V. Nerf rctdiah
Ce nerf est un des plus volumineux de ceux qui sortent du plexus brachial. Il naît de sa partie in» terne et postérieure , formé principalement par les cinquième, sixième et septième nerfs cervicaux, et par le premier dorsal, il descend d’abord obliquement le long de la partie interne de l’humérus, recouvert par les autres nerfs du plexus, et placé entre les portions interne et moyenne du brachial postérieur; puis il se contourne sur la face postérieure de cet os , situé alors dans la gouttière qu’il présente en cet endroit, et totalement caché par le brachial postérieur, il parvient ainsi jusqu’à la partie antérieure, externe et inférieure du bras, où il sc trouve entre le muscle brachial antérieur et le long supinateur; il se porte, en conservant ces rapports , jusque sur l’articulation de l’avant-bras, et s’y divise comme je le dirai.
Dans ce trajet, un grand nombre de rameaux s’en échappe; aussi est-il sensiblement moins gros à sa bifurcation qu’à son origine. Ces rameaux sont les
suivans : i° au niveau des tendons réunis du grand
dorsal et du grand rond , il en fournit deux ou trois musculaires , ayant une origine tantôt commune, tantôt séparée , et se portant obliquement en haut et au milieu de la grande portion du brachial postérieur, et ensuite à sa portion externe. a°. Plus inférieurement naissent, tantôt réunis, tantôt isolés par des distances plus ou moins considérables, quatre ou cinq rameaux , musculaires aussi ? excepté
un, toujours constans, plus considérables encore que les précédons. L’un d’eux gagne la partie inférieure de cette même portion externe du brachial postérieur; delà le brachial antérieur, où il se perd par plusieurs filets. Un autre se jette dans la portion interne du premier de ces muscles. Un autre descend perpendiculairement sous la grande portion, reste quelque temps apparent lorsqu’on soulève celle-ci , puis , s’enfonçant bientôt dans la masse commune inférieure de ce muscle, s’y perd par plusieurs filets qui y entrent séparément, et dont un plus long que les autres, peut, à travers les fibres charnues, être suivi jusqu’à l’anconé : ce filet m’a paru très-remarquable. Un dernier rameau cutané , qui quelquefois est double, et qui naît très-souvent par un tronc commun à lui et au précédent, tantôt plus haut, tantôt plus bas, perce le brachial antérieur, ou bien sort entre lui et le long supinateur, devient superficiel, passe derrière le coude, descend le long de la partie externe et postérieure de l’avantbras et de la main jusqu’au pouce, en fournissant un grand nombre de filets qui se perdent dans les tégumens. Rien n’est plus variable que l’origine de ces rameaux, comme au reste l’origine de la plupart de ceux qui se distribuent aux muscles : il faut, en les disséquant, avoir surtout égard à leur terminaison. 3°. Entre lebrachial antérieur et le grand supinateur naissent deux ou trois autres rameaux musculaires , qui vont à ce dernier et au grand radial externe.
Après avoir fourni tous ces rameaux, le nerf, plus petit presque de moitié , se divise en deux branches, l’une antérieure, l’autre postérieure.
NERFS DE LA VIE ANIMALE. 3ol
i°. Branche antérieure . Elle est la plus petite des deux , se dirige obliquement en bas , recouverte par le grand supinateur et placée en dehors de l’artère radiale. Vers le tiers inférieur de l’avant-bras, elle se détourne en dehors, passe au-dessous du tendon du grand supinateur, en croisant sa direction ; sort entre lui et le grand radial externe, pour occuper le bord externe du radius , et se trouver au-dessous des grands abducteur et court extenseur du pouce et sous les tégumens : bientôt elle se divise en deux rameaux.
Rameau externe. Il se dirige sur la face dorsale du pouce, et se subdivise en deux filets; 1® Fun va au côté externe de cette face dorsale , en distribuant divers filets, dont plusieurs s’engagent sensiblement sous le tendon du long extenseur de ce doigt , et s’y perdent; R l’autre se porte d’une part sur le côté interne et dorsal du pouce, et l’autre sur le côté externe et dorsal de l’index. Souvent ce filet vient du rameau suivant, et alors celui-ci, moins considérable , donne seulement , en se jetant sur le côté externe du pouce, un filet très-mince, qui descend sur la face postérieure de ce doigt, et s’y perd. Dans ces deux cas, la distribution est toujours la même. Le filet commun du pouce et de l’index donne beaucoup de divisions avant de se terminer à l’extrémité de ces deux doigts. L’interosseux abducteur de l’index , les tégumens et le coutour de l’articulation des deux doigts en reçoivent surtout.
