‹ Traité d'anatomie descriptive [electronic resource]Chapitre 165 sur 254 · C. — lilquiilu Bous-aracbnoillien · texte numérisé non relu

C. — lilquiilu Bous-aracbnoillien

Situation du liquide sous-araolinoïdieii.

Tieuves de l'existence du liquide

sous-araclinoïdien.

Le liquide sous-arach-

noïdien existe pendant la vie.

11 existe autour de la moelle épinière et de l'encéphale une quantité de liquide assez considérable pour remplir l'intervalle qui sépare ces organes de la dure-mûre, et ce liquide occupe le tissu cellulaire sous-arachnoïdien.

Deux choses sont donc à constater relativement à ce liquide : 1° son existence ; 2° sa situation.

Le fait de l'existence du liquide sous-arachnoïdien, indiqué par Haller (1), et démontré de la manière la plus explicite par Cotugno (2), était tombé dans l'oubli, et regardé par les uns comme un phénomène cadavérique, par les autres comme un phénomène pathologique. En attirant de nouveau l'attention sur ce liquide, Magendie remplit les nombreuses lacunes laissées par Cotugno et en démontra, de la manière la plus positive, la présence sur les animaux vivants et le siège dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien; en un mot, il attacha son nom à cette intéressante découverte (3).

Pour constater l'existence du liquide sous-arachnoïdien {liquide céphalo-rachidien, Magendie), il suffît d'ouvrir la région lombaire du canal rachidien sur un certain nombre de sujets, et d'inciser la dure-mère : on voit alors s'écouler une quantité plus ou moins considérable d'un liquide limpide. Cotugno, qui fit cette expérience sur vingt sujets, en recueillit de 120 à 150 grammes sur chacun d'eux. Magendie évalue la quantité normale de ce liquide, chez un adulte, à 62 grammes ; il a pu en recueillir 372 grammes dans certains cas d'atrophie cérébrale (4).

ce canal, jamais vous ne le voyez pénétrer dans le troisième ventricule : le mercure n'y pénètre que par déchirure ; il en est de même de l'air. L'analogie, qui a si souvent inspiré à Bichat de belles et grandes découvertes, l'a donc égaré sur ce point.

(1) Elementa physiologiœ, t. IV, p. 87.

(2) De ischiade nervosd commentarium.

(3) C'est sur le cadavre que Cotugno avait découvert ce liquide, et ce n'était que par induction qu'il en admettait l'existence sur le vivant. C'est dans des vivisections répétées que Magendie, qui ignorait le travail de Cotugno, l'a découvert et qu'il a été conduit ensuite à le rechercher sur les cadavres humains.

(4) Que si l'on oLjecle que le liquide se trouve sur le cadavre, mais qu'il n'existe pas sur le vivant, nous répondrons par les faits suivants : il y a un espace considérable entre la dure-mère et la moelle épinière, celle-ci ne remplissant que les deux tiers environ de la capacité du canal rachidien ; cette disproportion est surtout considérable en bas, au niveau de la queue de cheval. Nous verrons bientôt que le cerveau lui-même ne remplit pas exactement la cavilé crânienne. Or, le vide ne pouvant exister nulle part dans le corps des animaux, les espaces intermédiaires aux solides doivent être remplis par des liquides ou des corps gazeux. Si l'on se rejette sur la vapeur séreuse, dont l'élasticilc pourrait faire équilibre à l'air extérieur, nous répondrons que cette vapeur ne pourrait

ARACHNOÏDE.

Les difficiiltés qu'on trouve à éviter d'ouvrir le feuillet viscéral arachnoïdien, expliquent pourquoi on avait cru pendant longtemps que le liquide spinal était contenu dans la cavité de l'arachnoïde, bien que la plupart des observateurs eussent noté que, dans le crûnc, la sérosité occupait le tissu cellulaire sousaraclinoïdien.

11 suit de là qu'iadépendammeat de la sérosité qui peut être exhalée à la face libre ou dans la cavité de l'arachnoïde, il existe normalement une certaine quantité de liquide qui remplit les mailles du lissu cellulaire sous-arachnoïdien.

iNon-seulement le liquide sous-arachnoïdien existe dans le canal vertébral, mais on le trouve encore dans la cavité du crâne, où il remplit tous les espaces qui peuvent se former entre le cerveau et la dure-môre. Or, ces espaces présentent beaucoup de variétés dans leurs dimensions, suivant les âges et suivant les maladies : ainsi, dans l'atrophie sénile ou morbide du cerveau et de la moelle, l'intervalle entre la dure-mère et l'axe cérébro-spinal augmentant, la quantité du liquide s'accroît d'une manière proportionnelle.

La quantité du liquide sous-arachnoïdien est en raison directe des progrès de l'âge : chez les vieillards en démence, dont les circonvolutions sont atrophiées, la quantité de sérosité sous-arachnoïdienne contenue dans la cavité du crâne est très-considérable (I).

Le hquide sous-arachnoïdien du crâne n'est pas uniformément répandu autour du cerveau ; il occupe principalement la base de cet organe, parce qu'à la base se trouvent les grands espaces destinés à le contenir. Pour le démontrer, il suffît de soulever avec précaution le cerveau d'avant en arrière : on voit alors le liquide distendre tous les prolongements infundibuliformes que l'arachnoïde fournit aux nerfs, et s'échapper au moment où l'on divise l'arachnoïde.

