NERFS DU CERVEAU
On n’en trouve que deux, l’olfactif et l’optique. Ils sont remarquables par leur structure , par leur destination exclusive pour des organes sensitifs , par leur volume très-grand en le comparant à celui des parties où ils vont se rendre.
§ Ier. Nerfs olfactifs.
Ces nerfs ont été considérés assez superficielle» ment par le plus grand nombre des anatomistes, qui se sont contentés de ce qu’une première inspec-
leure de toutes , puisqu’elle est fondée sur les véritables connexions des nerfs avec l’axe cérébro-spinal. Il divise les nerfs en réguliers et irréguliers. Il appelle nerfs réguliers ceux qui ont une double racine , qui communiquent avec les parties antérieure et postérieure de l’axe nerveux, qui sont par conséquent à la fois les agens de la sensibilité et ceux des mouvemens des actes volontaires, et se distribuent latéralement aux parties régulières du corps. Les nerfs dits irréguliers sont , au contraire , simples dans leur origine , irréguliers dans leur distribution , et non symétriques comme les précédons ; de ces nerfs, les uns président spécialement aux mouvemens des parties auxquelles ils se distribuent. Les autres, étrangers à la motilité, sont uniquement relatifs à la sensibilité de ces parties ; et en effet , l’inspection anatomique démontre que la racine unique des premiers communique avec la colonne motrice des centres nerveux', que celle des seconds communique au contraire avec leur colonne sensitive. ( V oy . la note de la page ) ( Note ajoutée. )
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tion leur offrait, et n’ont pas recherché exactement la disposition de leur portion nasale. C’est aux travaux des anatomistes modernes, de Prochaska, de Leiobsten, deSœmmering, de Scarpa surtout, etc., que nous en devons une description plus exacte.
L’origine des nerfs olfactifs a excité spécialement l’attention des anatomistes, qui l’ont placée en différentes parties, en voulant la poursuivre profondément dans la substance cérébrale. Mais il est presque impossible de la suivre au-delà de la superficie du cerveau : or, en commençant l’examen à cette superficie, on distingue à ces nerfs deux racines médullaires et une corticale. Les premières sont les plus connues et les plus sensibles.
L’externe, qui est assez longue, est cachée en grande partie dans la scissure de Sylvius. Elle commence à la partie la plus reculée du lobe antérieur du cerveau , dans son angle de réunion avec le moyen, sur la substance corticale de sa dernière circonvolution. Des troncs vasculaires assez gros pénètrent le cerveau à l’endroit de cette origine, d’où elle se porte en avant et en dedans pour donner naissance au tronc commun. Souvent, dans ce trajet , elle reçoit, des circonvolutions voisines, un ou deux petits filets médullaires ; ce qui la fait paraître divisée en deux ou trois portions distinctes et écartées.
La courte racine médullaire est très-variable dans sa disposition : tantôt elle vient du lobe antérieur, près la précédente, avec laquelle elle paraît presque confondue; tantôt, plus courte, elle naît plus en dedans sur la substance médullaire qui occupe la
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partie interne de la scissure de Sylvius ; quelquefois elle est divisée en deux portions ; toujours elle se dirige en avant; elle reçoit souvent dans son trajet un ou deux petits cordons médullaires accessoires , jusqu’à ce qu’enfin elle se réunisse à la longue racine. On trouve assez souvent dans l’angle qu’elle forme avec celle-ci plusieurs petits filets blanchâtres trèscourts qui se réunissent à toutes deux. Il est facile de concevoir, d’après les variétés nombreuses que présente la disposition des deux racines médullaires, surtout de l’interne , comment les auteurs se sont peu accordés sur le nombre des origines du nerf olfactif, en sorte que les uns n’en ont admis qu’une seule, d’autres en ont reconnu trois, le plus grand nombre en ayant décrit deux. J’ai eu occasion d’observer plusieurs fois que le mode d’origine d’un côté n’est pas exactement le même que celui du côté opposé.
Pour voir la troisième racine, il faut soulever le nerf et écarter les deux côtés du sillon longitudinal qui le reçoit dans son trajet : on aperçoit alors sous les deux premières racines un corps pyramidal grisâtre, dent la base est enfoncée dans le sillon, tandis que le sommet s’avance antérieurement pour se réunir à ces deux racines dans !e point de leur jonc- “ lion; là, il dégénère en un cordon grisâtre, mince, qui règne sur la surface supérieure du nerf, dont il occupe le milieu. Cette troisième racine est nommée corticale , pour la distinguer des deux autres. Mais si on la fend suivant sa longueur, on y trouve un centre médullaire très-distinct, et qui va en s’amincissant toujours davantage jusqu’à son sommet; en
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sorte que, comme Scarpa l’a observé, il forme véritablement une racine de mêmenature que les autres, mais que la substance corticale enveloppe jusque sur son extrémité.
