SECTION I. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRAI,ES
On donne le nom de lym-phatiques aux vaisseaux transparents et valvuleux qui charrient la lymphe ou le chyle; ces vaisseaux, dont l'origine se perd dans l'épaisseur des tissus, traversent, dans leur trajet, de petits corps arrondis, glanduliformes, appelés glandes ou ganglions lymph'itiques, et aboutissent tous au système veineux, dont ils peuvent être considérés comme une dépendance.
Les vaisseaux lymphatiques ont longtemps échappé, par leur tônuité et par lèur transparence, aux investigations des anatomistes. Le canal thoracique, entrevu parles anciens, fut découvert en 1363 par Eustachi. Un heureux hasard fit découvrir, en 1022, les vaisseaux chylifères à Gaspard Aselli, qui, en cherchant toute autre chose, rencontra des vaisseaux pleins de chyle. Pecquet découvrit, en 16il, le réservoir du chyle, et montra que les vaisseaux lactés se rendaient, non pas au foie, comme le croyait Aselli, avec tous les anatomistes de son temps, mais au canal thoracique. Rudbeck, Thomas Bartholin et Joly se disputent la gloire d'avoir découvert les vaisseaux lymphatiques proprement dits. Mascagni a consacré une grande partie de sa vie à l'étude de ce système, et son ouvrage, orné de planches magnifiques, est un monument scientifique qui doit servir de modèle à tous ceux qui s'occupent de travaux d'anatomie. Plus récemment Fohmann, Lauth, Panizza, Rossi, MM. Bonamy, Jarjavay, Sappey ont ajouté à nos connaissances relatives à l'anaiomie du système lymphatique. Enfin, dans ces dernières années, de nombreuses recherches sur l'origine des vaisseaux lymphatiques et la structure des glandes lymphatiques ont été faites par Kœlliker, Ludwig, Frey, Teichmann, etc.
On a longtemps séparé, dans la description, les vaisseaux lactés, c'est-à-dire les vaisseaux lymphatiques qui contiennent du cliyle, des vaisseaux lymphatiques proprement dits, c'est-à-dire de ceux qui contiennent delà lymphe. Cette distinction ne saurait être maintenue au point de vue anatomique, en raison de l'identité parfaite qui existe, sous ce rapport, entre ces deux ordres de vaisseaux.
Le système lymphatique présente de nombreuses analogies avec le système veineux ; mais il en diffère par des caractères non moins importants.
Ses analogies avec le système veineux sont les suivantes : 1° il consiste dans un ensemble de vaisseaux convergents ou centripètes, qui naissent de toutes les parties du corps, et qui se rendent de la périphérie au centre; 2» les vaisseaux lymphatiques se divisent en deux couches, l'une sous-cutanée, qui accompagne généralement les veines superficielles, l'autre pro/'onde, qui chemine avec les artères et veines profondes; 3° les vaisseaux lymphatiques sont pourvus de valvules; 4" la texture des vaisseaux lymphatiques ressemble beaucoup à celle des veines.
Les vaisseaux lymphatiques dilfèrent des veines: 1° par l'existence de gan-
DiSfiuition.
Historique.
Découverte des vaisseaux lactés.
Des vaisseaux lym-
piiatiqucs propremeul dits.
Identité des vaisseaux
lactés et des vaisseaux lymphatiques.
Analogies avec le système veineux.
DilTérouces.
ANGÉIOLOGIK.
glions qui coupent leur trajet d'espace en espace; 2° par leur coordination spéciale : ces vaisseaux, en cfl'ct, ne se réunissent pas successivement en brandies et en troncs de plus en plus volumineux; tout en communiquant les uns avec les autres par de nombreuses anastomoses, ils marchent, pour ainsi dire, d'une manière indépendante, et n'augmentent guère de calibre depuis leur origine jusqu'à leur terminaison.
Nous ferons précéder la description des vaisseaux lymphatiques en particulier de quelques considérations générales sur l'origine, le Irajet, la terminaison et la structure de ces vaisseaux.
1° Origine des vaisseaux lymphatiques.
Orij;ine des vaisseaux lymphatiques.
Hvpollièses à 00 sujet.
Injection des lympnatiqucs par les artères et par les veines.
Douches absorbantes.
Preuves de l'existence (lu riSseau lymphatique sur toutes les surfaces libres.
. L'origine des vaisseaux lymphatiques, comme une foule de points relatifs à la constitution intime de nos tissus, est encore un sujet d'étude (1).
Quelques analomistes ont pensé que les vaisseaux lymphatiques sont en communication directe avec les artères, lesquelles, dans celte supposition, se continueraient avec deux ordres de vaisseaux : d'une part, avec les lymphatiques, qui ramèneraient la portion séreuse du sang, d'autre part, avec les veines, qui ramèneraient le sang proprement dit. La continuité des artère? avec les vaisseaux lymphatiques à été surtout admise d'après cette observation que les matières injectées dans les artères passaient quelquefois dans les lymphaliques. J'ai vu plusieurs fois ccpassage s'effectuer, lorsque je poussais des injections dansla rate ou dans le foie; mais ce fait ne s'observe que très-exceptionnellement ou quand la matière à injection est poussée avec une très-grande force et d'une manière conlinue; en sorte qu'il est très-probable, comme le pensent Hunter, Monro et Meckel, que, dans ces cas, il y a rupture de quelques vaisseaux sanguins et épanchement de la matière injectée. I-es observations miscroscopiques démontrent de la manière la plus évidente la continuité des artères avec les veines ; aucun fait positif n'a démontré la continuité des artères avec les vaisseaux lymphatiques.