Le liquide n'occupe

pas la cavit(i de l'a-

raclinoïdc.

La quanlité de liquide sous-aracli-

noïdien est variable.

Son abondance à la base du ci'ùuc.

suffire à la production d'une aussi grande quantité de liquide que celle qu'on trouve dans le canal rachidien.

Du reste, toutes ces objections, ainsi que la supposition du moindre volume du cerveau et de la moelle après la mort que pendant la vie, tombent devant l'expérience suivante, qui établit, en outre, le véritable siège du liquide dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien. Si, sur un animal vivant, sur un chien, par exemple, vous divisez les muscles cervicaux postérieurs à leur insertion occipitale, vous arriverez sur le ligament occipitoatloïdien postérieur. Le sang bien abstergé, ent:imez ce ligament couche par couche et en dédolant. A peine l'avez-vous divisé dans toute son épaisseur, qu'une petite hernie aqueuse apparaît : c'est le feuillet viscéral de l'arachnoïde , que soulève le flot du liquide. Si l'on divise alors crucialement, à l'aide d'une sonde, le ligament occipito-atloïdien *, on voit un liquide aussi limpide que de l'eau distillée, placé sous le feuillet viscéral de l'arachnoïde, et agité par un double mouvement, l'un isochrone aux battements du pouls, l'autre isochrone aux mouvements de la respiration. Si l'on fait une ponction à l'arachnoïde, aussitôt s'échappe par jels saccadés le liquide, dont on peut apprécier la quantité.

(1) Aucune de ces remarques n'a échappé à Cotugno.

« Nec tantùm hœc aqua complens ab occipite ad usque imum os sacrum, tubum durae matris.... sed et in ipso redundat calvari£B cavo omniaque complet intervalla quae inler

cerebrum et durce matris ambitum inveniuntur Quantùm autem magnitudinis cere-

brum in his perdit, tantùm a contactu subtrahitur durœ matris, et quidquid loci decrescendo reliquit, aquosus vapor coUectus totum adimplet. » (Op. cit., p. 11, 12.)

* 11 importe de donner peu d'étendue à l'incisioa transversale, pour éviter la lésion des veines vertébrales, qui sont très-volumineuses; car cette lésion donne lieu à une hémorrbagic, qui ne permet pas do continuer l'expérience.

Expérience convaincante à cet égard .

Le liquide sous -arachnoïdien est agité par

un double mouvement.

NÉVROLOGIE.

Communication (les liq'jidcs souG-arachnoïdiens crânien et spinal.

Composition chimique.

La question de la communication du liquide céplialique et du liquide rachidien est importante. On ne saurait révoquer en doute la communication de la sérosité sous-arachnoïdicnne du cerveau avecla sérosité sous-arachnoïdienne de la moelle ; mais la sérosité des ventricules communique-t-elle avec la sérosité sous-arachnoïdienne ?

Haller admet cette communication directe (1) ; Cotugno s'exprime à cet égard plus explicitement encore. L'un et l'autre (i) pensaient que cette communication existe au bas du quatrième ventricule, sans en préciser ni le lieu ni le mode. Magendie a signalé le bec du calamus scripiorius comme le point où cette communication a lieu. Nous avons vu que Bichat croyait que la membrane ventriculaire et l'arachnoïde extérieure se continuent l'une avec l'autre par l'intermédiaire du catial arachnoidien. Cette question de la communication du quatrième ventricule avec le tissu cellulaire sous-arachnoïdien sera examinée plus utilement à l'occasion du quatrième ventricule. (Voy. cervelet.)

Le liquide céphalo-rachidien est limpide, incolore, d'une saveur salée. Sa composition chimique, suivant Lassaigne, est la suivante ; il renferme :

Eau 98,564

Chlorure de sodium et de potassium 0,801

Albumine 0,088

Osmazôme 0,474

Matière animale et phosptiate de cliaux libre. 0,036

Carbonate de soude et phosphate de chaux. . 0,017

Usages de l'arachnoïde et du liquide sous-arachnoîdien. Comme toutes les membranes séreuses, l'arachnoïde a pour usage essentiel de lubréfier la surface de l'encéphale et de la moelle, et d'en favoriser les mouvements.

Quant au liquide sous-arachnoïdien, il forme autour de la moelle épinière et de l'encéphale comme une espèce de bain, qui lea protège très-efficacement dans les divers mouvements qu'exécute la colonne vertébrale. On dirait que le centre nerveux se trouvant, en raison de sa délicatesse, dans des conditions analogues à celles du fœtus dans la cavité utérine, avait besoin du même moyen de protection, et le liquide sous-arachnoïdien représente parfaitement, sous ce point de vue, les eaux de l'amnios. ■

Ouvrez le canal rachidien d'un chien entre l'atlas et l'occipital : aussitôt s'écoule un flot de liquide; l'air s'y précipite, puis s'échappe dans l'expiration, sous forme de bulles, pour y pénétrer de nouveau dans l'inspiration. Si vous abandonnez ensuite l'animal, vous le verrez titubant à la manière d'un homme ivre ; il va se blottir dans un coin, où il reste comme assoupi pendant plusieurs heures. Le lendemain, vous retrouverez l'animal sur pied, dans un étal tout à fait normal. J'ai répété la même opération plusieurs fois sur le même animal,

(1) Qua prodit de ventriculo aqua, facilè in meduUa; spinalis circumjeclum spatium etiam parât : eam aquam enlm difriciilter omninô in tertlum ventriculum et ad infundibulum redderet, quod pcrpendiculum oportet ascendevc. (Haller, t. IV, sect. 3,p. 77...) Non dubito quin collecta ex ventriculis cerebrl aqua cô descendere posslt. (Sect. 3, p. 87.)

