‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 52 sur 291 · C. MUSCLE BCCCINATO-tABIAL · texte numérisé non relu

C. MUSCLE BCCCINATO-tABIAL

Préparation. Distendre les joues et les lèvres en tamponnant la cavité

MUSCLE BUCCINATO-LABIAL.

buccale. Pour la portion labiale ou orbiculaire des lèvres1, faire à la peau qui recouvre la lèvre une incision elliptique circonscrite à l'ouverture de la bouche. Pour la portion buccale ou buccinateur, faire à la peau une incision transversale qui de la commissure s'étende jusqu'au masseler ; disséquer les lambeaux. Pour bien voir le bord postérieur de ce muscle, renverser de haut en bas l'arcade zygomatique et le masseter; puis scier l'os maxillaire inférieur au devant de sa branche ; enfin pour avoir une idée complète de ce muscle, l'étudier par sa face postérieure et profonde.

Le muscle buccinateur et le muscle orbiculaire des lèvres des auteurs ne constituent qu'un seul et même muscle, le buccinato-labial (contrahens communia buccarum labiorumque , Spigel), muscle quadrilatère, largement perforé à son milieu, et étendu, d'une part, du bord alvéolaire supérieur au bord alvéolaire inférieur, et d'une autre part, de la partie la plus reculée des bords alvéolaires droits à la partie la plus reculée des bords alvéolaires gauches. Toutes les fibres de f orbiculaire des lèvres sont une émanation du buccinateur. Pour avoir une idée exacte de la manière dont ces deux muscles se continuent l'un avec l'autre, il faut les étudier par leur face postérieure. On voit alors qu'arrivés à la commissure des lèvres, les faisceaux du buccinateur s'entrecroisent pour la plupart entre eux, que par suite de cet entrecroisement, le labial supérieur est constitué en grande partie parles faisceaux inférieurs du buccinateur, et le labial inférieur par ses faisceaux supérieurs (1).

Je ferai remarquer que le muscle buccinato-labial est composé de plusieurs couches, que la couche la plus profonde est plus pâle et moins distinctement fasciculée que les couches superficielles, que les glandes sous-muqueuses de la joue et des lèvres semblent contenues dans l'épaisseur de celte couche musculaire profonde.

Figure.

Etendue^

Toutes le« fibres de l'orbiculaire des lèvres émanent du buccinaieur.

Différences entre les couches superficielles et profondes.

(i) La planche 2 , deuxième livraison , Anatomie du système nerveux de l'homme, représente parfaitement cette disposition.

208 MYOLOGIE.

Nous diviserons le muscle buccinato-labial en trois portions: 1° deux latérales , c'est la portion buccale ou huccinateur g 2° une médiane ou labiale, c'est Vorbiculaire des lèvres des auteurs, que nous subdiviserons en portion labiale supérieure et en portion labiale inférieure.

1° Portion buccale ou buccinateur.

C'est le muscle propre de la joue , large , quadrilatère , assez

épais (musculus buccœ , Columbus; bucco , Riolan ; bucco-

labial , Chauss. ; alvéolo-maxillaire, Dumas).

, . .; L'insertion postérieure du buccinato-labial est triple , elle

Insertions aux r r '

bords aiyéoiai- a iieu \° au bord alvéolaire supérieur, dans tout l'espace com-

res supérieur et ■■•■ ••'•"'' ■•"

inférieur. pj is entre la tubérosité maxillaire et la crête verticale qui sépare la fosse canine de cette tubérosité ; 2° au bord alvéolaire inférieur ou plutôt à la ligne oblique externe, depuis la dernière grosse molaire jusqu'au niveau du trou mentonnier ; a deux ten- 3° dans l'intervalle, elle se fait par deux tendons, dont l'un naît

Uques!ponen°" de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde, et se porte verticalement en bas. C'est ce tendon aponévroiique qui en arrière sert d'origine au muscle constricteur supérieur, et qu'on a appelé improprement aponévrose buccinaio-pharyngienne. L'autre tendon est un prolongement du tendon du muscle crotaphyte , et vient s'insérer à la partie la plus reculée du bord alvéolaire inférieur ; cette seconde origine est aussi constante que la première.

Direction. De ces diverses origines, les fibres charnues se portent toutes

d'arrière en avant: les supérieures, un peu obliquement de haut en bas: les inférieures, obliquement de bas en haut; les moyennes , horizontalement.

