GRAND PECTORAL
Joute la largeur du bord antérieur de la coulisse, mais plus par,liculièrementà la partie inférieure de ce bord. Ses fibres inférieures s'unissent à celles de l'attache humérale du deltoïde, dont elles se distinguent toujours par leur direction. De cette lame antérieure se détache une expansion remarquable pour l'aponévrose brachiale.
La lame postérieure continue le trajet oblique de la portion Lame posté-
, rieure du tendon
ascendante du muscle grand pectoral , croise la lame ante- humerai, rieure , et va s'insérer plus particulièrement à la portion la plus élevée de la lèvre antérieure de la coulisse bicipitale. De cette lame postérieure se détache une expansion aponévrotique pour l'aponévrose brachiale. Les deux lames antérieure et postérieure varient beaucoup d'épaisseur ; tantôt c'est la lame antérieure qui est la plus forte, tantôt c'est la lame postérieure. La ligne de démarcation entre ces lames et par conséquent entre les insertions des portions correspondantes du muscle n'est pas toujours très nettement tracée. Un assez grand nombre des fibres charnues de la portion supérieure ou ascendante s'insère ordinairement à la face antérieure de la lame postérieure (1).
Connexions. Recouvert par le peaucier , par la mamelle et par la peau, le grand pectoral affecte par sa face profonde des rapports de la plus grande importance : 1° Au thorax, il recouvre le sternum, les côtes et leurs cartilages, le petit pectoral, le muscle sous-clavier, les muscles intercostaux, le grand dentelé et la partie la plus élevée du muscle grand droit de l'abdomen ; 2° à Vaisselle, il forme la paroi antérieure de la cavité qu'on appelle creux de l'aisselle, et répond aux muscles biceps, coracobrachial , aux vaisseaux axillaires , au tissu cellulaire et aux
Rapports.
Superficiels.
Profonds.
(1) J'ai vu un faisceau musculaire très grêle, né de l'aponévrose abdominale, longer le bord externe du grand pectoral, dont il était parfaitement distinct, et se terminer an niveau de l'insertion humérale de ce muscle par une languette tendineuse. Cette languette se continuait le long du bord interne du bras, adhérait à la cloison musculaire aponévrotique, et recevait un petit faisceau musculaire né de cette cloison pour venir se fixer à l'épitroehlée.
150 MTOtOGIE.
Rapports du ganglions lymphatiques de cette région. Son lord externe
Jbord G\tGrnc
longe le bord antérieur du deltoïde, dont il est séparé par un
espace celluleux, tantôt linéaire, tantôt triangulaire, où se
voient la veine céphalique et l'artère acromio-ihoracique. Son
du bord infé- bord inférieur, mince en dedans, épais en dehors , tendineux rieur. ' 7
au voisinage de son insertion., forme le bord antérieur du
creux de l'aisselle, et fait sous la peau une saillie proportionterne1 J)ordin" née à la force du muscle. Son hord interne s'entrecroise sur
la ligne médiane avec celui du côté opposé , et se continue en
bas avec la ligne blanche, il est adduc- Usages. Le grand pectoral est essentiellement adducteur du t eur du bras. ^ra§ . ^ egt eQ m£me |empS rotateur en dedans, et porte le bras
en avant. C'est ce muscle qui agit dans le mouvement qui consiste à croiser les avant-bras, et à porter la main sur l'épaule du côté opposé.
Si , pendant que le bras est médiocrement écarté du corps , son extrémité inférieure est maintenue immobile, par exemple dans une chute sur le coude éloigné du corps , ce muscle agit alors sur l'humérus comme sur un levier du troisième genre , dont le point d'appui est en bas, la puissance au milieu, et la résistance à l'autre extrémité. Elle tend donc à déplacer la tête de l'humérus avec d'autant plus d'efficacité , que dans cette altitude ce muscle s'insère perpendiculairement au levier.
Son action sur Lorsque l'humérus est fixé , le grand pectoral agit alors sur les côtes , le sternum et la clavicule , et soulève le tronc sur le bras ; il est donc un des agents principaux de l'action de grimper : son action sur les côtés le rend un des agents principaux de l'inspiration , dans le cas de grande gêne de la respiration : d'où l'attitude de l'asthmatique , qui se place toujours de manière à maintenir ses humérus dans un état de fixité. (1)
(1) M. Ward [Phy&iological remarks on the motion of the arm, the London and Ediaburg philosoph. Magazin, décembre 1836), a parfaitement vu la disposition anatomique générale du grand pectoral, qu'il divise en deux portions : l'une claviculaire descendante, dont l'axe est oblique de haut en bas et de dedans
pktit pectoral: 151
Petit pectoral.
