DU PHARYNX
§ Ier. Disposition . Organisation extérieure.
Le pharynx occupe la partie supérieure et profonde du cou. Situé sur la ligne médiane, parfaitement symétrique et régulier , il se rapproche d’une manière frappante , par ce premier caractère , des organes de la vie extérieure, à laquelle cependant il est étranger par sa nature et par sa destination. Si l’on ajoute à cette remarque quai reçoit des nerfs cérébraux, qu’il est soumis en partie, dans son mouvement, à l’empire de la volonté, on se convaincra qu’un seul caractère peut servir à fixer avec précision les limites respectives des deux vies, celui de la fin à laquelle les organes tendent naturelle ment par leurs phénomènes .
Le pharynx est borné en haut par l’apophyse basilaire de l’occipital , en bas par l’œsophage , en devant par les cavités nasales, buccale et laryngée; en arrière il répond à la colonne vertébrale. Sa forme, m. 27
4i8 appareils de la vie organique.
impossible à comparer, est déterminée par les parties environnantes auxquelles il est attaché. Allongé de haut en bas, il a supérieurement toute la largeur qui résulte de l’écartement des apophyses ptérygoïdes ; dans son milieu , cette largeur augmente par l’écartement plus grand encore des cornes de l’os hyoïde et du cartilage thyroïde; en bas , il se rétrécit progressivement jusqu’au niveau de la trachéeartère, endroit où l’œsophage commence.
On ne peut point considérer le pharynx comme une cavité complète, car il n’a point de partie antérieure propre : la postérieure est la seule qui le constitue essentiellement; et lorsqu’on ouvre celleci suivant sa longueur, on ne trouve en devant que les ouvertures postérieures des fosses nasales, de la bouche et du larynx. Le pharynx est donc réellement une simple demi cavité commune à l’air et aux alignées dans la plus grande partie de son étendue, interposée entre les premières Noies par lesquelles les substances extérieures s’introduisent , et les deux appareils respiratoire et digestif où ces substances doivent arriver.
Pour voir exactement le pharynx, il faut faire devant du cou , un peu au-dessous du larynx , une section transversale qui s’étende en profondeur jusqu’à la colonne vertébrale , isoler ensuite , en disséquant de bas en haut, toutes les parties coupées d’avec les vertèbres cervicales ; et , lorsqu’on est parvenu à la base du crâne , appliquer la scie entre les apophyses styloïdes et mastoïdes , pour
coimer le crâne verticalement et des deux côtés à la •1
fors. La pièce anatomique qu’on obtient par ce pro-
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cédé comprend la moitié antérieure du Crâne, toute la face, le larynx , et avec ces parties le pharynx qui en dépend et dont on voit à découvert la paroi postérieure.
La surface eocterne du pharynx n’existe qu’en arrière et sur les côtés, d’après ce que nous avons dit tout à l’heure. Aplatie en haut, où le pharynx est assujetti de tous côtés par des attaches très-fixes, et fort rapprochée des vertèbres, elle devient un peu plus convexe en bas, où ces attaches sont plus lâches. Dans le milieu, elle correspond à la colonne vertébrale, au ligament vertébral commun antérieur, aux muscles grands et petits droits postérieurs de la tête et longs du cou. Un tissu cellulaire très-lâche la sépare de ces parties.
Sur les cotés, elle répond aux artères carotides primitives et carotides internes, aux veines jugulaires internes, aux nerfs vagues, et tout-à-fait en haut à une petite portion des muscles ptérygoïdiens internes.
La surface internez un peu plus d’étendue, parce quelle n’est point aussi exactement bornée par les attaches fixes du pharynx, et dépend de la membrane muqueuse, qui se continue en devant sur le voile du palais , sur ses piliers, et sur la partie postérieure du larynx. Deux choses sont a remarquer sur cette surface, i° sa couleur : elle est rougeâtre comme celle de toutes les membranes muqueuses; mais cette rougeur, moindre que dans la bouche, plus marquée que dans l’oesophage, détermine exactement les limites du pharynx indépendamment de toute autre considération; *a0 les saillies des glandes mu-
queuses : elles sont multipliées surtout dans la partie supérieure, la plus habituellement exposée au contact des corps extérieurs; leur volume est assez considérable , leur disposition fort irrégulière.
Le pharynx se termine en haut , par une attache fixe et solide, à l’apophyse basilaire de l’occipital, dans l’endroit où cette apophyse se continue avec le corps du sphénoïde. Cette attache se fait au moyen d’une petite membrane fibreuse mince, mais forte, plus dense sur la ligne médiane que sur les côtés, et que l’on connaît sous le nom d "aponévrose cèphalo pharyngienne. C’est elle qui , dans cet endroit, constitue la portion solide du pharynx, les fibres musculeuses qui la recouvrent en arrière étant rares et peu multipliées. Mais bientôt cette aponévrose diminue d’épaisseur et de consistance à mesure qu’on l’examine plus bas, et se perd à peu de distance de son origine, en Se confondant avec la membrane muqueuse, la seule que Ton trouve ensuite.
