IV. NERFS LOMBAIRES DE LA MOELLE VERTEBRALE
Ces nerfs sont au nombre de cinq : le premier sort entre les deux premières vertèbres lombaires, le cinquième entre la dernière et le sacrum. Leurs origines , beaucoup plus rapprochées les unes des autres que les origines des nerfs dorsaux, n’occupent qu’un petit espace, et se trouvent vis-à-vis la première vertèbre lombaire et la dernière dorsale. Chacun , comme les autres qui proviennent de la moelle, a un double faisceau d’origine : l’un en devant, qui est plus petit, l’autre en arrière, cpii est plus gros. Ces deux faisceaux sont formés par la réunion de plusieurs filets, lesquels, isolés d’une manière très-sensible à leur sortie de la moelle, oïl ils se revêtent du névrilème, se joignent ensuite, sans cependant communiquer ensemble, en sorte qu’on peut facilement les séparer les uns des autres. Les deux faisceaux correspondans parcourent un trajet d’autant plus grand, et sont d’autant plus volumineux, qu’ils appartiennent à un nerf plus inférieur; mais en général , la distance entre l’origine et la sortie est beaucoup plus considérable qu’au dos. Arrivés dans le
3 1 4 APPAREIL gond, du sent, et du mouv.
canal fibreux de îa dure-mère, ces deux faisceaux 3e traversent; l’un d'eux forme un renflement analogue à ceux des nerfs précédens (i); ils se réunissent ensuite, et donnent naissance à un tronc qui occupe îa large et profonde échancrure de la vertèbre d’en haut, puis se divise en deux branches, fune postérieure ou lombaire, l’autre antérieure ou abdominale.
§ Ier. Premier 1 Nerf lombaire .
i*. Branche lombaire . Plus volumineuse que les suivantes, cette branche se porte tout de suite en arrière, entre les apophyses transverses des deux premières vertèbres lombaires, donne divers rameaux internes qui se portent au transversaire épineux, et le percent quelquefois pour devenir superficiels, puis se portant en bas et en arrière, elle traverse la masse commune des sacro-lombaire et long dorsal, y laisse divers filets, devient ensuite superficielle, se place entre la face postérieure de ces muscles et l’aponévrose qui les recouvre , descend quelque temps au-dessous de celle*ci, îa perce, devient cutanée , et se porte aux tégumens de la fesse , où elle se perd par plusieurs rameaux qui se subdivisent en filets et filà'mens.
2°. Branche abdominale. Le tronc commun la fournit à sa sortie de l’échancrure ; elle se porte en, devant et en dedans , se trouve cachée par l’origine du psoas, communique avec les nerfs des ganglions
(i) V oyez la note de la page. 2 66.
NERFS DE LÀ VIE ANIMALE
lombaires, reçoit îa branche d’anastomose du dernier nerf dorsal, en donne une à la branche antérieure du second nerf lombaire, et commence ainsi le plexus lombaire, auquel nous rapporterons les branches qu’elle fournit , et que les auteurs ont décrites avec cette branche abdominale.
§ IL Deuxième Nerf lombaire*
i°. Branche lombaire. Un peu moins grosse que celle du nerf précédent, cette branche sort entre les apophyses transverses des deuxième et troisième vertèbreslombaires, fournit des rameaux internes au transversaire épineux , se porte ensuite dans la masse commune des sacro-lombaire et long dorsal, lui fournit des filets, glisse entre elle et l’aponévrose qui la recouvre, perce celle-ci vers la crête iliaque, et se répand sur la partie postérieure et supérieure de la cuisse, où , devenue cutanée , elle se perd par plusieurs rameaux plus ou moins subdivisés.
2e. Branche abdominale. Elle sort cachée par le psoas, communique avec les nerfs des ganglions lombaires, reçoit la branche d’anastomose du nerf
précédent, en donne une au suivant, et concourt ainsi à former le plexus lombaire.
§ III. Troisième Nerf lombaire.
i°. Branche lombaire. Plus petite que les deux autres, elle sort entre les apophyses transverses des troisième et quatrième vertèbres lombaires, donne des rameaux internes au transversaire épineux ,
traverse la masse commune, y laisse des filets, devient subjacente aux aponévroses lombaires, les perce, et se perd en devenant cutanée.
