe le côté externe du lobe latéral correspondant ; 3° une dernière qui côtoie le côté interne de ce même lobe, et vient s'anastomoser sur la ligne médiane avec la branche correspondante du côté opposé : c'est celle dernière division qui fournit quelquefois la branche laryngée in-; férieure (1).
Artère faciale ou maxillaire externe.
Préparation. Renverser fortement la tête en arrière , à laide d'un billot placé contre la nuque ; incliner la tête du côté opposé à celui de l'artère que l'on veut mettre à découvert; disséqueravec soin les muscles digastrique et stylo-hyoïdien, que l'on coupera supérieurement à
(1) J'ai vu celle des branches de l'artère thyroïdienne droite qui côtoie le bord interne de la glande thyroïde être très volumineuse et se portertransversalement à gauche au-dessus et à une certaine distance de ce bord. Parvenue sur la ligne médiane, elle se dirigeait verticalement en bas, au devant du ligament crico-thyroïdien, pour gagner la partie moyenne de la glande thyroïde ; là, elle fournissait les deux branches laryngées inférieures droite et gauche : l'artère thyroïdienne supérieure gauche, très petite, ne fournissait que la branche externe de la glande thyroïde : la thyroïdienne droite était au contraire extrêmement volumineuse.
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leur insertion slylienne ; disséquer la glande sous-maxillaire , puis les muscles de la face, en respectant les rameaux nombreux qui se présentent sous le scalpel.
{ Origine. U artère faciale, maxillaire externe (Win slow, Boyer),
labiale (labiales, Hallcr) , palato- labiale (Chauss.), ainsi nommée à cause de sa distribution, naît de la partie antérieure de la carotide externe, un peu au dessus du niveau de l'os hyoïde : tellement volumineuse chez quelques sujets, qu'elle semblerait une branche de bifurcation de la carotide externe; Trajet com- elle se dirige flexueuse de bas en haut, puis d'arrière en avant, dans le sillon de la glande sous-maxillaire. Au sortir de ce sillon, elle se porte verticalement en haut, croise perpendiculairement le corps de la mâchoire inférieure au devant du masseler, devient oblique, et gagne le voisinage de la commissure des lèvres, puis le sillon de séparation de l'aile du nez et "de la joue, pour se terminer près du grand angle de l'œil (0 , en s'anastomosant avec une des branches de l'ophlhalmique et avec variétés de la sous-orbitaire. La terminaison de la faciale est sujette à de
terminaison. ' . .,,.,..,., „ ,
nombreuses variétés individuelles. Ln outre, cette artère est
Fiexuosiiés. remarquable par le grand nombre de llexuosités qu'elle décrit
dans son trajet, fiexuosiiés qui sont en rapport avec la mobilité
des parties auxquelles se distribue cette artère, qui parcourt
successivement les régions sushyoïdieime, maxillaire inférieure,
buccale et nasale.
Rapports: Rapports. A la région sus-hyoïdienne, l'artère faciale est
1° a la région recouverte par les muscles digastriqae et stylo-hyoïdien ; puis,
sus- yci lenne. ^ \Qng ^e la base de la mâchoire, elle est en rapport avec
la face externe de la glande sous-maxillaire qui lui ofre un
sillon profond pour la recevoir , et séparée de la peau parle
peaucier et par un grand nombre de ganglions lymphatiques.
A la Fégion faciale, l'artère est recouverte en bas par le peau-
(1) C'est à celte terminaison vers l'angle de l'œil qu'est du sans doute le nom d'angulaire, sous lequel l'artère faciale a été désignée [faciaîis anterior, labialis, vel maxillaris, vel àiïgulaiis exierna, Sœmmering).
cier, plus haut par le triangulaire des lèvres, par le grand 2° a la région
, , , , . . , faciale.
zygomatique, et dans tout le reste de son étendue, par une
quantité plus ou moins considérable de graisse, qui la sépare
delà peau : elle recouvre l'os maxillaire inférieur, sur lequel on
peut la comprimer au devant du mass<ner, le bnecinateur, l'or-
biculaire des lèvres, les rclcveurs superficiel et profond.