Préparation. Détacher les insertions claviculaires du grand pectoral ; diviser ce muscle à sa partie moyenne par une incision verticale ; renverser les deux lambeaux, en ayant soin d'enlever le tissu cellulaire lâche qui revêt sa face profonde.
Placé à la partie antérieure et supérieure du thorax et de situation, l'épaule, au dessous du grand pectoral qu'il déborde inférieurement, le petit pectoral est triangulaire , mince , aplati , den- Figure, télé à son bord interne (serratus anticus, Alb.) Il naît des troisième , quatrième et cinquième côtes par trois languettes insertions
• COStâltS
aponévrotiques , minces et resplendissantes , qui recouvrent
les muscles intercostaux , et auxquelles succèdent trois lan- Direction;
guettes charnues qui se portent obliquement en haut et en
dehors, convergent, se réunissent, et viennent s'insérer par insertion
, , , , . ,, , .. , coracoïdienne.
un tendon aplati au bord antérieur de l'apophyse coracoide , près de son sommet (costo-coracoïdien, Chauss.).
Rapports. Recouvert par le grand pectorai , dont il est se- Rapports, paré par les vaisseaux et nerfs thoraciques , il répond aux côtes , aux muscles intercostaux , au grand dentelé , au creux de l'aisselle , et par conséquent aux nerfs et aux vaisseaux axillaires. Ce dernier rapport est extrêmement important : il explique pourquoi la section de ce muscleaest quelquefois nécessaire pour la ligature de l'artère axillaire. J'appellerai l'attention: 1° sur le bord supérieur de ce muscle , lequel est séparé de la
en dehors; cette portion, selon M. Ward, aurait pour effet de porterie bras en avant et en haut (portio élevons or attollens). L'autre portion, qui est ascen-. dante, s'insérerait beaucoup plus près de l'extrémité supérieure de l'humérusj et aurait pour effet essentiel l'abaissement du bras relevé (portio deprimens). Mais si l'on soumet le muscle grand pectoral à la double épreuve que j'ai indiquée pour déterminer l'action d'un muscle , on verra que la portion supérieure est tendue ou relâchée dans les mêmes attitudes qui tendent ou relâchent la portion inférieure des muscles. Ainsi, la portion supérieure ou descendante est tendue lorsque le bras est écarté du corps. Je dois ajouter cependant que lorsque l'écartement du bras est porté très loin, de manière à ce que l'axe de l'humérus fasse un angle droit avec l'axe du tronc, les fibres claviculaires sont un peu relâchées.
Uiages.
Situation.
Insertions.
Ï52 MYOLOGIE.
clavicule par un espace triangulaire large en dedans, étroit en dehors , espace dans lequel on peut saisir et lier la même artère ; 2° sur le bord inférieur qui déborde le grand pectoral en bas et en dehors.
Action. Le plus habituellement il agit sur l'épaule (musculus qui scapulam antrorsum agit, Vésale). Son point fixe étant aux côtes , il porle évidemment l'omoplate en avant et en bas, et abaisse fortement le moignon de l'épaule. Il est donc abaisseur de l'épaule : congénère de l'angulaire et du rhomboïde sous le rapport de l'abaissement du moignon de l'épaule, il est leur antagoniste sous le rapport du mouvement de totalité de l'omoplate : il est encore l'antagoniste du rhomboïde sous le rapport du mouvement en avant. Lorsque ce muscle prend son point fixe à l'omoplate, il devient élévateur des côtes auxquelles il s'insère.
Du sous clavier.
Préparation. Soulever la clavicule en portant en haut le moignon de l'épaule; diviser le petit pectoral, enlever une membrane aponévrotique qui descend de la clavicule et recouvre ce muscle immédiatenient.
1° Pour bien voir son insertion externe ou claviculaire , scier la clavicule à la partie moyenne^ 2» diviser le muscle dans le même point; 3° renverser sa moitié externe avec la partie correspondante de la clavicule.
Allongé, grêle, fusiforme , le sous-clavier longe la face inférieure de la clavicule par laquelle il est caché , musculus qui sub claviculâ occultatur (Fabrice de Hilden).
Il s'insère, d'une part, au cartilage de la première côte; d'une autre part, à la partie inférieure et externe de la clavieule ( costo-claviculaire , Chaussier ).
' Son insertion interne ou costale se fait par nu tendon qui s'épanouit en cône, et donne naissance aux fibres charnues, qui , se portant en dehors , en arrière et en haut , vont se fixer à la clavicule par de courtes fibres aponévrotiques.