2°. Branche abdominale . Cachée à sa sortie par le psoas, elle communique avec les nerfs des ganglions lombaires, puis avec les branches antérieures des deux nerfs entre lesquels elle est située, et forme ainsi le plexus lombaire.
§ IV. Quatrième et cinquième Nerfs lombaires .
i°. Branches lombaires . Elles sont très-petites dans l’un et l’autre nerfs : elles diffèrent des précédentes en ce qu’elles deviennent rarement cutanées : le plus communément meme, elles ne s’étendent pas jusqu’à la superficie de la masse commune des sacro-lombaire et long dorsal. Divisées à leur sortie en deux ordres de rameaux, elles distribuent les externes dans ces deux derniers muscles, les internes clans l’origine du transversaire épineux.
2°. Branches abdominales . Dans l’un et l’autre nerfs, elles communiquent avec les filets des ganglions lombaires, puis celle du quatrième reçoit et donne les branches anastomotiques pour la formation du plexus lombaire , tandis que celle du cinquième reçoit d’abord la branche d’anostomose de la précédente, termine ainsi le plexus lombaire, puis descend dans le bassin pour commencer le plexus sacré, auquel elle unit celui-ci. Elle donne, dans ce trajet, la branche fessière supérieure, que nous rapporterons encore à ce plexus.
NERFS DE LA VIE ANIMALE
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§ Y. Plexus lombo-abdominal.
C’est le concours et la réunion des branches abdominales des nerfs lombaires , lesquels, d’après ce que nous avons dit, forment à leur sortie une série de communications qui représente une espèce de cordon allongé : ce cordon est le plexus lui-même. Pour bien le voir , il faut fendre le muscle psoas suivant sa longueur, et très-près de son bord postérieur; on l’aperçoit alors placé sur les parties latérales du corps des vertèbres lombaires, et au-devant de leurs apophyses transverses. Très-étroit en haut, il s’élargit insensiblement en bas; ce qui dépend de ce que, dans le second sens, les branches abdominales des nerfs lombaires se réunissent plus loin de la colonne vertébrale que dans le premier. Il commence dans celui-ci par la communication du premier nerf lombaire avec une branche du dernier dorsal et avec une autre du second lombaire , et finit par trois gros cordons, dont l’externe se jette dans le bassin, pour communiquer avec le plexus sacré, et fournir la branche fessière supérieure; le moyen passe par le trou sous-pubien, pour se distribuer a la partie interne de la cuisse ; l’externe descend au-devant de ce membre et se perd dans ses muscles. Outre ces cordons de terminaison, leplexus donne dans son trajet deux ordres de branches, les unes externes ou abdomino-crurales, une autre interne ougenito-crurale; outre cela, diveis ïameaux et filets s’en échappent et se perdent dans le psoas, le carré lombaire, et surtout 1 iliaque. J ai vu sou-
vent un ou deux filets naître en haut du plexus, traverser longitudinalement l’épaisseur du psoas, et se rejoindre en bas à ce meme plexus , ou aù nerf crural qui en émane.
A. Branches externes ou musculoxutanêes.
Il y en a ordinairement trois. Après avoir enlevé le péritoine, on les voit sensiblement se porter en dehors , vers la crête iliaque, pour traverser ensuite les muscles abdominaux, et devenir cutanées. La supérieure et la moyenne appartiennentvisiblement à la branche abdominale du premier nerf lombaire : l’inférieure dépend surtout de la branche abdominale du second. Il y a beaucoup de variétés dans leur disposition, soit pour leur origine, soit pour l’endroit où elles percent les muscles abdominaux. Voici celle qui est la plus ordinaire chez l’homme ; les élèves y rallieront les variétés qu’ils observeront dans leurs dissections.
