‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier Bichat (volume 2)Chapitre 38 sur 61 · DU NEZ · texte numérisé non relu

DU NEZ

§ L*'. Conformation générale.

Le nez est une éminence plus ou moins considérable qui surmonte en devant l’organe de l’odorat, et qui occupe la partie moyenne et supérieure de la face, bornée en h?xut par le front, en bas par la lèvre supérieure , sur les cotés par les orbites et les joues. Sa grandeur offre des variations multipliées sur lesquelles nous reviendrons. Sa forme , également variable , représente en général une pyramide triangulaire ayant sa base en bas, son sommet en

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haut J une surface postérieure qui se confond avec les narines , et deux latérales.

Chacune de ces deux dernières offre inférieure» ment et en arrière , vers i’aile du nez , un sillon demicirculaire qui; après avoir séparé le nez de la joue, s’avance antérieurement plus ou moins sur cette surface; qu’elle partage chez certains sujets en deux portions ; tandis qu’elle est bien moins marquée chez d’autres. Ces deux surfaces se réunissent en devant, en formant un bord obliquement dirigé en avant et en baS; qui est plus ou moins large ; que l’on nomme le dos du nez ; et qui se termine par une portion saillante appelée le lobe.

« La base du nez offre deux ouvertures ovales séparées par une cloison continue à celle des narines. Ces ouvertures sont toujours libres; différence qui les distingue de la plupart des autres ouvertures extérieures, et qui tient à la nécessité continuelle de la respiration. Leurs côtés externes se nomment les ailes du nez.

Le sommet du nez se continue avec le front et les sourcils.

En arrière , le nez est continu dans son milieu à la cloison des fosses nasales, et à la joue par ses parties latérales.

§ IL Organisation.

Le nez est recouvert en devant par deux couches , l’une dermoïde et l’autre musculaire , et tapissé en .arrière par une surface muqueuse : ce sont ses parties communes. Il est essentiellement formé en haut par

une portion osseuse , en bas par des fibro-cartilages membraneux, au milieu par des cartilages proprement dits. 11 résulte de cette structure une solidité très-grande supérieurement , où elle était nécessaire pour que la partie supérieure des fosses nasales, qui est le siège spécial de Fodorat , soit plus sûrement à Fabri des lésions extérieures , tandis qu’inférieu rerement la mobilité doit l’emporter pour que les ouvertures puissent être, suivant les circonstances, diminuées, élargies ou meme entièrement fermées pendant quelque temps. Les fibro - cartilages inférieurs , souples et peu solides, remplissent ce dernier but. La solidité augmente dans le milieu par la fixité plus grande des cartilages latéraux ; elle est intermédiaire à celle des deux extrémités du nez.

a. Parties propr^es du nez.

Portion fibro-cartilagineuse. Deux fibro-cartilages la forment essentiellement ; Fun en devant , l’autre en arrière.

L’antérieur se nomme fihro-cartilage des ouvertures nasales ; il est le plus considérable. On peut difficilement en déterminer exactement la grandeur et la forme ; car c’est lui qui , par ses variations nombreuses, détermine principalement les différences du nez chez les divers individus. Il est, en général, recourbé sur lui-même, forme une espèce d’ellipse tronquée en arrière, et environne les ouvertures nasales inférieures qu’il sert à tenir toujours ouvertes dans l’état ordinaire.