Une autre hypothèse, non moins contraire à l'observation, est celle des ori. fices dits bouches absorbantes, par lesquels commenceraient les lymphatiques de l'intestin ou chylifères, ainsi que les lymphatiques en général. La méthode des injections mercurielles (2), mise en usage avec tant de succès par nombre
(1) Les vaisseaux lympliatiques naissent-ils dans toutes les parties du corps ? L'absorption, il est vrai, s'exerce partout, car elle est un élément du mouvement nutritif; mais les expériences des physiologistes modernes, et plus particulièrement celles de Magendie, ayant réhabilité tes veines dans leurs fonctions absorbantes, qui leur avaient été déniées depuis la découverte des vaisseaux lymphatiques, l'existence de l'absorption dans un point n'y prouve pas nécessairement la présence de ce dernier genre de vaisseaux.
(2) Il y a quarante ans environ (en tSiC), ayant piqué au hasard, trùs-superficiellement, avec un tube à injection lymphatique rempli de mercure la membrane pituitaire d'un veau, je vis avec étonnemcnt cette surface se recouvrir d'une pellicule argentée. Je répétai cette expérience un grand nombre de l'ois, et je constatai 1" que cette pellicule n'était pas une exlravasation, car le mercure filait suivant des lignes bien déterminées, en formant des réseaux de divers ordres ; 2o que, pour réussir dans cette expérience, il fallait piquer la membrane trùs-superflciellemcnt, faute de quoi le mercure passait dansles réseaux veineux adjacents ; 3» qu'il n'y avait aucune communicntion entre ce réseau veineux et le réseau plus superllciel que je soupçonnais de nature lymphatique, car il représentait exactement le réseau du péritoine injecté au niveau du foie. Je conslaUii la mcme disposition pour la peau, les muqueuses linguale, buccale, vaginale, pour la con-
DES VAISSEAUX LYiMPIIATIQUES.
d'anatomisles, démontra péremptoirement que les lymphatiques ne présentent d'orifice sur aucun point de leur trajet. Cette mfime méliiode conduisit peu à peu i\ l'opinion que partout les lymphatiques naissent do réseaux capillaires, : étalés à la surface des membranes et enveloppant vraisemblablement les lobules et fiiisccaux des organes parcnchymaleux. «Tous les vaisseauxlymphatiques, disions-nous dans la dernière édition de cet ouvrage, naissent par un réseau d'une ténuité telle que la surface injectée à l'aide du mercure est convertie en une lamelle argentée ». « Tout lymphatique, répète M. Sappey {Anai. clescript., t. I, p. oS9, 1852), a pour point de départ un réseau. Les réseaux eux-mûmes ont pour (I éléments des capillaires d'une extrême ténuité, anasiomosés et entre-croisés « de mille manières, plus superQciels que les artères et les veines et constituant . « sur les surfaces qu'ils occupent la dernière limite des organes. »
Mais ces réseaux, dont on affirmai t ainsi l'existence à l'origine de tous les lym- ; phatiques du corps, n'ont été constatés véritablement qu'à la surface d'un cer- I tain nombre de membranes, telles que la peau et les muqueuses; partout ailleurs 1 la méthode des injections mercurielles a été impuissante à les mettre en évii dence. Or, dans les régions où cette méthode a permis de les observer à l'œil : nu, on les a toujours trouvés en connexion avec le tissu dit cellulaire, circonstance •] qui explique comment des observateurs consciencieux, tels que Mascagni, ont pu 1 arriver à cette conclusion que le tissu cellulaire tout entier était composé exclusivement de vaisseaux lymphatiques, et que ceux-ci constituent la trame du corps ides animaux. Mais comme il a toujours été impossible d'étudier les réseaux au c microscope, on n'a pu, par là même, d » déterminer si les vaisseaux qui les composent ont ou non des parois propres, analogues à celles des capillaires sanguins; 2° préciser les rapports intimes de ces vaisseaux avec les tissus. Au delà de ces •réseaux superficiels, n'y a-t-il pas des radicules lymphatiques qui s'insinuent dans la trame de nos organes, et dans lesquels ne peut pénétrer ce métal, qui, ne mouillant pas les tissus, se divise, en présence de l'eau, en petits globules d'un diamètre supérieur au calibre de ces radicules? D'après les recher- Iches les plus récentes, il n'est nullement douteux qu'il ne faille répondre affirmialivement à cette question.
jonctive, et enfin pour la membrane muqueuse utérine d'une truie qui venait de mettre :bas ; je montrai ce réseau lymphatique delapituitaire dansplusieurs demes leçons, et lorsque j'ai, dans le temps, repris mes travaux pour la première et la deuxième édition de cet ouvrage, j'ai pu constater : 1° l'existence de ce réseau sur toutes les surfaces libres ; 2" sa communication avec les vaisseaux lymphatiques, et la possibilité d'injecter ces vaisseaux et les ganglions par la piqûre très-superficielle des surfaces membraneuses. Ces préparations ont été faites sous ma direction, avec un rare talenfet un zèle au-dessus de tout sloge, par M. Bonamy, mon préparateur particulier. C'est d'après le même procédé et sur mon indication que, dans un concours ouvert en 1841 pour la place de chef des travaux anatomiques, les compétiteurs sont parvenus à injecter admirablement les vaisseaux ymphatiques de la tête et du cou.
