‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier Bichat (volume 2)Chapitre 28 sur 61 · PARTICULIER · texte numérisé non relu

PARTICULIER

On peut distinguer dans le larynx lo les cartilages cpü forment essentiellement sa cavité et la rendent solide, 2^ les liens ligamenteux qui les unissent, 3° les muscles qui sont les ageos actifs de la voix par les mouvemens qu’ils impriment aux cartilages, 4^ les corps glanduleux situés a^i voisinage de cette cavité, 5® la membrane qui la tapisse intérieurement. Les quatre premiers genres de composans doivent être examinés en détail : la membrane, composant commun, sera décrite avec le larynx considéré en totalité.

§ Pb Cartilages du Laiynx.

Ils sont au nombre de cinq. Le premier, large et assez épais, recouvre en devant le larynx, sert aie protéger, mais ne concourt à le former que par l’attache qu’il donne à quelques-uns de ses muscles : c’est le thyroïde. Le second, nommé cricoïde, vraiment annulaire, forme la partie solide de la cavité. Deux, aryténoïdes situés en arrière^

beaucoup plus petits que les autres , donnent à la glotte la mobilité qui en fait le siège de la voix. Enfin \ épiglotte J qui est un véritable fibro-cartilage ^ n’a pour usage que de fermer momentanément le larynx.

DU LARYNX ET DE SES DEPENDANCES. 385 Cartilage thyroïde.

Il occupe la partie antérieure et latérale du larynx. Il est plus étendu transversalement que de haut en bas^ et plus large supérieurement qu’inférieurement. Il résulte de deux portions latérales et obliques unies en devant, où leur point de réunion forme un angle aigu plus ou moins saillant qui répond à la ligne médiane et devient apparent au-dessous des tégumens. Bifurquée en haut, cette saillie anguleuse est simple et arrondie en bas. Chacune des portions qui lui sont latérales offre en devant une surface presque plane, légèrement concave, recouverte principalement par le muscle tbyro-hyoïdien. Une ligne oblique et assez saillante borne en dehors cette surface plane, et donne attache à ce muscle, au sterno-tbyroïdien et au constricteur inférieur. Derrière elle est une petite surface recouverte par ces deux derniers.

En arrière, le thyroïde offre sur la ligne médiane un angle rentrant répondant à l’angle saillant antérieur, et sur lequel se fixent le ligament de la glotte et les muscles thyro-aryténoïdiens. Sur les côtés , deux surfaces planes dirigées en arrière et en dedans, correspondent en haut à ces muscles, dont un tissu cellulaire graisseux les sépare; en bas, aux cricoaryténoïdiens latéraux, et à quelques fibres des crico-thyroïdiens qui s’y fixent.

Quatre bords terminent les deux surfaces du thyroïde. Le supérieur, plus considérable, donnant partout attache à la membrane thyro-hyoïdienne ,

offre au milieu l’échancrure qui surmonte l’angle de réunion des deux pièces, s’arrondit sur les côtés, devient presque horizontal en dehors, présente une saillie légère correspondant à la ligne oblique externe, et au-delà se termine par une appendice dont nous parlerons.

Le bord inférieur, moins long, concave sur la ligne médiane, offre d’abord sur les côtés deux saillies convexes correspondant à la fin de la ligne oblique externe, puis deux enfoncemens. Il donne attache à la membrane crico -thyroïdienne et aux muscles crico-thyroïdiens.

Les bords postérieurs, dirigés obliquement , appuyés sur l’épine, un peu concaves en haut et convexes en bas, donnent attache à quelques fibres des stylo- et palato-pharyngiens. En haut une appendice arrondie [ grande corne du cartiiage thyroïde ), plus ou moins longue, obliquement dirigée en arrière, surmonte chacun de ces bords, et tient par un ligament à l’extrémité de la grande corne de l’hyoïde. En bas , une appendice également arrondie corne du cartilage thyroïde), un peu

triangulaire, beaucoup plus courte, dirigée un peu en avant, termine aussi chaque bord ,et s’articule par son sommet avec le cricoïde.

Cartilage cricoïde.