Deux branches, dont l’une externe, l’autre interne,

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composent la courbe que représente ce fibro-cartilage. Ces deux branches se réunissent en devant en formant une saillie plus ou moins sensible. La première correspond à l’aile du nez ; elle se dirige un peu obliquement en haut et en arrière , pour se terminer dans ce dernier sens par une extrémité plus ou moins arrondie, quelquefois pointue, qui se perd dans la partie membraneuse qui la réunit au cartilage latéral. Elle est recouverte en dehors par les tégumens et par le muscle transverse du nez , en dedans par la membrane muqueuse. La seconde, contiguë à la cloison , en forme en partie l’extrémité inférieure , surtout antérieurement. Plus horizontale que l’autre , elle se trouve souvent un peu plus inférieure. Elle est recouverte en dehors par la membrane muqueuse; elle avoisine en dedans, pos“ térieurement , le cartilage de la cloison; antérieure- .ment et au-dessous de ce dernier, celle du côté opposé. Un tissu cellulaire lâche , jamais graisseux, rarement infiltré dans les hydropisies, est le seul moyen de leur union ; en sorte qu’on peut très-bien diviser sur la. ligne médiane l’extrémité et le bas du nez , retrancher même , au moyen de cette division , tout le devant du cartilage de la cloison, en supposant qu’il fût le siège d’une affection quelconque, sans pénétrer aucunement dans les cavités nasales. C’est la réunion des branches internes des deux fibrocartilages des ouvertures nasales qui donne en bas, à la cloison du nez, l’épaisseur qu’elle y présente, et quelle n’aurait point si le cartilage nasal seul la formait en cet endroit. Cette branche interne, assez large en devant , se termine en pointe en arrière. Sa

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réunion avec Ja brandie externe forme une saillie dont la convexité est très-variable , et qu’une rainure extérieure , plus ou moins apparente , sépare de la saillie semblable formée du côté opposé par la réunion des deux branches du fibro-cartilage de ce côté.

Le fibro-cartilage postérieur de la partie inférieure du nez se nomme fibro-cartilage des ailes. Il n’a pas, à beaucoup près, une disposition aussi régulière et aussi constante que le précédent, avec la branche externe duquel il se continue quelquefois ; ce qui a fait que les auteurs les ont décrits ensemble : mais il en est le plus souvent isolé par un espace membraneux. Il occupe la partie postérieure des ailes , vers l’endroit où celles-ci se continuent avec la joue. Son volume est toujours peu considérable. Sa forme varie beaucoup et ne peut être déterminée d’une manière générale. Souvent , au lieu d’un cartilage, on trouve plusieurs noyaux très-distincts et isolés. Entouré de tous côtés par des portions membraneuses , il est fixé par leur moyen , soit au précédent , soit au cartilage nasal et au rebord concave de l’os maxillaire.

Telle est la partie inférieure du nez, destinée spécialement à former les ouvertures des narines, et constituée de manière à présenter, comme je l’ai dit , un certain degré de mobilité , quelle doit sur tout à la nature particulière de ses fibro-cartilages , qui sont de la classe des membraneux, et analogues par conséquent à ceux du pavillon de l’oreille, de la trachée-artère, de l’épiglotte, des paupières, etc. Je ne rappellerai pas leur structure, qui a été indi-

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quée dans Y Anatomie générale. De plus, cette mobilité dépend encore des portions membraneuses qui séparent ces fibro-cartilages , et dont je parlerai plus bas.

Portion cartilagineuse. Un seul cartilage forme le milieu du nez. Sa disposition et sa nature lui donnent beaucoup plus de solidité que n’en ont ceux de la région inférieure. Il se nomme le cartilage nasal. Il résulte de trois portions, deux extérieures et antérieures, placées sur les côtés du nez; l’autre, moyenne et postérieure, concourant à former la cloison des narines. Ces trois portions se réunissent en devant , sur le dos du nez , sous un angle aigu cjui est variable cependant. Cette union et l’identité de nature entre les portions diverses du cartilage nasal m’empêchent de les présenter isolément dans la description, comme ont fait les auteurs, qui ont nommé cartilage delà cZowo/z la portion postérieure, 0,1 cartilage latéralX^ portion antérieure.