Qu'il me soit permis de dire que l'idée de l'injection des vaisseaux lymphatiques par les eseaux capillaires m'appartient entièrement fce qui ne veut pas dire que d'autres n'aient )as eu la même idée), et que c'est moi qui l'ai introduite dans la Faculté de médecine de n^rlTl postérieurement à mes recherches que j'ai pu connaître le bel
ZrZ , ^'"'^T-'f" ^«isseaux lymphatiques du testicule [Osservazioni
intropozoolomt fisiologiche, 1830), et le dernier mémoire, très-important, de Fohmann l emoire sur les vaisseaux lymphatiques de la peau, des membranes muqueuses, séreuses, tissu nerveux el des muscles, I83i).
Tous Jcs vaisseaux lymplialiques naissent par un l'éseaud'une excessive ténuitô.
Défauts dcî injeetiono mercurielles.
ANGÉIOLOGIE.
Injections pni- la mé-
lliodc (lu Lucuucliic.
Sas inconvénients.
Injection des radicules lymphatiques par les troncs.
On iiijecle très- facilement les lymphatiques en poussant avec force de l'eau ou une solution saline dans les artères, d'nprès la méthode de Lacauchie. Doyère a môme pu, de cette façon, remplir les lymphatiques d'un précipité jaune, en injectant successivement dans les artères des dissolutions de chromate de potasse et d'acétate de plomb. Ce l'ait, qui se reproduit, moins facilement il est vrai, quand les solutions sont poussées soit dans les veines, soit dans les canaux excréteurs des glandes, ne saurait s'expliquer par des ruptures, attendu qu'on comprendrait difficilement comment un liquide, s'échappant d'un canal, par une déchirure, pourrait pénétrer dans un autre canal, dont les parois, molles et dépressiblcs, seraient plulôt affaissées et appliquées l'une contre l'autre par le liquide extra vasé, et cela avec d'autant plus de force que la quantité de ce dernier serait plus considérable. Il faut évidemment admettre que le liquide, en quittant soit par transsudalion, soit par rupture, les canaux dans lesquels il a été injecté, tombe dans un système de cavités qui sont elles-mêmes le point de départ des vaisseaux lymphatiques. Telle est, en effet, la conclusion générale à laquelle ont conduit les recherches faites dans ces dernières années (l).
Mais les préparations faites d'après la méthode Lacauchie sont peu favorables à l'étude de l'origine des lymphatiques, puisqu'elles présentent une infiltration générale des tissus, et une injection simultanée des vaisseaux lymphatiques et sanguins; tout au plus peuvent-elles servir à mettre en évidence les lymphatiques d'un certain volume, ce qui permet ensuite d'y placer des canules et d'y pousser un liquide solidifiable du tronc vers les racines. Pour que cette injection réussisse, il faut la faire très-près des origines des lymphatiques; la résistance des valvules est alors facilement vaincue; si l'on ne prend pas cette précaution, elle forme un obstacle insurmontable.
En injectant ainsi les lymphaliques des troncs vers les radicules, Teichmann, Ludwig, Tomsa, Hyrtl, V. Recklinghausen, His et Frey, etc., ont démontré que les origines des vaisseaux lymphatiques ne sont autre chose que les espaces ou cavités existant entre les éléments des tissus, cavités sur la nature desquelles, mal heureusement, on n'a pu s'entendre encore d'une manière complète. Pour les deux derniers auteurs que nous avons cités, elles seraient dépourvues de paroi propre et limitées seulement par les faisceaux de fibres conjonctives; tel esl aussi l'avis de Tomsa, qui leur donne le nom de fentes hjmphatiques , nous ramenant ainsi à l'ancienne opinion de Fohmann et d Arnold, d'après laquelle le tissu cellulaire serait le sol d'oii partent tons les lymphatiques, le réseau capillaire de ces vaisseaux n'étant autre chose que les espaces qui séparent les faisceaux de ce tissu. SuivantTeichmann, qui a fait des recherches nombreuses sur c( sujet, les radicules lymphatiques possèdent, au contraire, des parois trèsminces, mais qui leur appartiennent en propre ; ce sont des cellules lymphatique éloilées, très-grosses, mesurant jusqu'à 0'°°',5î, dépourvues de noyau, etcommuni
(1) J'ai injecté des liquides colorés, tels que de l'encre, dans le tissu cellulaire sous cutané et intermusculaire de plusieurs animaux, etj'ni trouvé les vaisseaux lynipliati ques et les ganglions correspondants colorés d'un noir de jais.