Il occupe la partie inférieure et postérieure du larynx, dont il forme spécialement la cavité par sa disposition annulaire. Etroit en devant , où le thyroïde le supplée en partie, il s’élargit beaucoup en

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arrière, où il forme seul la portion solide du larynx. Sa surface externe offre, en devant et au milieu, une convexité qui est soiis-cutanée. Plus en dehors, elle s’élargit etdonne attache aux crico-thyroïdiens. Plus loin , elle est recouverte par le thyroïde, et présente une petite surface arrondie destinée à son articulation avec ce cartilage. En arrière, elle s’élar^^it considérablement, devient à peu près quadrilatère, et présente sur la ligne médiane une saillie perpendiculaire qui se trouve à nu sous la membrane du pharynx, et sur les côtés deux dépressions marquées auxquelles se fixent les crico-aryténoïdiens postérieurs. La surface interne, concave, étroite en devant, large en arrière, est tapissée par la membrane du larynx.

La circonférence supérieure présente en devant une échancrure large et arrondie à laquelle s’attache la membrane crico-thyroïdienne; en dehors l’insertion des crico-aryténoïdiens latéraux; en arrière, où elle devient plus élevée et saillante, elle offre deux surfaces articulaires, obliques , étroites convexes, articulées avec les aryténoïdes, et entre lesquelles elle est contiguë à Faryténoïdien. La circonférence inférieure , moins inégale, convexe en devant, puis un peu concave, ensuite de nouveau convexe au niveau de la facette articulée avec le thyroïde, enfin un peu échancrée en arrière à la terminaison de la ligne saillante postérieure, est unie au premier anneau de la trachée-artère par une membrane semblable à celle qui joint les autres anneaux, et en arrière donne attache à la membrane trachéale, postérieure.

Cartilages aryténoïdes.

Ils sont beaucoup plus petits que les précédens , au nombre de deux, placés à la partie postérieure du larynx, sur le cricoïde, qu’ils débordent un peu en dedans. Ils concourent principalement par leur mobilité à augmenter ou à diminuer l’étendue de la glotte, et par là même à la production de la voix. Leur forme est pyramidale et triangulaire. Chacun offre une face postérieure, concaA^e, où se fixe l’aryténoïdien; une face antérieure, concave aussi, surtout en bas, et correspondant à une portion de la glande aryténoïde ; une face interne , revêtue de la membrane laryngée, de forme plane, perpendiculaire, disposée de manière à toucher pourtant celle du cartilage opposé, lorsque tous deux sont rapprochés l’un de l’autre. Ces surfaces sont réunies par trois bords, run interne, l’autre externe, le troisième antérieur: celui-ci offre souvent quelques inégalités sensibles. La base des aryténoïdes offre , en arrière, une surface articulaire, concave, ovalaire , revêtue d’une synoviale , dirigée en bas et en dehors, correspondant à une surface analogue du cricoïde ; en devant, une éminence assez considérable, triangulaire, dont la saillie interne commence à former la glotte en arriéré, qui quelquefois forme un petit cartilage isolé et distinct, et qui toujours donne attache au ligament aryténo- thyroïdien. Le sommet des aryténoïdes, très-mince, incliné en dedans, est ordinairement surmonté d’un petit noyau cartilagineux , distinct , placé dans la membrane la-

ryîigée , et uni au cartilage par un prolongement du périchondre.

Tous les cartilages du larynx ont une structure commune. Leur tissu, extrêmement solide et épais, leur couleur grisâtre, et non pas éclatante comme celle des cartilages articulaires, les rapprochent beaucoup de l’état osseux. Ils y tendent même trèssensiblement par les progrès de Fâge : toujours on les trouve entièrement osseux chez le vieillard, surtout le thyroïde et le cricoïde. Avant cette époque même , on rencontre presque toujours dans leur intérieur des points rougeâtres , noyaux d’une ossification commençante et souvent déjà très-étendue. Alors aussi une substance aréolaire, analogue à la spongieuse , s’y forme, et contient un petit système médullaire dont j’ai souvent exprimé une quantité sensible d’huile analogue à celle de l’extrémité des os longs et de la totalité des plats et des courts; disposition qui, ainsi que je l’ai dit dans X Anatomie générale, leur donne beaucoup de tendance àha carie.

