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TEXTURE DE LA MOELLE EPINIÈRE

Pour étudier la texture de la moelle, il faut se servir de pièces qui ne soient pas importance

ramollies par une putréfaction commençante, et il n'est peut-être aucun organe de de faire

l'économie qui s'altère plus facilement après la mort : d'où l'utilité de procéder à cette , c,ette

étiids sur étude par une température froide, et d'enlever la moelle immédiatement après les une moelie

vingt-quatre heures exigées par les règlements. Saine, la moelle est plus ferme que non altérée, le cerveau, non assez cependant pour qu'on puisse pratiquer sur elle des coupes minces, destinées à être examinées au microscope. Il faut donc toujours, pour étudier la moelle, la faire durcir préalablement, en la plongeant soit dans l'alcool, soit dans une solution d'acide chromique ou de chromate de potasse. Les coupes fines obtenues sur ces préparations peuvent être colorées au moyen d'une solution ammoniacale de carmin, et seront rendues transparentes par la glycérine ou par la soude.

Si l'on soumet la moelle à des coupes horizontales faites à diverses hauteurs, on voit qu'elle est formée de substance blanche à l'extérieur et de substance grise intérieurement ; que chaque moitié delà moelle présente un cylindre de substance blanche, que l'on peut diviser en trois cordons, l'antérieur, le latéral et le postérieur (fig. -107, C), mais que ces cordons ne sont pas nettement séparés entre eux (fig. 109) et qu'ils forment, au contraire, une masse unique de tubes nerveux qui s'écartent les uns des autres par moments, pour livrer passage aux racines nerveuses ; que les cordons antérieurs sont réunis, au fond du sillon antérieur, par la commissure blanche ou antérieure, et les cordons postérieurs, au fond du sillon postérieur, parla commissure grise ou postérieure; que la substance grise est composée de trois portions, une ■portion moyenne et deux portions latérales; la portion moyenne représente un long ruban transversal, dans lequel est contenu le canal central de la moelle : Stilling la désigne sous le nom de substance gélatineuse centrale; les deux portions latérales figurent deux demi-cylindres ou gouttières irrégulières, à concavité externe et postérieure, et unies l'une à l'autre par la portion moyenne. Sur une coupe, la portion antérieure de ces gouttières, appelée corne antérieure, est épaisse, arrondie, et se trouve à une distance considérable de la surface de la moelle ; c'est vers le bord convexe de cette corne que se dirigent les racines antérieures des nerfs rachidiens. La portion postérieure, appelée corne postérieure, est plus effilée, plus longue, et atteint presque la surface de la moelle; elle est en rapport avec les racines postérieures, qui semblent partir de son bord interne et postérieur. Il résulte de cette disposition que l'ensemble de la substance grise de la moelle représente assez bien, sur une coupe, un x dont les deux moitiés ou demilunes seraient réunies par un trait horizontal, ou un H dont les branches postérieures seraient un peu divergentes. Des faces latérales de la substance grise on voit partir de minces faisceaux de fibres qui traversent les cordons blancs de la moelle et s'y perdent en divergeant, avant d'atteindre la surface de l'organe. A l'union des cornes antérieures avec les cornes postérieures, ces faisceaux sont plus nombreux et anastomosés en réseau; ils constituent les

Étude de la moelle

par des coupes horizontales.

Cornes antérieures.

Cornes postérieures

Figure

en x de la

substance

grise

vue sur les

coupes.

INÉVR0L0G1E.

Prolongements réticulés.

Tractas

iutermedio lateralis.

Différences de figure

de la

substance

grise sur les

coupes.

prolongements réticulés de Lenhossek (corne latérale, Goll). En avant de ces prolongements, on trouve, dans la région cervicale et dans la portion supérieure de la région dorsale de la moelle, une saillie triangulaire de la substance grise qui va en diminuant de haut en bas : c'est la section du tractus intermediolateralis de Clarke.

Au reste, tandis que le volume de la substance blanche va en augmentant de bas en haut (1), le volume de la masse grise centrale, la longueur et l'épaisseur des prolongements ou cornes qu'elle envoie vers les racines antérieures et postérieures, l'épaisseur de la commissure blanche et de la commissure grise, offrent beaucoup de variétés, suivant le lieu de la coupe. Tandis que dans la région cervicale le diamètre transversal des cornes antérieures est à peine la moitié du diamètre total de la substance blanche qui l'enveloppe, ces mêmes cornes, dans la région lombaire, constituent la masse principale de cette région de la moelle et ne sont revêtues à leur surface que par une mince couche de substance blanche.

Quant à la couche mince de substance grise périphérique admise par Monro sur toute la surface de la moelle, elle a été, jusque dans ces derniers temps, rejetée par tous les anatomistes. Nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser.

Le tableau suivant, tiré de Stilling, permet d'apprécier le volume relatif des diverses parties de la moelle.

(1) Au niveau des renflements lombaire et brachial, l'augmentation de volume est due en partie aux racines nerveuses qui traversent la substance blanche.

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