A. Branches collatérales soun-hvoïdiennes. Les branches „ franches
collatérales.
que donne la faciale à la région sous-hyoïdienne sont: a. sous-hyoï-
'. „ T ,,..„,. ,, ., , . diennes,
1 L^. palatine inférieure ou ascendante, petite branche qui l0 Pulatine
naît quelquefois de la carotide externe ou delà pharyngienne inférieure ou
^ l 1 ■ j- • a ascendante.
inférieure, remonte derrière les muscles styiiens, auxquels elle fournit quelques rameaux , gagne la panie latérale du pharynx et se distribue à la (onsiile Qramus tomillaris, princeps tonsillœ artena (Haller) , qu'elle couvre de ses ramifications, ainsi qu'au voile du palais et à ses piliers, au niveau desquels elle s'anastomose avec plusieurs rameaux de la pharyngienne inférieure. J'ai vu la palatine faciale extrêmement volumineuse remplacer les rameaux tonsillaires et palatins de la pharyngienne inférieure.
2° La sous-mentale (suhmenlali* arleria, Haller), qui 2oSous-menlongë le bord inférieur de l'os maxillaire, en dedans duquel tae' elle est placée, entre le digaslrique et le mylo-hyoïdien, remonte sur la mâchoire inférieure, en dehors de l'insertion antérieure du digaslrique, et se répand à la peau et aux muscles du menton, en s'anaslomosant avec les ramifications de l'artère deniaire inférieure. Quelquefois la sous-mentale se divise en deux ou trois branches qui viennent toutes se terminer de la même manière, en traversant le muscle digaslrique.
3° Branches de la glande sous-maxillaire. Au nombre de s° Branches de
la glande sous-
trois ou quatre, elles sont considérables, eu égard à la petitesse maxillaire. de l'organe auquel elles sont destinées.
4° Branche ptérygoïdienne. Petite branche qui s'enfonce 4° Branche
, ,,. • , , ,, .. ,- , ptérygoïdienne.
dans 1 épaisseur du muscle pterygoidien interne.
B. Branches faciales proprement dites. Elles se divisent b. Branches
faciales.
en externes et en internes. Les branches externes se repan-
600 ANGÉIOLOGIE.
dent dans tous les muscles et les téguments de la joue, et s'anastomosent largement avec l'artère transversale de la face, branche de la temporale superficielle : les plus remarquables sont un rameau massétérin et un rameau buccal.
Branches internes. Au milieu d'une foule de petites artères sans nom, on remarque :
1° Coronaire Ie La coronaire ou labiale inférieure (coron aria labri infcrioris, Haller), qui se détache de la faciale, un peu au dessous de la commissure des lèvres, se porte en serpentant dans l'épaisseur de la lèvre inférieure, entre la couche musculeuse et la couche glanduleuse, plus ou moins distante du bord libre de la lèvre, et s'anastomose sur la ligne médiane avec celle du côté opposé. J'ai vu l'artère coronaire droite occuper le bord inférieur ou adhérent de la lèvre inférieure, et, parvenue à la ligne médiane, se réfléchir verticalement en haut jusqu'au bord libre, où elle se bifurquait en deux branches égales, lesquelles se portaient horizontalement l'une à droite, l'autre à gauche, pour constituer une seconde coronaire plus petite que la première.
2° Coronaire 2° La coronaire ou labiale supérieure (coronaria labri supérieure. . . . .", .
superioris) naît au niveau de la commissure, se porte dans l epaisseur de la lèvre supérieure, entre la couche musculeuse et la couche glanduleuse, et s'anastomose par inosculation sur la ligne médiane avec celle du côté opposé. De cette arcade partent ^es branches muqueuses, gingivales, musculeuses et cutanées. Une seule des branches de celte artère mérite une description spéciale ; elle est connue sous le nom A* artère de la sous-cloison (ramus ad septum narium,, Haller). Elle naît sur la ligne médiane par une, deux et quelquefois trois branches, qui se portent verticalement de bas en haut, puis horizontalement sous la peau de la sous-cloison jusqu'au lobe du nez, où elles s'anastomosent avec l'artère de i'aile du nez.
s» Artère de 3° Vartère de ïaile du nez, qui est très souvent la terminaison de la faciale, et qui se divise en deux branches : l'une petite qui longe le bord inférieur du cartibge de l'aile du nez, et s'anastomose avec la branche de la sous- cloison* l'autre vo-
ARTÈRE LINGUALE. 601
lumineuse, qui longe le bord supérieur convexe de ce cartilage. Une petite branche pénètre dans l'intérieur des narines entre le cartilage et la membrane muqueuse qui le revêt.
