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C. — Cervelet

Le cervelet (TraoEfxscpaXî;, Aristote), cerebellim, est cette partie de l'encéphale qui occupe les fosses occipitales inférieures. 11 existe chez tous les animaux pourvus de cerveau et de moelle, par conséquent chez tous les vertébrés.

Les cas d'absence congéniale du cervelet sont extrêmement rares (t).

Longtemps négligée, l'étude du cervelet a été faite avec beaucoup de talent par Petit de Namur (2) et par Malacarne (3). Vicq-d'Azyr et Chaussier ont décrit avec une rare exactitude la conformation extérieure de cet organe; Reil, Gall et Rolando se sont particulièrement occupés de sa structure, qui n'est un peu connue quedepuis l'usage du microscope.

1, Conformation extérieure. — Le cervelet occupe la partie postérieure et inférieure de la cavité du crâne ; il est comme encaissé entre les fosses occipitales inférieures et le repli de la dure-mère appelé tente du cervelet. Il couronne la moelle épinière et l'isthme de l'encéphale, en arrière desquels il est placé. 11 est recouvert, dans l'espèce humaine, par le cerveau, auquel il est uni par les pédoncules cérébelleux supérieurs, d'où le nom de cerebrum infmus. Il est postérieur au cerveau dans les autres espèces, d'où le nom de cerebrum posterius.

La dure-mère, l'arachnoïde et la pie-mère lui forment une triple enveloppe, dont la disposition a été indiquée ailleurs d'une manière générale.

Le cervelet offre un volume plus considérable chez l'homme que dans toutes les autres espèces animales. Ce volume n'est point dans un rapport constant avec celui du cerveau, et l'on ne peut dire avec Cuvier que ce rapport est d'autant plus petit que l'animal est plus intelligent, car les faits sont en opposition manifeste avec cette proposition.

Le cervelet pèse de 130 à 150 grammes, terme moyen; on peut évaluer le rapport approximatif du poids du cervelet à celui du cerveau à l (4). D'après Gall et Cuvier, le cervelet de la femme serait proportionnellement plus

(1) J'ai rapporté, Anat. pathoL, avec flg., un cas d'absence du cervelet.

(2) Lettre (l'un médecin des hôpitaux du roi, Namur, 1710. * (») Encefalolomia nuova universale, Torino, 1780.

(4) Chaussier dit : « D'après un assez grand nombre de recherches comparatives, nous « avons trouvé quelquefois, dans l'homme adulte, que le cervelet était la G', la 7", d'au- « très fois, mais rarement, lalO«oula 11° partie du poids du cerveau. Dans l'enfant nais- « sant, nous l'avons trouvé la 13% la I4«, la 17% la 21% la 2G% et môme une fois la « 33« partie du poids total du cerveau. » {De l'Encéphale), p. 77.

Le cervelet

existe chez tous les animaux vertébrés.

Situation.

Volume et poids du cervelet.

Variétés de poids, et

par conséquent de

volume.

Suivant

le sexe;

NÉVROLOGIE.

Suivant l'âge.

Consistance du cervelet.

I''oi'ine du cervelet.

Ses dimensions.

volumineux que celui de l'homme. Les recherches de Parchappe tendraient, au contraire, à faire croire que le cervelet est d'un moindre volume chez la femme que chez l'homme. D'après Gall, il serait en rapport avecTénergie des fonctions génératrices et se traduirait à l'extérieur par le développement des bosses occipitales inférieures (t).

Le cervelet est proportionnellement beaucoup moins volumineux chez l'enfant que chez l'adulte : entre le cervelet et le cerveau de l'enfant, le rapport est : : 1 : 20.

La consistance du cervelet a beaucoup occupé les anatomistes, qui sont bien loin d'Ctre d'accord à ce sujet. Cette divergence tient à. ce que le cervelet, qui est rarement examiné à l'état frais, se décompose plus vile que le cerveau, à cause de sa vascularité et de sa position déclive. Il résulte de rues observations que le centre médullaire du cervelet est plus consistant que celui du cerveau, que la substance grise du cervelet est, au contraire, plus molle que celle du cerveau, et que cette substance grise se ramollit sur le cadavre avec une extrême rapidité, en sorte qu'il est difficile d'avoir un cervelet dont la substance grise soit à l'état normal.

Le cervelet représente un ellipsoïde aplati de haut en bas, dont le grand dia-

Cervelet ; face supérieure (d'après L. Hirschfeld).

mètre, qui est transversal, est de 9 à 1 0 centimètres, le diamètre antéro-postérieur, de 5 centimètres et demi à 6 et demi, et le diamètre vertical, de 5 centimètres

(♦) Yerm.s., vermis supérieur. — Tub. quadr., tubercules quadrijumeaux.