Fibro-cartllage epigiottlqae [épiglotte).

Il n’a point les mêmes usages que les précédens. Situé à la partie supérieure du larynx , intermédiaire à lui et à la langue , il a une direction variable : perpendiculaire dans l’état ordinaire , il empêche les alimens de s’introduire dans les voies respiratoires au moment de la déglutition, où il devient en partie horizontal. Sa forme arrondie , aplatie , large et un peu recourbée en haut du côté de la langue , rétrécie en pointe en bas, l’a fait comparer à une feuille

de pourpier. On le divise en face linguale , face laryngée, et circonférence, i®. La face linguale, concave de haut en bas, convexe transversalement, est recouverte dans sa partie supérieure par la membrane muqueuse de la bouche , qui , en abandonnant la langue , forme trois replis qui se portent sur ce cartilage. Le moyen , très-marqué, se prolonge sur cette face linguale. Les latéraux , plus lâches , viennent se perdre à la circonférence. Le premier, tendu quand l’épiglotte est abaissée, doit bien concourir un peu à la relever lorsque le mouvement de la langue l’entraîne en avant; mais lorsqu’on coupe ce repli, on voit que l’épiglotte, par sa disposition propre, tend à reprendre sa direction perpendiculaire, indépendamment de tout organe accessoire : les deux autres replis sont nuis dans les mouvemens de ce cartilage. Dans sa partie inférieure , l’épiglotte est séparée de la membrane thyro-hyoïdienne par le tissu de nature particulière qu’on nomme glande épiglottique , 2®. La face laryngée est convexe de haut en bas, transversalement concave, tapissée dans toute son étendue par la membrane du larynx. 3^. La circonférence, libre supérieurement, est fixée inférieurement parle repli de la membrane muqueuse qui va de là se rendre aux aryténoïdes. En bas, où ses deux côtés forment un angle aigu à leur réunion, elle tient à l’angle ren- ‘ttrant du thyroïde, de la manière que nous indiquerons.

Ce fibro-cartilage, plus épais en bas qu’en haut, sur la ligne médiane que sur les côtés, appartient essentiellement à la classe des fibro-cartilagesmem-

DU LAllYJVX ET DE SES DÉPEADAJNCES. SqI

braneux dont j’ai indiqué les caractères d’organisation dans X Anatomie généi'ale. Ses deux surfaces, la laryngée spécialement, offrent un grand nombre de petits trous semblables à des piqûres d’épingle , et où se logent des glandes : ils sont fermés par la membrane muqueuse; on les voit très-bien en enlevant celle-ci; plusieurs communiquent d’une surface à l’autre.

§ II. Articulations du Larynx.

Lés cartilages du larynx sont unis, soit entre eux, soit avec les parties qui les avoisinent, par des liens fibreux et membraneux. Nous n’examinerons ici que les ligamens du premier mode articulaire; les autres appartiennent à la description du larynx considéré en général.

Articulation crico - thyroïdienne. Le thyroïde s’unit au cricoïde en devant et sur les côtés. Dans le premier sens, une membrane {jnembrane crico-thyroïdienne) part de la portion du bord supérieur du cricoïde comprise entre les deux aryténoïdes, et va d’abord se fixer aü milieu du bord inférieur du thyroïde, puis abandonne ce cartilage et se perd insensiblement de chaque côté, en s’unissant à la membrane muqueuse , quelle fortifie. Large de haut en bas dans son milieu , cette membrane se rétrécit en dehors, où elle est moins distincte. Elle est fibreuse, surtout dans le premier sens, où elle offre l’aspect ligamenteux quelle perd dans le second. Recouverte sur chaque côté par les crico-thyroïdiens, elle est sous-cutanée sur la ligne médiane, et répond en ar-

rière à la membrane laryngée. Elle permet des mouvemens très-sensibles du thyroïde sur le cricoïde.

