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FONCTIONS DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

La moelle épinière est un organe complexe, qui remplit deux ordres de fonctions bien distincts : 1° elle transmet au cerveau les impressions venues de la périphérie, et aux muscles les ordres qui partent de l'encéphale ; 2° elle agit comme centre indépendant d'innervation.

\° Comme organe de transmission, la moelle pourrait être considérée jusqu'à un certain point comme le tronc commun de tous les nerfs rachidiens. Mais il est certain que les fibres des racines rachidiennes ne se réfléchissent pas simplement • de bas en haut, au niveau de leur insertion sur la moelle, pour se continuer avec celles des cordons blancs de cet organe. Un très-grand nombre, si ce n'est toutes, aboutissent aux cellules de la substance grise, d'où partent ensuite de nouvelles fibres, propres à la moelle et établissant la communication entre ces cellules et l'encéphale. La substance grise intervient donc également dans les phénomènes de transmission. Ces fibres de transmission, qui font partie des cordons blancs, paraissent être inférieures en nombre à celles des racines nerveuses, de sorte que chaque fibre des cordons répondrait à plusieurs fibres des racines ; cela est d'autant plus probable qu'il résulterait des expériences physiologiques et d'un grand nombre de faits pathologiques qu'une portion des fibres médullaires sert à unir entre elles les cellules placées à diverses hauteurs de la moelle.

Artères médianes.

Artères radiculaires.

Artères périphériques.

Fonctions delamoelle.

Comme organe de

transmission.

NEVROLOGIE.

Cordons blancs.

Substance grise.

Effets

des

excitations.

Entre - croisement.

Comme centre nerveux.

Pouvoir réflexe.

La transmission des diverses espèces d'excitations s'opère dans la moelle par des voies déterminées.

« Les faisceaux blancs antérieurs, dit Longet, et les faisceaux blancs posté- « rieurs de la moelle, ont des propriétés entièrement distinctes. La motricité « est l'attribut exclusif des premiers; la sensibilité est l'attribut exclusif des « seconds.

« Quant à la substance grise delà moelle, qui n'a ni sensibilité ni motricité, « on doit lui accorder « un pouvoir conducteur sous le double rapport de la trans- « mission des impressions et de la transmission des ordres de la volonté, » mais sans « déshériter ni les faisceaux postérieurs de tout rapport avec les percep- « tions, ni les faisceaux antérieurs de tout rapport avec la volition (1). »

Dans ses rapports avec la sensibilité, la substance grise, d'après Schiff, serait chargée exclusivement de transmettre les impressions de douleur, tandis que les cordons blancs postérieurs seraient chargés de la transmission des impressions de contact.

Quant aux cordons latéraux, que Ch. Bell supposait affectés exclusivement aux actes respiratoires, ils doivent être considérés comme moteurs; mais il n'est pas démontré qu'ils n'interviennent point dans les mouvements volontaires.

La substance grise est insensible à l'action des excitants. L'excitation des cordons antéro-latéraux détermine des contractions musculaires; celle des cordons postérieurs produit de la douleur et peut, par voie réflexe, donner naissance à des mouvements. Mais il résulte des expériences de Brown-Séquard que la substance grise intervient nécessairement comme organe de transmission des excitations portées sur les cordons postérieurs.

Ces données sont encore loin d'être complètement satisfaisantes.

La transmission des ordres de la volonté par la moelle épinière se fait d'une manière directe, dans le fonctionnement normal et physiologique de cet organe. Cependant il résulte des expériences de Brown-Séquard, de Schiff et de Vulpian, que les incitations motrices provoquées artificiellement dans un des faisceaux antérieurs de la moelle se propagent également, mais à un degré beaucoup plus faible, aux racines antérieures du côté opposé.

Quant à la transmission des impressions sensitives, Longet est disposé à admettre, avec beaucoup de physiologistes, qu'elle est croisée, mais que cet entre-croisement est incomplet; quand on a sectionné une des moitiés de la moelle, il reste dans le membre du côté opposé une certaine sensibilité, qui est due à des éléments conducteurs directs.

2° Comme centre nerveux, la moelle épinière jouit du pouvoir réflexe et exerce son action sur un certain nombre d'organes.

Le pouvoir réflexe, que la moelle partage avec certaines parties de l'encéphale, est cette faculté de transformer une impression transmise parles nerfs sensitifs en une incitation qui se porte sur les nerfs moteurs, sans la participation de la volonté. Ce pouvoir a son siège dans la substance grise de la moelle ; il implique nécessairement l'existence de communications entre les racines des nerfs sensitifs, qui amènent l'excitation, et les cellules des cornes antérieures, d'où partent les incitations motrices, que ces communications soient directes, ou qu'elles aient lieu par l'intermédiaire des cellules sensitives. Les conclusions

(I) Longet, Traité de Phys., 3° édit., t. III, p. 352-354.

MOELLE EPIN1ERE

suivantes, formulées par Pfluger (1), peuvent, traduites en langage anatomique, donner une idée approximative des connexions entre un certain nombre des cellules de la moelle.

« 1° Lorsque l'irritation d'un nerf sensitif ne produit des mouvements réflexes « que dans les muscles d'une seule moitié du corps, ces mouvements ont lieu « constamment dans la moitié du corps qui correspond au nerf irrité.

« 2° Quand une excitation d'un nerf sensitif a produit des mouvements ré- « flexes dans les muscles du même côté, si les muscles de l'autre côté entrent « aussi en contraction, ce seront ceux qui correspondent aux précédents.

« 3° Si une excitation d'un nerf sensitif détermine des contractions réflexes « dans les muscles des deux côtés, et si le mouvement est plus fort dans une " moitié du corps, ce sera toujours dans celle qui correspond au nerf irrité.

« 4° Quand l'excitation d'un nerf sensitif, après avoir déterminé des con- « tractions dans les muscles dont les nerfs moteurs naissent de la région de « la moelle où se termine le nerf excité, provoque des contractions dans « d'autres muscles, cette excitation se propage toujours à des muscles animés « par des nerfs naissant de racines plus rapprochées de l'extrémité céphalique « de la moelle.

« b° Les mouvements réflexes sont locaux ou généraux. Ceux qui sont locaux « ont lieu par l'intermédiaire des racines motrices situées au môme niveau que « les racines sensitives excitées, ou des nerfs qui ont leur origine dans la moelle « allongée. » (Longet, loc. cit., t. II, p. 261.)

C'est à l'action directe de la moelle que les muscles doivent cette propriété Tonicité particulière désignée sous le nom de tonicité. Quand les muscles sont soustraits à cette action, ils cessent de faire équilibre à leurs antagonistes, les sphincters se relâchent, les membres se dévient de leur position normale, etc.

C'est de la moelle que partent directement ou indirectement, par le grand innervation sympathique, tous les nerfs moteurs des muscles involontaires, particulièrement les nerfs vaso-moteurs, si répandus. C'est ce qui explique l'influence trèsmarquée que la moelle épinière exerce sur les mouvements du cœur et la circulation, sur le canal intestinal, la vessie et les organes génitaux, influence qui dépend évidemment des amas ou noyaux de substance grise qu'elle renferme. Enfin la moelle paraît être le point de départ de nerfs modérateurs. Pour Nerfs mode l'examen de ces diverses fonctions, qui ne saurait trouver place ici, nous ren- rateursvoyons le lecteur aux ouvrages de physiologie.

des muscles involontaires.

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