Quoi qu’il en soit, le nerf présente un renflement sensible et comme triangulaire à la réunion de ces trois racines; de là ii se porte horizontalement en devant sous le lobe antérieur, placé dans un sillon longitudinal auquel il correspond principalement par sa troisième portion, qui, comme nous l’avons dit, se trouve plus supérieure, et par conséquent plus enfoncée dans la substance cérébrale. Sa surface inférieure, plane et apparente à l’extérieur, est recouverte par l’arachnoïde. Le sillon ainsi que le nerf se portent un peu en dedans à mesure qu’ils avancent. Par cette direction, ce dernier se rapproche de celui du côté opposé, en sorte qu’en devant il ne reste entre eux qu’un fort petit intervalle que remplit l’apophyse crista-galli, tandis qu’ils étaient fort écartés en arrière. En bas, le nerf correspond d’abord à la surface supérieure des petites ailes du sphénoïde, puis à la gouttière ethmoïdale. Étroit en arrière, il devient plus épais et plus large antérieurement. J’observe que, dans son trajet dans le sillon cérébral, il est très-convenablement placé pour n’ètre point comprimé par la masse du lobe* antérieur qui pèse sur lui. En effet, ce sillon loge en arrière presque toute l’épaisseur de ce nerf, qui ne peut être comprimé par conséquent sur l’aile du sphénoïde. Plus volumineux en devant, il fait sous ce sillon une saillie marquée; mais la lame ethmoïdale, très-déprimée , lui forme en cet endroit une
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gouttière qui prévient également la compression. Au reste, il n'occupe partout que le bas de ce sillon, lequel n’est autre chose qu’une circonvolution cérébrale, qui est droite au lieu de se contourner comme les autres, et qui s’enfonce profondément comme elles, ainsi qu’on le voit en écartant ses parois, qui ordinairement sont contiguës.
Parvenu dans les gouttières etlimoïdales, le nerf olfactif, qui a successivement augmenté de largeur, offre enfin un tubercule assez volumineux (i), d’une couleur grisâtre, d’une forme ovale et allongée, plus marquée en devant qu’en arrière où il naît insensiblement de ce nerf. C’est à l’endroit, de ce renflement que celui-ci abandonne le crâne pour se porter dans les narines par les trous nombreux de la lame plane de l’ethmoïde.
Pour concevoir sa distribution dans ces cavités, il faut sc rappeler l’organisation des conduits qui donnent passage à ses rameaux, conduits sur lesquels Scarpa a spécialement fixé l’attention des anatomistes, et que j’ai renvoyés ici, au lieu de les décrire dans l’Ostéologie.
Les trous qui traversent la lame plane sont différemment disposés sur l’une et l’autre faces :
(i) Ces tubercules ou lobules médullaires, placés l’un à droite, l’autre à gaucbe de l’apophyse crista-galli, et se continuant en arrière avec le pédicule triangulaire qui vient d’ètre décrit , ne sont plus regardés aujourd’hui comme les troncs des nerfs olfactifs, mais comme des prolongemens antérieurs de la moelle allongée. On n’appelle nerfs olfactifs que les filets moirs et grisâtres qui naissent de la face inférieure de ces deux renflemens , et qui traaussitôt la lame criblée de l’ethmoïde. î ( Note ajoutée. )
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En haut, les principaux sont de deux ordres îles uns internes, rapprochés de l’apophyse crista-galli, au nombre de six à huit, bornés en devant par une fente très-sensible, et les autres externes, en nombre à peu près égal. L’espace qui reste entre eux n’en offre cpie de très-petits, irrégulièrement disposés, et plus nombreux en devant qu’en arrière.