Rameau interne. Il est le plus considérable , quand le filet commun au pouce et à l’index en
3o2 appareil goto, du sent, et du mouv.
provient; dans îe cas contraire, il est le plus petit. Il se porte sur le dos de la main , et se divise, dans ce dernier cas , en deux filets. L’un descend le long du côté interne et dorsal de l’index, l’autre sur îe côté externe et dorsal du médius. Ils s’y comportent comme les filets précédens sur leurs doigts respectifs.
a0. Branche postérieure. Celle-ci , beaucoup plus volumineuse que la précédente , se détourne obliquement en dehors , passe au-dessous des grand supinateur et radiaux , auxquels elle donne des filets, et s’engage entre deux plans charnus du petit supinateur , auquel elle fournit aussi plusieurs filets , et qu’elle traverse suivant sa longueur, en contournant obliquement de haut en bas l’extrémité supérieure du radius. Dans l’épaisseur de ce dernier muscle , elle se divise en plusieurs rameaux principaux, mais dont l’origine et par conséquent le nombre varient.
Hameaux postérieurs . Ils se portent au petit supinateur lui-même , et donnent ensuite divers filets aux cubital postérieur et extenseurs des doigts et de l’index. Parmi ces filets , il en est qui se prolongent fort loin dans ces muscles et ne disparaissent qu’auprès de leurs tendons.
Rameaux antérieurs . Ils appartiennent spécialement aux muscles postérieurs et profonds de l’avant-bras. Plusieurs se portent d’abord aux muscles grand abducteur et petit extenseur du pouce. L’un d’eux, qui est îe principal , et qui quelquefois fournit les autres , descend entre ces muscles et le grand extenseur du meme doigt, donne quelques
KERFS DE £à Vie animale. 3o3
filets en arrière à l’extenseur commun des doigts, suit le ligament interosseux sur lequel il est immédiatement placé , passe sur l’articulation du poignet, au-dessous des tendons extenseurs et du ligament annulaire du carpe; et, parvenu sur le métacarpe, se divise en un grand nombre de filets qui se perdent dans les interosseux et s’anostomosent avec les rameaux profonds du cubital. La densité du tissu cellulaire en cet endroit fait qu’on le suit difficilement»
"VI. Nerf axillaire .
îl naît de la partie interne et postérieure du plexus brachia] , et paraît être fourni principalement par les deux derniers nerfs cervicaux et par le premier dorsal. Il se dirige, aussitôt après son origine, obliquement en bas et en dehors, sur le muscle sous-scapulaire et près de son tendon, passe sur la tète de l’humérus , entre la capsule fibreuse et le grand rond , puis entre elle et la longue portion çlu brachial postérieur. En contournant ainsi horizon-
talement l’articulation , il paraît entre cette dernière
et le bord inférieur du sous-épineux , et va tout de suite se terminer au deltoïde.
L’axillaire donne fréquemment , près de son origine , les nerfs sous-scapulaires que nous avons décrits à l’occasion du plexus brachial; mais comme ces nerfs sortent le plus souvent au niveau de ce plexus lui-même, j’ai préféré les décrire à son occasion. Au moment où il se contourne sur la tête h l’humérus , il fournit quelques filets tui muscle
3o4 APPAREIL C0ND. DU SENT. ET DÛ MOUV.
petit rond; parvenu au-dessus du brachial postérieur, il se divise en deux branches principales, l’une supérieure, l’autre inférieure.
i°. Branche supérieure. Elle donne un rameau assez considérable, qui se subdivise aussitôt et va gagner le bord inférieur du sous-épineux, dans lequel il se termine. Ensuite elle se porte , conjointement avec la suivante , sur la face interne du deltoïde, et la suit horizontalement jusqu’à son tiers postérieur : là, elle se divise en plusieurs rameaux qui se perdent dans ce muscle, près de son bord postérieur.
a°. Branche inférieure. Elle est la plus longue : c’est elle qui fournit le plus grand nombre de rameaux au deltoïde , dont elle parcourt horizontalement la face interne jusque près de son bord antérieur. Presque tous ces rameaux naissent de cette brancbe inférieurement, et se portent, dans une direction perpendiculaire ou oblique , sur la face interne d’abord , puis dans l’épaisseur du muscle , vers les attaches supérieures duquel on n’en voit presque point remonter.
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