(1, .le ne crois pas qu'on puisse donner à cette idée d'.iulre \aleur que celle d'une hypoUièse ingénieuse. L'aptitude à la génération n'est nullement dépendante du cervelet; car tous les animaux invertébrés sont sans cervelet, et dans certaines espèces vertébrées, remarquables par leur ardeur pour l'acte vénérien, le cervelet est extrêmement petit. On eue cependant quelques faits tendant à établir que la diminution de la bosse occipitale a suivi l'extiipation du testicule conesp.u danl ; mais il faudrait d'abord constater le lait, et Olablir d'une manière positive que l'inégalité des bosses occipiliilcs n'était pas anléi icure i\ la castration.

et demi dans sa portion la plus épaisse, de 12 millimètres dans sa portion la moins épaisse-, c'est-à-dire, à la circonlérence. On peut encore comparer le cervelet A un cœur de carte à jouer, dont l'échancrure serait en arrière et dont le sommet tronqué serait en avant ; ou, mieux peut-ûtre, avec les anciens, à deux sphéroïdes aplatis, confondus par leurs points juxtaposés.

Le cervelet est parfaitement symétrique ; cependant il n est pas rare de voir Sïmétne une dilTérence assez prononcée entre la moitié droite et la moitié gauche de cet Uu ce,-ve.et

organe (I) supérieure.

°Tn considère au cervelet une face supérieure, une face inférieure et une circonférence. <• -

1" La face supérieure présente, sur la ligne médiane, une éminence anteropostérieure, beaucoup plus prononcée en avant qu'en arrière, ou elle fini comme en mourant. Cette éminence, qui est sillonnée transversalement^ e comme divisée en anneaux, cà la manière d'un ver k soie, et qui d'ailleurs n est nullement distincte du reste du cervelet, a été appelée vermis supérieur, processus vermiformis superior, éminence vermiculaire supérieure. Plus saillante en avant où elle recouvre les pédoncules cérébelleux supérieurs et la valvule de Vieussens, en s'étendant jusqu'aux tubercules quadrijumeaux postérieurs, elle se

(Fi... U8) (').

LEi-Û.

Cervelet ; face inférieure (d'après L. Hirschfeld).

Vermis supérieur.

déprime et disparaît graduellement en arrière. On doit la considérer, avec Malacarnc, comme la partie supérieure du lobe médian du cervelet. De chaque côté, la face supérieure présente un plan incliné en dehors et en bas. Cette face

(■) Le bulbe a été enlevé par une sjction transversale pratiquée au niveau de son union avec la protubérance.— Verm. !»/'., vermis inférieur. — jlîîji/j/fZ., amygdale ou lobule du bulbe. — C.restif., corps resliforme. — Lob.d, Pu. Gaslr., lobule du pneumogastrique — Fac- Acousf., nerfs facial et acoustique. — Pijr. ant., pyramide antérieure. — iV. tnj., nerf trijumeau. — Mot. oc. ex., nerf moteur oculaire externe.

(I) Dans quatre cas d'iiémiplégie que j'ai eu occasion d'observer, il y avait en môme temps atroplile de l'hémisphère droit du cerveau, et atrophie de l'hémisphère gauche du cervelet : je suis fondé à conclure, d'aprùs cela, qu'il existe des rapports intimes entre les hémisphères opposés de ces deux (lortions de l'encéphale.

NÉVROLOGIE.

Facj inférieure.

(Jrande scissure médiane.

Verniis intérieur.

Ses quatre

prolonpeuienls ou branches.

Son mamelon terminal.

Éniincuce mamelonnée médiane.

Ses deux racines.

supérieure est .'•éparée des lobes postérieurs du cerveau pur la lente du cervelet, 2" La face in férieur edn cervelet est reçue dans la concavité des fosses occipitales, qui se moulent exactement sur elle. Elle est divisée en deux moitiés latérales arrondies, lobes ou hémisphères du cervelet, par un sillon médian antéro-poslérieur, grande scissure médiane du cervelet {vallecula, Haller). Ce sillon divise complètement le cervelet en arrière, où il reçoit la faux du cervelet; en avant, ce n'est plus qu'une large gouttière, qui reçoit le bulbe racbidien ; au milieu, il présente un espace losaagique, au fond duquel apparaît la base d'une éminence pyramidale, sillonnée transversalement par anneaux, et que les anciens ont désignée sous le nom de vermis inferior, éminence vermiculaire inférieure {pyramide lamineuse, Malacarne). Cette éminence, plus prononcée et plus distincte que le vermis supérieur, présente quatre prolongements ou branches disposées en croix : une postérieure, en forme de tubercule, qui occupe la partie postérieure de la grande scissure médiane; deux latérales, qui vont s'enfoncer dans les angles latéraux du quatrième ventricule; une antérieure, qui se prolonge, en s'effilant, d'arrière en avant, et se termine par un renflement mamelonné {éminence mamillaire de Vicq-d'Azyr). Le mamelon terminal du vermis inférieur est libre dans le quatrième ventricule, où il proémine; Malacarne l'a désigné sous le nom de luette.