Sur les côtés, 011 trouve deux petites surfaces articulaires appartenant aux prolongemens inférieurs du thyroïde et aux parties latérales du cricoïde, revêtues d’une synoviale lâche et lubrifiée assez abondamment. Ces deux surfaces, susceptibles de glisser facilement l’une sur l’autre, sont assujetties dans leur rapport mutuel par des fibres ligamenteuses fort distinctes. 1°. Un faisceau antérieur naît en devant du prolongement thyroïdien , se dirige obliquement en bas et en avant, et^vient se fixer sur le cricoïde. Un autre, postérieur, vient en arrière du même prolongement, est un peu plus élargi, remonte en divergeant sur les côtés de la partie postérieure du cricoïde, et se fixe audessous des aryténoïdes. 3®. Indépendamment de ces deux faisceaux distincts, quelques autres fibres irrégulières assujettissent l’articulation qui nous occupe.

Articulation crico-arjténoïdienne. Les aryténoïdes sont articulés avec le cricoïde au moyen de deux surfaces obliquement dirigées en dehorset en bas, que revêt une synoviale très-humectée et extrêmement lâche , et que quelques fibres ligamenteuses affermissent dans leur, contour. Les plus remarquables de ces fibres se trouvent en dedans et en arrière , endroit où elles forment un faisceau assez distinct et ordinairement triangulaire. En dehors , elles sont peu apparentes, et paraissent souvent même ne pas exister.

Articulation thyro- aryténoîdienne. Entre chacun des aryténoïdes et le thyroïde , on trouve un

ligament beaucoup plus fort que le précédent , intéressant surtout par rapport aux usages qu’on lui a attribués, et qu’on peut nommer ligament ajyténo-thjroîclien. Il naît de la saillie antérieure de la base de l’aryténoïde, se dirige en avant et en dedans, est formé de fibres parallèles qui, parvenues à l’angle rentrant du thyroïde, s’y fixent en se confondant avec celles du ligament opposé. Recouvert en dehors par le muscle thyi‘o-aryténoïdien, auquel il est uni et qu’il sépare du crico-aryténoïdien latéral, ce ligament répond à la membrane muqueuse dans tout le reste de son étendue, et se trouve logé dans l’inférieur des deux replis nommés cordes vocales. Le repli supérieur ne contient point de fibres dans sa duplicature.

Articulation aryténoïdienne. La membrane du larynx et le muscle aryténoïden sont les seuls moyens d’union des aryténoïdes entr’eux. Quelquefois cependant j’ai observé un faisceau fibreux transversalement placé au-devant du muscle, et pouvant empêcher le trop grand écartement de ces cartilages; mais le plus souvent ce faisceau manque.

Articulation thyro-épiglot tique. L’angle aigu et allongé qui termine en bas l’épiglotte donne naissance à un faisceau fibreux et étroit, long d’un demipouce, embrassé en devant par ce qu’on nomme la glande épiglottique et se fixant à l’angle rentrant du thyroïde, au-dessus de la réunion des deux ligamens aryténo-thyroïdiens.

Articulation aryténo-épiglottique. Aucun corps fibreux n’unit l’épiglotte aux aryténoïdes : seulement deux prolongemens muqueux très-considérables,

formant principalement les parties latérales de l’ouverture supérieure du larynx, vont de la première aux seconds, et peuvent associer leurs mouvemens réciproques.

§ III. Muscles du Larynx.

Le larynx est mu par deux sortes de muscles. Les uns sont communs à lui et à d’autres parties; les autres lui sont propres. Les premiers sont les sternothyroïdiens, thyro-hyoïdiens, constricteur inférieur, et de plus ceuxqui s’attachent à l’os hyoïde , muscles dont les mouvemens se communiquent spécialement au larynx. Les seconds sont les crico-thyroïdiens, les crico-aryténoïdiens postérieurs, les crico-aryténoïdiens latéraux , les thyro-aryténoïdiens et l’aryténoïdien : ces derniers seuls vont ici nous occuper.

Muscle crico 'thyroïdien. Mince, quadrilatère, situé sur le côté et au devant de la partie inférieure du larynx , souvent partagé en deux par une ligne graisseuse. Il s’insère sur les côtés et au-devant du cricoïde, se porte de là obliquement en haut et en dehors jusqu’au bord inférieur du thyroïde, auquel se terminent les fibres internes , ainsi qu’un peu à sa face postérieure; tandis que les externes, plus longues , s’attachent au devant de son prolongement inférieur. Il reste entre lui et son semblable un intervalle où se voit la membrane crico-thyroïdienne. Chacun correspond en devant au sterno-thyroïdien, et au constricteur inférieur, en arrière à la membrane cidessus, et au crico-aryténoïdien latéral.