(2) Ilis spina; aquis eas etiam subindè commisceri, quas, sive à. majoribus cerebri ventriculis pcr lacunar et Sylvii aquœductum, sive à propriis exhalantibus arleriis, cerebclli ventriculus accipiat; cujus positio perpendiculata et via ad spina; cavum satis païens denuxum humoris in splnam manifesté persuadet. (Cotugno, p. 19, 81.)

PIE-MÈRE

qui finit par s'y habilucr, au moins quant aux en'cts physiologiques de k soustraction du liquide (I). , - , ,

Mais ce n'est point là l'usage le plus important du liquide céphalo-rachidien, dontVevistcnce est de la plus haute importance pour la circulation cl les fonctions de l'encéphale. Itcnfermés dans une cavité à parois inextensibles, les organes encéphaliques eussent éprouvé, au moment où le sang s y accumule, soil par suite d'une accélération de la circulation artérielle, soit par 1 e lel d un ralentissement de la circulation veineuse, une compression incompatible avec leur fonctionnement régulier, s'il n'y avait eu à leur surface un hquide facile à expulser et prompt à revenir, suivant les circonstances. Or, au moment de la systole ventriculaire, et surtout pendant V cxpivation, les organes crâniens, contenant plus de sang, subissent une augmentation de volume qui donne lieu a 1 expulsion d'une certaine quantité de liquide céphalo-rachidien ; ce liquide va se lo-cr dans l'espace sous arachnoïdicn qui entoure la moelle, et particulièrement dans l'espèce d'ampoule qui enveloppe la queue de cheval. Pendant la diastole du cœur, au contraire, et dans l'inspiration, la quantité de sang contenue dans l'encéphale est diminuéL^, le volume de celui-ci est moindre , un vide tend a se produire à sa surface : ce vide est aussitôt occupé par le liquide sous-arachnoidien, que l'élasticité de la dure-mère, jointe à la pression atmosphérique, fait remonter de l'ampoule inférieure dans la cavité crûnienne.

Imporlancc du liquide sous-aracliiioidicii.

Ses mouvements.

§ 3. — PIE-MÈRE

Ou donne le nom de pie-mère {piaseu mollismater, des Arabes ; meninx Merior, de Sœmmering : méningine, de Chauss.) à la membrane la plus interne du cerveau. C'est une toile, ou plutôt un réseau vasculaire extrêmement délié, qui enveloppe immédiatement le centre nerveux {tenuis memhrana cerebrwn involveiis, Vésale), et qu'on peut considérer comme la membrane nourricière des parties qu'elle revêt. C'est, en" effet, dans la pie-mère que se divisent, pour ainsi dire à l'infini, les vaisseaux artériels avant depénétrer dans lasubstance cérébrale ; c'est dans ce môme réseau de la pie mère que viennent se réunir en rameaux, branches et troncs les vaisseaux veineux qui reviennent de la substance cérébrale. Un tissu cellulaire séreux, très-délié, occupe ces mailles vasculaires. Du tissu fibreux s'y joint dans certaines régions, et transforme cette membrane vasculaire en une lame fibreuse très-résistante, qui a lous les caractères du névrilème.

La pie-mère rachidienne présente des caractères tellement distincts de ceux de la pie-mère cérébrale, qu'il convient d'ajourner sa description jusqu'au moment où nous parlerons de la moelle épinière, dont elle constitue la membrane propre.

La pie-mère encéphalique, que nous étudierons donc seule ici, ne se borne pas à. entourer l'encéphale à la manière de l'arachnoïde; elle pénètre : i" dans toutes les anfractuosités de la surface extérieure ; 2» dans l'intérieur de l'encéphale. On appelle pie-mère extérieure la portion de pie-mère qui enveloppe l'encéphale, et •pie-mère intérieure, celle qui est contenue dans les cavités de cette masse nerveuse.

L'étude de la pie-mère intérieure suppose la connaissance de la conformation

(1) Selon M. Longet, le trouble de la locomolion serait dû, non pas à la soustraction du liquide céphalo-rachidien, mais bien à la section préalable des muscles de la nuque.

I a pie mcre

est une membrane

essentiellement vasculaire.

Disposition générale de la piemère encéphalique.

NÉVROLOGIE.

La pie-mere.

revêt toutes les

anfractuosités du

cerveau et toutes les

lamelles du cervelet.

de l'encéphale et sera mieux placée au chapilre qui Iraile de celle conTormation.

Préparation. A la base du cerveau, Ja pie-mère est naturellement séparée de l'arachnoïde par l'espace considérable qu'occupe le liquide sous-arachnoïdien ; mais il est facile d'isoler partout ces deux membranes à l'aide de l'insufflation, ou de l'injection d'une certaine quantité d'eau. La distinction de l'araclinoïde et de la pie-mère, sans préparation aucune, est facile à saisir dans les cas d'œdème ou d'infiltration purulente du tissu cellulaire sous-arachnoïdien.

