VEINES EXTRA-RACHIDIENNES
ment en naiit; dans le second, elles se dirigent presque verlicalemenl en bas.
a. Veines intercostales droites. Les veines intercostales ou vertébro-coslales droites correspondent aux arlères dites intercostales ou vertébro-costales, dont ii importe de rappeler la disposition. Nous avons vu chacune de ces artôres se diviser en deux branches, une branche intercostale proprement dite, destinée aux espaces intercostaux, et une branche spinale, qui se distribue, par son rameau dorsal, aux muscles spinaux et à la peau, par son rameau vertébral ou intrarachidien, aux vertèbres, à la moelle et à ses enveloppes. De môme, les veines intercostales ou vertébro-costales sont formées par la réunion des veines spinales, sur lesquelles nous allons revenir, et des veines intercostales; ces deux ordres de veines se réunissent en un tronc commun, tronc vertébro-coslal, qui se porte transversalement dans la gouttière que présente le corps de chaque vertèbre, reçoit, pendant son trajet dans cette gouttière, les veines émanées du corps des vertèbres, et se jette ■^ angle droit dans la veine azygos. h.Demi-azygos ou petite azygos {azygos sinistra). Elle doit être considérée comme le ; tronc commun des trois, quatre ou cinq dernières veines intercostales gauches.
Son origine inférieure est aussi variable que celle de la grande veine azygos; i il y a toutefois cette différence que ses communications avec la veine rénale sont 1 beaucoup plus fréquentes. La demi-azygos se porte de bas en haut, sur la partie I latérale gauche de la colonne vertébrale, se rapproche de la ligne médiane, et 1 va s'ouvrir dans la grande veine azygos, à une hauteur variable suivant les su- • jets. Cette réunion se fait, soit dans une direction perpendiculaire, soit dans une . direction oblique, derrière le canal thoracique.
La petite veine azygos peut Ctre considérée comme la branche gauche d'ori- ; gine de la grande veine azygos : quelquefois cette branche gauche est extrêmement volumineuse; dans ce cas, la grande azygos se continue directement avec elle, et alors la branche droite, c'est-à-dire la partie inférieure de la grande veine azygos, présente un très-petit calibre.
La demi-azygos reçoit, à gauche, les quatre ou cinq dernières veines vertébrocostales du même côté. Elle reçoit assez souvent le tronc commun des veines vertébro-costales supérieures, tronc qui mériterait le nom de petite azygos supé- - rieure.
c. Veines intercostales ou vertébro-costales supérieures gauches. — On pourrait app peler petite azygos supérieure gauche le tronc commun de ces veines, car il est, pourles veines intercostales supérieures de ce côté, ce qu'est la demi-azygos pour les veines intercostales inférieures du même côté. Il se porte de haut en bas, sur la partie latérale gauche de la colonne vertébrale, et va grossissant à mesure qu'il approche de sa terminaison, qui a lieu, soit dans la demi-azygos, près de son embouchure, soit directement dans la grande veine azygos.
U n'est pas rare de voir le tronc commun des veines intercostales supérieures gauches s'ouvrir à la fois, par une bifurcation, dans la veine azygos et dans le tronc veineux brachio-céphaUque du môme côté. Dans quelques cas, il s'ouvre exclusivement dans le tronc veineux brachio-céphalique; j'ai rencontré cette dernière disposition. La petite veine azygoi supérieure reçoit en outre, le plus ordinairement, la veine bronchique gauche. J'ai vu les veines diaphragmatiques supérieures gauches et les médiastines se rendre dans le tronc commun des intercostales supérieures gauches, immédiatement avant son embouchure.
Du reste, le nombre des veines intercostales gauches qui concourent à la formation de la petite azygos supérieure, varie depuis trois jusqu'à sept ; lorsque
Analogie entre la distribution de ces veines et celle des
artères correspondantes.
Origine.
Trajet.
Branches qu'elle reçoit.
Tronc commun des veines vertébro-costales supérieures gauches.
Variétés anatomiques.
ANGÉIOLOGIE.
l!sage de la veine azygos.
La grande azygos est une veine supplémentaire.
Variétés auatomiques de la grande veine azygos.
Veines lombaires ou vertébrolombaires.
La veine lombaire ascendante est constituée par une série d'arcades veineuses.
Veine azygos lom ■ baire.
La veine Uio-lombaire représente l'artère du même nom.
les trois ou quatre prcmiùres veines intercostales gauches concourent seules à la former, deux ou trois veines intercostales gauches vont se rendre directement dans la grande veine azygos.