Muscle crico-aryténoïdien postérieur. Muscle pair,

DU LARYNX ET PE SES DÉPENDANCES. SqS

mince, aplati, triangulaire, situé derrière le larynx. Il se fixe sur la surface qui est latérale à la ligne saillante postérieure du cricoïde. De là, ses fibres se portent, les supérieures, pins courtes, presque transversalement, les suivantes, plus longues, dans une direction de plus en plus oblique en haut et en dehors, jusqu’en arrière de la base de l’aryténoïde, où elles se terminent par de courtes fibres aponévrotiques, entre le crico-aryténoïdien latéral et l’aryténoïdien. Il correspond en devant au cartilage cricoïde , et en arrière à la membrane pharyngienne.

Muscle crico-aryténoïdien latéral. Muscle pair, mince, aplati, allongé, quadrilatère, placé sur le côté du larynx. Il s’implante sur les côtés du bord supérieur du cricoïde, se porte de là obliquement en arrière et en haut, et vient, par de courtes fibres aponévrotiques , se fixer en dehors et en devant de la base de l’aryténoïde. Il est libre en bas, uni et

ro-aryténoï-

dien , séparé en dehors du thyroïde par du tissu cellulail"e , revêtu en dedans par la membrane laryngée.

Muscle thyro-arjténoïdien. Muscle pair, mince, aplati, de forme irrégulière, situé derrière le thyroïde. Il s’insère près l’angle rentrant de ce cartilage, en bas de sa face postérieure, se porte de là en arrière et en dehors en se rétrécissant un peu, et vient s’insérer au devant de l’aryténoïde , au-dessus du précédent, avec lequel il est intimement uni. Il correspond en dehors au thyroïde , en dedans à la membrane laryngée.

Muscle aryténoïdien. Petit faisceau charnu impair,

comme confondu en haut avec le thy

mince et aplati, occupant en arrière l’intervalle des deux aryténoïdes. Il est composé de fibres obliques, dont les unes vont, de la base du droit, se rendre, en s’entre-croisant, au sommet du gauche, et les autres suivent une marche inverse; et de fibres transversales qui s’implantent à la partie moyenne de tous deux. C’est ce qui avait fait admettre deux aryténoïdiens obliques et un transverse. Quelques-tines des fibres obliques passent au-delà des aryténoïdes, et vont se perdre dans le repli de la membrane laryngée qui forme l’entrée du larynx. L’aryténoïdien se trouve entre la membrane pharyngienne et la laryngée.

§ IV. Des Glandes du Larynx.

Il y a trois corps autour des organes du larynx auxquels les anatomistes ont donné le nom de glandes. Ce sont l’épiglottique, les aryténoïdes et la thyroïde.

Glande épiglotiicjue.

Il reste au-devant et au bas de l’épiglotte un espace triangulaire borné en arrière par ce cartilage, en avant par la membrane thyro-hvoïdienne, en haut par la thyro-épiglottique , en bas par la réunion de l’épiglotte avec le thyroïde , sur les côtés par les replis latéraux de la membrane muqueuse qui tapisse les deux espaces restés entre les côtés du thyroïde et le cricoïde. Cet espace est occupé par un corps manifestement celluleux et graisseux dans sa plus grande partie, mais qui inférieurement contient de petits grains glanduleux, tantôt agglomérés, tantôt

isolés, lesquels envoient sensiblement des prolongernens dans les trous dont est percée l’épiglotte. Ces prolongemens paraissent s’ouvHr sur sa surface laryngée, aux orifices qu’on y distingue. Quelquefois ces petits corps glanduleux sont tellement masqués par cette graisse jaunâtre qu’on ne peut les distinguer. Dans tous les cas, la dissection permet de retirer de dedans les trous épiglottiques ces prolongemens, qui y laissent alors des espaces vides. J’ai compté jusqu’à trente de ces espaces que j’avais ainsi rendus libres. Tous les supérieurs contiennent de petits grains isolés et distincts de ceux de la glande épiglottique; car celle-ci et son tissu cellulaire ne correspondent qu’à la moitié inférieure de l’épiglotte. Ces trous ont des grandeurs différentes. Lorsque l’épiglotte est bien exactement isolée de ses deux membranes, on voit qu’ils sont très-réguliers, à bords arrondis , qu’ils percent ce cartilage perpendiculairement et jamais obliquement.

