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VI

Renflement cervical :

NÉVROLOGIK.

raison composée du volume de la moelle et de c. l'étendue des mouvements de la colonne verlé- 'Ç brale (1).

V- La longueur de la moelle épinière n'est point J'-» en rapport avec celle du canal rachidien ; la tige nerveuse finit au voisinage de la première vertèbre lombaire, et pourtant le canal rachidien se prolonge jusqu'au sommet du sacrum.

Le volume de la moelle épinière n'est pas le môme dans les divers points de sa longueur : c„.7w. rétrécie immédiatement au-dessous du trou occipital, elle présente, à ce niveau, un étranglement connu sous le nom de coZ/e< du bulbe rachidien. Un premier renflement, de forme oblongue, commence au niveau de la troisième vertèbre cervicale, augmente de volume jusqu'à la cinquième vertèbre cervicale, conserve le même calibre au niveau de la sixième, puis diminue progressivement et finit au niveau de la deuxième vertèbre dorsale où la moelle reprend ses dimensions primitives. On désigne ce renflement sous le nom de renilement cervical, à raison de sa situation, ou de renflement brachial, parce qu'il

(*) Hac. a, racines antérieures des nerfs rachidiens. — Br. a., branches antérieures des nerfs rachidiens. — Br. p., branches postérieures de ces nerfs. — Ga. spi., ganglions spinaux — Spin., nerf spinal — Pti.g., pneumogastrique. — Gl.-ph., glosso-pharyngien. - Âud., auditif. — Inter., nerf intermédiaire de Willis. — Fac, facial. — Prot., protubérance. — Trij., trijumeau. — Mot. ext., moteur oculaire externe. — Hyp., hypoglosse. — 2, ligament dentelé. — 3, ligament coccygieu. — 4, dure-mère.

(I) II résulte de plusieurs expériences que j'ai faites à ce sujet, que le liquide spinal, observé à la région cervicale, entre l'occipital et l'axis, est agité de mouvements isochrones à ceux du pouls et à ceux de la respiration ; mais que le liquide une fois évacué, la moelle épinière ne présente aucune espèce de locomotion. J'ai examiné avec la plus grande attention les tumeurs lombaires que portaient plusieurs enfants affectés de spina-bifida : je n'ai pas pu y découvrir de mouvements isochrones aux baltemeiils du pouls; mais les mouvements de la respiration exerçaient sur ces tumeurs une influence manifeste. Ainsi, quand on vidait la poche par la compression", les cris que provoquait la douleur causée par celle réduction, étaient presque immédiatement suivis d'une tension extrême de la poche. La moelle épinière, étant dépourvue des grosses artères qu'on observe à la base du cerveau, ne peut concourir en aucune manière à la production des mouvemeiUs isochrones aux battements du cœur observés dans le liquide rachidien

LCV D.

Face antérieure de la moelle, revêtue de son névrilème, et se continuant en haut avec le bulbe et laprofnl)érance{d'ap. L. llirschfeld).

MOELLE ÉPINIÈRE

est le point de départ des nerfs destinés aux membres supérieurs. Considérablement réirécie depuis la deuxième jusqu'à la dixième vertèbre dorsale, la moelle cpinière se rende une seconde fois, mais beaucoup moins qu'à la région cervicale, pour constituer ce qu'on appelle le ren/îemeni lombaire,îi cause de sa situation, ou le renflement entrai, parce qu'il est l'origine des nerfs des membres inférieurs. Ce renflement s'effile immédiatement à la manière d'un fuseau, et se termine par un cordon grêle, filiforme (ligament coccygien, filum terminale), qui est demi-transparent, d'aspect fibreux, caché au milieu des nerfs de la queue de cheval, et qu'accompagne constamment une veine. On distingue ce cordon des nerfs qui l'environnent par sa situation sur la ligne médiane, par sa ténuité, par sa tension, par son aspect fibreux et par sa terminaison. On le suit jusqu'à la base du sacrum, où on le voit se confondre avec la dure-mère (1).