En bas, on trouve dans la partie supérieure des fosses nasales beaucoup d’ouvertures correspondantes aux précédentes, mais plus nombreuses, parce que chacun des orifices supérieurs donne naissance à un petit canal qui se divise en plusieurs autres dans son trajet, surtout sur les côtés. L’orifice des conduits , dans les cavités nasales, a lieu ainsi qu’il suit : i° les moyens, très-courts, offrant plutôt des trous que des conduits réels, tous ouverts dans l’espace vide qui sépare les deux parois latérales du nez, n’occupent que l’épaisseur de la lame criblée. Leur nombre est peu considérable, vu l’étroitesse de la voûte du nez en cet endroit. Plusieurs percent l’os perpendiculairement; d’autres sont obliques. 20. Les conduits internes se dirigent le long de la cloison. Leur longueur et leur direction varient : courts et obliques en avant, ils ont au milieu une direction perpendiculaire et sont plus allongés. En arrière, ils sont très-longs, et se dirigent de nouveau obliquement du côté de la partie postérieure de la cloison; plusieurs vont jusqu’à la moitié de celle-ci. Presque tous , un peu avant de se terminer, dégénèrent en de simples rainures qui se perdent bientôt. 3°. Les conduits externes régnent sur le cornet supérieur et sur la lame plane. Quelques-uns ont un
trajet très-court; d’autres sont beaucoup plus longs. Aucun ne s’observe sur la surface concave des cornets. Ils ne descendent point non plus sur l’inférieur? le supérieur en présente beaucoup, et leur disposition y est très -variable. Tous se subdivisent en plusieurs conduits secondaires. Aucun ne communique dans les cellules ethmoïdales, quoique plusieurs n’en soient séparés que par une lame fort mince. O11 ne doit point les confondre avec ceux appartenant aux nerfs sphéno-palatins.
La distribution des nerfs olfactifs est conforme à celle des conduits qui leur donnent passage. On observe que le bulbe formé par l’extrémité du nerf et placé dans la gouttière ethmoïdale donne naissance à trois ordres de rameaux, internes, externes et moyens. Tous s’engagent dans les ouvertures auxquelles ils correspondent, comme on peut facilement s’en convaincre en enlevant le bulbe nerveux : les rameaux qu’ils donnent demeurent alors à leur place, et on reconnaît l’endroit de leur introduction. Le nombre, le volume et la direction de ces rameaux sont sujets à beaucoup de variations. Souvent les trous les plus volumineux en reçoivent deux ou trois.
Les rameaux moyens divergent aussitôt, et se portent un peu en avant en même temps qu’en bas. Des rameaux externes et internes qui naissent sur les côtés du bulbe, les uns antérieurs , vont presque perpendiculairement gagner les ouvertures ethmoïdales les plus proches; les autres, postérieurs, prennent successivement, avant leur introduction, une direction plus oblique en arrière. Tous sortent logés
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clans les conduits de la dure-mère qui tapissent ceux creusés dans les os. Parvenus dans les narines, les rameaux moyens se perdent tout de suite dans la pituitaire.
Rameaux internes. Ceux-ci suivent tous la cloison, et ne tardent pas à se diviser en filets plus petits avant meme d’avoir quitté la lame criblée. Ces filets, subdivisés, encore, se portent entre la couche fibreuse de la pituitaire et les os. En avant, ils ne vont guère qu’au milieu de la cloison. Plusieurs vont jusqu’au bas, dans le milieu, où ils sont plus longs. Pin arrière, ils se recourbent la plupart pour se porter du côté des sinus sphénoïdaux, ils parcourent , en sortant de leurs conduits, un trajet plus ou moins considérable. La surface muqueuse de la cloison nasale est donc abondamment pourvue de nerfs en dehors d’abord, puis dans son tissu muqueux même.
Piameaux externes. Ils se continuent, aussitôt après leur introduction, dans les conduits qu’on trouve sur les cornets, s’y divisent et s’y subdivisent en s’anastomosant entre eux, sans abandonner d’abord les conduits, qui s’anastomosent de même. Leur entrelacement devient encore plus fréquent lorsqu’ils en sont sortis et qu’ils se distribuent enfin à la membrane pituitaire. Les postérieurs sont en. grand nombre sur le cornet supérieur, où ils se dirigent d’abord obliquement en arrière , pour se recourber ensuite en bas et en devant, de manière que leur convexité regarde le sinus sphénoïdal. Ceux qui occupent la partie antérieure sont moins nombreux et presque •perpendiculaires. Les moyens sont re-
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marquables par leur longueur ; ils vont quelquefois de la lame plane jusqu’au bas du cornet moyen. Perpendiculaires jusqu’au milieu de ce cornet, ils se recourbent ensuite et se portent transversalement en arrière, suivant la longueur de cet os. Dans tout ce trajet, ces rameaux donnent de nombreux filets à la membrane pituitaire. Lorsque les conduits n’ont pas la meme longueur qu’eux, ils continuent leur trajet entre le périoste et la membrane jusqu’à la fin. Aucune de leurs divisions ne va, à ce qu’il paraît, se distribuer à la surface concave du cornet qui répond aux cellules ethmoïdales; aucune ne se rend d’une manière sensible à la membrane qui tapisse ces cellules. Les rameaux externes des nerfs olfactifs ne se distribuent point au cornet inférieur.