Glandes aryténoïdes.

De chaque côté du larynx , dans l’écartement du repli de la membrane muqueuse qui de l’épiglotte se porte aux aryténoïdes, on trouve un petit corps de nature évidemment glanduleuse , présentant de pétits grains distincts, très-analogues à ceux qui composent la glande lacrymale, d’une couleur ordinairement grisâtre , mais cependant variable. Ce corps a la forme d’une équerre. Sa branche perpendiculaire, arrondie, saillante sous le doigt lorsqu’on saisit le repli où elle se trouve , n’est point logée , comme

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on le dit , dans la concavité antérieure de l’aryténoïde : elle s’en trouve , au contraire , écartée par un petit espace triangulaire , en sorte qu’elle est libre dans le repli , surtout en haut. La branche horizontale côtoie le repli supérieur du ventricule laryngé, et se trouve même un peu logée dans son écartement. Elle se prolonge rarement jusqu’à son extrémité, et paraît toujours moins saillante que l’autre. L’endroit de leur réunion angulaire est audevant de la base de l’aryténoïde. Les grains glanduleux de ce petit corps, de forme irrégulière, paraissent avoir leurs excréteurs terminés sur les côtés de l’ouverture supérieure du larynx ; mais on ne voit point les orifices de ces conduits, comme ceux des conduits précédens. Je remarquerai cependant que ce qui sert à distinguer ceux-ci , c’est que les endroits percés de l’épiglotte rendent transparente la membrane , ce qui fait d’abord croire à un orifice plus grand qu’il ne l’est; car ce n’est qu’au milieu du point transparent qu’on voit en effet l’orifice, qui est trèspetit et souvent à peine sensible.

Il paraît que les deux glandes aryténoïdes ne sont que des glandes muqueuses plus prononcées que celles qui entourent le reste de la membrane laryngée , mais qu’elles ont absolument le même usage.

Glande thyroïde.

La glande thyroïde est un de ces organes dont les usages nous sont absolument inconnus , quoique leur existence constante dans tous les âges, et le grand nombre de vaisseaux qu’ils reçoivent , ne

DU larynx et de ses dépendances.

permettent pas de douter cpi ils n’en aient de trèsimportans. Placé immédiatement au-dessous et audevant du larynx , cet organe doit être décrit à l’occasion de cette cavité , quoicju’on ignore s’il a rapport aux memes fonctions. Il fait naître , ainsi que la rate , les capsules surrénales , etc. , une réflexion que je crois très-importante, savoir, que nos notions sur l’ensemble des fonctions sont nécessairement encore bien imparfaites , et que ce serait se faire illusion que de croire embrasser d’un coupd’œil général le plan de la nature , et en offrir le tableau dans nos classifications physiologiques. En effet, on ne peut douter que les fonctions inconnues de ces viscères ne soient liées à ce plan général, qu’elles n’en fassent essentiellement partie : or, qui sait si leur connaissance ne renverserait point en' partie nos idées actuelles, ou ne les modifierait pas beaucoup? Pourquoi la théorie dn foetus est-elle encore si obscure? parce que plusieurs organes, qui se trouvent chez lui très - développés et trèsactifs, nous échappent dans leurs fonctions, et qu’on peut difficilement s’élever à des résultats généraux là où tous les faits particuliers ne sont pas connus.

