DU MOUVEMENT
Quoique les nerfs cérébraux qui servent à transmettre le sentiment et le mouvement volontaire
soient essentiellement distincts par leur structure, leurs propriétés, leurs usages, etc. , de ceux qui appartiennent à la vie organique, et qui viennent des ganglions, cependant les anastomoses multipliées que ces derniers entretiennent avec les premiers , leur mode de distribution , qui se rapproche beaucoup du leur, m’engagent, comme je l’ai dit dans le Discours préliminaire, à placer leur description à la suite de celle de ces nerfs, et à ne point la renvoyer à l’exposition des organes intérieurs. D’ailleurs, comme je fai fait observer dans X Anatomie générale , nous ignorons complètement le mode d’action des nerfs organiques; seulement nous savons incontestablement, d’après le résultat des expériences sur les animaux vivans et d’après l’observation , qu’ils n’agissent point comme ceux de la vie animale. Si je les appelle nerfs de la vie organique , c’est qu’ils se distribuent presque exclusivement aux viscères principaux de cette vie, qui cependant en reçoivent aussi du cerveau. Cette obscurité répandue
Î>U sentiment et du mouvement. i6î sur les fonctions directes de ces nerfs rend moins discordante avec mon plan général de physiologie, cette réunion de l’un et l’autre systèmes nerveux, pour la description.
J’examinerai donc d’abord celui de la vie animale, puis celui de la vie organique ; enfin , je jetterai un coup d’œil général sur l’ensemble des nerfs de chaque organe, coup d’œil qui sera comme le résumé de ce que j’aurai dit dans les descriptions.
On divise communément les nerfs de la vie animale en ceux qui sortent par les trous de la base du crâne, et en ceux qui s’échappent par les trous vertébraux. Cette division est évidemment inexacte; car ce n’est pas sur des considérations purement accessoires, mais sur des faits fondamentaux , qu’il faut s’appuyer : or, le passage d’un nerf par telle ou telle partie est visiblement indifférent à sa disposition essentielle. Il me semble qu’il vaut mieux partir d’une autre donnée , savoir , de l’origine même des nerfs dans la substance cérébrale.
Je divise donc les nerfs d’après leur origine dans les grandes parties de la masse encéphalique, le cerveau , le cervelet , la protubérance cérébrale , et la moelle épinière. La première et les deux dernières de ces parties fournissent exclusivement les nerfs de la vie animale (i); le cervelet n’en donne point. . Ainsi je ferai trois grandes divisions dans l’exposé des nerfs de la vie animale : i° nerfs du cerveau, 2° nerfs de la protubérance, 3° nerfs de la moelle
(i) Voy. la note suivante.
162 considérât, sur les appar. conduct.
vertébrale , ceux-ci seront ensuite subdivisés. Quant aux nerfs de la vie organique, je les rapporterai à quatre chefs principaux : i° nerfs des ganglions de la tète, 20 nerfs des ganglions du cou, 3° nerfs des ganglions de la poitrine, 4° nerfs des ganglions du bas-ventre ; les membres en sont dépourvus.
DU SENTIMENT ET DU MOUVEMENT. î63
NERFS
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