La grande veine azygos est destinée à recueillir le sang des veines verlébrocoslales droites et gauches; sa présence est nécessitée 1» par la disposition de la veine-cave inférieure, qui ne pouvait recevoir de veines depuis le point où elle est logée dans la gouttiùre du foie jusqu'à l'oreillette droite; 2° par celle de la veine-cave supérieure, qui ne pouvait non plus en recevoir dans la portion de son trajet où elle est contenue dans le péricarde. La grande veine azygos est donc une veine supplémentaire, analogue, à quelques égards, aux veines sous-cutanées des membres, un véritable canal collatéral, qui supplée aux veines-caves, et reçoit les veines correspondantes aux branches pariétales de l'aorte. Ces réOexions s'appliquent, pour la plupart, à toutes les veines azygos (1).
Variétés anatomiques des veines azygos. Il serait inutile et fastidieux tout à la fois de rapporter ici toutes les variétés que présentent les veines azygos dans leur distribution. Breschet en a décrit six ; on pourrait en décrire un nombre bien plus considérable encore. Une variété très-curieuse est celle-ci : la grande veine azygos occupe la ligne médiane de la colonne dorsale, et se divise inférieurement en deux branches égales, l'une droite et l'autre gauche, qui reçoivent les trois dernières vertébro-costales ; toutes les autres veines vertébro-costales se rendent directement au tronc de la grande azygos.
Une autre variété, non moins curieuse, est la suivante : il existe deux veines azygos égales et parallèles, l'une droite, qui reçoit toutes les veines intercostales droites, l'autre gauche, qui reçoit toutes les veines intercostales gauches. Ces deux veines communiquent entre elles, au niveau de la septième ou huitième vertèbre dorsale, par une branche transversale très-considérable.
2. Veines lombaires ou vertébro-lombaires. A la région lombaire, les veines azygos ont cessé d'exister, et chaque veine vertébro-lombaire vient se rendre isolément, ou par un tronc commun avec la veine vertébro-lombaire du côté opposé, à la partie postérieure de la veine-cave inférieure. 11 n'est pas rare de voir deux veines vertébro-lombaires d'un mCme côté aboutir à un tronc commun. 11 n est pas rare non plus de voir la première veine vertébro-lombaire gauche se jeter dans la veine rénale du môme côté.
Les veines vertébro-lombaires présentent une disposition tout à fait étrangère à celle des artères correspondantes : c'est une série d'arcades au niveau de la base des apophyses transverses, série d'arcades qui constitue une branche ascendante désignée sous le nom de veine lombaire ascendante, laquelle communique, en haut, avec les veines azygos, en bas, avec les veines ilio-lombaires. On pourrait considérer cette veine comme une veine azygos lombaire. C'est de celte série d arcades que partent les troncs des veines vertébro-lombaires; c'està lamcme série qu'aboutissent les veines intra-rachidiennes elles veines dorsales du rachis.
3. Veine ilio-lombaire. La veme ilio-lombaire. qui s'ouvre dans la veme ihaque primitive, présente une distribution analogue à celle de l'artère du môme nom; elle reçoit quelquefois la dernière veine vertébro-lombaire; à cette veine aboutissent constamment : 1° les grosses veines qui sortent par les deux derniers trous de conjugaison des vertèbres lombaires; 2» le rameau qui continue au-
(1) La veine azygos est, en outre, une grande voie anastoniotique enU-e la veine-cavo supérieure et la veine-cave inférieure.
VEINliS EXTUA-HACIilDlENNES.
(levant de la 5" verlùbre lombaire la série d'arcades que nous avons proposé d'appelé azijgos lombaire; 3° un rameau de communication avec les veines sacrées latérales.
4. Veines sacrées moyennes. Les veines sacrée moyenne et sacrécè latérales sont des veines azygos sacrées, destinées à recevoir concurremment toutes les branches dorso-rachidicnnes qui leur arrivent par les trous de conjugaison et à les transmettre aux veines iliaques primitives.
La veine sacrée moyenne naît souvent, en bas, par trois branches, une médiane, au-devant du coccyx, et deux latérales, dont la première se rend dans le plexus vésical, et dont les deux autres communiquent avecles veines hémorrhoïdales et établissent, par conséquent, une communication remarquable entre le système veineux général et le système de la veine-porte.
La veine sacrée moyenne se porte verticalement en haut, plus ou moins rapprochée delà ligne médiane, et vient s'aboucher dans la veine iliaque primitive gauche, à une dislance plus ou moins grande de la jonction de cette veine avec la veine iliaque primitive droite. Je l'ai vue se bifurquer supérieurement, pour se rendre aux deux veines iliaques primitives.