Le volume de la glande thyroïde est toujours assez considérable; mais il varie beaucoup suivant les individus. Je ne crois pas meme qu’aucun organe présente des variétés plus fréquentes. J’ai cherché si ces variétés coïncidaient avec d’autres différences générales : je n’ai rien vu dans la stature du corps, dans le larynx, la trachée, les poumons, etc., qui accompagnât constamment ces variétés de volume. La forme de cet organe est assez constante, quoi-

APPAREIÎ, DE LA VOIX

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quelle présente aussi plusieurs variétés particulières. Ainsi, partout il est formé de deux portions distinctes, à peu près pyramidales, occupant les côtés du larynx et de l’extrémité supérieure de la trachéeartère , de manière que leur base épaisse se trouve inférieurement et en devant, tandis que leur sommet pointu est situé en arrière et en haut. L’étendue et la direction de ces deux portions latérales varient suivant les individus. Elles‘Sont réunies en devant par une languette glanduleuse transversale que l’on trouve rarement la meme sur deux sujets à la fois, qui tantôt a beaucoup d’étendue et d’épaisseur , tantôt est courte et extrêmement étroite , ailleurs présente un ou plusieurs tubercules distincts. Rarement elle manque; ce que j’ai vu cependant dans des sujets ou il y avait deux thyroïdes distinctes , une de chaque côté. Elle ne s’étend point au-dessus de la trachée-artère, en sorte que tout le larynx reste libre en devant , presque sous-cutané , et embrassé par la courbe que représentent les deux portions thyroïdiennes latérales unies par ce prolongement moyen.

En devant, la thyroïde répond aux peauciers , sterno-hyoïdiens , sterno-thyroïdiens et omo-hyoïdiens. En arrière et en dehors , elle appuie sur la colonne vertébrale , dont un tissu cellulaire fort lâche la sépare , et où , suivant son volume , elle cache ou laisse à nudes vaisseaux et nerfs qui s’y trouvent latéralement. PI us en dedans , elle recouvre les cotés des premiers anneaux trachéens et des cartilages cricoïde et thyroïde , les muscles cricothyroïdiens, thyro-hyoïdiens et constricteur inférieur. Enfin, tout-à-fait au milieu et sur le devant,

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elle cache les deux premiers anneaux seulement. Un tissu lâche la sépare de toutes ces parties.

Ce corps n’a aucune membrane qui l’entoure. Un peu plus dense et plus serré qif ailleurs^ son tissu cellulaire extérieur semble bien lui former une enve-

loppe , mais il est facile de voir qu’il n’est point organisé en membrane ; c’est comme au pancréas et aux salivaires. Jamais ce tissu immédiatement extérieur à la glande ne se charge de graisse.

Le tissu propre de la thyroïde varie beaucoup en couleur et en densité : il est souvent roime et meme

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d’un brun obscur comme la rate, d’autres fois jaunâtre, grisâtre, plus ou moins mollasse ou compacte. Il n’offre aucun état bien constant sous le rapport de sa densité, qui est cependant moins variable que sa couleur. Lorscju’on divise la glande, on voit ce tissu propre disposé en forme de lobules distincts, comme dans les autres glandes, et agglomérés en lobes plus ou moins volumineux. Cette agglomération n’est jamais aussi sensible que dans les salivaires, le pancréas, etc., excepté cependant dans certains cas d’augmentation de volume sans altération organique, où l’on voit l’extérieur de la glande bosselé et inégal par la saillie différente de ces lobes. Dans l’état ordinaire, on peut les distinguer dans la dissection, parce que les gros troncs vasculaires rampent dans leurs intervalles', cpü , presque effacés au premier coup-d’œil parce que les lobes sont pressés les uns contre les autres, deviennent appareils par le scalpel. Enfin un tissu cellulaire qui n’est jamais chargé dégraissé, très-peu abondant iT. a6

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en comparaison de celui intermédiaire aux lobes des autres glandes, se trouve dans ces intervalles.

Les lobules thyroïdiens sont entremêlés, dans quelques sujets , de vésicules arrondies que remplit un fluide tantôt jaunâtre, tantôt transparent et incolore. L’existence de ces vésicules n’est point sensible dans le plus grand nombre de sujets : il en est beaucoup chez lesquels on ne peut même en découvrir les traces, phénomène qu’il faut probablement attribuer à leur affaissement produit par la diminution du fluide propre, sur la nature duquel on ne sait encore rien. Seulement, en prenant des morceaux de thyroïde fraîchement coupés, on éprouve un sentiment de viscosité particulier, étranger au tact des autres glandes, et qui provient évidemment de ce fluide. En versant un acide sur des tranches de thyroïde, elles blanchissent un peu comme la plupart des autres organes, mais n’ont rien de particulier.