Entrecroise- ^e *a disposition respective des fibres supérieures et infé-

iTcommissure.3 rieures, il résulte un entrecroisement au niveau de la commissure. A partir de cet entrecroisement , les fibres inférieures du muscle vont se terminer dans la moitié supérieure de Torbiculaire , et vice versa pour les fibres supérieures. Rapports, Rapports. Profondément situé en arrière, où il est recouvert

MUSCLE BUCCINATO-LABIAL. 209

par la branche de la mâchoire inférieure, parle nmsseler, un peu par le temporal ; séparé de loules ces parlies par une masse considérable de lissu adipeux, et par une boule graisseuse qu'on rencontre même chez les individus les plus maigres, le buccinateur est recouvert plus en avant par le grand zygomatique, par le petit zygomatique et le risorius de Santorini, lorsqu'ils existent; à la commissure, il est recouvert par le canin et le triangulaire des lèvres. Le canal de Sténon longe ce muscle ie canaPi°de sléavant de le traverser; les nerfs buccaux, les rameaux de l'artère non* faciale transverse marchent parallèlement à ses fibres; l'artère et la veine maxillaires externes le coupe.nlperpendiculairement à côté de la commissure. Une aponévrose particulière, aponévrose buccale, sur laquelle je vais revenir, lui est intimement unie et le sépare de toutes ces parlies. Le buccinateur recouvre la muqueuse de la joue , dont il est séparé par une couche épaisse de glandules appelées buccales.

Aponévrose du buccinateur. Le buccinateur est recouvert Aponévrose

, £., , r ,, . . ,, .,, du buccinateur.

par une lame fibreuse très adhérente que 1 on considère comme l'épanouissement de la gaine fibreuse du canal de Slenon ; lame fibreuse qui s'épaissit en arrière et semble se continuer avec l'aponévrose buccinato-pharyngienne. Celte lame fibreuse prévient l'ouverture dans la bouche des abcès qui lui sont extérieurs, de même qu'elle s'oppose à l'extension au dehors des maladies qui attaquent la membrane muqueuse. Action. C'est l'antagoniste le plus direct de la portion mé- Antagoniste

l de la portion

diane ou orbiculaire du buccinato-labiaî. Lorsque les joues ne labiale, sont pas distendues, sa contraction a pour effet l'allongement transversal de l'ouverture buccale, et par conséquent la tension des lèvres et le plissement vertical de la peau de la joue, plissement qui devient permanent chez le vieillard, et qui constitue l'une de ses principales rides.

Lorsque les joues sont soulevées par de l'air ou par un corps

étranger quelconque, le muscle buccinateur, de plane qu'il était

d'abord , devient courbe , et acquiert toutes les propriétés des

muscles curvilignes. Ainsi le premier effet de la contraction de

2, lft

240 MYOLOGIE.

sesfibres esl de les ramener on de tendre à les ramener à la rectitude; les corps gazeux liquides et solides sont expulsés brusquement lorsque la portion labiale n'y apporte aucun obstacle , ou graduellement lorsque celle portion labiale contractée ne cède que peu à peu. Il suit de là que le buccinateur remplit un s°n . auctJj°ens rôle essentiel dans le jeu des instruments à vent : d'où lui vient instruments à SOn nom (buccinare, sonner de la trompette). Dans 5a mastication, il remplit un usage non moins important, en repoussant les substances alimentaires enire les dents , et les chassant de l'espèce de gouttière qui existe entre les joues et les arcades alvéolaires.

2° Portion labiale ou orbiculaire.

La portion médiane ou labiale du buccinato-labial , improprement appelée orbiculaire des lèvres , constitue essentiellement la charpente des lèvres {labial, Chauss., moles carnear ?nusculosa tamen, quœ utrumque labium format, Fal'ope); elle occupe tout l'espace compris, d'une part, entre le bord libre de la lèvre supérieure et la base du nez ; d'une autre part, entre le bord iibre de la lèvre inférieure et le sillon transversal qui surmonte le menton. Nous considérons avecWinslow

Il y a deux • .....

demi-orbicuiai- ce muscle comme compose de deux demi-orbiculaires consii-

res bien dis- , .

tinets. tues chacun par une demi-zone ou demi-ceinture de faisceaux

concentriques demi-elliptiques :J'un destiné à la lèvre supérieure , c'est la portion labiale supérieure ; l'autre destiné pour la lèvre inférieure , c'esl la portion labiale inférieure. 1° Portion ^° Portion labiale supérieure du buccinato-labial. Les

rleuîîe. Supé" fibres du buccinateur qui vont constituer le labial supérieur, se comportent de diverses manières ; celles qui constituent le bord libre de la lèvre supérieure forment le demi-cercle complet, et

Mode de con- . ,, • in *A • t ' *>i

tinuité avec le vont se continuer avec !e buccinaieurde 1 autre cote. Les libres

uccmateur. g-llu£es au dessus du bord libre, qui constituent le corps de la

lèvre, s'entrecroisent sur la ligne médiane avec les fibres du

Terminaison buccinateur opposé, et vont se terminer à l'os maxillaire du

des fibres du . , ,' . \ ,'" '

buccinateur. côte oppose, savoir celles du buccinateur droit a la fossette

MUSCLE BUCCINATO-LABIAL. 211

incisive gauche, et réciproquement; enfin, les fibres les plus élevées du buccinaieur vont s'insérer directement à la fossette incisive du même côté : quelques unes vont se terminer à l'aile externe de la narine ; ces dernières font suite au plan du canin (1).

