‹ Traite d'anatomie descriptiveChapitre 116 sur 282 · RESUME SUR LA DISTRIBUTION DES VEINES DE LA TETE · texte numérisé non relu

RESUME SUR LA DISTRIBUTION DES VEINES DE LA TETE

a. Circulation du cerveau. Tandis que quatre troncs artériels, les carotides primitives et les vertébrales, portent le sang à la tète et au cou, dix veines ramènent le sang de ces parties vers le centre circulatoire : ce sont les jugulaires internes, les jugulaires externes, les jugulaires antérieures (1), les veines vertébrales et les veines jugulaires postérieures. Cette disposition a pour résultat d'assurer la circulation veineuse céphalique, que tant de causes tendent à troubler. Les veines jugulaires externes et antérieures, qui appartiennent au système veineux sous-cutané, peuvent être considérées comme des veines supplémentaires, sans analogues dans le système artériel, et suffiraient à elles seules pour la circulation veineuse ; d'autre part, comme les veines de chaque côté communiquent très-largement entre elles, il en résulte qu'une seule de ces veines suffirait, à la rigueur, pour la circulation de la tête. Nous verrons plus bas, à l'occasion des veines du rachis, que l'oblitération des six veines jugulaires ne serait pas suivie nécessairement de l'interruption de la circulation veineuse dans le crâne. Enfin, il importe de remarquer que les jugulaires externe et antérieure s'ouvrent dans la veine sous-clavière à une certaine distance de son embouchure, tandis que la jugulaire interne s'abouche avec l'extrémité interne de la sous-clavière pour constituer le tronc veineux brachiocéphalique.

Nous avons vu que la veine jugulaire interne représente l'artère carotide primitive dans sa portion inférieure, et l'artère carotide interne dans sa portion supérieure, et que l'artère carotide externe est représentée par toutes les veines de la face et du cou qui viennent s'ouvrir dans la veine jugulaire interne, tantôt par un tronc commun, tantôt par plusieurs branches isolées.

Le système veineux cérébral est remarquable par l'excessive ténuité des parois des veines cérébrales et par l'existence des sinus qui remplacent les troncs veineux et qui offrent une disposition si différente de celle des artères correspondantes. Les veines cérébrales se divisent en veines ventriculaires, qui vont constituer les veines de Galien, et en veines superficielles du cerveau. Toutes gagnent les sinus, dans lesquels elles se terminent successivement à la manière des barbes d'une plume sur leur tige commune, sans jamais acquérir un volume très-considérable. L'absence de valvules à l'embouchure des veines dans les sinus permet le reflux du sang dans les veines. Le tissu spongieux, comme caverneux, qui se voit à l'embouchure de ces veines, joint à l'obliquité de leur trajet dans l'épaisseur des parois du sinus, doit diminuer les effets de ce reflux. Les communications entre les veines cérébrales et la continuité de tous les sinus entre eux expliquent les ressources de la circulation cérébrale, qui parvient toujours à s'accomplir, à moins d'oblitération des sinus latéraux. Du reste, la situation des sinus principaux au niveau des grandes divisions de l'encéphale et l'inextensibilité de ces sinus préviennent les effets funestes qui pourraient

(1) Voir, pour lo complément du système veineux de la tète, les veines vertébrales et jugulaires postérieures, à l'article Veines du rachis.

Page 1