L'existence des deux renflements de la moelle épinière est une appUcation de ces deux lois de névrologie, savoir : t» que le volume de la moelle épinière est en rapport avec le volume et le nombre des nerfs qui en émanent ou qui s'y rendent, et avec l'activité fonctionnelle des organes auxquels ces nerfs se distribuent ; 2" que l'exercice de la sensibilité est en rapport avec des nerfs plus volumineux que l'exercice de la myotilité. Or, c'est au niveau des deux renflements qu'ont lieu les communications nerveuses les plus multipliées et les plus importantes. Au renflement lombaire répondent les nerfs des extrémités inférieures ; au renflement cervical, les nerfs des extrémités supérieures.

Si le renflement cervical, qui répond aux extrémités supérieures, présente des dimensions plus grandes que le renflement lombaire, qui répond aux membres inférieurs, dont la masse et le volume sont beaucoup plus considérables, c'est parce que, d'une part, les premières jouissent d'une activité musculaire plus grande que les secondes, et que, d'autre part, elles sont les organes du toucher (2).

(1) Dans quelques cas, le renflement lumbaire se bifurque dans sa portion rétrécie, mais les deux branches de la bifurcation aboutissent à un cordon fibreux unique.- Huber, Haller et Sœmmering disent que la moelle se termine inferieurement par deux petits renflements en globules, dont l'un supérieur, ovoide, l'autre inférieur, conoïde. Ils ont pris évidemment l'exception pour la règle.

Il y a bien loin de cette disposition de la moelle, renflée en deux points de sa longueur, à celle admise par Gall, qui, comparant, avec Haller, la moelle épinière de l'homme et (les animaux vertébrés à la double série de ganglions des annélides et des insectes, professe qu'il y a autant de renflements dans la moelle qu'il y a de paires de nerfs. L'observation rigoureuse des faits est en opposition complète avec cette manière de voir; car, même chez le fœtus, qui présente si souvent d'une manière transitoire l'état permanent des animaux inférieurs, on ne voit en aucune façon cette série de renflements. Une fausse induction et une apparence grossière de la moelle environnée de ses nerfs ont égaré le célèbre physiologiste, qui aurait dû chercher les analogues des ganglions des in.sectes, non dans la moelle épinière, mais bien dans la série des ganglions spinaux, ou dans le grand sympathique. On ne trouve même pas de renflements dans la moelle épinière du veau, que Gall prenait pour type de cette disposition. Les commissaires de l'Institut n'en trouvèrent pas davantage chez le chien, le cochon, le cerf, le chevreuil, le bœuf, le cheval, où Gall prétendait les avoir découverts. Les belles recherches de Tiedemann sur le développement de la moelle épinière ont à jamais renversé cette manière de voir, qui ne reposait que sur des analogies non vérifiées

(2) L'anatomie comparée justifie pleinement cette manière de voir, qui s'applique également aux dimensions en longueur de la moelle. On trouve, en eflet, que dans les diverses espèces animales, la longueur de la moelle épinière n'est nullement en rapport 11. 24

Rcnlloment lombaire.

Terminaison iufiirieure effilée du

renneineut loiribaiie.

Loi qui préside au.ii renflements

de la moelle.

Pourquoi les trois renflements de la moelle sont-its inégaux 7

Variétés analomiques.

Preuves déduites de l'analomie cumparéc.

NÉVROLOGIE.

Forme île la moelle.

Direction de lu moelle.

SasymiSlrie.

Moyens (le fixité.

Des plis ti-ansverses en zigzag de la snrfdeedela moelle.

Faces antérieure et

postérieure,

Forme. — La moclle épinière a la forme d'un cordon blanc cylindroïde, aplati d'avant en arrière, renflé dans deux points de sa longueur, limité supérieurement par une sorlc d'étranglement appelé collet, et terminé en pointe inférieuremcnt.

