SECTION IL — DES ARTÈRES EN PARTICULIER
A. — Artère pulmonaire.
L'artère pulmonaire est la veine
artérieuse des anciens.
Son origine.
Sa division.
Cordon qui
estlevestige
du canal
artériel.
Ses ■valvules
sigmoïdes.
"Variétés
dans le nombre des valvules.
Des trois festons
d'origine de
l'artère pulmonaire.
Préparation. Pour injecter l'artère pulmonaire, le tube à injection sera introduit dans l'une des veines caves et une ligature appliquée sur l'autre.
V artère pulmonaire, nommée par les anciens veine artérieuse, parce que, offrant tous les attributs extérieurs des artères, elle renferme du sang noir, s'étend du ventricule droit aux poumons. Elle naît du prolongement infundibuliforme du ventricule droit et se dirige en haut et à gauche, en croisant l'aorte, au devant de laquelle elle est située et qu'elle embrasse par sa concavité. Parvenue au côté gauche de cette artère, après 28 ou 30 millimètres de trajet, elle se divise, en avant et un peu au-dessous de la bifurcation de la trachée, en deux branches, qui se portent transversalement, l'une à droite, pour le poumon droit, l'autre à gauche, pour le poumon gauche, et s'y terminent en se divisant. De l'angle de bifurcation de l'artère pulmonaire, ou plutôt de la partie supérieure de la branche gauche, naît un cordon, vestige du canal artériel du fœtus, qui suit la direction première de l'artère et va se rendre à la concavité de la crosse de l'aorte, un peu au-dessous de l'origine de l'artère sous-clavière gauche. Ce cordon a de 6 à 8 millimètres de longueur et 3 millimètres environ de diamètre.
A son origine, l'artère pulmonaire est recouverte par les fibres les plus élevées de l'infundibulum du ventricule droit et pourvue intérieurement de trois valvules sigmoïdes, une antérieure et deux postérieures, soupapes mobiles qui, en s'abaissant, obturent complètement la lumière du vaisseau. Il n'est pas rare de rencontrer quatre valvules sigmoïdes, dont une très-petite, à l'origine de l'artère pulmonaire. J'ai vu un cas dans lequel il n'y avait que deux valvules, mais assez considérables pour obturer le vaisseau. Il est bien remarquable que de semblables variétés anatomiques s'observent bien plus rarement sur les valvules sigmoïdes de l'aorte.
Une dissection attentive permet de reconnaître que l'artère pulmonaire, dont la paroi a environ un millimètre d'épaisseur, est découpée à son origine en trois festons correspondant aux valvules sigmoïdes, et qu'elle tient au tissu du cœur 1° par sa membrane interne, prolongement de celle qui tapisse les cavités droites du cœur ; 2° par un prolongement fibreux détaché des anneaux fibreux et qui va se fixer au bord convexe des trois festons et dans leurs intervalles anguleux. ,
Rapports et direction de l'artère pulmonaire. Convexe en avant et à gauche, l'artère pulmonaire est recouverte par le feuillet séreux du péricarde, dont elle est
pulmonaire gauche;
2° Du tronc
pulmonaire
droit.
souvent séparée par du tissu adipeux ; concave en arrière et à droite, elle répond à l'aorte, qu'elle embrasse. Les deux auricules, la droite et la gauche, correspondent à ses parties latérales.
La branche pulmonaire gauche, située au-dessus de l'oreillette gauche, a une 1° du tronc longueur d'environ 3 centimètres ; elle répond, en arrière, à la bronche gauche, dont elle est quelquefois séparée par l'artère bronchique, et médiatement à l'aorte descendante. En avant, le feuillet séreux du péricarde la recouvre, excepté au voisinage des poumons, où les veines pulmonaires viennent se placer au devant des divisions du vaisseau artériel.
La branche pulmonaire droite, un peu plus volumineuse que la gauche, a près de 4 centimètres de longueur. Elle passe dans la concavité de la crosse aortique au-dessus de l'oreillette droite et répond, en avant, à la veine cave supérieure et à la partie ascendante de l'aorte, qui la croisent perpendiculairement ; ce rapport est immédiat, car le feuillet séreux du péricarde revêt et l'aorte et la portion correspondante de l'artère pulmonaire. En arrière, elle répond à la bronche droite, qui lui est parallèle.