J'ai trouvé du pus dans les vaisseaux lymphatiques superficiels et profonds, et dans le ganglions lymphatiques de l'aine, à la suite d'érysipcles phlegmoneux ou de phlegmon érysipélateux de la jambe ; j'en ai plus fréquemment encore trouvé dans les vaisseau lymphatiques de l'uléru.s et des ovaires. Mais il n'est nullement démontre qucla presenc de ce pus fût le résultat de l'absorption : il est infiniment plus probable qu elle etail 1 produit de l'inHammation de ces vaisseaux lymphatiques eux-mêmes.
liant entre elles par des prolongements, doù résulte le résemt ca/)i»aire lymphaouc Suivant Leydig, les origines des lymphatiques ne seraient que les cavités dstant dans le tissu conjouctif. et qui seraient identiques avec les corpuscules a cellules plasmatiques décrits par Virchow et par Kœlliker; ces cavités sont nies entre elles, en forme de réseau, dans le tissu conjonctif, tandis que, dans ,s villosités de la muqueuse intestinale, elles se confondent toutes eu un canal
jntral. - ^ i *
• Les opinions de V. Recklinghausen se rapprochent beaucoup des précédentes, -■s canaHOîp/asmaiîgMesressemblentnotablementaux fentes lymphatiques de Tomsa. 2ulement il veut que les corpuscules du tissu conjonctif soient renfermés dans intérieur de ces canaux, où ils deviennent libres et constituent alors l'élément rincipal de la lymphe, les leucocytes (1). Cette manière de voir compte aujourhui de nombreux partisans, et les corpuscules du tissu conjonctif sont consi- 3rés presque généralement, en Allemagne, comme servant à former les gloules blancs de la lymphe.
Malgré toutes ces divergences d'opinion, on ne peut s'empêcher de reconnaître lu'il existe, à l'origine du système lymphatique de l'homme, quelque chose . 'analogue à ce qui s'observe dans les vertébrés inférieurs. Chez la grenouille, iiar exemple, on ne trouve point de vaisseaux lymphatiques ; il n'y a, suivant les |cîcherches de J. MûUer, de Panizza, que de vastes espaces lymphatiques, séparant i !3 organes les uns des autres, s'étendant sous la peau, et entourant les vais- .;aux sanguins, particulièrement les artères mésentériques. La môme chose a aé constatée par Leydig sur le pipa. « Un phénomène très-général et très-relarquable », dit cet anatomiste, « concernant le trajet des lymphatiques chez les oissons et les amphibies, c'est que les vaisseaux lymphatiques enveloppent les vaismux sanguins comme des gaines », fait observé d'abord parBojanus sur l'aorte ascendante de la tortue, plus tard par Leydig sur les artères mésentériques du ipa et même, chez les mammifères, sur l'aorte du bœuf: la môme particuladé a été signalée par Brûcke sur le lapin. M. le professeur Robin, dès 1859, a écrit une disposition semblable pour les capillaires de l'encéphale de l'homme ; ulour de ces vaisseaux, depuis les plus fins jusqu'à ceux qui sont visibles à lœil nu, il a signalé une tunique propre, espèce de gaine dans laquelle flottent jîs capillaires et qui est remplie tantôt d'un liquide incolore, mêlé de granulalons moléculaires, tantôt de petits noyaux libres, analogues aux globulins de X lymphe, noyaux sphériques, présentant 0'°"',005 de diamètre et insolubles dans lUcide acétique. Enfin, tout récemment, His a décrit, dans les organes centraux e l'appareil nerveux, un système de canaux périvasculaires, qui rappelle de tous oints les observations de M. Robin.
1 Tous ces faits, qu'il serait peut-être prématuré de trop généraliser, jettent un ourtout nouveau sur les fonctions du système lymphatique et sur les connexions e ce système avec le tissu cellulaire et les vaisseaux sanguins. (Pour plus de élails et pour les auteurs à. consulter, voyez les thèses de M. Beaunis, Strasiourg, 1803, et de M. Labeda, Paris, 1866.)
Opinions diverses.
Espaces lynii banques di s vertébriis inférieure.
Canaux périvasculaires.
(1) V. Recklinghausen décrit des orifices qui feraient communiquer directement les /mphiitiques du diapliragme avec la cavité du péritoine. La séreuse abdominale repréenterait ainsi une immense ampoule lymphatique, dont le contenu serait analogue à la fmphe.
ANGÉIOLOGIE.
Iladicutcs ques.
Division dos vaisseaux lymplialirnies eu supeiTiciols et profonds.
Communication des vaisseaux lymphatiques entre eux.
Les vaisseaux lymphatiques n'augmentent pas de calibre.
Direction.
Anastomoses.
Uniformité <les anastomoses.
Ganglions lymphatiques.
Vaisseaux (|ues aïïél'cnts etcfTérents.