Comment se terminent les filets nerveux? On a cru que les villosités apparentes sur la pituitaire macérée étaient leurs extrémités. On ne peut rien découvrir cpii prouve cette opinion ; on voit seulement les nerfs former un réseau sur cette membrane , mais on ne peut les suivre jusqu’à sa surface villeuse.
Nous avons vu qu’à son origine le nerf olfactif offrait une structure en grande partie médullaire, mais un peu corticale. Dans le reste de son trajet au -crâne, il est formé alternativement de stries corticales et médullaires entremêlées. Les anciens anatomistes avaient observé que son milieu offrait un sillon sensible. Une observation plus exacte découvre plusieurs autres lignes semblables , en sorte que ce nerf est véritablement sillonné et à fibres trèssensibles. Le cordon qu’il représente dans le crâne a
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une forme triangulaire; ce qui le distingue de tous les autres.
C’est surtout dans le bulbe qui le termine sur la gouttière ethmoïdale , que la substance corticale est bien prononcée. Ce bulbe ressemble par là assez bien aux ganglions; mais lorsqu’on le fend plus profondément , on voit qu’il n’a d’analogie avec eux que par la couleur. La consistance , la densité, l’organisation intérieure , tout établit une différence essentielle entr’eux. Pourquoi ce mélange des deux substances cérébrales dans le seul nerf olfactif? on l’ignore.
Mou et pulpeux dans le crâne , ce nerf prend une consistance très-marquée , et se recouvre d’un névriième dans les fosses nasales. Sous ce rapport , il y a une exacte analogie entre lui et le nerf optique. Le bulbe grisâtre des gouttières ethmoïdales est la limite qui sépare la portion purement médullaire d’avec celle qui, de plus, est névrilématique (i).
(i) On pense généralement que le nerf olfactif est, ainsi que son nom l’exprime, spécialement et seul destiné à la perception des odeurs; et en effet, par son origine et sa distribution , il constitue plus qu’aucun autre nerf des cavités nasales un système nerveux spécial ; d’ailleurs il a dans les animaux un volume et un développement proport ionné à l’énergie de l’odorat, et l’on a vu les lésions des nerfs olfactifs entraîner la perte de l’odorat. Néanmoins quelques expériences de M. Magendie semblent justifier le doute élevé à cet égard par Méry. M. Magendie a constaté d’abord que le nerf olfactif, mis à nu sur des animaux vivans , était insensible à toute espèce d’irritans, de sorte que doué d’une sensibilité spéciale, de la sensibilité relative aux odeurs, il paraîtrait ne pas posséder la sensibilité générale. Ayant ensuite
§ IL Nerfs optiques.
