partie propre du pharynx, et n’est séparée de la
couche musculeuse que par un tissu cellulaire assez lâche.
Prolongée de l’un et de l’autre côtés en devant, elle se continue supérieurement sur le contour des ouvertures nasales postérieures, soit avec la pituitaire, soit avec la membrane qui tapisse la trompe d’Eus-
tache. Plus bas , elle se réfléchit sur les piliers du voile du palais, et se continue avec la membrane buccale. Plus bas encore, et au niveau du larynx , on la voit d’un coté s’enfoncer dans les deux espaces latéraux qui séparent le cartilage thyroïde du cricoïde, de l’autre, tapisser la partie postérieure de ce dernier, puis se réfléchir sur le contour du larynx, recouvrir dans cette réflexion les cartilages aryténoïdes, les muscles aryténoïdienset crico-aryténoïdiens latéraux, et les cordes vocales, pour s’enfoncer enfin dans le conduit respiratoire par l’ouverture de la glotte. En s’y enfonçant , elle se réfléchit antérieurement sur la face inférieure de l’épiglotte , puis sur sa face supérieure, et se continue de nouveau avec la membrane buccale sur la base de la langue.
En haut, la membrane pharyngienne va recouvrir la partie inférieure du corps du sphénoïde , et se continuer ainsi avec la portion de pituitaire qui revêt la paroi supérieure des fosses nasales.
En bas, elle se prolonge circulairement dans l’œsophage pour se continuer ainsi dans tout le conduit alimentaire.
Telle est la disposition générale de la membrane muqueuse , laquelle n’est propre au pharynx , .comme l’on voit, que postérieurement , tandis qu’en devant, en haut et en bas, elle appartient à d’autres cavités.
Nous avons dit que cette membrane se distinguait par une rougeur particulière, différente de celle des cavités buccale et œsophagienne. Son aspect est lisse et n’offre point de villosités, mais seu-
DE LA DIGESTION
lement quelques inégalités dues aux saillies des glandes muqueuses qui se trouvent entre elle et la couche musculeuse.
Quoique la membrane muqueuse soit soumise aux mouvemens que les fibres musculaires lui impriment; on ny rencontre jamais les plis que nous remarquerons dans les cavités suivantes. Ceci tient évidemment à ce que la contraction du pharynx n’est jamais que momentanée; et ne subsiste plus après le passage des alimens , excepté dans les cas de resserrement spasmodique. Si Ton pouvait observer le pharynx dans l’instant de sa contraction , sans doute ces plis y offriraient la disposition irrégulière qu’ils ont sur la membrane muqueuse de l’estomac, puisque les fibres musculeuses du pharynx sont , comme celles de l’estomac, entre-croisées dans toutes sortes de directions.
Le pharynx reçoit de chaque côté deux artères principales, dont l’une lui vient de la maxillaire externe on labiale , sous le nom de pharyngienne inférieure, l’autre, de la maxillaire interne, sous celui de pharyngienne supérieure . Plusieurs autres rameaux lui sont fournis par les palatins. Le nerf glosso-pharyngien lui appartientpresqueen totalité, indépendamment des rameaux isolés que le nerf vague proprement dit lui donne ensuite. Il reçoit aussi plusieurs nerfs des deux premiers ganglions cervicaux, dont les filets entrelacés constituent le plexus pharyngien.
4‘iG APPAREILS DE LA VIE ORGANIQUE,
§ III. Différences du Pharynx suivant h âge.
Ces différences, peu nombreuses, regardent uniquement la forme générale du pharynx. Elles tiennent à l’état où se trouvent alors les organes voisins, dont le pharynx dépend nécessairement^ puisque c’est à eux qu’il se fixe.
i°. Chez le fœtus , le pharynx a moins de longueur proportionnelle que chez l’adulte , parce que les ouvertures nasales postérieures ont ellesmêmes une hauteur beaucoup moindre, vu le défaut de développement des sinus.
2°. La largeur du pharynx est proportionnellement la même dans l’endroit où il répond aux cavités nasales et à l’ouverture postérieure de la bouche, lesquelles offrent aussi une largeur relative égale suivant l’âge ; mais il se rétrécit un peu plus au niveau du larynx, moins développé et moins étendu que chez l’adulte. Cette différence se réduit cependant à peu de chose; parce que, comme nous l’avons vu, le cartilage thyroïde est aussi plus évasé en arrière, et que c’est uniquement ce cartilage qui détermine ici l’étendue transversale du pharynx.
On ne trouve aucune différence sensible dans l’organisation intime du pharynx du fœtus. La portion musculeuse est seulement plus pâle et un peu moins développée, comme les muscles de la vie extérieure, dont elle partage presque tous les caractères.
Les mouvemens du pharynx ont été examinés dans la Myologie.
DE LA DIGESTION
ARTICLE DEUXIEME