Du réseau ou des lacunes qui conslituentles origines des lymphatiques, partonl les vaisseaux lymphatiques, divises dans tous les organes en deu.x ordres distincts : les vaisseaux pro/bîii/s et les vaisseau.v SMper/îcteZs. Les premiers s'acco i lent, dans leur trajet, aux vaisseaux profonds de l'organe ; les autres suivent leveines superficielles dans les parties qui en sont pourvues. Dans les ocganesi enveloppés d'une séreuse, les premières radicules des vaisseaux lympliati-lf ques superficiels paraissent contenues dans Fépaisseur de cette nn'nibrane, doni elles se détachent pour lui devenir suhjacentes lorsqu'elles ont acquis un certain calibre. Ces vaisseaux lymphatiques marchent parallèlement et communiquenlii assez fréquemment entre eux, en s'envoyant des branches de bifurcation quii s'unissent à angle aigu ; mais ils ne convergent point les uns vers les aulres, el ne constituentpas successivement, à la manière des veines, des ramiliculions ar borescentes de moins en moins nombreuses et de plus en plus grosse». Aussi leur augmentation de calibre n'esl-elle pas progressive ; on pourrait même dire qu'ils i parcourent leur trajet sans accroissement notable de volume. Il n'est pas rare do I voir un vaisseau lymphatique se diviser en deux branches, qui marchent ensuit, indépendantes l'une de l'autre et vont, chacune en particulier, ù leur destina tion. On rencontre quelquefois des anastomoses entre les lymphatiques su perflciels et les lymphatiques profonds ; mais ces communications sont infini ment moins fréquentes que celles qui unissent entre eux les deux plans veineux
La direction des lymphatiques est généralement rectiligne ou Irès-légèremeu flexueuse ; il en est cependant qui décrivent des sinuosités très-marquées (t).
On ne trouve point, pour les vaisseaux lymphatiques, ces anastomoses nombreuses et importantes qui jouent un si grand rôle dans l'histoire des artère et des veines. On ne rencontre ici qu'un seul mode d'anastomose, qui ; lieu de la manière suivante : un vaisseau lymphatique, après un certain Ira jet, se divise en deux branches égales, qui se séparent à angle très-aigu chacune de ces branches de bifurcation s'anastomose avec un vaisseau lymphu tique du voisinage, lequel communique lui-même, soit par bifurcation, soit directement, avec tel ou tel des vaisseaux lymphatiques qui marchenl à côté d;' lui. C'est au moyen de cette disposition qu'on explique comment, par Tinjeclion 'd'un seul vaisseau lymphatique, on remplit un certain groupe de ces vaisseaux. Il n'est pas rare de voir un vaisseau lympliatique se diviser en deux branches, qui se réunissent de nouveau après un certain trajet.
Les vaisseaux lymphatiques rencontrent, dans leur trajet, de petites masses glandulaires, glandes conglobées des anciens^ ganglions lymphatiques de Sœmmering, qui avait trouvé une analogie entre ces renflements et les ganglions nerveux. Ces glandes lymphatiques sont des espèces de confluents vers lesquels convergent un certain nombre de vaisseaux, et où ils se perdent en quelque sorte, pour se reconstituer ensuite. On appelle vaisseaux afférents les lymphatiques qui abordent fi un ganglion, et vaisseaux efférents ceux qui en émanent.
Tous les vaisseaux lymphatiques traversent-ils nécessairement un ou plusieurs
(I) Bien quêtes vaisseaux lymphatiques parcourent généralement un trajet rectiligne, il n'est pas rare de les voir décrire des inflexions très-prononcées. J'ai vu un vaisseau lymphatique du membre supérieur naître d'un autre vaisseau lymphatique, se porter de bas en haùt d'abord, puis de haut en bas, et enfin de bas en haut, de manière à décrire une S italique très-considérable.
ran-lions lymphatiques ? Mascagni a soutenu avec avantage celte opinion llewson et autres, qui prétendaient avoir trouve des vaisseaux lympbatimes se rendant directement au canal thoracique. Il affirme avoir toujours vu es vaisseaux lymphatiques traverser un ou plusieurs ganglions (1).
C'est dans l'épaisseur des ganglions qu'ont lieu les communications les plus nultipliécs entre les vaisseaux lymphatiques : ainsi en injectant les vaisseaux llërents d'un ganglion, on voit le mercure sortir par les vaisseaux eiïerents du oéme organe. Il arrive souvent que pendant l'injection d'une glande lympha- Ique, le mercure passe non-seulement dans les vaisseaux afférents, mais même lans les vaisseaux afférents de cette glande. 11 n'est môme pas rare de voir le mercure remplir, soit les vaisseaux afférents, soit les vaisseaux efferents qui se endentaux ganglions voisins,en sorte qu'il suffit d'injecterun vaisseau lympliaique pour voir se remplir un nombre plus ou moins considérable de vaisseaux :X de ganglions du voisinage (2).
On a cherché à établir un rapport entre la capacité totale du système lymphadque et celle du système veineux et du système [artériel; mais tout ce qu'on a :iit sur ces rapports de capacité n'est fondé sur aucun fait positif. L'extrême dilailabilité des lymphatiques et des veines rend toute appréciation impossible. Je l ierai d'ailleurs observer que, malgré toutes les recherches laborieuses auxquelles ;..n s'est Uvré, nous ne connaissons probablement encore qu'une partie du syslème lymphatique (3).
