LYMPHATIQUES ABOUTISSANT AUX GANGLIONS LOMBAIRES
veau de la veine fémorale; ceux qui proviennent des glandes superficielles traversent les trous dont est percée l'aponévrose fémorale et qui ont fait donner le nom de fascia cribriformis à cette portion de l'aponévrose ; ceux qui partent des ganglions profonds s'élèvent le long des vaisseaux iliaques externes. Parvenus sous le péritoine, ils se partagent en deux ordres de faisceaux : les uns descendent dans le petit bassin, où ils se rendent aux ganglions hypogastriques; les autres aboutissent aux ganglions iliaques externes, et plus particulièrement à ceux qui sont situés derrière l'arcade fémorale.
A ces ganglions iliaques externes se rendent encore 1° les vaisseaux lymphatiques épigastriques et circonflexes iliaques, dont quelques-uns vont aux ganglions inguinaux ; 2° les vaisseaux lymphatiques ilio-lombaires.
Aux ganglions hypogastriques se rendent 1° les lymphatiques profonds de la fesse, qui accompagnent les artères fessière et ischiatique ; 2° les lymphatiques qui accompagnent les vaisseaux obturateurs ; 3° les lymphatiques qui viennent de la vessie, de la prostate et des vésicules séminales, les vaisseaux lymphatiques profonds de la verge, chez l'homme, ceux du vagin, du clitoris et du col de l'utérus, chez la femme. Parmi ces vaisseaux lymphatiques, ceux de la vessie, avant de se rendre aux ganglions pelviens, traversent les ganglions qui lui sont propres. Le plus grand nombre occupe la région postérieure de cet organe et rampe sous le péritoine. J'ai vu les vaisseaux lymphatiques vésicaux pleins de pus. Les lymphatiques du rectum, vus pour la première fois par Rudbeck, se rendent dans les ganglions sacrés.
D'autres vaisseaux lymphatiques, émanés des ganglions hypogastriques et iliaques externes, accompagnent les artères et veines iliaques interne et externe, montent au-devant du sacrum, traversent de nouveaux ganglions et gagnent directement le détroit supérieur du bassin. Là les vaisseaux lymphatiques du côté droit se confondent avec ceux du côté gauche. On a donné les noms de plexus hypogastrique et de plexus iliaque externe à cet ensemble de vaisseaux et de ganglions lymphatiques ; l'un, le plexus hypogastrique, occupe l'excavation du bassin et entoure les vaisseaux hypogastriques; l'autre, le plexus iliaque externe, longe les vaisseaux du même nom.
2° Aux ganglions lombaires aortiques ou médians aboutissent, en définitive, tous les vaisseaux lymphatiques des membres inférieurs, lesquels ont successivement traversé un nombre plus ou moins considérable de ganglions lymphatiques, en sorte qu'on peut considérer ces vaisseaux et ces ganglions comme constituant une chaîne non interrompue. C'est ainsi que, de plexus en plexus, de ganglions en ganglions, les vaisseaux lymphatiques appartenant aux parties les plus éloignées arrivent jusqu'au canal thoracique.
Les ganglions lombaires latéraux reçoivent, en outre, les vaisseaux lymphatiques lombaires proprement dits, qui correspondent aux vaisseaux sanguins du même nom. Ils fournissent des vaisseaux lymphatiques qui vont se rendre aux ganglions lombaires aortiques. On appelle plexus lymphatique lombaire l'ensemble des vaisseaux et ganglions lymphatiques qui occupent la région lombaire.
Aux ganglions lombaires se rendent encore directement : 1° les vaisseaux lymphatiques testiculaires , chez l'homme, les vaisseaux lymphatiques des ovaires, des trompes, ainsi que ceux du corps et de la partie supérieure du col de l'utérus, chez la femme ; 2° les vaisseaux lymphatiques des reins et des capsules surrénales.
a. Vaisseaux lymphatiques testiculaires. Nous avons vu que les vaisseaux lym-
Lymphatiques épigastriques et ilio-lombaires ques qui se rendent aux ganglions pelviens.
Lymphatiques vésicaux.
Plexus lymphatiques hypogastrique et iliaque externe.