La portion moyenne et postérieure du cartilage nasal est la plus considérable : elle appartient aussi aux narines. Placée sur la ligne médiane, elle a une forme triangulaire. Sa direction, perpendiculaire dans l’état naturel, est souvent changée vicieusement, de manière à offrir d’un côté ou de l’autre une déviation sensible. Ses deux surfaces latérales, qui correspondent aux jiarines , sont planes quand la cloison est droite, convexes d’un côté et concaves de l’autre quand cette cloison est divisée. On y observe plusieurs petits enfoncemens qui ressemblent à des porosités un peu considérables, qui font paraître chaque surface comme chagrinée, et où s’in-

sèrent des prolongemens de la membrane fibromuqueiise des narines, laquelle revêt entièrement ces deux faces. Le bord supérieur est très-oblique en arrière et en bas, inégal, et enchâssé souvent dans

l’écartement de deux feuillets osseux que présente la lame perpendiculaire de l’ethmoïde : d’autres fois, cette lame n’étant pas aussi bifurquée, il se continue simplement avec elle. Le bord inférieur peut se distinguer en deux parties : l’une, postérieure, plus longue , un peu oblique en bas et en avant, se trouve enchâssée entre deux lames du vomer; l’autre, antérieure , plus courte , arrondie , libre et sans aucune adhérence avec les parties voisines, est placée entre les branches internes des fibro-cartil âges des ouvertures nasales, auxquelles elle tient seulement par un tissu cellulaire lâche, et avec lesquelles elle concourt à former la cloison du nez. Le bord antérieur forme le milieu du dos du nez. Fort épais en haut, où il est ‘sous-cutané et saillant, il s’amincit à mesure c[u’on l’examine plus bas , où il se trouve entièrement caché parles branches internes des fibrocartilages des ouvertures nasales, entre lesquelles il se termine par un angle obtus qui résulte de sa réunion avec le bord inférieur. Cette portion du cartilage nasal, poreuse et inégale, comme nous l’avons dit, est moins flexible et plus susceptible de se rompre que les deux autres. Sa structure est donc plus parfaitement cartilagineuse, et par conséquent plus convenable pour procurer la solidité nécessaire dans cet endroit du nez, qui ne devait exécuter aucun mouvement.

La moitié supérieure du bord antérieur de cette

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portion du cartilage nasal donne naissance de chaque côté aux portions latérales. Celles-ci lui sont continues dans cet endroit, mais s’en trouvent séparées plus bas par une fente remplie de tissu cellulaire. Obliquement dirigées sur les côtés du nez, elles ont une forme triangulaire et une grandeur variable. En haut et en arrière , elles se trouvent fixées, par des fibres ligamenteuses et courtes, au rebord des os du nez et des apophyses nasales des os maxillaires. En bas , un tissu ligamenteux lâche les unit à la branche externe du fibro-cartilage des ouvertures nasales. Leur surface extérieure, plus ou moins convexe, est recouverte en partie parle muscle transverse et en partie par la peau; l’interne est tapissée par la pituitaire. La structure un peu plus souple, quoique toujours essentiellement cartilagineuse, de ces portions latérales, leur donne une légère flexibilité, et permet à la portion moyenne du nez quelques mouvemens, toujours moindres cependant que ceux de la portion inférieure. Lorsque les ouvertures nasales se dilatent beaucoup, on voit très-bien cette différence. En effet, l’aile se porie spécialement en dehors et^îlépasse de beaucoup son niveau naturel, tandis que la portion qui lui est supérieure reste presque dans le meme état : aussi se forme-t-il alors entre elles une rainure très-sensible qui les séparé, et c|ui est probablement le principe du sillon transversal qu’on trouve souvent sur les côtés du nez , et dont j’ai parlé plus haut.

Portion osseuse. Elle est formée par les os du nez et par les apophyses nasales des os maxillaires. Les premiers, quadrilatères, juxta-posés suivant une

coupe oblique d’où résulte la convexité qu’ils forment à l’endroit de leur union, donnent en dehors appui aux secondes, avec lesquelles ils s’articulent, et qui se prolongent beaucoup plus bas c[u’eux. Ces diverses portions osseuses réunies en haut avec le coronal représentent une espèce de voûte qui résiste à Faction des corps extérieurs et garantit par là l’intérieur des narines.

