QUI S'Y RENDENT
A. — Ganglions et vaisseaux lymphatiques ilu foie.
Préparation. De tous les vaisseaux lymphatiques, ceux du foie sont les plus faciles à démontrer. On peut, avant de procéder à l'injection, les rendre plus apparents et même les remplir en poussant de l'eau soit par l'artère hépatique, la veine porte ou les veines sus-hépatiques, soit par les conduits biliaires. Il suffit d'ailleurs, pour réussir, de piquer superficiellement et au hasard le péritoine qui revêt le foie ; toutefois il est convenable d'agir sur l'un des troncs lymphatiques qui rampent à la surface de l'organe. Il importe que le tube chemine entre l'enveloppe péritonéale et l'enveloppe fibreuse et ne s'égare pas au-dessous de cette dernière. En poussant l'injection dans un seul vaisseau lymphatique, on peut remplir tous les autres. Ordinairement le mercure file jusqu'au ganglion lymphatique le plus voisin, dont la résistance détermine le reflux du liquide dans les rameaux environnants et jusque dans les ramifications les plus déliées ; en sorte que, dans les injections heureuses, on dirait que toute la surface du foie est argentée. La possibilité d'injecter les vaisseaux lymphatiques du foie des troncs vers les branches doit faire supposer que les valvules y sont plus rares que dans les lymphatiques des autres parties du corps.
1° Ganglions hépatiques.
Les glandes lymphatiques du foie sont situées dans l'épaisseur du bord droit Us longent de l'épiploon gastro-hépatique, le long de la veine porte, de l'artère et des les v,a's canaux hépatiques, derrière le pylore, et se continuent avec les ganglions cœ- tiques. îiaquesll)-
2° Vaisseaux lymphatiques.
Les vaisseaux lymphatiques du foie paraissent prendre leur origine au sein des lobules de la glande, dans un système de lacunes entourant les cellules hépatiques (Mac Gillavray) et s'ouvrant, à la périphérie des lobules, dans un réseau de canaux lymphatiques qui accompagne le réseau des vaisseaux sanguins. De ce réseau interlobulaire partent des branches qui se réunissent entre elles pour former des troncs; ceux-ci prennent une direction variée, suivant les lobules qui leur donnent naissance. On peut diviser ces vaisseaux lymphatiques en superficiels et en profonds.
a. — Lymphatiques superficiels du foie.
Les lymphatiques superficiels du foie occupent la face convexe ou la face vaisseaux
concave de cet organe. lymphati-
Le réseau capillaire de la face convexe du foie, situé immédiatement au-dessous 'ficieis de
du péritoine, est extrêmement serré et composé de canaux très-fins; il fournit la convexité un certain nombre de rameaux provenant soit du lobe droit, soit du lobe gau- l u °'°'
(1) J'ai vu ces glandes d'un noir de jais, comme les ganglions bronchiques ; on pouvait «n exprimer un liquide tout à fait semblable à celui de ces derniers ganglions..
Cruveu.hier et Sée, 5e édition. III. — 20
ANGEIOLOGIE.
Vaisseaux lymphatiques postéro-antérieurs.
Vaisseaux lymphatiques antéropostérieurs.
Disposition :
de ceux de ces -vaisseaux qui ne traversent pas le diaphragme.
De ceux qui le traversent.
Lymphatiques de la concavité du foie.
che, et qui se dirigent, les uns, d'arrière en avant, les autres, d'avant en arrière, vers le bord postérieur de l'organe.
Les premiers ou lymphatiques postéro-antérieurs naissent de la portion antérieure et moyenne de la face convexe du foie, gagnent le ligament suspenseur de cet organe, se réunissent en plusieurs troncs dont les uns traversent le diaphragme, pénètrent dans le médiastin antérieur derrière l'appendice xiphoïde, et se rendent aux ganglions médiastins ; tandis que les autres se réfléchissent sur le bord antérieur du foie pour gagner la scissure antéro-postérieure, qu'ils parcourent jusqu'à l'épiploon gastro-hépatique, repli péritonéal qui les conduit aux ganglions situés autour du pylore, aux ganglions de l'orifice cardiaque et à ceux qui longent la petite courbure de l'estomac et le lobe de Spigel.
Les lymphatiques antéro-postérieurs de la face convexe du foie émanent de la partie postérieure et moyenne du réseau ; arrivés au bord postérieur de l'organe, ils se divisent en trois ordres de vaisseaux bien distincts : 1° les uns, situés à gauche, gagnent l'épaisseur du ligament triangulaire gauche du foie; 2° d'autres, situés à droite, gagnent l'épaisseur du ligament triangulaire droit; 3° d'autres, enfin, intermédiaires aux précédents, gagnent l'épaisseur du ligament coronaire.
Les vaisseaux qui ne traversent pas le diaphragme vont se rendre à des ganglions situés le long de la veine cave inférieure, et de là dans le canal thoracique. Quelques-uns suivent le bord inférieur de la douzième côte et vont aboutir à des ganglions situés près de son extrémité postérieure et à un autre ganglion appliqué sur la douzième vertèbre dorsale.
Les vaisseaux lymphatiques antéro-postérieurs qui traversent le diaphragme, très-nombreux, forment à la partis moyenne du bord postérieur du foie cinq ou six troncs volumineux, qui souvent se réunissent en deux ou même en un seul tronc, traversent le centre aponévrotique du diaphragme au voisinage de la veine cave inférieure, pour se terminer dans un groupe de ganglions situés autour de cette veine, entre le péricarde et le diaphragme ; d'autres perforent les piliers de ce muscle et vont, soit dans les ganglions lymphatiques intercostaux ou dans ceux qui longent l'azygos et l'aorte, pour se rendre de là dans le canal thoracique, soit directement dans ce canal. J'ai vu un tronc très-considérable qui s'ouvrait directement dans le canal thoracique au niveau de la cinquième vertèbre dorsale. Mascagni a signalé des vaisseaux lymphatiques qui, après avoir traversé les fibres charnues du diaphragme, marchaient entre la plèvre et ce muscle, rentraient dans l'abdomen par l'orifice aortique du diaphragme, pour se porter aux ganglions qui entourent l'aorte et la veine cave, ou se jeter, sans avoir traversé préalablement aucun ganglion, dans le canal thoracique non loin du réservoir de Pecquet.
2. Les vaisseaux lymphatiques de la face concave du foie paraissent moins abondants que ceux de la face convexe; ils se réunissent en plusieurs troncs, tous dirigés d'avant en arrière et qui se divisent en trois ordres : 1° ceux qui sont situés à droite de la vésicule biliaire, réunis à quelques branches venues de la face convexe, se rendent en partie aux ganglions lombaires, en partie aux ganglions qui avoisinent la veine cave et l'aorte; 2° ceux qui entourent la vésicule, et qui forment un plexus si remarquable, accompagnent les vaisseaux biliaires et se rendent aux ganglions lymphatiques qui sont couchés le long de ces vaisseaux et à ceux qui sont placés dans l'épaisseur de l'épiploon gastro-hépatique. Parmi ces vaisseaux lymphatiques, je sigalerai un tronc considérable situé dans