‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier Bichat (volume 2)Chapitre 29 sur 61 · DU LARYNX CONSIDERE EN GENERAL · texte numérisé non relu

DU LARYNX CONSIDERE EN GENERAL

§ I^^ Conformation générale.

Le larynx ^ considéré en général , est une cavité cartilagineuse rendue mobile par l’action de divers muscles. Large en haut, rétréci en bas, il offre à l’extérieur une conformation qui n’est point en rapport avec l’étendue de sa cavité. En effet , cette cavité , essentiellement formée par le cricoïde , les aryténoïdes et les portions membraneuses qui leur appartiennent, a partout un diamètre presque égal; et l’endroit où elle est le plus rétrécie pour l’ordinaire est la partie supérieure. Ceci tient à ce que nous avons déjà dit du thyroïde : qu’il protège le larynx plutôt qu’il ne le constitue , quoiqu’il soit essentiel à sa structure et à son action par l’attache qu’il fournit à quelques-uns de ses muscles et de ses lio^amens.

On divise le larynx, considéré en totalité, en surfaces externe et interne , en extrémités supérieure et inférieure. ^

a. Surface extérieure du Larjnx.

La surface extérieure du larynx, considérée en devant , offre , sur la ligne médiane , la saillie de réunion des deux portions du thyroïde , saillie sensiblement échancrée en haut, chez l’homme sur-

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tout ; puis l’intervalle membraneux qui sépare les deux muscles crico-thyroïdiens, et au-dessous la convexité du cricoïde ; 2® sur les côtés j les deux surfaces que recouvrent les thyro-hyoïdiens, la ligne oblique externe , la surface triangulaire recouverte par le constricteur supérieur et terminée par le prolongement thyroïdien inférieur, au-dessous le crico-thyroïdien , qui ici recouvre presque entièrement le cricoïde. Considérée en arrière , la surface extérieure du larynx est plus déprimée au milieu que latéralement; elle présente , sur la ligne médiane, la ligne saillante postérieure du cricoïde; sur chaque côté, la surface où s’attache le crico-aryténoïdien postérieur , puis un espace triangulaire large en haut , rétréci en bas , et rempli de tissu cellulaire plus ou moins graisseux; enfin, tout-à-fait en dehors^ on voit, de chaque côté, un rebord arrondi, plus saillant en arrière que le reste du larynx , bornant cet espace triangulaire , et appartenant au thyroïde : ce rebord appuyé sur la colonne vertébrale de manière à laisser libre le mouvement des parties essentielles du larynx, des aryténoïdes surtout.

b. Surface intérieure du Larynx.

La surface intérieure du larynx, tapissée partout par la membrane muqueuse , peut se diviser en deux portion , Finie solide , Fautre mobile. La première est inférieure , arrondie , et formée en entier par Fanneau cricoïdien. Elle reste constamment dans les memes proportions, et n’offre aucun objet remarquable. La portion mobile est supérieure,

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formée en arrière par les aryténoïdes , en devant par le thyroïde et Fépiglotte , sur les côtés par les replis de la membrane muqueuse qui des premiers vont au dernier de ces cartilages. Dans l’état ordinaire , elle est triangulaire ^ large en devant J rétrécie en arrière ; mais les mouvemens des aryténoïdes la font singulièrement varier.

L’endroit où ces deux portions du larynx se réunissent est remarquable par les deux replis membraneux que l’on a nooimés ligamens inférieurs de la glotte ou cordes vocales. Tous deux naissent de la base des aryténoïdes , se portent obliquement en devant et en dedans pour se réunira l’angle rentrant du thyroïde , sous l’insertion du ligament de l’épiglotte. De cette disposition il résulte que la cavité du larynx forme dans cet endroit un triangle dont la base est en arrière et le sommet en devant; ce qui est l’inverse de celui cpi’elle représente au-dessus. Ces deux replis sont d’une nature fort différente : le supérieur n’est presque qu’une dupiicatiire membraneuse , et les fibres que revêt cette diiplicature sont à peine sensibles , et ne méritent pas le nom de ligament. L’inférieur, outre le repli de la membrane , est formé par un ligament fibreux, dense, particulier, décrit plus haut sous le nom de ligament thjroarjténoïdieii.

