DE LA BOUCHE ET DE SES DÉPEISTDAIVCES
Voile du palais et par le pharynx , en haut par la voûte palatine , en bas par la langue et par la membrane de la bouche , sur les côtés par les joues. Sa direction horizontale se rapporte chez Fhomme à la station bipède , et prouve , comme tant d’autres parties de sa disposition organic|ue , sa destination pour cette attitude. En effet , dans la station quadrupède, la bouche serait perpendiculaire au sol, et y répondrait par son ouverture faciale , ce qui générait ses fonctions ; tandis cpie chez l’animal à qui cette position est naturelle , la même cavité a une direction oblique , à cause de l’inclinaison générale de la tête, inclinaison dépendant des condyles de l’occipital.
La grandeur de la bouche doit être considérée suivant ses divers diamètres. Le perpendiculaire est impossible à estimer. Prescpie nui dans l’état d’occlusion complète , où la cavité est à peu près remplie par la langue, il augmente plus ou moins suivant le degré d’ouverture. Celui d’avant en arrière est plus fixe ; il a une étendue en partie constante, et déterminée par la longueur de la voûte palatine , mais qui cependant peut être augmentée par les mouvemens dont les lèvres et le voile du palais sont susceptibles. Le transverse, mesuré par l’écartement des joues, peut varier selon les degrés de cet écartement; mais il est toujours déterminé dans une partie de son étendue par la largeur de la voûte palatine. Ces deux derniers diamètres sont peu différens l’un de l’autre pour l’étendue, ce qui concourt beaucoup à donner k la face l’expression qui la caractérise chez l’homme. Chez la plupart des animaux, au contraire, le dia-
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mètre d’avant en arrière prédomine toujours, ce qui tient à la longueur de la voûte palatine , déterminée elle-même par l’étendue plus grande des cavités nasales , et correspondant à celle de la mâchoire inférieure. Tous ces diamètres varient chez les divers individus. Souvent la constitution organique cause ces variétés : ainsi la face est tantôt aplatie , tantôt allongée en devant ou transversalement, ce qui dépend beaucoup de l’état des portions osseuses qui entourent la bouche , quoique l’état des parties molles , et surtout le volume des lèvres et des joues, y concoure sensiblement. On n’aperçoit entre la stature et la bouche aucun rapport direct de grandeur; rien n’est même plus fréquent que d’observer une face et une bouche très-grandes chez un sujet de fort petite taille : la plupart des nains en sont la preuve. Mais, d’un autre C(5té, cette raison inverse est loin d’être constante. Les variétés de la bouche dépendant de la disposition des parties osseuses restent toujours les mêmes; celles qui tiennent à l’état des parties molles peuvent changer suivant l’embonpoint , la maigreur , ou d’autres causes analogues. Une remarque bien importante , au sujet des premières, c’est que l’étendue des cavités osseuses qui logent, chez rhomme, les organes de l’odorat et du goût, est toujours en rapport inverse avec l’étendue de la cavité du crâne , et par conséquent avec le volume du cerveau. Au contraire, dans les variétés qui nous occupent, la grandeur du cerveau et du crâne est en rapport direct avec celle des cavités et des organes de la vue et de l’ouïe , qui sont les sens de l’intelligence. Quand les cavités nasales et orale
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s’allongent, la cérébrale se rétrécit : c’est l’angle facial qui, comme je l’ai dit ailleurs, mesure ce rapport inverse. Cette observation mérite d’étre placée à côté d’une autre que j’ai faite plus haut, et où j’ai montré que le développement des organes de ces deux derniers sens suit toujours la même proportion que celui du cerveau , tandis que celui des organes du goût et de fodorat n’est point dans le même rapport.
La forme de la bouche est à peu près ovale. Elle est déterminée en devant par la mâchoire inférieure, dont le milieu est arrondi; en arrière, par le voile du palais, qui, vu antérieurement, paraît aussi un peu arrondi et concave, à cause de la fixité que lui donnent latéralement ses piliers , tandis que son milieu , très ” mobile , se déjette un peu postérieurement.
Des parties communes et des parties propres entrent dans la structure de la bouche. Une membrane muqueuse forme la partie commune. Les lèvres, la langue , le voile du palais , etc. , etc. , forment les parties propres.
§ IL De la Membrane muqueuse de la Bouche en
général.
Cette membrane , considérée dans sa disposition extérieure, recouvre les diverses parties de la bouche à la manière des membranes séreuses , sauf la différence de sa continuité avec la peau , et par conséquent de son ouverture antérieure. Il faut donc pour la décrire la prendre à un point déterminé^
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et la suivre dans son trajet. En la supposant partir du rebord libre de la lèvre inférieure , on voit qu elle tapisse d’abord cette lèvre en arrière, quelle se réfléchit ensuite sur le corps de la mâchoire , et y forme à l’endroit de la symphyse un petit repli plus marqué en bas qu’en haut où il se perd insensiblement sur la lèvre , repli qu’on nomme le frein. Elle remonte ensuite jusqu’au niveau des .dents ; et parvenue auprès de leurs alvéoles, elle envoie dans chacune un prolongement qui la recouvre et affermit l’implantation des racines dentaires ; ou plutôt elle se continue avec la membrane du follicule alvéolaire dont la lame interne reste interposée à la dent et aux parois de l’alvéole, comme je l’ai démontré dans Y Anatomie générale. Dans les espaces interalvéolaires, cette membrane recouvre simplement le rebord de la mâchoire. Prolongée sur la surface postérieure du corps de cet os , elle y forme , au niveau de la symphyse , un second repli plus ou moins étendu , en recouvrant l’attache des génio-^ glosses. Ce repli se nomme le frein de la langue ^ parce qu’il appartient à cet organe et borne ses mouvemens ; quelquefois même il les gêne assez pour empêcher la prononciation et la succion (i).