Quoique pourvue d’un grand nombre de vaisseaux, la glande thyroïde a moins de sang habituellement dans son système capillaire que le foie , le rein, etc. J’ai fait remarquer de combien ces deux glandesen restentpénétrées après la mort : ce corps, au contraire, n’en offre que très-peu quand on le coupe par tranches. Il ne rougit qu’une ou deux fois l’eau de macération, qui, rechangée une troisième fois, reste sans être teinte; ce qui tient évidemment â ce que le système capillaire est ici moins abondant : car ce n’est pas par les gros vaisseaux, où le sang est soumis à l’infliience du cœur, mais par le système capillaire, qu’il faut juger de la quantité de sang séjournant habitueilement dans un organe.

Comme la putréfaction est ^ en général , en raisojî de la quantité de sang qui reste dans les organes après la mort, la thyroïde se pourrit moins facilement que la plupart des autres glandes. Ses tranches desséchées sont grisâtres et friables. Exposées à la coction, elles se crispent d’abord un peu avant l’ébullition, elles durcissent beaucoup en se racornissant comme presque tous les solides animaux; mais au lieu de s’amollir ensuite, et de redevenir tendres, comme les muscles, lestendons, les aponévroses, etc., elles continuent à durcir , comme les glandes , par une coction prolongée. L’action des acides et des alcalis ne m’a rien offert de particulier sur le tissu propre de la thyroïde.

Avec quelque soin qu’on ait pu examiner cet organe , on n’y a point découvert de conduits excréteurs. Le fluide qu’il contient , le nombre étonnant d’artères qu’il reçoit , supposent sans doute qu’il sert à d’iinportans usages , quoiqu’on ne puisse les déterminer. On a pensé qu’il fournissait le mucus bronchique ; mais sans aucun fondement solide , puisqu’on ne trouve pas qu’il communique avec les bronches. L’emphysème dont il devient quelquefois le siège ne prouve rien; car l’air est contenu dans le tissu cellulaire qui entoure les lobules glanduleux, et s’y introduit par suite de sa diffusion générale dans tout le tissu cellulaire du cou. Quand on plonge dans une partie quelconque de la thyroïde un chalumeau, et c|u’on souffle avec force, le plus souvent elle s’enfle en totalité et présente ainsi un véritable emphysème artificiel. Cette expérience déjà faite m’a presque toujours réussi ; elle manque cependant dans

DU LARYIVX

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Certains sujets. L’air n’est point, comme on l’a dit, contenu alors dans les vésicules, mais bien dans les interstices cellulaires ; il suit le trajet des troncs vasculaires.

La thyroïde offre quelques différences suivant les sexes. Plus volumineuse, en général, chez la femme, elle fait en devant, de chaque côté , un peu plus de saillie, ce qui concourt à diminuer relativement celle du cartilage. Chez l’homme, au contraire, les deux parties latérales de la thyroïde , plus minces et plus aplaties proportionnellement , sont comme enchâssées sur les côtés du larynx , au-dessous de la ligne oblique externe que présente le cartilage thyroïde. Au reste, on trouve sur ces objets tant de variétés , que cette différence selon le sexe est souvent assez peu prononcée.

Les différences selon l’âge sont en petit nombre. La thyroïde a plus de volume proportionnel chez le fœtus et l’enfant que chez l’adulte. Sa saillie en devant est très-marquée dans le premier âge : en général , elle a à cette époque une couleur brunâtre et très-foncée ; mais il s’en faut de beaucoup que son excès de volume proportionnel soit comparable à celui que le thymus, les capsules surrénales, etc., etc. , offrent alors , et il n’est point meme assez marqué pour que nous puissions croire que l’usage de la thyroïde soit spécialement relatif au fœtus, quoique plusieurs auteurs aient semblé le penser.

]',T DE SES DEPENDAîiCES.

ARTICLE TROISIÈME

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