L’intervalle que laissent entre eux ces deux replis, de l’un et de l’autre côtés, constitue les cavités c[ue l’on nomme ventricules du larynx. I^eiir forme allongée en avant et en dedans correspond à la direction des replis dont nous avons parlé ; leur largeur est peu considérable de haut en bas. Souvent

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la mucosité est plus abondamment fournie dans’cet endroit par la membrane ^ et s’y accumule momentanément. Quelquefois les corps étrangers accidentellement introduits dans le larynx s’enfoncent dans ces ventricules, ce cjui augmente la difficulté de leur extraction. Les ventricules correspondent en dehors aux thyro-aryténoïdiens, ainsi que les replis laryngés supérieurs ; les inférieurs séparent ces muscles des crico - thyroïdiens latéraux, lesquels complètent à l’extérieur l’espace qui sépare ces replis d’avec la circonférence du cricoïde.

La portion de cavité laryngienne comprise entre ces deux replis et les ventricules compose la partie essentielle de la glotte ; c’est là que les sons se forment , surtout au niveau des ligamens aryténothyroïdiens : l’ouverture du larynx y est presque étrangère. La partie postérieure de la glotte est formée par l’écartement qui sépare la saillie antérieure de la base des deux cartilages aryténoïdes.

c. Extrémités du Larynx.

L’extrémité inférieure du larynx , formée par la

circonférence inférieure du cricoïde, est un peu plus saillante en arrière qu’en devant. Elle est unie au premier anneau de la trachée‘artère par une membrane fibreuse semblable à toutes celles qui unissent ces anneaux entre eux. Quelquefois, comme nous Favons dit, elle se continue immédiatement avec cet anneau , qui ne forme alors avec le cri-

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coïde qu’un seul cartilage. En arrière ^ îa membrane trachéale postérieure s’y attache.

L’extrémité supérieure, beaucoup plus évasée que la précédente , est forniée , en devant et sur les cotés, par le bord supérieur du thyroïde. Ce bord est uni à l’os hyoïde, qui se trouve au-dessus, par une membrane lâche et molle nommée membrane thyrO'hjoïdienne J d’une étendue assez considérable, plus épaisse en devant qu’en dehors, peu sensiblement libreuse, et plutôt celiuleuse dans sa structure. Ptecouverte en dehors par les thyro-hyoïdiens, sous-cutanée en devant, elle répond en arrière a l’épiglotte, dont la sépare la glande épiglottiqiie, et ensuite un peu de côté à îa membrane laryngée, à laquelle elle est collée. Plus courte au milieu que latéralement, cette membrane détermine, quand, dans un larynx séparé, on écarte l’os hyoïde le plus possible du thyroïde, une disposition oblique telle, que les parties latérales et postérieure de celui-ci sont beaucoup plus élevées que son milieu : d’oèi il résulte que îa base de la langue , à laquelle l’hyoïde sert de support, peut s’élever bien davantage sur les côtés que sur îa ligne médiane, ce qui concourt à former la gouttière le long de laquelle glissent les ahmens en tombant dans l’œsopîiage. Aux deux extrémités du bord thyroïdien, d’où naissent les prolongemens supérieurs, on trouve pour moyen d’union de ces prolongemens avec l’os hyoïde, un ligament assez long, dense, arrondi, continu avec la membrane précédente en devant, et renfermant pour l’ordinaire un ou deux grains cartilagineux ou osseux irrégulièrement disposés. La longueur de ce

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ligament, plus celle du prolongement thyroïdien supérieur , mesurent en arrière la plus grande distance de l’hyoïde au cricoïde, et cette distance est presque double de l’antérieure.

Derrière le bord thyroïdien et au-devant de l’épiglotte , est un espace triangulaire qu’occupe la glande épiglottique et son tissu cellulaire graisseux. Cet espace est borné en haut par le repli de surface muqueuse qui, de la base de la langue, se porte à l’épiglotte, et de plus, par une espèce de membrane fibreuse, immédiatement subjacente à ce repli et supérieure à la glande. Cette membrane , plus marquée au milieu que sur ses bords , s’implante à toute la concavité de l’hyoïde, en formant un angle droit avec la précédente ; et vient de là s’attacher à la partie moyenne de l’épiglotte , sous l’endroit où la surface muqueuse se replie sur elle.