3° Terminaison des vaisseaux lymphatiques.
: Suivant les idées aujourd'hui généralement reçues, tous les vaisseaux lymphaiques se rendent en définitive à deux troncs, le canal thoracique et la yraiide veine ymphatique droite, celle-ci recevant la lymphe du membre supérieur droit et de la ooilié droite de la t6te,du cou et du thorax; le canal thoracique étant l'aboutisant des vaisseaux lymphatiques de toutes les autres parties du corps. A ces deux roncs viennent se rendre successivement les vaisseaux lymphatiques, à la malière des barbes d'une plume sur leur tige commune. Ces deux troncs s'ouvrent
(1) J'ai vu assez souvent des vaisseaux lymphatiques se terminer brusquement en culle-sac le long d'un membre. Cette disposition est-elle normale ? Il est plus que probable ;.u'elle est le fait d'une maladie antérieure du membre, ou peut-être d'une inflammation lu vaisseau lymphatique lui-même. Dans tous les cas que j'ai observés, le vaisseau lymiliatique décrivait une courbe et devenait flexueux au moment de son interruption.
(2) Il y a beaucoup de variétés à cet égard, ce qui tient peut-être moins à des variétés inatomiques qu'à un état morbide des ganglions lymphatiques. Règle générale, tout gan- ;lion induré est impropre à l'injection.
(3) Les vaisseaux lymphatiques, ordinairement si ténus qu'ils échappent à l'œil de 'observateur, sont remarquables par le développement qu'ils peuvent acquérir. Ainsi, ur une pièce que m'a présentée Amussat , j'ai vu des vaisseaux lymphatiques de 'aine gros comme le pouce ; chez des femmes mortes à la suite de péritonite puerpérale, 'ai trouvé les vaisseaux lymphatiques qui rampent sous le péritoine de l'utérus et lans l'épaisseur des couches superficielles de cet orçane, les vaisseaux lymphatiques )variens, ceux qui occupent l'épaisseur des ligaments larges, du volume d'une plume l'oie, et même plus considérables encore, avec des renflements et des rétrécissements alernatifs, en sorte qu'au premier abord on aurait pu croire que chacune de ces ampoules )urulentes constituait un véritable abcès. Yoy. AnuioiJiie pathologique du corps humain, ivec planches, 13= livr.
Tous les vaisseaux lymplialif|ues U'avei'seut-ils des ganglions ?
Anastomoses des-vaisseaux lynipliatiqucs ilansTcpai»seur des
Capacité des vaisseaux lymphatiques.
Terminaison des vaisseaux lymphatiques dans le canal thoracique et dans la grande veine lymphatique droite.
ANGEIOLOGIE.
1,0 System L• lylnl)hali-
<liie est uu aiipeiidice
du système veineux.
Folimiinu et Lauth admettent deux modes de terminaison autres que celui généralement indiqué.
Aucun fait ne démontre la communication des radicules lymphatiques avec les radicules veineuses.
ComniunicalioD des vaisseaux lymphatiques avec les veines dans l'épaisseur des ganglions.
eux-mûmcs, le canal Uioracique, dans la veine sous-clavièrc gauche, à l'angle de réunion de celte veine avec la jugulaire interne; la grande veine lympha- i tique, dans la sous-clavière droite; d'où il résulte que le système lymphatique' peut Cire considéré comme un appendice du système veineux.
Mais le canal thoracique et la grande veine thoracique droite sonl-ils, malgré leur petit calibre, les seules terminaisons de tout le système lymphatique?
Fohmann elLauth admettent, indépendamment du mode de lerminaison généralement indiqué, 1° une terminaison directe des radicules lymphatiques dan.s les radicules veineuses : cette terminaison aurait lieu dans l'épaisseur môme des organes; 2° une communication des vaisseaux lymphatiques avec les veines dans l'épaisseur des ganglions lymphatiques.
Enprésence du pelit calibre du canal thoracique et de la grande veine lymphatique, comparativement à la masse des vaisseaux lymphatiques etsurtoutàTétendue du phénomène de l'absorption, cette opinion, examinée a janon, semblait réunir en sa faveur un grand nombre de probabilités. Mais elle est loin d'être démontrée anatomiquement. Pour ce qui est des radicules lymphatiques, déjà noufe avons vu qu'elles n'ont aucune communication avec les radicules des vaisseaux sanguins. Quant à une communication entre les vaisseaux lymphatiques elles veines dans l'épaisseur des ganglions lymphatiques, soupçonnée par plusieurs anatomistes, qui avaient vu passer dans les veines abdominales le mercure injecté dans les vaisseaux lymphatiques lombaires, cette communication doitétre attribuée à une rupture opérée dans l'épaisseur des ganglions, ainsi que l'avaient déjà établi Hewson, Cruikshaiîk et Mascagni, et comme il ressortira plus nettement de l'étude de la structure des ganglions lymphatiques (t).