Ligamens du nez. Entre les divers tissus qui constituent les trois parties du nez , on observe différens liens qui sont évidemment fibreux et qui les assujettissent. Le plus large est celui qui remplit l’intervalle placé entre la portion osseuse, le cartilage nasal et la branche externe des deux fibro-cartilages des ouvertures nasales. Un autre très-court unit ces derniers avec les fibro-cartiiages des ailes, et se continue avec le précédent, dont il ne doit être regardé que comme une suite. Celui-ci n’existe pas quand le fibro-cartilage de l’ouverture se continue avec celui de l’aile. Toutes ces parties fibreuses, quoique solides et résistantes, offrent assez de ténuité; elles se confondent intimement en dedans avec la pituitaire, dont elles représentent la portion fibreuse, qui, au niveau des os, est formée par leur périoste. Leur étendue varie singulièrement, selon celle des cartilages.

b. Parties communes du nez. \

Couche dermoïde. Elle est très-lâchement unie aux parties subjacentes dans sa moitié supérieure; mais elle devient très-adhérente en bas , au niveau

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de la branche externe des fibro-cartilages des oiavertures nasales. Là J ainsi que dans la rainure par laquelle le nez est séparé de la joue , on remarque une foule de petits follicules, dont les orifices, souvent apparens à l’extérieur, versent un fluide épais, blanchâtre, qu’une pression légère fait sortir sous une forme vermiculaire, soit pendant la vie , soit après la mort.

Couche musculeuse. Formée en haut par les pyramidaux, en bas par les transverses, en arrière par les releveurs communs, elle est interrompue en divers points par des espaces cellulaires qui séparent ces muscles. Elle offre, dans le milieu et en devant, une aponévrose mobile, terminaison des transverses et des pyramidaux, et qui fortifie un peu cette portion du nez.

Couche muqueuse. Enfin l’intérieur du nez est occupé par la couche muqueuse , qui est le commencement de la pituitaire. Cette couche est remarquable par une rougeur moins sensible, par un plus ou moins grand nombre de poils, qui, souvent trèsallongés, s’étendent au dehors à une assez grande distance *, par une ténuité beaucoup plus grande, parune résistance plus marquée , lorsqu’après l’avoir séparée on la tire en sens opposé ; par l’existence d’un épiderme très -apparent, qui se soulève dans diverses excoriations. Ces divers caractères la rapprochent pour la plupart de la peau qu’elle vient d’abandonner, et dont elle est l’intermédiaire dans sa continuité avec la pituitaire.

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§ III. F^ariétés de conformation et d' organisation

du nez.

On observe beaucoup de variétés dans l’appareil extérieur des sens. Les yeux, les oreilles, le nez et la bouche en présentent presque autant Cju’il y a d’individus. La forme , la grandeur et la direction de ces appareils extérieurs y sont surtout soumises : il y a bien un type général de conformation, mais ce type est mille fois modifié. Ces variétés influent peu sur la perfection des fonctions que ces sens remplissent. Que la bouche soit plus ou moins grande , les paupières plus ou moins écartées , l’oreille plus ou moins large , le nez plus ou moins gros , cela est indifférent sous ce rapport ; mais les formes extérieures en éprouvent des modifications remarquables : c’est sous ce second rapport que ces variétés méritent surtout de fixer l’attention. D’où il suit d’abord que leur exameP n’est pas partout d’un intérêt égaf. En effet, celles des oreilles sont peu importantes, parce que ces ouvertures n’appartiennent pas à la face. Celles du nez , de la bouche , des yeux , 'méritent plus de nous occuper, parce que c’est à ces parties cpue tous les traits de la face viennent se rallier ; ce sont leurs différences qui font changer , par conséquent , l’expression générale de celle-ci ; c’est à elles que le peintre a surtout égard : elles lui offrent un triple centre auquel il doit rapporter presque toutes ses remarques sur cette portion si essentielle de notre habitude extérieure.

La bouche et le nez ont un rapport spécial avec

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la conformation, et influent par leur disposition variable sur la beauté ou la laideur des formes extérieures. Les yeux, outre ce rapport qu’ils partagent avec les organes précédons , en ont un qui leur est propre dans l’expression de la face, et qui est relatif surtout à l’intelligence. C’est à eux que la face doit cet aspect particulier indépendant de toute organisation matérielle, et par lequel on juge, on mesure, pour ainsi dire, les facultés de l’étre intelligent.