La pie-inére extérieure, subjacente à l'arachnoïde, à laquelle elle est unie par un lissu cellulaire séreux trôs-délié, non-seulement revûl le bord hbre des cir-

(Fig. 94) n.

C'trt: tn

AA Vtrt.

LEVEILLE.D.

Pie-mère et artères de ta face inférieure de l'encéphale {d'après L. Hirschfeld).

convolu lions du cerveau, mais encore s'enfonce dans les intervalles ou anfracluosités qui les séparent, tapisse d'abord l'une des parois de chaque anfractuosilé,

(*) Ari. car., artère carotide interne. — Cér. a., arlèrc cérébrale antérieure. — Cér. m., artère cérébrale moyenne. — Art. W., arlère communicante de Wiilis. — Cér. p., artère cérébrale postérieure. — Tr. bas., Irono basilairo. — Cér. .wp , artère cérébelleuse supérieure. — Cér. m., ifrlcre cérébelleuse moyenne. — Cér. itif. posl. , arlère c.'rébelleusc inférieure et postérieure. — Art. vert., arlèrc vertébrale.

PIE-MÈRE

se réfléchit ensuite sur l'autre paroi, pour aller recouvrir le bord libre de la circonvolution correspondante, en sorte que chaque anfractuosité contient un double feuillet de la pie-môrc. 11 suit de là 1» que la pie-mère se correspond à elle-mûme dans une bonne partie de son étendue ; 2° qu'elle présente une surface bien plus considérable que l'arachnoïde, en sorte que, si le cerveau pouvait se déployer de la manière que le supposait Gall, sa surface déplissée serait entièrement recouverte par la pie-mère. Ce que je viens de dire à l'égard du cerveau, s'applique parfaitement au cervelet, et il n'est pas une des lames

(Fig. 9b) {.*):

\',r.t„l. V.ùl. Cl.:,! /r.

Pie^ère et artères de la face interne d'un hémisphère cérébral {d'après L. Hirschfcld).

ou lamelles de cet organe qui ne soit entièrement revêtue par un repli de la pie-mère.

Par sa surface externe ou arachnoîdieme, la pie-mère répond à l'arachnoïde, à surface laquelle elle est unie par un tissu cellulaire séreux plus ou moins lâche et ''^^^ach-"" susceptible d'infiltration. Au niveau des nerfs, elle ne se réfléchit pas comme noïdicnne l'arachnoïde, mais se prolonge sur ces nerfs et semble se transformer en né-

(*) Art. vert., artère vertébrale. — cér. inf. post., artère cérébelleuse inférieure et postérieure. — Ir. bas,, tronc basilairc. — Prot. an., protubérance annulaire". — cérêbr. m., artère cérébrale moyenne. — céréhr. a., artère cérébrale antérieure. — Péd. c, pédoncule cérébral coupé. — Hém. g., hémisphère gauche. — Clois. <r., cloison transparente. — Voût., voùle à trois piliers. — Vent, m., ventricule moyen. — C. call., corps calleux. — Gl. pin., glande pinéale. — Tub. q., tubercules Quadrijumeaux. — Ceru.. cervelet.

NÉVROLOGllî.

Transformation de la pie-

nière en névrilènie.

Surface interne ou cérébrale.

Consistauce.

Toiles choroïdiennes.

Structure éminemment vascu-

laire de la pie-nière cérébrale.

Préparation

des -vaisseaux

de la pie-mère.

vrilùmc. Uc mûmc, en passcinl de l'encéphale sur la moelle épiniûrc, de membrane purement vasculaire el nourricière qu'elle était, elle devient membrane fibreuse protectrice.

Par sa surface interne ou cérébrale, la pie-mùrc répond à l'encéphale, auquel elle est unie par d'innombrables vaisseaux qui pénètrent la substance de cet organe et par des liens ccUuleux. Cette adhérence varie beaucoup, suivant les sujets : ainsi, lorsqu'elle est infiltrée, la pio-mère s'enlève avec la plus grande facilité et d'une seule pièce; dans l'état de sécheresse de cette membrane, l'ablation est difficile. Mais rarement l'adhérence est telle que, hors l'état de maladie, on ne puisse détacher la pie-mère sans intéresser la substance du cerveau. Il est des maladies du cerveau dans lesquelles la couche superficielle de l'organe étant ramollie, en même temps que l'adhérence de la piemère augmentée, l'ablation de la pie-mère ne peut avoir lieu sans entraîner une couche plus ou moins épaisse de substance cérébrale.

La consistance de la pie-mère encéphalique varie, du reste, dans les divers points de son trajet. Sur le cerveau et sur le cervelet, cette membrane présente une texture aréolaire, elle est très-peu résistante et facile à insuffler; sur les pédoncules cérébraux, sur la protubérance et sur le bulbe, elle devient de plus en plus dense, et prend un aspect fibreux qui la rapproche de la pie-mèi'c rachidienne. Dans ces dernières régions, le tissu cellulaire qui l'unit à l'arachnoïde est rougeâtre, filamenteux et très-résistant.