i°. Branche supérieure. Sortie du plexus, elle traverse l’épaisseur de la partie supérieure du grand psoas , y laisse quelquefois un filet , se porte obliquement en dehors et en bas, au-devant du carré lombaire, jusqu’à la partie postérieure de la crête iliaque. Là, elle se place dans une gouttière que forment le muscle trans verse et cette crête à laquelle il s’attache, donne des filets à ce muscle et à l’iliaque , le perce , glisse, en suivant encore un peu la crête iliaque, entre lui et le petit oblique, leur donne des filets, puis se divise presque tout de suite :
a. En rameau externe , qui se perd dans la partie
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inferieure des trois muscles larges abdominaux, eu y distribuant plusieurs filets, et devient ensuite cutané;
b. En rameau interne , qui fait suite à la branche, et qui continue à descendre entre le transverse et le petit oblique, jusqu à l’épine iliaque antérieure et supérieure; là, il se glisse entre les aponévroses et les muscles, suit l’arcade crurale jusqu’à l’anneau, endroit où il perce l’aponévrose du grand oblique et se divise en plusieurs filets, lesquels s’épanouissent dans les tégumens du pli de l’aine et dans ceux du pubis, et se portent meme aux bourses.
42° . Branche moyenne. Elle sort du plexus presque à côté delà précédente, traverse le psoas, et descend un peu le long de son côté externe, au-devant du carré lombaire. Bientôt elle se porte en dehors, passe obliquement au-devant de la/ace antérieure de l’iliaque, recouverte parle péritoine, se porte vers la’ crête iliaque, perce le transverse, se place entre lui et le petit oblique, puis entre celui-ci et le grand. Elle se perd dans ces muscles par un grand nombre de filets, dont l’un suit souvent l’arcade crurale jusqu’à l’anneau, où il perce l’aponévrose du grand oblique, pour se distribuer comme le rameau interne de la branche précédente, et plus spécialement quelle, an scrotum.
3°. Branche inférieure. Elle naît du plexus, plus bas que les précédentes : son origine est quelquefois double; elle sort de dessous le psoas, traverse obliquement la partie antérieure de l’iliaque, gagne, en se portant de haut en bas, l’épine iliaque supérieure, et antérieure, passe entre elle et l’inférieure, ou
bien au-dessous de celle-ci; puis, grossissant un peu en cet endroit, où elle présente souvent des variétés, elle parvient à la partie supérieure de la cuisse , se trouve au-dessous de l’aponévrose fémorale, etse divise en deux rameaux.
a. Le rameau externe est le moins considérable : dirigé tout de suite en dehors, il se porte sur la partie externe et postérieure de la cuisse, en arrière du tenseur aponévrotique crural, puis se divise en plusieurs filets qui, perçant l’aponévrose, deviennent cutanés et s’étendent plus ou moins loin.
b. Le rameau interne est le plus considérable , et semble continuer la branche. Engagé tout de suite sous la partie antérieure et supérieure de l’aponévrose crurale, il la perce bientôt, comme le précédent, devient superficiel, et se répand sur la partie antérieure et externe de la cuisse, où il descend jusqu’au genou, en distribuant un nombre très-grand de filets dans son trajet.
b. Branche interne ou génito*erurale.
Elle est unique; sa disposition chez l’homme est ordinairement celle-ci : elle naît de la partie supérieure du plexus, dépend du premier nerf lombaire; descend d’abord perpendiculairement dans l’épaisseur du psoas, reçoit ordinairement, de la branche antérieure du second nerf lombaire , un filet qui augmente son volume, perce le psoas, lui devient superficielle, et descend au-devant de sa face antérieure, recouverte par le péritoine, jusque près de l’arcade crurale, où elle se divise en deux rameaux.
NERFS Î)E LA VIE ANIMALE. 3:21
Rameau interne. C’est le plus considérable : il suit le trajet des vaisseaux spermatiques, passe avec eux à travers l’anneau , et se divise bientôt en un grand nombre de filets destinés aux tégumens de la partie antérieure et intern^de la cuisse , et au scrotum.
Rameau externe. Il descend avec les vaisseaux criP raux derrière l’arcade crurale , se trouve au pli de }’aine , au-dessous de l’aponévrose crurale , au milieu de beaucoup de glandes absorbantes et de tissu cellulaire, et s’épanouit là en plusieurs filets qui, perçant l’aponévrose, deviennent cutanés et se répandent jusqu’au-dessous du milieu de la cuisse ; quelques-uns se joignent au nerf crural.