Chemin faisant, elle reçoit, au niveau de chaque vertèbre sacrée, des branches transversalement dirigées, plexiformes, établissant une large communication entre celte veine et les veines sacrées latérales, et auxquelles se rendenl de grosses branches émanées du coi'ps des vertèbres sacrées. Ces branches transversales remplacent les troncs des veines intercostales et lombaires, et reçoivent comme eux les veines osseuses qui émanent du corps des vertèbres sacrées, par les trous dont la face antérieure de ces os est criblée.
5. Veines sacrées latérales. Les veines sacrées latérales, toujours multiples, font suite aux veines dorso-rachidiennes qui sortent par les trous de conjugaison antérieurs. Elles sont au nombre de deux de chaque côté; la supérieure se rend à la veine iliaque primitive, l'inférieure forme un plexus très-remarquable au niveau de la grande échancrure sciatique, et va se jeter dans le tronc même de la veine hypogastrique ou dans les branches fessières et ischiatiques.
6. Veines cervicales. A la région cervicale antérieure, nous trouvons, au niveau de chaque vertèbre, des branches transversales, plexiformes, remarquables surtout au niveau de la première et de la seconde vertèbre, et qui vont aboutir en partie à la veine cervicale ascendante, correspondante à l'artère du môme nom, en partie et surtout à la veine vertébrale, contenue dans le même canal que l'artère vertébrale. Ces branches plexiformes, qui recouvrent les parties latérales des corps de toutes les vertèbres cervicales, reçoivent les veines des muscles prévertébraux, les veines articulaires et les veines osseuses antérieures du corps des vertèbres correspondantes.
Les veines vertébrales et les veines cervicales ascendantes peuvent donc être considérées-comme les veines azygos de la région cervicale.
2» Veines extra-rachidiennes postérieures.
Les reines extra-rachidiennes postérieures naissent de la peau et des muscles des luttières vertébrales ; les unes suivent rigoureusement la direction des artères : : sont les veines qui passent entre les muscles des gouttières vertébrales; les lires, qui ont une disposition propre, méritent une description particulière. Ces veines, désignées sous le nom de dorsi-spinales par Dupuylrcn et Bresiit.
Les veinus saci'ées latérales cl moyenne sont des azygos sa crises.
Veine samoyenne.
Son trajet.
Sa terminaison.
de lu veine sacrée
moyenne.
Veines sacrées latérales.
Disposition plexiforme des veines cervicales.
Branches musculaires
cutanées.
Distribution analogue à
celle des
artères.
ANGÉIOLOGIE.
branches ilorsispiiialcs.
Veines Ion gitudinali'S médianes.
Disposilion générale des branches dorsispinalcs :
A la région cervicale.
Veines jugulaires postérieures.
chet, se présentent sous l'aspect d'un réseau presque incxlricuble qui enlace dans ses mailles, d'autant plus multipliées que l'injection est plus parfaite, les apophyses épineuses, les" lames et les apophyses transverses et articulaires des vertèbres.
Quand l'injection a bien réussi, on trouve quelquefois le long du sommet des apophyses épineuses, surtout au\ régions dorsale et cervicale, des veines longitudinales médianes, desquelles partent les rameaux inlerépineux.
Ceux-ci sont dirigés d'arrière en avant, de chaque côté des ligaments interépineux, qu'ils côtoient. Arrivés à la base des apophyses épineuses, ils se dirigent en dehors, au niveau de l'intervalle des lames des vertèbres, jusqu'à la base des apophyses transverses, où ils se bifurquent ; l'une des branches de bifurcation est ascendante, et s'anastomose avec la branche de bifurcation descendante de la veine qui est au-dessus; l'autre branche de bifurcation est descendante, et s'anastomose de même a\oc la branche de bifurcation ascendante qui est au-dessous. Il suit de là qu'il existe, autour des apophyses Iransverses et des lames vertébrales, une série d'arcades, qui communiquent, au niveau de chaque trou de conjugaison, avec les veines contenues dans l'intérieur du rachis.
F.es veines extra-rachidiennes postérieures de la région cervicale présentent une disposition plexiforme beaucoup plus compliquée que celles des autres régions. lin outre, on y remarque le plus ordinairement deux veines longitudinales, situées entre le grand coraplexus et le transversaire épineux, et qui me paraissent mériter une description particulière, sous le titre de veines jugulaires postérieures.
Les veinesjiigulaires imtériiures naissent entre l'atlas et l'occipital, sortent (lexueuses de l'intervalle de ces os, so
VKINES INTRA-RACIllDIENNES.