Développement . Chez le fœtus, le cordon fibreux que nous avons vu partir de l'angle de séparation des deux branches pulmonaires est remplacé par un canal, canal artériel, dont le calibre égale, à peu de chose près, celui du tronc de l'artère pulmonaire et dont la direction est la même, tandis que les branches que ce tronc fournit aux poumons, alors peu développées, sont très-petites. A la naissance, le sang qui vient du ventricule droit passe en totalité dans les poumons et cesse de traverser le canal artériel, qui s'oblitère. Suivant Henle, cette oblitération n'est jamais j complète, et même chez le vieillard on trouve toujours, à la partie centrale du cordon fibreux, un canal très-ténu, dont les parois ont la structure des artères.
Bu canal artériel.
B. — Artère aorte.
Préparation. L'aorte peut être étudiée sans le secours des injections. Pour la préparer sur le sujet injecté, il faut prolonger jusqu'au pubis la section médiane qui a été nécessaire pour l'injection ; désarticuler les clavicules ; écarter fortement, jusqu'à produire la fracture de quelques côtes, la moitié droite de la moitié gauche du thorax, et maintenir l'écartement à l'aide d'une pièce de bois en chevalet ; couper en travers les parois abdominales et renverser à droite le poumon gauche.
L' 'aorte (du mot grec àcçri, artère), arteria magna, arteriarum omnium mater, origine commune de toutes les artères du corps humain, naît du ventricule gauche et se termine, en se bifurquant, au niveau de la quatrième vertèbre lombaire.
Situation. Elle est profondément située dans les cavités thoracique et abdominale, le long de la colonne vertébrale, qui lui sert tout à la fois de support et de moyen de protection. Chez les animaux, l'aorte se prolonge le long de la région caudale de la colonne vertébrale, qui lui fournit une gaine ou un canal osseux distinct du canal de la moelle épinière.
Direction. Immédiatement après son origine, l'aorte se projette à droite, pour se porter presque aussitôt en haut, en décrivant une légère courbe dont la convexité est à droite et en avant, et la concavité à gauche et en arrière. Sortie du péricarde, elle change de direction, se recourbe brusquement, pour se porter presque horizontalement,de droite à gauche et d'avant en arrière, sur
Limites de l'aorte.
Sa situation
le long du rachis.
curviligne à son origine.
Elle devient verticale et descendante.
Son calibre.
Des sinus de l'aorte.
Différence
de calibre
suivant les
sujets.
Division de l'aorte.
la partie latérale gauche de la colonne vertébrale, au niveau de la troisième vertèbre dorsale ; là, elle se recourbe une troisième fois et devient verticale et descendante. Parvenue au diaphragme, elle s'incline un peu à droite, pour gagner la ligne médiane et traverser l'anneau ou plutôt le canal que lui forment les piliers du diaphragme. A partir de ce point jusqu'à sa terminaison, elle occupe la partie moyenne de.la colonne lombaire (Voy. fig. 2, 14 et 15) (1).
Calibre. Le calibre de l'aorte n'est pas le même dans les différents points de sa longueur ; il va en diminuant progressivement de haut en bas, mais cette diminution n'est poinl en raison directe du nombre et du volume des branches que fournit le vaisseau.
Ainsi le calibre de l'aorte à son origine, comparé à celui de la même artère à sa terminaison, est, en général, comme 5 est à 3 ; d'autre part, le tronc qui résulterait de la réunion des branches collatérales fournies par l'aorte serait d'un calibre de beaucoup supérieur à celui de ce vaisseau (2).
A son origine, l'aorte est pourvue de trois valvules sigmoïdes, analogues à celles de l'artère pulmonaire, mais plus solidement constituées : deux sont antérieures, la troisième postérieure. Elle présente, à ce niveau, trois ampoules, qui répondent aux valvules sigmoïdes et qu'on appelle sinus de l'aorte. Ces ampoules sont constantes et empêchent les valvules de s'appliquer, en se relevant, contre la paroi de l'artère. Il faut bien les distinguer d'une dilatation que présente, chez les vieillards, la crosse de l'aorte du côté de sa convexité, et qu'on a appelée grand sinus de l'aorte : cette dilatation est essentiellement le produit de l'impulsion du sang.
Du reste, le calibre de l'aorte diffère beaucoup suivant les sujets, même en l'absence de toute lésion organique appréciable. Ainsi, j'ai vu un sujet dont l'aorte présentait 126 millimètres de circonférence au niveau de la crosse et 67 millimètres au niveau de son extrémité inférieure, tandis que le calibre ordinaire de l'artère près de son origine est représenté par ce dernier chiffre.
Il est à remarquer que l'épaisseur des parois de l'aorte n'est nullement en rapport avec son calibre.
On divise l'aorte en trois portions : la crosse de l'aorte, l'aorte thoracique et l'aorte abdominale. Ces deux dernières sont désignées collectivement sous le nom d'aorte descendante.