Les vaisseaux lymphatiques des membres inférieurs aboutissent en définitive aux ganglions lombaires.
Plexus lymphatique lombaire.
Vaisseaux lymphatiques du testicule.
Vaisseaux lymphatiques utérins.
Superficiels, Profonds.
Lymphatiques du col utériu.
Du corps.
Vaisseaux lymphatiques cvariques et tubaires.
Vaisseaux lymphatiques rénaux et surrénaux.
phatiques des enveloppes du testicule allaient se rendre aux ganglions inguinaux superficiels ; les vaisseaux lymphatiques propres du testicule, divisés en superficiels et en profonds, vont aux ganglions lombaires (V. t. II, p. 366). Ces deux ordres de lymphatiques communiquent entre eux à travers la tunique albuginée. Les lymphatiques profonds, appliqués sur les cloisons qui divisent la cavité de l'albuginée, accompagnent les vaisseaux sanguins; dans ce trajet, ils présentent, d'après des recherches récentes, de nombreuses ouvertures latérales, correspondant aux lobules de substance testiculaire et faisant communiquer ces vaisseaux avec les interstices des circonvolutions des canalicules séminifères, des vaisseaux sanguins et des fibrilles de tissu conjonctif, de sorte que tous ces éléments sont baignés par la lymphe.
b. Vaisseaux lymphatiques utérins. Les maladies des femmes en couches m'ayant offert l'occasion de constater un grand nombre de fois la présence du pus dans les vaisseaux lymphatiques de l'utérus (1), j'ai pu parfaitement suivre la disposition de ces vaisseaux, qui doivent être divisés en superficiels et en profonds. Les superficiels sont situés immédiatement au-dessous du péritoine ; les profonds forment plusieurs couches successives, qui occupent divers plans de l'épaisseur de l'utérus.
Les vaisseaux lymphatiques qui avoisinent le col utérin vont se rendre aux ganglions pelviens et sacrés, en suivant les artères utérines, branches de l'hypogas trique. Un certain nombre de lymphatiques du col utérin vont se rendre au ganglion situé à l'orifice interne du canal sous-pubien.
Les lymphatiques provenant du corps de l'organe se rendent tous aux bords latéraux et au bord supérieur de l'utérus ; quelques-uns marchent dans l'épaisseur des ligaments larges. Tous convergent vers les angles supérieurs ou tubaires de l'organe. A ces vaisseaux lymphatiques se joignent ceux des trompes, des ovaires et des ligaments larges ; ils se portent tous de bas en haut, au-devant de l'artère et des veines utéro-ovariennes. Arrivés au-dessous et au-devant des reins, ils se recourbent du côté de la ligne médiane, pour aller se rendre aux ganglions situés au-devant delà veine cave et de l'aorte.
On ne saurait se faire une idée, sans l'avoir vu, du volume énorme que peuvent acquérir les vaisseaux lymphatiques utérins pendantla grossesse ; plusieurs de ces vaisseaux pleins de pus présentent quelquefois une dilatation ampullaire telle qu'on croirait, au premier abord, avoir affaire à un abcès.
c. Vaisseaux lymphatiques des reins et des capsules surrénales. Ils se divisent en superficiels et en profonds. Les vaisseaux lymphatiques superficiels n'ont pas encore été injectés directement ; mais si l'on pousse une injection fine dans les artères ou dans les veines rénales, la matière de cette injection passe décolorée dans les vaisseaux lymphatiques. C'est de celte manière seulement que Mascagni est parvenu à injecter les vaisseaux lymphatiques rénaux superficiels, représentés dans ses belles planches. Ces vaisseaux gagnent le bord concave du rein, pour rejoindre les vaisseaux profonds.
Les vaisseaux lymphatiques profonds, très-multipliés, accompagnent les artères ; ils naissent entre les lobules du rein, sortent par le hile, où ils reçoivent les lymphatiques du bassinet, et vont se rendre dans les ganglions situés devant et derrière l'aorte et la veine cave.
Les vaisseaux lymphatiques des capsules surrénales sont très-remarquables par
(1) Voyez Anat. pathol., 13° livr., pi. 1, 2, .3.