Suivant Lippi, de Florence, il y aurait, indépendamment de la communication généralement admise entre les vaisseaux lymphatiques et le système veineux par le canal thoracique et par la grande veine lymphatique gauche, une foule de communications directes entre les vaisseaux lymphatiques et la veine-
Faits et raisonnement invoqués à l'appui de cette communication.
Faits contraires à cette communication.
(I) Fohmann objecte que cette communication s'effectue sous l'influence de pressions trop peu considérables pour qu'elle puisse être rapportée à une rupture ; que les extravasions sont faciles à reconnaître, et qu'alors le mercure s'inliltre dans le tissu cellulaire bien plus aisément qu'il ne pénètre dans les veines. Pourquoi, dans l'hypothèse d'une rupture, le mercure ne passerait-il jamais des lymphatiques dans les artères 'i" 11 rapporte, d'ailleurs, à l'appui de son opinion, un nombre considérable de faits qui établi-sseut que l'injection poussée dans les ganglions lymphatiques sort tantôt par les vaisseaux lympliatiques seulement, tantôt par les veines seules, tantôt à la fois par les vaisseaux lymphatiques et par les veines. Il dit avoir vidé, sur un cheval qu'il venait de sacrifier pendant la digestion, les veines qui sortaient d'un ganglion mdsentérique; ayant replacé les intestins dans l'abdomen, il trouva des stries de chyle dans les veines. Enfin, il a vu, chez les oiseaux, les vaisseaux lymphatiques rénaux, qui, chez ces animaux, remplacent les ganglions, s'ouvrir directement dans les veines rénales et sacrées. Lauth a répété les mêmes expériences et a obtenu les mêmes résultats.
Quelque Imposante que soit l'autorité des auteurs que je viens de citer, je dois avouer que je suis loin d'être convaincu, et que les fails allégués par eux ne me paraissent nullement concluants. J'ai pratiqué un grand nombre d'injections lymphatiques, et dans l'immense majorité des cas, le mercure a passé des vaisseaux lymphatiques afférents dans les vaisseaux lymphatiques elférents, et nullement dans les veines. Dans quelque."; cas, il a passé des ganglions lymphatiques dans les veines ; mais alors les ganglions lymphatiques avaient subi une altération dans leur texture, et plus particulièrement le ramollissement rouge, si émlneninuMit favorable à leur rupture.
DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES. 271 ,ortc, la veine honteuse interne, les veines rénales, la veine-cave ascendante et l'azyg'os. Cette opinion a Irouvc peu de partisans (!)•
40 Texture des vaisseaux lymphatiques.
Nous avons dit un mol des divergences d'opinion qui existent encore au sujet des capillaires lymphatiques ; il nous reste à étudier la texture des vaisseaux lymphatiques proprement dits. On peut, avecTeichmann placer le commencement de ces vaisseaux au point où apparaissent les valvules, ce qui a heu, d'après Kœiliker, sur des vaisseaux de 0--,02 de diamètre.
Les parois des vaisseauxlymphaliques, quoique fort minces sont extrêmement x.-.™ résistantes; suivant Lauth, les lymphatiques du membre inférieur supportent, ^^.^^^^^ ,ins se rompre, une pression de trois à quatre pieds de mercure. Us sont beau- parois des coup mlTextensibles que les veines. Lorsque le canal thoracique ou un autre — vaisseau lymphatique, distendu par un liquide, est piqué, il revient immédiate- ques. ment sur lui-mûme et chasse son contenu, qui s'échappe quelquefois en jet. ■ Trois tuniques superposées composent, suivant Kœiliker, la paroi des vaisseaux lymphatiques, comme celle des autres vaisseaux. Celle texture est surtout évidente sur le canal thoracique. Au voisinage des radicules lymphatiques, les tuniques deviennent de moins en moins distinctes, et linissent par se réduire a une membrane amorphe, dans laquelle se voient quelques noyaux.
Latunique externe est composée de faisceaux longitudinaux de tissu conjonc- Lauuuque tif, entre lesquels se renconlreut des réseaux de fibres élastiques fines et des ^^^.^^^^^ iibres muscylaires lisses, en nombre variable; ces dernières sont dirigées longitudinalement.
La tunique moyerineest formée de fibres musculaires transversales, mélangées de fibres élastiques fines.
La tunique interne présente une couche de cellules épithéliales allongées, reposant sur une membrane élastique dont l'épaisseur est de 0""",01 à 0"'"',02,
(I) Déjà plusieurs anatomistes avaient rencontré des vaisseaux lymphatiques qui s'abouchaient directement dans le système veineux ; tels étalent Walœus, Wepfer, Abraliam Kaw, Hebenstreit, Meckel l'ancien, Caldani, Vrolyk;mais ces faits isolés avaient été considérés par Haller, Mascagni, Sœmmerlng comme des anomalies, ou comme le résultat de déchirures.