GRAND DENTELÉ. 15o
Rapports. 1° Il est recouvert en haut par la clavicule qui est Rapports. creusée en gouttière inférieureinent pour le recevoir; 2° il répond en bas à la première côte, dont il est séparé par. les vaisseaux axillaires et le plexus brachial ; 3° en avant, il est enveloppé par une aponévrose très résistante qui complète le canal osseux et fibreux dans lequel il est contenu. Son rapport avec le Rapport avec
le plexus bra-
plexus brachial et les vaisseaux axillaires prévient la compres- chiai et les vais-
, , seaux axillaires.
sion immédiate a laquelle ces vaisseaux seraient exposes entre la clavicule et la première côte.
Action. Son point fixe étant à la première côte , il tend à abaisser la clavicule , il est donc ahaisseur de V épaule : il tend usages. aussi à appliquer fortement l'extrémité interne de la clavicule contre le sternum : aussi, dans le cas de fracture du premier de ces os , concourt-il puissamment à faire chevaucher le fragment externe sur le fragment interne. Lorsque le sous clavier prend son point fixe sur la clavicule, il tend à élever la première côte : aussi est-il rangé parmi les muscles qui agissent dans les inspirations forcées.
§ VI. Du grand dentelé.
Préparation. Le grand et le petit pectoral étant enlevés, sciez la clavicule à sa partie moyenne ; portez ensuite l'omoplate en arrière, en renversant en dehors son bord axillaire; enlevez avec soin le tissu cellulaire qui remplit le ceux de l'aisselle, surtout au niveau des vaisseaux et nerfs axillaires et au niveau des insertions costales du muscle grand dentelé. Pour voir la face interne de ce muscle, tournez le sujet et renversez en dehors le bord spinal de l'omoplate.
Très large , quadrilatère , dentelé à l'un de ses bords (serra- situation. tus magnus , Albin.), le grand dentelé occupe la partie la- Figure. téralc du thorax et s'étend comme une sangle musculaire des dix premières côtes au bord spinal de l'omoplate (costo-scapulaire, Ghauss.).
Ses insertions costales se font suivant une ligne courbe très insertions
COStO GS
considérable, à concavité postérieure, par neuf ou dix digitations. La première digitation, très large, naît à la fois de la
154 MYOLOGIE.1
première et de la deuxième côte, et d'une arcade aponévrotique Portion su- intermédiaire: de là ses fibres se portent en haut, en dehors
périeure du , , , ,
grand dentelé, et en arrière, pour s insérer a la face înierne de l'angle postérieur et supérieur de l'omoplate, au niveau de l'angulaire. Celte digitation constitue la partie la plus étroite du muscle ; distincte des suivantes par sa direction et par l'interposition d'une ligne de tissu cellulaire, elle a mérité le nom de portion supérieure du grand dentelé.
Les deuxième, troisième et quatrième digitations naissent, suivant une ligne oblique de haut en bas et d'arrière en avant ,
Portion de la deuxième , de la troisième et de la quatrième côte. Ce moyenne.
sont les plus larges et les plus minces de toutes les digitations;
elles se portent horizontalement en arrière , pour s'insérer isolément par de courtes fibres aponévrotiques à toute la longueur du bord spinal de l'omoplate , en avant du rhomboïde : distinctes des fibres suivantes parleur direction et par une ligne celluleuse, elles constituent un plan continu très mince, auquel on donne le nom de portion moyenne du grand dentelé.
Les cinquième, sixième, septième, huitième, neuvième et dixième digitations naissent de la face externe des côtes corres- . Portion infé~ pondantes, suivant des lignes obliques, et se rencontrent, à la manière des doigts entrecroisés, avec les digitations correspondantes du grand oblique. À ces digitations, qui sont d'abord aponévrotiques, succèdent autant de faisceaux charnus épais distincts, qui convergent et forment un gros faisceau radié, lequel se porte en haut, en dehors et en arrière , pour gagner l'angle inférieur de l'omoplate à la face interne duquel il s'insère : celle portion du grand dentelé, qui est sans contredit la plus considérable, constitue la portion inférieure du grand dentelé'.
Rapports. 1° Le grand dentelé est recouvert par le grand et
le petit pectoraux, le sous scapulaire, les vaisseaux et nerfs axil-
laires : par sa face profonde, il est appliqué sur les côtes et sur
les espaces intercostaux ; un tissu cellulaire , très abondant et
Rapports, très lâche , l'unit à toutes ces parties. La partie inférieure de ce