La pie-mère encéphalique envoie dans les cavités ventriculaires des prolongements connus sous le nom de toiles choioïdiennes supérieure et inférieure. Les plexus choroïdes, considércis quelquefois également comme une dépendance de cette membrane, sont étrangers à la pie mère et doivent être rattachés à la membrane ventriculairc.

Structure. La pie-mère encéphalique est une membrane presque entièrement vasculaire. C'est un réseau serré, formé par les anastomoses entre les ramifications des petites artères et veines de l'encéphale, réseau dans les mailles duquel on trouve du tissu cellulaire lâche, et, dans quelques points seulement, un peu de tissu fibreux. En passan t du cerveau et du cervelet sur les pédoncules et sur la protubérance, la pie-mère perd graduellement de sa vascularité, en même temps que le tissu conjonctif qui sert de soutien aux vaisseaux devient plus abondant et revêt les caractères du tissu fibreux.

Pour bien voir les vaisseaux qui, de la pic-mère, pénètrent dans l'épaisseur du cerveau, il faut examiner leur disposition chez un sujet mort par asphyxie. On peut, d'ailleurs, produire cette injection artificiellement, en laissant, pendant quelques heures, la tête d'un cadavre pendante. Alors, non-seulement la piemère sera noire d'injection, mais encore elle sera pépétrée de sérosité ; et si on la détache avec lenteur, on verra sortir de la substance cérébrale un nombre prodigieux de filaments vasculaires, semblables à des cheveux, et remarquables par leur excessive ténuité, par leur longueur et par leur défaut d'anastomoses. Des gouttelettes de sang indiqueront, à la surface du cerveau, les points correspondants qui, à la loupe, présentent autant de trous, ou de perforations faites comme à l'emporte-pièce, qu'il y a de vaisseaux. Le tissu cellulaire qui remplit les mailles formées par les vaisseaux de la pie-mère est composé de filaments conjonctifs, rarement réunis en faisceaux, et entre lesquels on trouve des noyaux nombreux. Ce tissu renferme très-peu de libres élastiques, mais souvent on v rencontre des cellules pigmentaires.

pie-mèriî:.

Les vaisseaux lymphatiques de la pic-m6re, admis et rejelés par divers analoiioistes, ont été décrils par Folimann, qui a vu le réseau lymphaliquc pénétrer vvec elle dans les anfracluositôs du cervclcl. De ce réseau naissent de pclils rroncs qui accompagnent les vaisseaux sanguins jusqu'à la base du crâne, uu delà de laquelle ils nonl pu ûtre suivis. Je regarde ces vaisseaux lymphatiques comme appartenant à l'arachnoïde. A l'occasion des lymphatiques de .'encéphale, nous mentionnerons les canaux périvasculaires décrits par Robin

BtHis. . . n

Les nerfs de la pie-mérc, admis par Lancisi, qui les faisait venir de la septième .oaire, n'existent pas. Mais les artères de la base du cerveau servent de support à Ides plexus nerveux qui se distribuent avec elles dans toute la pie-mére et dans ia substance de l'encéphale. Ces nerfs dérivent du grand sympathique.

La pie-mère représente le névrilème de l'encéphale, en ce sens qu'elle en •est la membrane nourricière. Ses usages sont entièrement relatifs à la circu- Jation du sang dans le cerveau.

■VaissOiTui lymphatiques.

Nerfs.

Usages.

§ 4. — GRANULATIONS MÉNINGÉES.

On décrit généralement comme une dépendance de la dure-mère, ou mieux ides méninges, les granulations ou corpuscules blancs, réunis en grappes, pour la plupart, le long du sinus longitudinal supérieur, et qui sont appelés improprement glandes de Pacchioni, du nom de l'auteur qui les a, le premier, bien décrits (1).

Ces corpuscules, qui manquent chez l'enfant, existent presque constamment chez l'adulte, et sont très-multipliés chez le vieillard. De forme arrondie et de la , grosseur d'un grain de mil, ils ont une consistance ferme et se conservent longtemps sans s'altérer. Tantôt isolées, tantôt réunies en grappes, les granulations méningées sont supportées par un pédicule plus ou moins large ; quelque- . fois elles sont aplaties, en forme de disque. Souvent elles sont devenues con- , fluentes et figurent des plaques dures et même crétacées. Leur grand diamètre ' varie entre 1 et 2 millimètres ; les plus grosses se rencontrent près de la scissure i médiane du cerveau, et atteignent quelquefois le volume d'un grain de blé. Les i plaques qu'elles forment en se réunissant, ont de 4 à 6 millimètres de longueur sur 3 à 4 millimètres de largeur. On compte ordinairement de 500 à 600 granulations, tant sur l'arachnoïde que dans la dure-mère.

Quant à leur iiége exact, on peut distinguer celles qui occupent le feuillet viscéral de l'arachnoïde, le long de la grande scissure, et celles qui se trouvent dans le sinus longitudinal supérieur ou entre les feuillets de la dure-mère, au voisinage du sinus. Ces dernières, situées dans les premiers temps de leur formation à la face interne de la dure-mère, finissent par écarter les fibres de la lame interne de cette membrane, qu'elles séparent en petits faisceaux tantôt parallèles, tantôt réticulés, et se trouvent ainsi logées entre les deux lames fibreuses de la dure-mère. Là, elles constituent des tumeurs proéminentes à la face externe de cette membrane, tumeurs qui se creusent une cavité dans l'épaisseur des os du crâne. C'est aux grappes de granulations de Pacchioni que sont dues ces cavités rugueuses, irrégulières, que l'on observe si fréquemment sur les pariétaux des vieillards, et que les anciens prenaient pour une carie des

Granulations de Tacchioni.