Nous verrons , à l'occasion des muscles releveurs de la >.e 'abiai su-

' péneur est sé-

commissure et des lèvres, que la portion labiale supérieure de paré de la peau

' * r par une couche

l'orbiculaire est séparée de la peau par une couche musculaire musculaire, assez épaisse qui lui est fort adhérente.

2° Portion labiale inférieure du buocinato-labial. La disposition du buc'einateur, par rapport à la lèvre inférieure, est identiquement la même que celle du même muscle par rapport à la lèvre supérieure. Ainsi, le bord libre de la lèvre inférieure Disposition.

des fibres du

est constitué par des fibres du buccinaleur qui forment le demi- buccinateurpar

• i i l i ii. i /-■! ii rapporta la lè-

cercle complet : au dessous de ce bord libre, les libres du bue- Vre inférieure, cinateur droit s'entrecroisent sur la ligne médiane avec celles du buccinaleur gauche, et vont s'insérer du pôle opposé de la symphyse du menton ; les fibres du buccinateur les plus inférieures vont s'insérer du même côté de la symphyse.

C'est en étudiant la lèvre inférieure par sa face postérieure, qu'on peut aisément reconnaître celte disposition. La lèvre l3 lèvre iniëinférieure est d'aiileurs complétée par le muscle carré, et par pîéî'él epar°mië les fibres curvilignes faisani suite au muscle triangulaire qu'on m,KCecarr • pourrait considérer comme un muscle particulier sous le titre de triangulaire inlern e.

L'épaisseur des labiaux est variable chez les différents indi- Variétés individuelles et na-

vidus, surtout air niveau du bord libre des lèvres, où les fais- tonales dans

l'épaisseur du

ceaux de ce muscle éprouvent une sorte de renversement en muscle labial, dehors. Chez le nègre , ce renversement est très manifeste. Il faut bien distinguer l'épaisseur des lèvres qui dépend de celle cause de celle qui lient à la constitution scrofuleuse.

(1) La planche2 [Anal, du syst. nerveux, deuxième livraison) rendun compté exact de celte disposition du muscle vu par sa face postérieure i et la figure 2, planche 1, montre cette même disposition du muscle vu par sa face antérieure.

212 MYOLOGIE.

perficiefs'9 su" ^e 'akial inférieur est séparé de la peau par le muscle carré dont il est difficile de le séparer, et comme d'une autre part le carré adhère intimement à la peau , il en résuite qu'on agit sur toute l'épaisseur de la lèvre, en agissant seulement sur la peau dans l'application des moyens contentifs pour les solutions de continuité des lèvres. Celte induction pratique s'applique à la lèvre supérieure comme à la lèvre inférieure.

Profonds. Du reste , le labial supérieur et le labial inférieur recouvrent

en dedans la muqueuse buccale ; ils en sont séparés par les glandules labiales, les vaisseaux coronaires et un grand nombre de filets nerveux.

Les bords H- Les bords libres des labiaux supérieur cl inférieur circon-

bres des labiaux

circonscrivent scrivent l'ouverture de la bouche : ce sont les différences dans

l'ouverture de la

bouche. les dimensions de cette ouverture qui déterminent les variétés

qu'on admet dans la grandeur de la bouche. Ces variétés n'ont aucune influence sur la capacité de la cavité buccale.

Action reia- Action. Elle se rapporte à des phénomènes très variés, et

tiveà un grand A , .. , , .«,„,. , , ,

nombre d'usa- peut être étudiée sous le rapport : 1 de 1 occlusion de la bouges.

che ; 2° de la préhension des aliments par succion ; 8° du jeu

des instruments à vent; h° de l'expression faciale. Je ne m'occuperai ici que de l'occlusion de la bouche.

iaboCuche.°n d° L'occlusion de la bouche peut se faire par le simple rapprochement des mâchoires, que les lèvres suivent dans leurs mouvements. Dans l'occlusion active, c'est à dire dans celle qui dépend de l'action même des labiaux , il peut arriver deux choses : tantôt ces muscles se bornent à appliquer fortement les lèvres contre les arcades dentaires, et leurs bords libres l'un contre l'autre, et alors les muscles labiaux agissent à la ma- Les labiaux nière d'un muscle curviligne ; tantôt les labiaux agissent à la

agissent à la .,'.,, . . / * . , , . t>. , s ,

manière d'un manière d un sphincter (sphincter labiorum , Douglas) ; dans sphincter. , ■.... ,. , , : .,

ce cas, les lèvres sont dejeiees en avant et froncées : 1 ouverture buccale, qui dans l'état ordinaire représente une ouverture linéaire transversale, représente alors une ouverture circulaire ou plutôt losangique.

RELEVEUR SUPERFICIEL DK LA LÈVRE SUPÉRIEURE. 213

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