Derrière cet espace , on voit l’épiglotte , plus ou moins saillante suivant les individus , et qui borne l’ouverture supérieure du larynx. Cette ouverture est improprement nommée l^^glotte par quelques anatomistes, car elle est presque étrangère à la production de la voix. Formée en avant par l’épiglotte, elle l’est en arrière par les deux aryténoïdes , et en dehors par deux replis de la surface muqueuse qui se prolongent entre les cartilages. La largeur de l’épiglotte étant toujours la même, tandis que les aryténoïdes sont susceptibles de divers mouvemens, elle change moins de dimensions en avant qu’en arrière. Elle a , dans l’état ordinaire , la forme d’un triangle dont la base est en devant et le sommet en arrière. Sa direction est un peu oblique en arrière et

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en bas, vu l’élévation de l’épiglotte au-dessus du niveau du larynx.

§ IL Membrane laryngée.

L’intérieur du larynx est revêtu par une membrane muqueuse qui vient de la bouche , et qui fait partie de celle c[ui est commune aux organes respiratoires et digestifs. Elle part de la base de la langue, se porte en arrière sur la surface antérieure de l’épiglotte, forme, en passant de rune à l’autre, les trois replis dont nous avons parlé, se réfléchit sur le bord libre de ce fibro-cartilage , et vient tapisser la surface laryngée. Parvenue à la base de l’épiglotte , elle se continue au milieu dans l’intérieur du larynx ; tandis que, de chaque côté, elle se porte directement en arrière jusqu’aux cartilages aryténoïdes, libre dans ce trajet, et répondant seulement aux muscles thyro-aryténoïdiens. Sur le rebord postérieur de l’ouverture laryngée , elle se continue avec la membrane du pharynx. Parvenue dans la cavité du larynx , et vers la base des aryténoïdes , elle forme de chaque côté un premier repli horizontal dirigé obliquement en avant jusqu’à l’angle rentrant du thyroïde auquel il se fixe en s’unissant à celui du côté opposé. Au-dessous, elle tapisse la cavité de chaque ventricule , forme ensuite un repli nouveau qui la borne en bas et qui embrasse le ligament thyro-ary ténoïdien , se prolonge de là dans toute l’étendue du larynx, tapisse le cartilage cricoïde , la membrane crico-thyroïdieone, et va se continuer dans la trachée-artère.

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Dans toutes ces parties, la membrane muqueuse offre une couleur rose pâle qui la distingue de celle de la bouche, dont elle est la suite, et qui est plus rouge, dans le plus grand nombre des sujets au moins; car rien n’est plus variable que les nuances des surfaces muqueuses. La densité de celle-ci est assez grande : elle la doit, au niveau des cartilages, au périchondre, avec lequel elle s’unit, ce qui en ces endroits en fait une membrane flbro-muqueuse, moins prononcée cependant que la pituitaire, bâilleurs elle est lâche, moins dense, plus mince. Elle est sensiblement percée de plusieurs trous sur la face laryngée de i’épigiotte; et ces trous paraissent être des orifices de conduits excréteurs. Les glandes muqueuses sont apparentes en divers points au-dessous d’elle , indépendamment des corps particuliers dont nous allons parler. Les papilles y sont peu marquées; on les y cherche même presque inutilement dans le plus grand nombre des sujets. A-t-elle partout exactement la même organisation? je l’ignore ; mais ce qu’il y a de certain , c’est que sa portion cjui forme l’ouTerture supérieure du larynx est soumise aune espèce particulière d’engorgement séreux qui ne se manifeste en aucun autre endroit, et qui, épaississant beaucoup ses parois, suffoque souvent en très-peu de temps les malades. Les auteurs ont indiqué les symptômes de cette angine particulière; mais ils ne connaissent pas l’état anatomique que présentent alors les parties (i).

(i) Bayle à décrit en i8o8, sons le nom d’angine lavfiigée œdémateuse^ cette maladie dont Bichat avait le premier signalé ici le

Le système capillaire de cette surface muqueuse est moins prononcé que dans beaucoup d’autres : de là moins de rougeur. Sous le rapport de cette rougeur, elle tient le milieu entre les surfaces trèsrouges, comme celle de la bouche, de l’estomac, etc., et celles qui sont blanches, comme dans les. sinus ^ dans la vessie, etc. La sensibilité animale, très-vive depuis l’ouverture supérieure jusqu’à la glotte, est sensiblement moindre en bas : aussi, en ouvrant la membrane crico - thyroïdienne , et en fixant une canule dans la fente, le malade souffre bien moins qu’à l’instant où un corps étranger s’engage dans l’ouverture laryngée supérieure. Cette sensibilité, en rapport avec le contact de l’air, n’est point mise en jeu par ce contact; elle est puissamment excitée par les vapeurs dont il est chargé, pour peu quelles soient âcres.

ARTICLE QUATRIEME

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