La direction de la moelle suit les inflexions de la colonne vertébrale, aux déviations de laquelle la moelle participe, et c'est une chose bien digne d'intérêt que de voir la moelle échapper souvent à toute compression, môme dans le cas de flexion anguleuse du rachis, pourvu toutefois que cette flexion se soit opérée d'une manière graduelle.

La moelle épinière est parfaitement symétrique par rapport au plan médian antéro-postérieur. La symétrie est moins parfaite entre la moitié antérieure et la moitié postérieure de la moelle; elle est moins parfaite encore entre sa moitié supérieure et sa moitié inférieure.

Étroitement enveloppée par la pie-mère rachidienne, qui lui forme un névrilème solide et résistant, la moelle est suspendue dans la portion centrale du canal rachidien par des prolongements latéraux (ligament dentelé), par les racines nerveuses, et par des prolongements antérieurs et postérieurs, dépendances de la pie-mère. Elle est fixée à son extrémité intérieure parle ligament coccygien, qui la maintient tendue ; de sorte qu'elle ne peut se rapprocher d'aucune des parois du canal rachidien, et qu'elle suit tous les mouvements de la colonne vertébrale, sans la loucher jamais, disposition qui rend la compression de la moelle impossible, quelle que soit l'étendue des mouvements du rachis.

La surface de la moelle enveloppée de sa gaîne propre ou pie-mère présente des plis transversaux, réunis par des plis obliques, en un mot des zigzags, que Huber comparait aux anneaux d'un ver à soie, que Monro regardait comme autant de petites articulations. Ces plis, qui appartiennent au névrilème, sont tout à fait analogues à ceux que nous avons signalés sur les tendons pendant le relâchement des muscles, à ceux que nous verrons sur les nerfs relâchés ; Us s'effacent par l'extension de la moelle, et se reproduisent par son raccourcissement. Leur présence prévient les effets de la distension de la moelle dans les divers mouvements qu'exécute la colonne vertébrale. Par eux, la moelle épinière jouit d'une certaine élasticité.

La moelle épinière offre à considérer une face antérieure, une face postérieure

et deux faces latérales. , ^ , cl

La face antérieure {fig. 96) présente, sur la ligne médiane, une bandelette fibreuse qui

avec celle du canal vertébral, avec la présence ou l'absence d'une queue, mais bien en rapport avec l'énergie du mouvement et de la sensibilité tactile. Desraoulins, jem.e anatomiste trop tôt enlevé à la science, a établi ce fait sur des preuves irréfragables.

La moelle épinière des oiseaux fournit une preuve frappante de la loi qui préside au développement de la moelle: il n'est point, dans l'économie, de mouvement qui nécessite nlns de lorce et d'agilité que le phénomène du vol. On n'est donc point étonne de voir la moelle se renfler au niveau des nerfs qui se rendent aux muscles de l'aile; mais il semblerait que la portion de moclle qui répond aux membres inférieurs doive être beaucoup moins développée, et pourtant le rennemcnt inférieur est tout aussi considérable que e Tennement del'aile, et cela parce que les membres inférieurs sont les organes du toudier chez les oiseaux. La moelle épinière delà tortue confirme, au plus haut degré, a loi que lous vous admise, d'après Desmnulins L'espèce de boite calcaire dont est enveloppée a Tt moyenne decet animal, est privée de tout mouvement et de tout senttmen . Or le îrotlron de nLlIequi répond au membre supérieur, est uni au tronçon de moelle ep.nièra qui répond au membre inférieur par un filcl tres-dclic.

MOELLE ÉPINIÈRE

mesure toute la longueur de la moelle, et qui masque le sillon médian antérieur.

La face postérieure [fii]. 97) n'offre pas, au premier abord, de trace de sillon médian : aussi ce sillon a-t-il été rejeté par plusieurs analomistes, et nommément par Huber; mais, avec un peu d'attention, on reconnaît un trait linéaire Irés-délié, qui décèle la présence de ce sillon médian postérieur, sur lequel je vais revenir.