Leur forme.

Leur nomljre.

Situation de ces granulations.

Elles expliquent les dépressions

rugueuses des

pariétaux le long du sinus longitudinal supérieur.

(I) Voy Fuivre, Th. inuug., Paris, 18C3.

NEVUOLOGIE.

Klles s'iiisi

IlUCIlt

dans l'inté

rieur de ce sinus,

Siège des granulations.

Opinions diverses des

auteurs sur la nature

des granulations de i'acchioni.

)s du crâne. Les m^mes érosions se rencontrent parfois sur le frontal l'occipital, la poriion pierreuse du temporal. ' - Souvent ces granulations s'insinuent le long du trajet oblique que parcouTent les veines, dans l'épaisseur des parois du sinus longitudinal supérieur, et proéminent à l'intérieur des veines et de ce sinus, qu'il faut ouvrir sous l'eau pour les bien voir.

Bien que ces corps soient principalement situés le long du sinus longitudinal supérieur, on en trouve encore, suivant la remarque de llaller, au niveau de l'extrémité antérieure du sinus droit. J'ai vu une petite masse pcdiculée de granulations qui proéminait dans l'intérieur de la poriion horizontale du sinus latéral et qui pouvait gûner la circulation.

Je considère ces corps comme siégeant dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien ; on les rencontre souvent, en elTet, il une certaine distance du sinus longitudinal, sous l'arachnoïde, le long des veines cérébrales supérieures. M. Faivre assure les avoir toujours trouvées, dans l'origine, sur la face libre de la séreuse, à laquelle elles adhéraient par un simple pédicule. Disposées irrégulièrement' isolément ou par groupes, elles ne peuvent être bien vues que lorsque la pièce est plongée dans l'eau : elles flottent alors et figurent des houppes blanches pédiculées.

Quelle est la nature de ces corps ? Ruysch, qui les avait observés, croit qu'ils sont de nature graisseuse. Quelques auteurs les ont assimilés aux granulations si fréquentes dans les plexus choroïdes ; mais il n'y a pas la moindre parité à établir entre ces deux ordres de granulations. Pacchioni les regarde comme des glandes conglobées, destinées il sécréter une lymphe particuhère; il a même décrit de prétendus conduits excréteurs, que quelques auteurs font arriver dans le sinus longitudinal supérieur. On a considéré ceux de ces groupes qui pénètrent dans les sinus comme destinés à remplir l'office de valvules. D'autres ont voulu y reconnaître de petits ganglions lymphatiques. Leur fréquence est telle, qu'ils ne sauraient être rangés parmi les productions morbides. Leur absence chez l'enfant, leur nombre beaucoup plus considérable chez le vieillard que chez l'adulte, sont un des traits principaux de leur histoire, mais il est certain qu'elles manquent quelquefois à un âge avancé. Généralement elles sont moins développées chez la femme que chez l'homme. Luschka, qui a étudié leur structure, les regarde comme des franges arachnoldiennes , analogues à celles des séreuses. Elles sont formées d'une substance dense, d'aspect fibroïde, qu'on peut considérer, d'après Kœlliker, comme du tissu conjonctif incomplètement développé, avec des fibres élastiques peu accusées ; souvent on y rencontre des concrétions calcaires et amyloïdes.

SECTION m. - DU CENTRE NERVEUX ENCÉPHALO-MÉDULLAIRE.

Pour décrire méthodiquement les diverses parties constituantes du centre nerveux encéphalu-médullaire, nous procéderons de bas en haut, et du simple au composé, en suivant l'ordre tracé par l'histoire du développement, c'est-;ldire qu'après avoir étudié la moelle épinière, nous passerons successivement en revue H» les organes qui dérivent de la troisième vésicule encéphalique : bulbe, protubérance, cervelet et la camté du quatrième ventricule, qu'ils limitent ; 2" ceux qui proviennent de la deuxième vésicule encéphalique, tubercules quadrijumeaux et pédoncules cérébraux, avec l'aqueduc de Sylvius ; 3° enfin ceux qui

MOELLE ÉPINIÈRE. 359

naissent de la première vésicule encéphalique cl des vésicules cérébrales, couches oïdiques, corps striés, avec le ventricule moyen, et liémisphà'es cérébraux, avec les ventricules latéraux.

§ 1. - MOELLE ÉPINIÈRE

La moelle &pinière ((.usXcç paxirn;) est cette lige nerveuse blanche, cylindroïde, symétrique, qui occupe le canal rachidien, eL qui se continue en haut avec la masse encéphalique, sorte d'épanouissement, de couronnement de la moelle (d). l e nom de moelle lui vient d'une analogie grossière de situation et de consistance avec la moelle des os longs. Chaussier lui a substitué le nom de prolongement rachidien; mais la dénomination, généralement reçue, de moelle épinière ne pouvant donner lieu à aucune erreur, mérite d'être conservée (2).