Les nerfs optiques, plus volumineux que les précédera, sont remarquables par le trajet considérable qu’ils font dans le crâne , et par le peu de chemin qu’ils parcourent après qu’ils en sont sortis. Ils naissent, par une extrémité assez épaisse, de la partie inférieure et postérieure des couches optiques , à l’endroit où ces éminences font saillie à la partie inférieure du cerveau, derrière les prolongemens antérieurs de la protubérance cérébrale (i). Ils rè-
fait la section complète de ces nerfs , il vit que les cavités nasales conservaient leur sensibilité générale, qui dès lors devait être attribuée à l’influence de la cinquième paire ; et, en effet, de la section de la cinquième paire résulta l’abolition de cette sensibilité. Enfin il reconnut que, par la section des nerfs olfactifs seuls, l’odorat n’était pas complètement anéanti; qu’au contraire , par la section de la cinquième paire, les nerfs olfactifs étant conservés intacts , il y avait à la fois abolition complète et de la sensibilité générale et de la sensibilité relative aux odeurs. D’où il conclut que , dans le sens de l’odorat , ces deux sensibilités se trouvent encore réunies en un même nerf, ou bien que, si les nerfs olfactifs sont le système nerveux de l’odoration , ils réclament, pour remplir leur office, l’intégrité de la cinquième paire de nerfs. Cette . dernière conséquence lui paraît d’autant plus probable que la cinquième paire de nerfs exerce une influence semblable sur les nerfs auditifs et optiques ; que chez le chien , qui a l’odorat trèsfin , le filet ethmoïdal de la cinquième paire est très— gros et fournit plusieurs de* ses divisions à la partie supérieure de la cavité olfactive . ( Note ajoutée. )
( i ) Il est aujourd’hui reconnu que les nerfs optiques ne commencent pas aux couches optiques, mais qu’ils naissent de la
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gnent à la partie interne de cet enfoncement qui continue en arrière la scissure de Sylvius, en faisant un angle avec elle, et que borne en dehors le lobe moyen. A leur origine, se trouvent deux ou trois saillies assez sensibles qui semblent indiquer cette origine, et dont l’une se continue avec les tubercules quadrijumeaux. En fendant la couche optique en cet endroit , on voit qu’elle y est médullaire ? excepté un peu dans les petites saillies, où il y a de la substance corticale. Au reste , on ne peut point distinguer comment a heu cette origine au-delà de la superficie de la couche optique, soit qu’on fende celle-ci transversalement, soit qu’on la coupe horizontalement.
Quoi qu’il en soit , aussitôt après son origine , le nerf optique se porte en devant et en dedans, en se contournant sur le prolongement antérieur de la protubérance, auquel il est continu en partie. Large et aplati jusqu’au-devant de ce prolongement, il s’arrondit et se rétrécit en cet endroit. Caché d’abord par la saillie du lobe moyen, il se trouve bientôt à
moelle allongée, d’abord par un fdet assez considérable qui remonte des tubercules quadrijumeaux postérieurs jusqu’à une petite saillie de la partie postérieure et externe des couches optiques appelée corps genouillé interne; en second lieu par un autre filet qui descend plus extérieurement de la lame superficielle de la couche optique et qui se termine également à une petite saillie placée en dehors de la précédente et nommée corps genouillé externe. Ces deux filets forment par leur réunion le tronc du nerf optique, qui se porte en devant et en dedans en se contournant sur le prolongement antérieur de la protubérance cerebrale,
( Note ajoutée , )
découvert à la partie inférieure du ventricule cérébral moyen, et se dirige obliquement en dedans, pour se rapprocher de son semblable. Dans ce trajet, il n’est libre que par sa face inférieure. Supérieurement, il adhère en dedans au prolongement antérieur de la protubérance , en dehors à la partie inférieure de la couche optique, ou plutôt il se continue avec eux.
Parvenu au-devant de la fosse pituitaire, il se réunit à celui du côté opposé, et se confond avec lui. S’entrecroisent-ils? Divers faits semblent prouver et combattre cette opinion qui a longuement occupé les anatomistes (i). J’ai vu deux cas où, l’œil étant atrophié , le nerf optique du même côté était sensiblement plus rétréci que l’autre jusqu’à leur réunion, mais tous deux étaient du même volume en arrière. Je crois qu’ici comme ailleurs, il faut s’en tenir à la simple inspection, sans chercher à deviner ce que les sens ne nous montrent pas. Or, en partant de là, on voit que cette réunion forme un corps quadrilatère, embrassant en arrière et en haut la substance grisâtre ( tuber cinereum ) qui bouche inférieurement le ventricule moyen et d’où naît la tige pituitaire. Son adhérence avec cette sub-
(i) Il paraît qu’il y a véritablement dans la commissure des nerfs optiques un entrecroisement partiel , que quelques-unes des fibres du côté interne de l’un des nerfs s’entrecroisent avec celles du nerf opposé ; de manière que chaque nerf, au-delà de cette décussation , est formé de quelques fibres du nerf opposé et de la majeure partie de celles qui le composaient primitivement.
( N etc ajoutée. )
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stance est très-marquée : on ne peut la séparer sans solution de continuité. En devant et en haut, ce corps donne attache à la membrane dense et transparente qui bouche la partie antérieure du ventricule : on voit très-bien cette membrane en renversant les nerfs en arrière.
