‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier BichatChapitre 23 sur 56 · III. NERFS DORSAUX DE LA MOELLE VERTEBRALE · texte numérisé non relu

III. NERFS DORSAUX DE LA MOELLE VERTEBRALE

Ils naissent des parties latérales de la moelle vertébrale par deux racines : l’une antérieure , plus petite , que forment deux ou trois filets d’abord isolés à l’endroit même de l’insertion ; l’autre postérieure, plus grosse, qui commence aussi par des filets très-distincts, et dont le nombre est variable. Séparées l’une de l’autre par le ligament dentelé, et d’abord assez écartées, ces deux racines se rappro-

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client bientôt, descendent d’autant plus obliquement, et parcourent dans le canal un trajet d’autant plus long, quelles sont plus inférieures; ce qui établit un éloignement d’autant plus grand entre l’endroit de l’origine et le trou vertébral qui sert d’issue, et par conséquent le ganglion de réunion.

Ces deux racines, en conservant entre elles le même rapport que celles du cou et des lombes, sont moins grosses que les cervicales inférieures et que toutes les lombaires ; elles sont proportionnées aux nerfs qui succèdent à leurs ganglions, nerfs cpii sont plus petits que les cervicaux inférieurs et les lombaires , parce qu’ils ont moins de muscles à animer. Les supérieures, et les inférieures surtout, sont, ainsi que leurs nerfs , d’un volume un peu plus marqué que les moyennes.

Les deux racines correspondantes de chaque nerf descendent en convergeant, se portent vers le canal fibreux de la dure-mère, et s’y engagent en s’adossant. Un renflement nerveux est formé en cet endroit, exactement comme au cou. Ce renflement, grisâtre et pulpeux comme dans cette région , mais un peu moins gros , proportionné sous ce rapport et aux nerfs intercostaux, et à leur racine, se trouve plongé dans beaucoup de tissu cellulaire. Réunies au-delà en un tronc commun , ces deux racines nerveuses se confondent intimement (i). De ce tronc, qui ne parcourt qu’un très-petit trajet, naissent

(i) Voyez la note de la page 26G.

3û 6 APPAREIL C0ND. DU SENT. ET DU MOüV.

deux branches dans tous les nerfs dorsaux , les unes dorsales , les autres intercostales.

À. Branches dorsales.

Elles sont beaucoup moins grosses que les intercostales. Dirigées tout de suite en arrière , elles se portent entre les apophyses transverses dorsales , sous le transversaire épineux ; là, elles se divisent en deux ordres de rameaux , les uns internes , les autres externes. Cette division , qui a toujours lieu dans le plus grand nombre de sujets, manque quelquefois dans certains, et alors c’est le rameau externe seul qui est produit.

i°. Rameaux internes. Chaque branche en présente un ou deux ; ils sont moins gros que les externes , et pénètrent tout de suite le transversaire épineux : ils traversent ce muscle , tantôt plus près , tantôt plus loin des apophyses épineuses, en faisant un trajet oblique plus considérable qu’il ne le paraît d’abord , y répandent beaucoup de filets , en sortent, donnent aux muscles qui recouvrent celui-ci, percent ces derniers, puis se répandent sous la peau, en se portant en dehors pendant un espace plus ou moins long. J’ai remarqué cependant que tous ne deviennent pas cutanés ; souvent il n’y en a que cinq ou six, les autres restent sous les muscles trapèze, rhomboïde, etc.

2°. Rameaux externes. Ils sont les plus considérables, et existent constamment , meme lorsque quelques-uns des précédens manquent. Ils descendent obliquement en dehors, d’abord sous le transver-

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saire épineux , puis sous le long dorsal , viennent sortir chacun dans l’espace triangulaire borné en haut par chaque muscle sur-costal, et se trouvent tout de suite entre les muscles long dorsal, et sacrolombaire; iis donnent à tous deux des filets, au dernier surtout : puis, sortant de la rainure qui les sépare, ils se divisent en plusieurs filets qui serpentent différemment .au-dessous des muscles qui les recouvrent, au-dessous du grand dorsal, du trapèze , du rhomboïde , etc. ; ensuite ils deviennent cutanés, se répandent plus ou moins loin de 1 endroit où ils sont sortis d’entre les muscles, et se portent surtout en dehors : tous n’arrivent pas jus qu’à la peau , mais tous sortent de la rainure des sacro-lombaire et* long dorsal : le nombre de ceux qui restent sous les muscles superficiels est trèsvariable.