J'étais d'autant plus porté à abonder dans le sens de l'observateur italien, qu'en 1825 probabilités j'avais vu de la manière la plus manifeste un gros tronc lymphatique s'aboucher direc- ''j^^^"^'' tement dans la veine iliaque externe; qu'il me paraissait rationnel d'admettre que les ji';"^°p''pi.'' communications entre le système.lymphatique et le système veineux ne devaient pas être restreintes à la veine jugulaire interne et à la veine sous-clavière ; que les communications admises par Fohmann et Lauth n'étaient pas démontrées; que la ligature du canal thoracique ne fait pas mourir tous les animaux auxquels on la pratique, lors même que ce canal n'est pas bifurqué; qu'enfin on a trouvé le canal tiioracique oblitéré sans graves ^-g^tpas accidents chez plusieurs individus. Comment admettre, d'ailleurs, que le canal thoracique démontré et la grande veine lymphatique droite répondent à la totalité des vaisseaux lymphatiques ? que lesvais- Toutefois, je dois à la vérité de dire que les recherclies les plus minutieuses elles plus seaux lymrépétées que j'aie pu faire à cet égard, ne m'ont conduit à aucun résultat confirmatif des ^^^^n^u^;. travaux de Lippi ; que, ses planches sous les yeux, j'ai cherché des communications dans queat directous les points qu'il a indiques, et que je n'en ai trouvé aucune. Je suis donc forcé de tement avec
1 ' ' les VGUIGS
conclure avecRossi, Fohmann et autres, que les vaisseaux que Lippi a considères comme ^^^^ diverties lymphatiques s'ouvrent dans différents poiints du système veineux, ne sont probable- ses parties ment autre chose que des veines. du corps.
ANGÉIOLOGIE.
Valvules.
Elles s'opposent à l'iujccUon
dans un sens opposé à celui de la
circulation.
et dont ]cs fibres, en général Irùs-lines, alleclent la direction longitudinale.
Des vaisseaux artériels et veineux se distribuent dans les parois des vaisseaux lymphatiques ; on n'y a pas démontré de nerfs.
Les vaisseaux lymphatiques sont pourvus de valvules bien plus multipliées que celles des veines. Ces valvules sont paraboliques et olFrenl un bord adhérent du cûté des extrémités, un bord libre du côté du cœur ; elles sont généralement disposées par paires et trés-rapprochées, comme l'indique la forme noueuse de ces vaisseaux, de manière à occuper toute la circonférence du vaisseau, à se rencontrer par leur bord libre, en s'abaissant, et à oblitérer complètement le vaisseau.
En général, ces valvules sont assez fortes pour s'opposer au cours rétrograde de la lymphe, et par conséquent aux injections. Cependant Hunter a insuff.é tous les vaisseaux lactés par le canal thoracique. Haller a rempli tous les vaisseaux lymphatiques du poumon par la partie supérieure de ce même canal. Marchettis dit avoir injecté la totalité des lymphatiques par le réservoir de Pecquet. Nous avons vu que les valvules des vaisseaux lymphatiques offrent moins de résistance au voisinage des capillaires que dans les gros troncs.
Les valvules sont plus nombreuses dans les vaisseaux lymphatiques superficiels des membres que dans ceux qui occupent les espaces inlermusculaires. Relativement rares dans les vaisseaux de la lûte et du cou, elles sont très-rapprocliées dans le réseau des parois de l'intestin. Elles m'ont paru manquer dans le canal thoracique, ou du moins elles ne s'y trouvent qu'en très-petit nombre.
Les valvules lymphatiques, comme les valvules veineuses, sont formées par une duplicature de la membrane interne, comprenant entre ses deux feuillets, près de son bord adhérent, une couche de tissu conjonctif.
Ganglions lymphatiques.
Leur situation.
Volume.
Couleur.
Forme.
6» Des ganglions ou glandes lympliatiques.
Sylvius a, le premier, séparé ces organes, sous le nom de glandes conglobces, des organes glanduleux proprement dits, qu'il appelle glandes conglomérées. Chaussier a désigné ces petits corps ou renflements sous le nom de ganglions lymphatiques, d'après Sœmmering, qui leur avait trouvé une certaine ajialogie avec les ganglions nerveux.
Situés sur le trajet des vaisseaux lymphatiques, les ganglions peuvent âtre considérés comme des espèces de centres, auxquels aboutissent un certain nombre de vaisseaux dits afférents, et desquels partent un nombre à peu près égal de vaisseaux efférents; ceux des extrémités sont accumulés principalement au niveau de la racine des membres, sur la face qui rép'ond à la flexion (pli de l'aine, creux de l'aisselle); les ganglions du thorax, de l'abdomen, de la tête et du cou sont couchés le long de la colonne vertébrale et des gros vaisseaux; ils occupent l'épaisseur du mésentère, des médiastins, la racine des poumons, etc.
Leur nombre est considérable, mais ne présente rien de fixe; il varie, en effet, suivant les individus.
Le volume des (jlandes lymphatiques varie depuis celui d'un grain de millet jusqu'à celui d'une grosse aveline. Les plus petites occupent Tépiploon; les plus grosses, la racine des poumons. Les maladies les développent prodigieusement. Leur couleur, généralement d'un gris rougeâtre, est noire ;i la racine des poumons; leurjfcme est irrégulièrement spliéroïdale; leur consistance, assez ferme, rappelle elle du foie.