‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier Bichat (volume 2)Chapitre 32 sur 61 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES SENSATIONS · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES SENSATIONS

Nous avons terminé Fexposition des Appareils par lesquels Fliomme communique volontairement avec ce qui l’entoure. Par la voix, il établit ses relations avec ses semblables ; par la locomotion , il les établit avec les choses. L’une est l’agent de ses communications intellectuelles, l’autre de ses communications matérielles. La première fixe surtout, par la modification quelle prend dans la parole, l’immense intervalle qui le sépare des animaux. La seconde l’en distingue moins, quoiqu’elle marque aussi les progrès de son intelligence. Voyez-les, en effet, l’une et l’autre présidées seulement par l’instinct des animaux : la voix n’est alors qu’un son uniforme plus ou moins harmonieux, et qui n’a rapport qu’à un besoin physique. Plus étendue, la locomotion est cependant circonscrite dans des bornes qu’elle ne franchit point. Un mode de course, de saut, de préhension des alimens est attribué à chaque espèce; et chaque espèce ne dépasse point ce mode. L’homme a sans doute aussi un son de voix propre, et certains mouvemens uniformes déterminés par une sorte d’instinct; mais l’intelligence qu’il a de plus que cet “instinct lui a fait perfectionner à l’infini ces deux modes de communication, le premier surtout, qui

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est le thermomètre véritable dont les degrés divers ont marqué ceux du perfectionnement de ses facultés intellectuelles.

Ce double moyen de communication est mis sans cesse en jeu par Faction cérébrale ; mais celle-ci a besoin d’être elle- même excitée : or^ ses excitans naturels sont les sens, agens par lesquels les choses environnantes agissent sur Fbomme. Ils sont à la locomotion et à la voix ce que le pendule d’un horloge est à l’aiguille qui tourne : c’est d’eux que part le principe du mouvement. Entre eux et les organes locomoteurs, il y a Faction intermédiaire du cerveau et de l’âme, comme entre le pendule et l’aiguille il y a le rouasse intermédiaire de l’horloge.

’ Nous allons parler de ces organes sensitifs, qui ouvrent pour ainsi dire la série des fonctions de la vie animale, et dont j’examine pour cela en premier lieu le mécanisme dans mes cours de physiologie.

Les organes destinés à recevoir l’impression des agens environnans sont tous placés à l’extérieur du corps , et lui forment une enveloppe sensitive, essentiellement différente sous ce rapport de l’enveloppe des corps inertes. Tous sont symétriques,, comme les organes de la vie animale, soit que, placés sur les côtés de la ligne médiane, ils soient pairs, soit que, situés dans son trajet, ils se présentent impairs. On peut, comme Fa fait Buisson , les diviser en trois classes, par rapport à la nature de leurs fonctions (i).

(i) De la Dwision la plus naturelle des phénomènes physiologiques, etc. i vol. Prix, f\. Ir.

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