Les auteurs ne sont pas d'accord sur les limites supérieures de la moelle épinière. Une limite naturelle de la moelle, du moins à la face antérieure, serait bien évidemment le sillon qui sépare le bulbe rachidien de la protubérance annulaire, sillon qui, à raison du volume considérable de cette protubé- s«pér.cure rance chez l'homme, est beaucoup plus prononcé que chez les autres animaux vertébrés pourvus, comme lui, d une protubérance. Mais les changements considérables que présente la portion supérieure de la moelle ainsi comprise, ont engagé les anatomistes à décrire à part, sous le nom de bulbe, tout ce qui est situé au-dessus du point où commence l'entre-croisement des pyramides, desorle que l'on s'accorde généralement aujourd'hui, avec Haller, Boyer, Meckcl, à établir pour limite mpérieure de la moelle le trou occipital, et à considérer le bulbe rachidien, lequel est contenu dans la cavité crânienne, comme appartenant à la masse encéphalique. Quant à la limite inférieure de la moelle, il s'en faut bien qu'elle soit celle du canal rachidien. Nous verrons que, chez l'adulte, mf'Srieure. la moelle n'occupe que les régions cervicale et thoracique de la colonne vertébrale, et qu'elle ne s'étend guère au delà de la deuxième vertèbre lombaire,

Limites de la moelle

(1) Ce fut en étudiant la moelle épinière et le cerveau des serpents et des pois?ons que Praxagoras, cité par Galien, émit l'idée que le cerveau était une production de la moelle. Tous les anatomistes anciens qui ont étudié le cerveau et la moelle chez l'homme, chez les oiseaux et chez les mammifères, ont, au contraire, regardé la moelle comme un prolongement, un appendice du cerveau (tanquam cerebri effusionem, Ruf.). On a même longtemps décrit la moelle comme le nerf principal de l'économie, summus in corpore humano nervus. Plus tard, on revint à l'opinion de Praxagoras, et la moelle épinière fut généralement considérée (Reil, Gall, Tiedemann) comme la partie fondamentale du système nerveux, dont le cerveau ne serait qu'une sorte d'efflorescence.

(2) La première description de la moelle qui soit digne d'être mentionnée, a été faite par Huber (De medutlû spinali, GœltingcB, \W); elle a servi de base aux travaux de Haller [Elem. physiol., t. IV, sect. 1"), de Mayer, qui en a publié une belle planche en 1779, et peut-être d'Alexandre Monro {Observations on the Structure, 1783). Sœmmering, Reil et Gall, qui se sont occupés avec succès des autres parties du système nerveux, ont passé légèrement sur la moelle épinière. Chaussier [De l'encéphale en général et en particulier), Keuffel, dans sa dissertation inaugurale {De medullâ spinali, 1810), dédiéeà Reil, son maître, Rolande {Ricerche anatomiche sulla strutlwa del medollo spinale, Torino, 1824), ont rempli les vides de la science à cet égard. On trouve une bonne description de la moelle dans l'ouvrage d'Ollivier, sur les maladies de la moelle épinière. Depuis l'application du microscope aux études anatomiques, de nombreux travaux ont clé publiés sur la moelle.

NÉVROLOGIE.

Sa situation.

Sa quadruple euveloppc protecti'iee.

Moyens de lixité.

Volume de la moelle.

Limite inférieure moelle.

Divergence des auteurs à ce sujet.

Expériences.

OÙ elle se termine on poinlo. Les régions lombaire et sacrée du canal racliidien sont occupées par le faisceau de nerfs connu sous le nom de queue de cheval (t).

La moelle cpiniôre est située à la partie postérieure et médiane du tronc, en arriére des organes de la digestion, de la circulation et de la respiration (2).

La colonne vertébrale, la dure-mére, l'arachnoïde et la pie mère lui forment une quadruple enveloppe : la première, une enveloppe osseuse; la deuxième, une gaîne fibreuse ; la troisième, une gaine séreuse ; la quatrième, une gaine propre, fibreuse et vasculaire tout à la fois. Cette dernière membrane, exactement moulée sur la moelle ôpinière, en soutient et comprime doucement toutes les parlies.

La moelle épinière ne flotte pas librement dans le canal vertébral : elle est maintenue, de chaque côté, par un ligament qu'on appelle ligament dentelé.

La.- longueur de la moelle épinière est, chez l'adulte, de 30 à 30 cenlimètres. Sa circonférence est de 27 millimètres dans sa portion la plus étroite, et de 40 millimètres dans sa portion la plus volumineuse. Mais la détermination métrique du volume de la moelle est bien moins importante que l'appréciation du volume relatif de cet organe, considéré par rapport à la totalité du cerveau et à la capacité du canal rachidien, ou que l'étude des différences de volume qu'elle présente dans les divers points de son étendue.