Les variétés du nez portent principalement sur son volume et sur sa forme , plus rarement sur sa direction.

Le volume du nez s’estime par sa grosseur et par sa longueur. La grosseur extrême et la petitesse excessive ne sont des défauts que par la disproportion qui en résulte entre le nez et les autres parties de la face. De même , l’excès de longueur ou de brièveté donne lieu à cette disproportion , cause principale de la laideur ; car si la face s’élargissait en raison exacte de la grosseur et de la longueur ^que le nez acquiert, ou se rétrécissait à mesure qu’il se rétrécit lui-même, l’agrément des formes serait moins altéré. Telle est, en effet, l’essence de la beauté, cju’elle consiste plus encore dans de justes proportions entre les parties qui composent la face , C[ue dans la perfection des formes de chaque partie considérée isolément. Telle face peut nous plaire par son ensemble, quoique chacun de ses éléraens nous déplaise; comme telle autre peut nous choquer par un ensemble dont les parties constituantes, prises isolément, nous semblent belles et le sont en effet.

I,a direction la plus naturelle du nez est celle de la ligne médiane. Elle dépend spécialement de la portion osseuse , aussi-bien que la déviation qu’elle offre dans certains individus dont le nez se porte à droite ou à gauche. Les parties molles y concourent aussi , et c[uelquefois elles sont déviées seules, la voûte osseuse conservant sa direction. Alors un angle rentrant , plus ou moins sensible , vers la réunion des parties supérieure et moyenne du nez , indique cette disposition.

La forme du nez présente de nombreuses différences. On les rapporte ordinairement à quatre types généraux, qui sont: le nez aquilin , dans lequel toutes les proportions sont exactes, et où les deux lignes qui le bornent en avant et en bas se rencontrent sous un angle peu aigu ; le nez épaté, c’està-dire fort écrasé dans l’endroit qui tient à la face; y le nez carnard, aplati et regardant en devant par ses ouvertures ; 4^ le nez retroussé , dans lequel l’extrémité ou le globe se relève. Quelques auteurs ont pris ces quatre types généraux pour indiquer les variétés du nez; mais ce n’est point sur l’ensemble de la conformation que portent ces variétés , c’est sur les diverses parties du nez, dont les formes isolées se marient à l’infini. Je crois qu’il est impossible d’établir des divisions générales dans lesquelles chaque espèce de nez puisse se classer : tel en bas est retroussé , qui en haut a la disposition que nous l'attribuons au nez aquilin ; à l’épatement , qui est i inférieur , se joignent mille formes diverses de la ipartie supérieure et de l’antérieure, etc. C’est donc l-iux diverses parties du nez qu’il faut rapporter ces

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variétés, en les considérant dans sa base, son sommet et son milieu.

Dans la base., nous trouvons les ouvertures des narines variables en longueur et largeur. La longueur excessive ou trop petite dépend surtout de celle du fibro-cartilage des ouvertures nasales : mais elle peut tenir aussi à Fétendue du fibro-cartilage des ailes et de la membrane' fibreuse qui les unit. La largeur, également susceptible du plus ou du moins, constitue, lorsqu’elle est excessive, le nez épaté. Elle dépend aussi, tantôt des cartilages , tantôt de la substance fibreuse. La base du nez varie beaucoup pour la direction , ce qui dépend toujours des fibro-cartilages des ouvertures nasales. Elle est horizontale ou à peu près , lorsque ces fibro-cartilages sont dirigés dans le même sens ; ce qui appartient à la forme la plus régulière du nez. Quand cette base est oblique en avant et en haut , ce qui constitue le nez camard , cette disposition tient à ce que la partie antérieure de ces fibro-cartilages est plus élevée , la postérieure ayant la même position c|ue dans le cas précédent : alors une plus grande portion de l’extrémité de la partie moyenne du cartilage nasal se trouve cachée par cette élévation antérieure des fibro-cartilages des ouvertures. La différence est très-manifeste lorsqu’on compare un nez camard à un nez aquilin , oèi cette extrémité

n’est presque pas cachée. La base est oblique en avant et en bas cpiand l’extrémité antérieure des fibro-cartilages est abaissée , la postérieure demeurant aussi dans le même état : alors l’extrémité de la partie moyenne du cartilage nasal n est point em-