Au-delà de cette réunion , les nerfs optiques s’écartent de nouveau, s’arrondissent, deviennent plus denses et plus résistans, se dirigent obliquement en avant et en dehors jusqu’au trou optique, par lequel ils sortent du crâne. Dans cette seconde partie de leur trajet, ils augmentent sensiblement de volume, et conservent la forme arrondie qu’ils avaient prise avant de se réunir. Telle est leur disposition dans l’intérieur du crâne.
Tant qu’ils ne sont point sortis de la scissure postérieure du cerveau , ils sont à nu au milieu de la substance de cet oreane, et ne reçoivent aucune enveloppe des membranes qui le revêtent; mais, depuis le moment où ils sont à découvert, au-delà de l’angle que forme le lobe moyen, jusqu’au trou optique, la pie-mère leur forme une enveloppe immédiate , et l’arachnoïde les recouvre inférieurement, sans se continuer sur leur partie supérieure, excepté tout-à-fait en devant où elle leur compose un canal comme aux autres nerfs.
Au moment où ils passent par les trous optiques, ces nerfs, un peu rétrécis, se coudent légèrement en dehors de manière à former un angle fort obtus avec leur portion crânienne. Ils conservent cette nouvelle direction jusqu’à leur terminaison dans l’œil. Renfermés , pendant ce trajet , dans un couut. 12
dait fibreux que leur forme la dure-mère , comme nous l’avons dit , et qui tient au névrilème par de petits proion gemens cellulaires très-distincts et qu’on rompt facilement, ils sont environnés par les quatre muscles droits, dont les sépare seulement une grande quantité de graisse. Plus immédiatement, ils répondent aux nerfs ciliaires, et dans leur partie externe et postérieure au ganglion ophthalmique. Enfin , parvenus à la partie postérieure et interne de l’œil, ils traversent la sclérotique et la choroïde , pour se terminer au milieu de la rétine par une extrémité tronquée qui offre la même couleur blanche qu’on leur observe partout , couleur tout-à-fait différente de celle de la rétine elle-même qui naît du contour de cette extrémité.
Entre leur origine et l’endroit de leur réunion, les nerfs optiques sont mous et pulpeux comme la substance médullaire d’où ils émanent. En les fendant, on n’y trouve aucune trace de substance corticale, comme dans les olfactifs; ils ne sont point non plus striés suivant leur trajet. Ils paraissent augmenter légèrement de consistance à leur réunion et au-delà, jusqu’au trou optique. Mais dans toute leur portion crânienne ils sont entièrement dépourvus de névrilème; la substance médullaire les compose en totalité.
La portion orbitaire , outre l’enveloppe quelle reçoit de la dure-mère, est pourvue d’un névrilème extérieur qui lui donne la consistance qu’on lui trouve. Ce névrilème extérieur, plus dense que celui des autres nerfs , forme une enveloppe générale à celui-ci, qui ne représente réellement qu’un seul
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cordon, et que l’on ne peut point, comme les autres, diviser en filets secondaires. Cependant il a une disposition intérieure analogue à cette division en filets : en effet, ce névrilème général envoie dans l'intérieur du nerf des prolongemens en forme de cloisons, desquels résultent plusieurs canaux particuliers dans lesquels la substance médullaire se trouve logée. On voit cette disposition en fendant longitudinalement le nerf. On peut obtenir le névrilème seul avec ses prolongemens, en comprimant celui -ci de manière à faire sortir toute la substance médullaire par les deux bouts coupés. C’est ce névrilème qui , resserré et racorni par faction du calorique, pousse en partie au dehors la moelle qu’il contient, et qui forme alors deux saillies sensibles à chaque extrémité divisée du nerf. Quoique réellement divisé en plusieurs stries médullaires occupant les canaux névrilématiques de son intérieur, le nerf optique ne peut donc, comme les autres, se partager en filets par la dissection , parce que tous ces canaux font corps les uns avec les autres et avec le névrilème extérieur, au lieu d’ètre simplement unis par du tissu cellulaire, comme les filets des cordons nerveux (1).
( 1 ) Ainsi que nous l’avons dit, les expériences de M. Magendie donnent lieu de croire que Lien que le nerf optique soit le système nerveux de la vision , le nerf delà cinquième paire a aussi quelque part à cette fonction. Il a constaté que la section de ce dernier nerf, le nerf optique restant intact , n’entraînait pas seulement l’abolition delà sensibilité générale de l’œil, mais aussi celle de la sensibilité spéciale relative à la lumière. ( Note ajoutée. )
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ARTICLE DEUXIEME