Ijorlenl très-obliqucmcnt en bas et en dedans, ef, parvenues au niveau du sommet do l'apophyse épineuse de l'axis, s'anastomosent entre elles par une brandie transversale. Li\, elles changent de direction, se portent, obliquement en bas et en dehors, c'est-à-dire en sens inverse de leur direclion première, mais beaucoup moins obliquement; parvenues à la partie inlérienre delà région cervicale, elles s'insinuent, d'arriùre en avani, entre la septième \erlL-6rc cervicale et la première cûle, pour venir s'ouvrir A la partir postérieure du tronc veineux brachio-céphaliquc, derrière la veine vertébrale. Les deux veines jugulaires postérieures présentent donc la forme d'un x.
La veine jugulaire postérieure, qui n'existe pas toujours, parce que les branches qui la constituent restent quelquefois isolées, présente un développement qui m'a paru en raison inverse de celui de la veine vertébrale. Elle communique, en haut, avec les veines occipitales profondes et mastoïdiennes, et dans tout son trajet, avec la veine vertébrale, avec les veines contenues dans l'intérieur du rachis et avec la jugulaire interne. Les communications avec les veines intrarachidiennes et avec la veine vertébrale sont très-larges et ont Heu au niveau de chaque trou de conjugaison.
Son développement est en raison inverse de celui de la vertébrale.
C — Veines intra-racliidieiines.
Les veines de l'intérieur du rac/iis comprennent 1° les veines propres de la moelle épinière;2° les veines intermédiaires au canal vertébrale! à la dure-mère spinale, divisées en veines ou plexus longitudinaux antérieurs, veines ou x)lexus longitudinaux postérieurs, veines ou plexus transverses; ces derniers établissent une communication non interrompue, au niveau de chaque vertèbre, entre les veines et plexus longitudinaux antérieurs et les veines et plexus longitudinaux postérieurs.
Division des veines d e l'intérieur du racliis.
1° Veines interihédiaires au canal vertébral et à la dure-mère.
Pour prendre une idée parfaite de la disposition des veines connues sous les noms déveines ou plexus longitudinaux antérieurs &l plexus transverses, il importe de se rappeler celle des artères propres aux vertèbres (V. t. II).
a. — Veines ou plexus longitudinaux antérieurs, plexus transverses, et veines propres du corps des vertèbres.
Préparation. Enlever les arcs postérieurs des vertèbres, la moeUe et ses enveloppes. On peut encore voir ces plexus par leur face antérieure, en enlevant avec précaution les corps de vertèbre, à l'aide d'une section faite sur leur pédicule.
U5 plexus longitudinaux antérieurs, bien décrits par Chaussier, et surtout par Breschet, se présentent sous l'aspect de deux veines, grandes veines lo7igitudinales gitudinaux antérieures, étendues du trou occipital à la base du coccyx, et situées sur les côtés du ligament vertébral commun postérieur, par conséquent sur les côtés de la face postérieure du corps des vertèbres, en dedans de leur pédicule. Ces veines, improprement nommées smus vertébraux, communiquent entre elles, au niveau de chaque vertèbre, par un plexus transverse, situé entre les corps de vertèbre tranlverL et le hgament vertébral postérieur. La porliou la moins développée de ces
ANGÉI0L0GII5.
plexus longitudinaux correspond à l;i région cervicale et à, la région sacrée. 11 est probable que dans la première région, ils sont remplacés par les veines vertébrales.
Vainement voudrait-on considérer ces plexus longitudinaux antérieurs comme des veines ayant une origine, un trajet et une terminaison déterminés; ce que nous avons dit des artères du rachis, leur est applicable de tous points, c'est-à-dire qu'ils sont constitués par une succession d'arcades plexiformes, embrassant les pédicules de chaque vertèbre, arcades concaves en dehors, convexes en dedans, et dont les extrémilés anastomoliques répondent aux trous de conjugaison, où elles communiquent avec les veines extra-rachidiennes, et vont concourir à la formation des B i veines vertébro-lombaires, vertébrodorsales et, par conséquent, des veines azygos. De la convexité de chaque arcade plexiforme part un plexus I transverse, qui va de l'arcade droite
j| '. à l'arcade gauche, et de môme que c I . nous avons vu des artères transverses 5^1 s'étendre d'une arcade artérielle à 1 l'autre et fournir des vaisseaux aux
S I corps de vertèbre, de môme les plexus il 1 '. veineux transverses reçoivent les S S veines qui émanent de ces corps de vertèbre.
On comprend, d'après cette disposition, pourquoi les veines ou plexus longitudinaux antérieurs présentent ici des renflements, là des rétrécissements. Quant aux rares interruptions représentées par Brcschet, je pense qu'elles sont du fait de l'injection, dont les résultats sont si variables, suivant les sujets.
Les veines ou plexus longitudinaux antérieurs ne méritent pas le nom de sinus, car elles ne sont point contc- \ nues dans une gaine fibreuse, comme I les veines de la durc-mèrc , et do 3 plus, elles ne sonl pas réduites à leur
CL, o