B. Branches intercostales .

Elles ont une disposition en partie analogue et en partie différente. La première sort au-dessous de la première côte; la dernière au-dessous de la douzième : toutes se dirigent presque horizontalement en dehors, excepté la première, passent dans l’intervalle des deux apophyses transverses correspondantes, puis entre les deux côtes; communiquent chacune avec les nerfs des ganglions pectoraux par deux filets, et quelquefois par un seul fdet. Ces filets se contournent en remontant sur les parties latérales du corps des vertèbres. Après cela , ces branches continuent à se porter en dehors, cachées

3o8 APPAREIL COND. DU SENT. ET DU ATOUV.

seulement par la plèvre jusqu’à l’angle des cotes , endroit où elles s’engagent entre les deux intercostaux , s’approchent du bord inférieur de la côte supérieure, parcourent chacune le trajet de l’intervalle intercostal qui leur correspond, et s’y comportent comme je vais le dire.

Première branche . Elle diffère beaucoup des autres. Aussitôt après son origine, elle se porte obliquement en haut et en dehors , se dirige sur la première côte , et va presque-tout de suite s’unir au plexus brachial, comme nous l’avons dit, en sorte que son tronc est réellement étranger à la poitrine. A l’endroit où elle remonte sur la côte , elle donne un rameau sous-costal qui correspond à peu près, par sa distribution , à la disposition des branches suivantes. Ce rameau se porte obliquement en bas, sous la face inférieure de la première côte , qu’il traverse pour gagner l’extrémité antérieure du premier intervalle intercostal, dont il perce les muscles pour se répandre sur la partie supérieure et antérieure de la poitrine, où il se perd bientôt. Dans ce trajet , il fournit , x° un filet postérieur qui descend sur la partie postérieure de l’espace intercostal, s’engage entre ces deux muscles , et se répand sur leur portion correspondante ; a0 un ou deux filets moyens qui descendent sur le milieu de l’intervalle; 3° deux ou trois filets antérieurs qui terminent ce rameau , et qui percent ensemble ou isolément l’espace intercostal.

Deuxième branche . Elle se dirige le long de la face interne de la deuxième côte , jusqu’au tiers postérieur de l’espace intercostal, où elle se divise

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en rameau intercostal et en rameau brachial ; mais auparavant elle donne un filet considérable qui s’engage dans la partie postérieure des deux intercostaux , leur fournit plusieurs divisions , et s’y perd.

Le rameau intercostal continue le trajet primitif le long de la deuxième côte , donne des filets peu considérables aux deux intercostaux correspondons; puis, arrivé au sternum, il sort par deux ou trois filets entre cet os et l’intercostal externe , et se répand sur la partie antérieure de la poitrine , sous l’insertion du grand pectoral , auquel il donne quelques filets.

Le rameau brachial perce le muscle intercostal externe , après lui avoir laissé , ainsi qu’à l’interne , plusieurs filets, descend obliquement dans le creux de Faisselle , où il reçoit quelquefois un filet de communication du nerf cutané interne , filet qui augmente sa grosseur. Ensuite il descend le long de la partie interne et postérieure du bras, en donnant divers filets qui se contournent en arrière et parcourent un trajet plus ou moins grand pour se perdre aux tégumens. Parvenu au coude , il se partage en un grand nombre d’autres qui se répandent dans toute cette région et s’y perdent.

Troisième branche. Elle côtoie le bord inférieur • de la troisième côte, jusque près du milieu de l’espace où elle se divise comme la précédente. Avant cette division, et très-près de sa sortie, elle fournit différons filets qui descendent dans la partie postérieure des deux intercostaux et s’y perdent. Quelquefois ces filets ont un ou deux troncs communs; d’autres fois iis naissent isolément ; ils ne paraissent

pas aller jusqu’aux muscles pectoraux superficiels.

Le rameau intercostal continue à suivre la côte, ne fournit que peu de filets, s’engage sous le triangulaire du sternum , en donne en cet endroit deux ou trois très-sensibles à ce muscle et à l’intercostal interne, passe entre l’os et celui-ci, et se répand sur la poitrine, comme le précédent.

Le rameau brachial , après avoir fourni divers filets aux intercostaux , perce l’externe, se porte à la partie inférieure du creux de Faisselle, donne des filets aux tégumens de cette partie, puis descend sur le bras, où il se perd plus vite que le rameau brachial précédent.