En bas , le pharynx se continue avec l’œsophage au niveau des premiers cartilages de la trachéeartère. L’endroit de cette continuité est indiqué à l’extérieur par un rétrécissement subit, sensible au premier aspect, et qui, indépendamment du changement de direction des fibres musculeuses , permet facilement de reconnaître qu’un nouvel organe commence.
Les bornes latérales du pharynx ne peuvent être exactement décrites qu’à l’occasion de sa portion musculeuse.
PE LL Di GESTION,
§ IL Organisation intime du Pharynx .
Deux couches composent le pharynx : l’une est musculeuse, l’autre membraneuse.
C’est la couche musculeuse qui détermine les limites extérieures du pharynx , qui en forme la portion solide dans presque toute son étendue, qui lui donne la mobilité en vertu de laquelle il se racourcit et se rétrécit pour favoriser le passage des alimens. Elle résulte de trois portions distinctes que l’on connaît sous le nom de muscles constricteurs . Nous n’insisterons pas sur leur description, qui a été faite dans la Myologie ; nous nous bornerons à rappeler sommairement leurs attaches principales et leur disposition générale, seules considérations qu’il importe ici de se représenter.
Ces trois muscles larges se recouvrent mutuellement, de manière que l’inférieur seul est apparent en arrière dans toute son étendue. Il recouvre en grande partie le moyen , comme le moyen recouvre en grande partie le supérieur. Chacun a sa forme particulière, dépendance de la direction de ses fibres, direction qui dépend elle-même des points plus ou moins multipliés d’où elles partent. En effet, on peut regarder comme une règle générale de disposition; • que les trois muscles doivent s’étendre beaucoup en largeur sur le pharynx, puisqu’ils servent nonseulement à ses mouvemens, mais aussi à formel’ ses parois par leur présence. Si donc leurs fibres partent en forme de faisceau d’un petit nombre de points fixes, elles devront diverger ensuite beaucoup
entre elles : si, au contraire, elles partent isolement de points fixes très-nombreux, elles pourront se porter presque parallèlement, puisqu’elles formeront dès leur origine un muscle fort large. Ainsi le constricteur supérieur est quadrilatère, parce qu’il a pour attaches fixes le corps du sphénoïde, toute la longueur de l’apophyse ptérygoïde, une partie de la ligne myloïdienne, l’aponévrose buccinatopharyngienne, et la base de la langue. Le constricteur moyen est triangulaire, parce qu’il n’a pour attaches fixes principales que les grandes et petites cornes de l’os hyoïde, d’où ses fibres partent en faisceau rétréci pour diverger ensuite. Le constricteur inférieur présente un carré irrégulier, parce qu’il n’a pour attaches fixes que la partie externe du cartilage cricoïde et une portion du thyroïde, ce qui forme une étendue peu considérable en proportion de la place très-large qu’il doit occuper sur le pharynx.
Ces trois muscles se réunissent sur le milieu du pharynx avec ceux du côté opposé, en formant une espèce de raphé qui répond à la ligne médiane générale.
On voit, d après ce que nous venons de dire, i que les bornes latérales du pharynx sont mar- . quées essentiellement par les apophyses ptérygoïdes, les deux extrémités postérieures de l’os hyoïde et les cotes des cartilages thyroïde et cricoïde; 20 que la couche musculeuse du pharynx résulte de fibres plus ou moins obliques, disposées suivan tdifférentes directions.
Outre les trois plans charnus dont nous avons
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parlé, et qui forment seuls partie constituante principale du pharynx, on trouve encore plusieurs fibres répandues au-dessous des constricteurs , et concourant avec eux a former la couche musculeuse. Ces fibres résultent de l’épanouissement des muscles stylo-pharyngiens destinés à soulever le pharynx en totalité pendant la déglutition. Enfin les parties latérales inférieures du pharynx sont fortifiées par l’addition de deux plans charnus naissant des côtés du voile du palais, et dirigés. presque perpendiculairementen bas sous les noms de muscles pa lato pharyngiens.
Il est facile de distinguer la portion musculeuse du pharynx d’avec celle de l’œsophage. A l’endroit où ce dernier conduit commence, les libres devieir lient toutes transversales et paraissent absolument isolées des fibres obliques, qui appartiennent au constricteur inférieur. Nous reviendrons sur ces fibres œsophagiennes en parlant de l’organe duquel elles dépendent.
La couche membraneuse du pharynx n’est autre chose que la continuation de la membrane muqueuse générale, qui appartient à toutes les voies respiratoires et digestives.
En arrière, cette membrane recouvre toute la