(i) Le frein de la langue est accompagné, de chaque côté, par un repli de la membrane muqueuse , en forme de frange denticulée , au niveau duquel est une ligne bleuâtre , qui indique le trajet de la veine canine. Derrière chacune de ces franges , on trouve une masse glanduleuse, amygdaloïde , granuleuse , d’un gris rougeâtre , parcourue par de nombreux vaisseaux sanguins et par des filets du nerf lingual. ( Note ajoutée. )
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Fixé assez solidemenl à Fos ainsi que le précédent , il se prolonge sur la surface inférieure de la langue jusque près de sa pointe. Sur les côtés ^ cette membrane muqueuse tapisse deux saillies plus ou moins considérables , cpie forment au-dessous de la partie antérieure de la langue les glandes sublinguales, avec les conduits excréteurs desquelles elle se continue ; ensuite elle se déploie sur le devant de la surface inférieure de la langue, et remonte sur ses bords pour s’étendre sur sa surface supérieure jusqu’à sa base, où elle se continue au milieu avec celle qu‘ revêt Fépigiotte, en formant les trois replis dont j’ai parlé en traitant de ce fibro - cartilage, sur les côtés avec celle dir pharynx.
Tel est en bas le trajet de la membrane de la bouche ; voici celui qu’elle parcourt en haut : si on la reprend au bord libre de la lèvre supérieure, on voit qu’en recouvrant cette lèvre en arrière , elle forme entr’elle et l’union des os maxillaires un repli ou frein qui , assez adhérent à ces os par sa partie supérieure qui est très-sensible, se prolonge ensuite en se perdant insensiblement sur la lèvre supérieure. De là cette membrane se réfléchit sur ces os jusqu’au rebord alvéolaire supérieur, siir lequel elle se comporte comme sur l’inférieur, pour aller recouvrir la voûte palatine , dont elle bouche le trou antérieur et les deux trous postérieurs, qui transmettent à sa surface externe des vaisseaux et des nerfs , et plus en arrière la surface antérieure du voile du palais , sur le bord libre duquel elle se continue avec la pituitaire.
Enfin la meme membrane , reprise à la commis-
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sure ou à la rénriion des lèvres , va tapisser les joues , au milieu desquelles elle s’enfonce dans le conduit de Sténon, quelle revêt dans toute son étendue , ou plutôt avec la membrane duquel elle se continue. Ensuite elle se porte sur les branches delarîïâchoire, en formant un repli perpendiculaire au niveau de leur bord antérieur ; et parvenue sur les côtés du voile du palais , elle se replie de nouveau deux fois presque perpendiculairement, pour former par ces deux replis les piliers de ce voile , et se continuer ensuite avec la membrane pharyngienne.
En haut et en bas , cette membrane forme, en se réfléchissant des lèvres sur les gencives , deux espèces de culs-de-sac , coupés chacun au milieu par le frein de la lèvre correspondante , et embrassant le contour des deux mâchoires.
La structure de la membrane muqueuse de la bouche est analos^ue à celle des autres membranes de même genre qui tapissent les cavités intérieures; mais elle offre plusieurs variétés suivant chacun des organes de la bouche sur lesquels elle se déploie. Ces variétés seront indiquées quand nous traiterons de chaque organe en particulier. Je remarquerai seulement ici *qu’un caractère général d’organisation de cette membrane est de présenter presque partout une grande quantité de glandes muqueuses, lesquelles sont très-grosses et tellement rapprochées en certains endroits , qu’elles forment véritablement une couche distincte , comme au voile du palais , à la voûte palatine , etc. Cette disposition générale , sur laquelle je reviendrai en détail , est
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cVautant pins frappante pour le médecin , que la membrane de la bouche est moins sujette aux catarrhes que bien d’autres où ces glandes muqueuses sont à peine sensibles , comme la pituitaire, la bronchiale, etc. Outre ce caractère général d’organisation , la membrane de la bouche en offre un autre qui du reste est commun à presque toutes les origines du système muqueux : c’est d’avoir un épiderme extrêmement distinct. Les excoriations des lèvres , de la langue , des joues , du palais , etc., l’immersion dans l’eau bouillante , l’approche d’un feu vif et la macération prouvent incontestablement ce caractère organique , qui s’affaiblit peu à-peu et disparait à mesure qu’on s’enfonce dans la profondeur des surfaces muqueuses.
ARTICLE DEUXIÈME
DES LÈVRES ET DL l’oüVERTURE FACIALE DE LA BOUCHE.
On peut considérer dans la bouche six régions ou parois , l’ime antérieure , l’autre postérieure , deux latérales, une supérieure et une inférieure. A chacune de ces régions se rapportent différons objets, qui sont : i^ en devant, l’ouverture antérieure de la bouche , et les lèvres qui la bornent ; 2® en arrière , son ouverture postérieure , surmontée par le voile du palais ; 3° sur les côtés , les joues ; 4^ en haut , le palais ; 5° en bas, la langue , organe spécial du goÙL