(1) La limite inférieure de la moelle n'a pas été assignée avec la précision que réclame une question aussi grave : suivant Winslow, la moelle épinière finit au niveau de la première vertèbre lombaire ; Morgagni l'a vue descendre jusqu'à la deuxième; Keufïel l'a vue atteindre la troisième vertèbre lombaire, sur un individu, et s'arrêter à la onzième dorsale, chez un autre. La divergence des auteurs à ce sujet tient : i" aux variétés individuelles que présente la moelle sous le rapport de ses limites inférieures; à la différence d'acception qu'on a pu donner aux mots extrémité inférieure de la moelle: les uns limitant la moelle à la partie renflée, les autres à la partie efûlée de cette extrémité inférieure. Il résulte d'expériences que j'ai faites à cet égard, et qui consislent à enfoncer horizontalement un scalpel d'avant en arrière, dans le disque intervertébral qui sépare la première de la deuxième vertèbre lombaire, il résulte, dis-je, de ces expériences qu'il existe des variétés, chez les différents sujets, sous le rapport de celte terminaison, et que l'attitude des cadavres, l'état de flexion ou d'extension de la téte et du rachis, peuvent influer sur la limite inférieure de la moelle, mais qu'en général le renflement ou la base du cône qui termine la moelle, répond à la première vertèbre lombaire, et le sommet du cône, à la deuxième.

Pendant les premiers temps de la vie fœtale, la moelle descend jusqu'au sacrum; mais chez les fœtus à terme, je n'ai pas trouvé une dlll'érence aussi prononcée que le disent les anatomistes modernes.

La moelle épinière est susceptible d'allongement et de rétraction : elle s'allonge dans la flexion ; elle revient sur elle-même dans l'extension de la colonne vertébrale ; cette difl'érenee m'a paru être de 37 à HO millimètres.

Sur le corps d'un enfant à terme, affecté de spina-biOda sacré, mort peu de temps après sa naissance, la moelle descendait jusqu'au bas du sacrum ; il n'y avait pas de queue de cheval. Malacarne avait déjà noté un fait analogue. Cette disposition dépend, non d'un retard dans l'évolution de la moelle, mais des adhérences contractées par cet organe, à une époque peu avancée do la vie fœtale (Voy. Anat. pathoL, 11' livraison, Spùia-bifida).

(2) Cette situation de la moelle en arrière du canal alimentaire est une des grandes différences qui existent entre le syslèine nerveux des animaux vertébrés et celui des animaux invertébrés. Chez ces derniers, le système nerveux est inférieur au canal alimentaire; chez les premiers, il est supérieur au canal alimenlairo. Celte remarque est due à Blninville.

MOELLE ÉPINIÈRE

n Volume do la moelle comparé à celai do tout le .orp. - Le volume do la modll i cl nsla série des verlébrés, comparalivemen( à ce lui du eorps de

"^Tvolume de la moelle comparé à celui de l'encéphale.- Sœmmering a établi que rhon me" t d tous les animaux, celui dont la moelle épimère est la moins "e^se relativement . rencépbale, et cette P-P-'^ -/-"^^^^.^^ Vobiet d'aucun doute. Mais il ne s'ensuit pas que, comparée au coips tout entier, lamoe e de animaux soit plus considérable que celle de l'Homme; il résul e, au cm rafre de mes observations que, les oiseaux exceptés, l'homme est c lui de toi e animaux qui a la moelle épiniùre relativement la plus volumineus . CompTr r en elTet, le volume ou le poids de la moelle au volume ou au poids du corp r^hez le cheval, le bœuf ; faites la même comparaison pour 1 homm , el vous verrez que, che; ce dernier,' le poids relatif de la moelle est remarquablemcnt plus considérable.

Le pot* de la moelle, dépouillée des racines nerveuses, est en moyenne de '>7 grammes (Sappcy). Ce poids, d^nprès Cliaussier, représenterait /,<, ii In, chez l'adulte, de celui de l'encéphale, tandis que chez l'enfant nouveau-ne, le poids de la moelle ne serait que V40 de celui de l'encéphale. D après Meckel, ce dernier rapport serait celui qui existe chez l'adulte. 11 est vrai que, d une part Meckel étudie la moelle dépouillée de sa membrane propre, et par conséquent des racines nerveuses attachées h ses parties latérales, et que, d une autre part, suivant la remarque judicieuse de M. Longet, Cliaussier considérait le bulbe rachidien comme partie intégrante de là moelle, tandis que Meckel ne faisait commencer la moelle qu'au trou occipital.

Voici quel serait, d'après M. Sappey, le poids des diverses parties de 1 encéphale :

Dulbe rachidien ' 8 gramiues environ. '

Istlinie de l'encéphale 2G —

Cervelet I^" —

Cerveau "^0 ~"

Encéphale ^3G5

D'où il résulterait que le poids de la moelle serait à celui

Du volume de la moelle dans la série desanimauj vertébrés.

Volume comparatif

moelle et de l'encéphale.

Le volume

de la moelle, est plus considérable

chez l'homme que chez les autres

Rapports en poids de la moelle épinière et de l'encéphale.

de l'isthme

du cervelet. . . .

du cerveau. . . .

de l'encéphale.

C. Volume de là moelle comporc à la caiiacité du canal rachidien. La moelle ne rem- I)lit pas, à beaucoup près, toute la capacité du canal rachidien. Un espace considérable, occupé par le liquide sous-arachnoïdien, par de la graisse liquide et par des plexus veineux, la sépare des parois de ce canal. Stiivant M. Sappey, le diamètre moyen de la moelle serait il celui du canal rachidien comme 3 : 5. l'ourquoi cette disproportion? pourquoi cet espace intermédiaire ? Nous avons dit ailleurs {voyez Ostéolooie) que les dimensions du canal rachidien sont en

Du volume

de la moellecom

paré àlacapacili du canal rachidien.

(Fig. SO) [').

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