Terminaison de l'artère. La faciale, devenue extrêmement Modes divers
, de terminaison
grêle , se termine quelquefois sur les côtés du nez en s anaslo- de Panère famosant avec la branche nasale de l'ophihalmique et avec la sous-orbitaire. D'autres fois, elle se termine par l'artère de l'aile du nez , ou par la coronaire labiale supérieure , ou même par la coronaire inférieure. Je l'ai vue se terminer par l'artère de la sous-cloison.
On trouve rarement les artères faciales semblables des deux côtés ; quelquefois une d'elles est à l'état de vestige , tandis que l'autre, très développée, fournit à elle seule toutes les branches nasales et labiales : plus souvent encore la faciale est suppléée par l'artère transversale de la face du même côté. Aucune artère ne présente plus de variétés que la faciale , sous le rapport du calibre , et de l'étendue de la distribution.
Ses anastomoses avec la dentaire inférieure et avec la sous- Ses -anastomoses les plus orbitaire, branches de la maxillaire interne, ainsi que celles remarquables.
avec l'ophihalmique, branche de la carotide interne, doivent
être notées d'une manière toute particulière pour l'intelligence
de la circulation de la face.
Artère linguale.
Préparation. Couper les insertions hyoïdiennes du muscle mylohyoïdien qu'on renverse de bas en haut ; scier l'os maxillaire inférieur ou sur la symphyse, ou de chaque côté de la symphyse. Accrocher la langue & l'aide d'une érigne, l'entraîner hors de la bouche, la maintenir dans celte position, pendant qu'on suivra l'artère à la face inférieure de la langue.
Très volumineuse , eu égard au volume de l'organe auquel origine, elle est destinée , ï artère linguale naît de la partie antérieure delà carotide externe, entre la faciale et la thyroïdienne supérieure, et souvent d'un tronc commun avec la faciale : elle se porte d'abord obliquement en haut, puis transversale-
602 ANGÉIOLOGIE.
Trajet de l'ar- ment en dedans et en. avant, le long du bord supérieur des
1ère linguale. . , ,„ .. , ...
grandes cornes ae 1 hyoïde : parvenue au niveau des pentes
cornes de cet os, elle change de direction, et se porte en
serpentant d'arrière en avant , dans l'épaisseur de la langue
jusqu'à la pointe où elle se termine en s'anaslomosant avec
celle du côté oppose. Dans cette dernière partie de son tra-
Eiie prend le jet , elle prend, on ne sait trop pourquoi , le nom de ranine nom de ranine. ''
(de ratio, grenouille), dénomination que Winslow appliquait à l'artère linguale elle-même. Ses Ocxuosilés, qui sont considérables, sont en harmonie avec la variabilité des dimensions de la langue, nappons. Rapports. Profondément placée à son origine sous les mus-
cles digastrique et stylo-hyoïdien et sous le nerf grand-hypoglosse, elle se trouve au niveau de l'os hyoïde, entre le muscle hyogiosse et le constricteur moyen du pharynx : dans l'épaisseur de la langue, située entre le muscle génio-gîosse et le lingual , el!e est accompagnée par le nerf lingual; elle occupe par conséquent la face inférieure de la langue (arteria inferior linguœ, Cowper ; sublinguale ou ranine, Winslow).
Branches Branches collatérales. 1° Petit rameau transversal, rameau collatérales. 7 .. ,. . , . , . . A ,
hyoïdien, qui va s anastomoser par arcade avec ceiui du cote
hyoïdien' opposé sur le corps de l'os hyoïde, entre le génio-gîosse et le
génio-hyoïdien.
2" Dorsale de 2° Artère dorsale de la langue. Branche ordinairement pela langue. . „„ ., ■ ■", .., . . , , , . , , me et difficile a découvrir, qui se détache au niveau delà
grande corne de l'os hyoïde, se porte de bas en haut sur le bord de la langue, au niveau du pilier antérieur du voile du palais auquel elle fournit, puis, d'arrière en avant et de dehors en dedans, donne plusieurs rameaux épigloltiques qui s'anastomosent avec ceux du côté opposé, et se terminent au niveau des papilles caliciformes. Dans tout son trajet, cette branche est placée immédiatement sous la muqueuse. 3° Sublinguale. 3° Artère sublinguale. Assez volumineuse pour qu'on ait pu la regarder comme nue branche de bifurcation de la linguale qui, d'après quelques auteurs, ne prendrait le nom de