CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE LARYNX
Le larynx est une cavité à pièces mobiles, d’une forme difficile à déterminer , et qui occupe la région antérieure et supérieure du cou. Situé sur la ligne médiane , symétricpie par conséc|uent et régulier comme tout ce qui sert à la vie animale , il termine en haut la trachée-artère, avec la partie inférieure de laquelle il contraste évidemment. En effet, cette partie , que forment les bronches , destinée seulement à la vie organicpie, offre une irrégularité manifeste de ruii et de rautre cotés : chaque moitié du larynx ressemble à l’autre ; une bronche diffère au contraire beaucoup de celle du côté opposé. J’ai fait
remarquer aiileiirs que la symétrie du larynx est nécessaire à riiarmoiiie de ses fonctions , et qu’une
Yoix fausse serait Finévitable résultat d’une discor-
dance d’organisation dans les deux côtés , ou d’une inégalité de forces dans les muscles qui meuvent latéralement ses cartilages. Il est inférieur à l’os hyoïde , auquel il se fixe , superficiel et presque entièrement interne en devant, appuyé en arrière sur la colonne vertébrale , dont le sépare seulement le
pharynx.
Destiné, d’un côté, à donner continuellement passage à'I’air dans la respiration , qui, jusqu’à un certain point, est involontaire, et ne devant, d’un autre côté, servir à la production de la voix que sous l’influence de la volonté , ainsi que je l’ai observé plus haut , le larynx nous offre une structure accommodée à ces deux phénomènes fort différons. Plusieurs cartilages réunis fortement sa cavité, et empêchent par leur élasticité quelle soit jamais fermée; ce qui assure à l’air un passage libre. De plus , à ces cartilages mobiles les uns sur les autres s’attachent des muscles particuliers dont la contraction volontaire peut augmenter ou diminuer la largeur de cette cavité , conditions nécessaires pour que la voix soit produite. Un de ces cartilages, fort différent des autres pour la structure, peut oblitérer momentanément la cavité en s’abaissant sur son ouverture. Enfin, une membrane muqueuse, prolongement de celle qui a tapissé la bouche, recouvre intérieurement toutes ces parties, et va se continuer dans l’organe pulmonaire, en suivant toutes les ramific a t i 0 1 ! s 1 } r o n c h i q u e s .
DU LARYNX ET DE SES DÉPENDANCES. 38 î
Différences du Larynx relativement aux individus y
au sexe y etc.
La grandeur du larynx n’est pas ^ en général , variable suivant la stature : tel individu très-petit ^ en porte souvent un égal à celui d’un individu de taille très-élevée ; remarque qui s’accorde très-bien avec la différence de la voix, dont la force ou la faiblesse n’est point en raison de la stature.
Un objet essentiel de reclierclies serait de comparer les différentes espèces de voix avec l’organisation différente du larynx. Certainement la taille , la basse-taille, la haute-contre, etc., présentent quelque chose dans la structure laryngée qui correspond aux timbres particuliers et si différens de leurs sons. Je n’ai pas pu m’occuper de ces recherches , et je doute qu’on puisse le faire en grand, par l’impossibilité de connaître le plus souvent quel a été le genre de voix des sujets dont les cadavres sont soumis à nos dissections. Mais ce qu’il m’a été facile de vérifier, c’est le rapport qui existe entre les organes vocaux des deux sexes et la structure de leur larynx.
Les différences de la voix de l’homme et de la femme ont été observées de tout temps, il était facile d’en conclure une différence réelle dans l’organe qui la produit. Les auteurs y ont fait cependant peu d’attention , et ont négligé l’examen comparatif du larynx dans les deux sexes.
Une grande disproportion de volume distingue, au premier coup-d’œiî , le larynx dans i’un et l’autre sexe : celui de fhomme est très-étendu et très-large; celui de la femme , plus rétréci , n’a guère que les
appareil de la voix.
deux tiers du volume de celui-ci ; souvent meme il n en pi esente que la moitié. Cette disproportion est indépendante de la stature : une grande femme et un petit homme la présentent comme deux indi« vidus de taille égale , ou comme un homme de haute stature et une petite femme. On la retroute dans toutes les parties du larynx, et meme dans les organes c|ui 1 avoisinent, comme la trachée-artère, ios hyoïde et ses dépendances. Elle est constante, et s observe toujours lorsqu’on rapproche les uns des autres plusieurs larynx des deux sexes, comme j ai toujours eu soin de le faire.
Quant à la forme générale du larynx, elle est à peu près la même, ou au moins se rapproche beaucoup plus que le volume. Cependant, en plusieurs endroits, on observe encore une distinction dans les deux sexes. i°. En devant, les deux lames du thyroïde sont beaucoup plus obliques et moins écartées proportionnellement chez l’homme cpie chez la femme. De là, il résulte qu’elles forment chez le premier, en se réunissant antérieurement , une saillie beaucoup plus considérable au-dessous des tégumens, et un angle beaucoup plus aigu; tandis que chez la seconde cet angle est extrêmement obtus. On a observé de tout temps cette différence de saillie. L’échancrure qui la termine en haut est superficielle, peu prolongée et arrondie chez la femme; elle se prolonge beaucoup inférieurement chez l’homme, et se termine par un angle fort aigu; disposition qui tient à la même cause, c est-à-dire à la différence de saillie antérieure. Le cartilage cricoïde n’offre en devant aucune diffé-
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rence de forme chez riiomme et chez la femme. 2®. En arrière 3 oo ne distingue guère que par le volume le larynx des deux sexes : cependant ^ comme les deux portions du thyroïde sont plus écartées Fune de Fautre chez la femme ^ il en résulte ici plus de lar geur relative dans les espaces triangulaires qui séparent ce cartilage d’avec la cavité propre du larynx. 3^. En haiit^ le larynx est surmonté chez l’homme par un os hyoïde beaucoup plus large et plus épais que chez la femme. L’épiglotte est aussi plus large, plus saillante supérieurement et plus épaisse; sa forme est absolument la même. La glotte est également de meme forme, et ne se distingue que par ses dimensions. Gomme les cartilages aryténoïdes sont plus longs chez Fhomme et par conséquent plus élevés, les ventricules du larynx se trouvent plus profondément situés et plus éloignés de Fouverture extérieure. En bas, la largeur plus grande de la circonférence du cricoïde est la seule différence que le larynx présente chez Fhomme. On peut remarquer que la trachée-artère correspond à Fétat de Forgane vocal, et €|ue sa largeur chez la femme est beaucoup moindre.
Il résulte des faits précédeiis c[ue la forme du larynx, quoique un peu différente dans les deux sexes, ne parait pas, non plus que sa texture, qui est la même, être la cause essentielle de la différence du timbre vocal, différence qui parait tenir beaucoup plus à la disproportion frappante de grandeur qui existe dans cette cavité. Nous verrons «que, chez l’enfant, le caractère particulier de la voix ne paraît pas tenir à une autre cause-