De chaque côté de ht Injne médiane, sur l'une et l'autre face de la moelle,, se voit la série linéaire des racines des nerfs rachidiens, racines divisées en antérieures et en postérieures. Les différences de nombre et de volume que présentent ces deux ' ordres de racines, différences que nous indiquerons ailleurs, permetlent de distinguer, à la première vue. la face antérieure de la face postérieure de la moelle.

Si l'on arracbe ces racines, on voit que le lieu de leur implantation est marqué par des points déprimés, dont la succession constitue, sur chaque face, deux sillons, décrits avec beaucoup de soin par Chaussier, sous le nom de sillons collaléraut de la moelle. On ne saurait rejeter le sillon collatéral postérieur, mais je crois ne devoir point admettre le sillon collatéral antérieur.

Les facus latérales de la moelle sont arrondies, plus étroites que les faces antérieure et postérieure; on y cherche en vain le sillon admis par quelques auteurs. C'est sur ces faces que s'attache le liçjament dentelé.

Ligament dentelé. Ainsi nommé à cause des prolongements denticulés qu'il présente en dehors, au niveau de chaque paire de nerfs, le ligament dentelé est une languette fibreuse extrêmement ténue, longeant la partie latérale de la moelle épinière, au névrilème de laquelle elle adhère intimement, dans toute son étendue, par son bord interne, qui est très-mince ; envoyant de son bord externe, libre et plus épais, des espèces de dents qui viennent s'implanter ;\ la dure-mère, dans l'intervalle des conduits que cette .membrane fournil

(') rac. pos<., racines postérieures des nerfs rachiiiiens. — Gan;/. sp., ganglions spinaujc. — br. an , brandies antérieures des nerfs rachidiens. — Pél. c. i., pédoncules cérébelleux intérieurs. — Prd. c. m-, pédoncules cérébelleux moyens. — Péd c. s., pédoncules cérébelleux supérieurs. — Tiih.r/u. tubercules quadrijunieaux . — ), ruban de Ueil. — 2, sillon médian. — 3, sillon collatéral postérieur, après l'arrachement des racines postérieures. — ô, ligament coccygien.

(Fig. 91) C).

Série linéaire des racines des nerfs rachidiens

te

Sillons collatéraux

Faces latérales

Ligament dentelé.

LLV fi.

Face postérieure de la mnclky du bnlhc ci de lupvohMrnnrr. {D'/iprr.i !.. llirsdi feld ■)

NÉVROLOGIE.

Nombre et ilispositioii

lie ses ilciilelures.

Su iialure libi'euse.

Ses usdircs.

Texture de

la moelle.

Séparation du

nivrilème.

(Kl.'. 98) (*).

aux nerfs. La première dentelure de ce ligament, qui peut èlrc considéréecomme son origine, est très-proloiigce ; elle se voit sur les côtés du trou occipital, entre l'artùre vertébrale et le nerf spinal; la dernière dentelure, qui

est la vingtième ou la vingt-unième, es) .la terminaison du ligament, et répond à. peu près au niveau de l'extrémité intérieurè de la moelle. La forme, la ténuité et la longueur de ces dents varient beaucoup.

Le ligament dentelé est évidemment de nature fibreuse, et ne saurait ûlre regardé, avec Bonn, comme une production de l'arachnoïde.

Quant à la question de savoir s'il est un prolongement de la dure-mère, une émanation du névrilème, ou bien enfin un ligament propre, ce sont là des questions oiseuses.

Le ligament dentelé paraît avoir le double usage de concourir à la fixité de la moelle épinière,et de séparer les racines antérieures des nerfs racliidiens de leurs racines postérieures.

Texture de Za?noe/Ze. La moelle épinière, étudiée dans sa texture, présente à considérer \° une gaine propre, constituée parla pie-mère lachidienne et que nous appellerons némlème, à raison de son analogie avec le névrilème des nerfs, et 2° un tissu propre.

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