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brassée par les deux fibro-cartilages des ouvertures de la base. Ainsi ces trois différentes directions , liorizontale , oblicpie en haut , et oblique en bas , ne supposent ni une différence de longueur dans les fibro- cartilages des ouvertures nasales ni une différence de forme et d’étendue dans la cloison. Tout tient à la position élevée , abaissée ou moyenne de l’extrémité antérieure des premiers, ce qui établit quelque différence dans la largeur des portions fibreuses qui les unissent.

Voilà les variétés générales de la base du nez. Il en est d’autres qui appartiennent à la pointe de cette base , à son milieu ou à sa partie postérieure. Quand l’extrémité antérieure des fibro-cartilages des ouvertures nasales est recourbée en haut , il en résulte le nez retroussé , ce qui est fort différent du, nez camard , dans lequel cette meme extrémité ne se recourbe point , mais se trouve plus haut , par l’inclinaison générale du cartilage. Quand les branches de chaque iibro-cartilage se réunissent à angle aigu, et c|ue tous deux sont dans cet endroit parfaitement contigus l’un à l’autre , la pointe du nez est trèsétroite , et il en résulte le nez effilé. Quand leurs branches se réunissent sous une forme convexe et qii’eux-mémes sont fort écartés , le nez a un volume désagréable. Quand la rainure qui sépare les deux fibro-cartilages est profonde , une fente très-sensible se manifeste au milieu du nez.

Dans le milieu de la base du nez , on observe des rapports différons entre le bord de la cloison et celui des ailes : tantôt ils sont au meme niveau, ce qui est la disposition la plus régulière; souvent

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l’aile est plus élevée et la cloison plus bassei^On voit alors paraître cette dernière , dont la couleur rougeâtre est très-sensible. Rarement la cloison est plus élevée que l’aile. Toutes ces différences dépendent absolument du rapport qu’ont entr’elles les deux branches des fibro-cartilages des ouvertures nasales ; car ce sont elles qui forment, comme je l’ai dit, et l’aile du nez et le bas de la cloison.

En arrière, la base offre une épaisseur très -variable , ce qui tient surtout à la peau et au tissu cellulaire , et très-peu au fibro - cartilage des ailes.

La portion moyenne du nez varie surtout en direction et en largeur. La direction la plus régulière a lieu quand la ligne saillante antérieure , formée par la réunion des trois portions du cartilage nasal, est parfaitement droite dans son obliquité, et se continue , sans changer de direction , avec la ligne passant sur les os du nez. Souvent une saillie interrompt cette rectitude : elle a lieu tantôt au point de réunion des os et du cartilage , tantôt sur le cartilage lui-méme. D’autres fois, au lieu de saillie, on trouve une dépression au point d’union des cartilages et des ■ os , ou vers l’endroit où le cartilage nasal s’enfonce par son extrémité dans l’intervalle des fibro-cartilages des ouvertures, ou meme encore deux dépressions aux deux endroits à la fois.

Les variétés de largeur du dos du nez dépendent surtout du bord antérieur du cartilage nasal, plus ou moins épais en devant , suivant la manière dont sa portion moyenne se réunit à ses portions latérales et antérieure.

La partie supérieure du nez est la moins variable

de toute , à cause de sa structure osseuse. La voûte des os peut cependant offrir en cet endroit plus ou moins de largeur , suivant la largeur particulière de ceux-ci. Elle peut varier dans son articulation avec le coronal, laquelle présente tantôt une continuité parfaite de direction entre le front et le nez, tantôt se fait à angle plus ou moins obtus. L’enfoncement qui a lieu dans ce dernier cas dépend souvent beaucoup de la saillie plus ou moins grande que fait en haut la bosse nasale.

ARTICLE DEUXIÈME

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