Quatrième , cinquième , sixième et septième branches. Leur distribution est à peu près analogue : chacune côtoie d’abord le bord inférieur de la côte à laquelle elle correspond, jusqu’aux environs du milieu de l’espace intercostal. Avant d’y arriver, de nombreux filets s’en échappent pour les deux muscles intercostaux ; ces filets naissent surtout en arrière, et parcourent clans ces muscles un trajet plus ou moins grand. Au milieu de l’espace, ou aux environs, elles se divisent :

i° En rameaux intercostaux , qui suivent le bord inférieur des côtes, et donnent des filets aux muscles intercostaux et triangulaire, s’engagent sous celui-ci, sortent chacun sur le bord latéral du sternum par un ou deux filets, et vont se distribuer au grand pectoral, à la mamelle, et aux tégumens du devant de la poitrine;

a0 En rameaux pectoraux externes , qui percent les intercostaux internes et se divise chacun en deux

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filets , dont F un se porte en arrière pour se distribuer aux tégumens de la partie latérale de la poitrine, et l’autre se dirige en devant et en bas, pour se distribuer au grand oblique et aux tégumens de la partie antérieure de la poitrine et supérieure du ventre.

Huitième , neuvième y dixième et onzième branches. Elles se dirigent,- comme les précédentes, dans les intervalles des côtes, placées d’abord chacune entre la plèvre et l’intercostal externe correspondant. Le trajet de ces branches sous cette membrane, ainsi que celui des précédentes, est successivement plus long à mesure qu’on l’examine plus inférieurement. Engagées ensuite sous les intercostaux internes, elles parcourent en partie les intervalles , puis se divisent en rameaux intercostaux et en rameaux pectoraux externes. Cette division est d’autant plus près de l’extrémité antérieure de chaque intervalle, qu’on examine les branches plus bas, parce que les intervalles vont en se raccourcissant successivement, et que dans chacun la division se fait toujours à peu près à la même distance du trou de ‘conjugaison. Avant qu’elle ait lieu, ces branches fournissent, comme les précédentes, des filets aux intercostaux, lesquels filets parcourent, avant de s’y terminer, un trajet plus ou moins considérable. En suivant chacune de ces branches, après avoir incisé le muscle qui la recouvre, on voit très-bien ces filets.

Les rameaux intercostaux continuent à parcourir les espaces de leur nom, en donnant successivement différons filets. Parvenus à l’extrémité de ces espaces,

3 12 appareil goto, du sent, et du mouv.

ils passent au-dessus des insertions du diaphragme, sans laisser de filets bien marqués à ce muscle, puis s’engagent dans les parois abdominales, entre le transverse et le petit oblique, fournissent d’abord différentes divisions à ces deux muscles, au dernier surtout, puis se portent jusqu’au bord externe du muscle droit : là, ils se divisent en filets profonds, qui pénètrent son épaisseur par ce même bord et par sa lace interne, et en filets superficiels qui percent le feuillet antérieur de sa gaine aponévrotique , et vont se ramifier dans les tégumens de la partie antérieure de l’abdomen.

Les rameaux pectoraux externes percent de dedans en dehors les intercostaux externes, et se divisent en deux ordres de filets, dont les uns, dirigés en arrière, se perdent dans les tégumens de la partie latérale et inférieure de la poitrine; les autres se portent en avant et en bas, et se distribuent aux grand dentelé et grand oblique , et aux tégumens.

Douzième branche. Elle envoie d’abord un filet de communication au premier nerf lombaire, puis s’écarte bientôt de la dernière côte, en se portant en dehors et en bas; elle traverse le devant du carré lombaire, auquel elle donne quelques filets, ainsi qu’au diaphragme, recouverte par le feuillet aponévrotique antérieur du transverse. Parvenue au bord externe du carré, elle se divise :

i° En rameau abdominal superficiel , qui se porte d’abord entre les deux obliques, leur donne différens filets, perce ensuite le premier, descend sur sa face externe, y donne beaucoup de filets, en four-

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nit aussi aux tégumens , et va jusque près de la crête iliaque ;

20. En rameau abdominal profond , qui se porte en bas et en avant, glisse entre le petit oblique et le transverse, laisse d’abord à l’un et à l’autre un grand nombre de filets très-ténus et qui y parcourent un trajet assez long, puis se prolonge jusqu’à l’extrémité des muscles droit et pyramidal, où il se perd,

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