L'extrémité antérieure du vermis inférieur, ou luette de Malacarne, ressemble à une soupape mobile. Elle tient au cervelet par deux pédicules blancs qui se portent en dehors et en arrière, sur les branches latérales de l'éminence cruciale que représente le vermis inférieur. Elle offre, en outre, deux replis larges et minces, assez analogues, quant à l'épaisseur, au septum lucidum, et qui,

Fig 119) (*).

rich

LEy.o.

Cervelet, face inférieure ^d'après L. Hirschfeld',.

nés des parties latérales de ce mamelon, vont se continuer par leur extrémité externe avec la racine du lobule du nerf pneumogastrique (t). Ces replis, qui

Cl Le bulbe a été renversé en avant, et les amygdales enlevées. - Vera. .»/■.. vermis .inférieur. - Valv. d. Tar., valvules de Tarin. - Pl. choroïde, pleTus-clioroidc du 4<^ ventricule.

(1) L'éminence mamelonnée médiane du vermis et les deux replis connus sous le nom

CERVELET

me paraissent formés par une duplicatiire de la membrane interne, doublée d'une lamelle médullaire Irùs-mince, ne sont autre chose que les valvules de Tarin; ils sont semi-lunaires, extrûmement minces, demi-transparents, adhérents par leur bord convexe à la paroi postérieure du quatrième ventricule, libres par leurs deux faces et par leur bord concave, un peu épaissi. Les deux replis semi-lunaires, avec l'éminence mamelonnée médiane, représentent trùsbien le voile du palais, dont cette dernière figurerait la luette. Ils ne méritent d'ailleurs nullement le nom de valvules, ainsi que le fait remarquer Vicq-d'Azyr, qui les appelle tout simplement lames semi-lunaires de l'éminence mamelonnée du vermis inférieur.

Le vermis inférieur n'est autre chose que la partie inférieure du lohe médian du cei-velet, dont le vermis supérieur constitue la partie supérieure. Le vermis supérieur se continue, sans ligne de démarcation, avec les deux hémisphères du cervelet; en sorte que, supérieurement, les lames du cervelet n'éprouvent aucune interruption sur la ligne médiane. Le vermis inférieur, qui semble au premier abord destiné à séparer ces deux hémisphères, est néanmoins un moyen de continuité pour un très-grand nombre de lames du cervelet, ainsi qu'on le voit parfaitement en écartant les deux hémisphères l'un de l'autre.

3° La circonférence du cervelet, elliptique, ou plutôt en forme de cœur de carte à jouer, à sommet tronqué, dirigé en avant, présente, en arrière, une échancrure {échanerure postérieure), dont les bords, arrondis et convexes, interceptent un espace triangulaire qui reçoit la faux du cervelet st la crôle occipitale interne. Au fond de cette échancrure, se voit une surface sillonnée transversalement, qui unit le vermis supérieur au vermis inférieur, qu'on pourrait appeler vermis postérieur, et qui appartient au lobe médian du cervelet. Les bords arrondis de l'échancrure se continuent avec la circonférence du cervelet. En avant, la circonférence du cervelet est constituée par les pédoncules cérébelleux moyens, qui sont rectilignes comme la face postérieure des rochers, à laquelle ils correspondent. Cette circonférence présente en avant, sur la ligne médiane, une échancrure, ou plutôt une excavation ou gouttière profonde, pour recevoir le bulbe rachidien et la protubérance, qu'elle embrasse dans la moitié postérieure de leur pourtour {grande échancrure cérébelleuse aniérieure). Dans cette échancrure se voit, en bas, la petite émincnce vermiculaire que nous avons dit être le mamelon terminal du vermis inférieur.

C'est par la partie antérieure de sa circonférence que le cervelet reçoit ou émet tous ses faisceaux de communication avec le cerveau et avec la moelle ; ainsi, indépendamment des pédoncules cérébelleux moyens, nous y voyons les pédoncules cérébelleux supérieurs ou processus ad testes et les pédoncules cérébelleux inférieurs ou processus ad medullam. Nous reviendrons sur ces faisceaux, qui sont au nombre de six, trois de chaque côté.

A. Sillons, lobules, lames et lamelles du cervelet. Toute la surface du cervelet est sillonnée par les lignes courbes , généralement concentriques , horizontales, mais peu régulières. Ces sillons ne sont point parallèles; ils s'infléchissent les uns vers les autres et se coupent souvent à angle très-aigu. Ils paraissent tous

Valvules de Taria

Les veimis supérieur et

inférieur appartiennent

au lobe médian du cervelet.

Circonférence du cervelet.

Vermis postérieur.

(Irande échancrure

cérébelleuse antérieure.

Les faisceaux de communication du cervelet

émanent de la partie antérieure de sa circonférence.

Sillons cérébellcuj

de valvules de Tarin représentent assez bien le bord libre du voile du palais, d'où le nom de luette, donné par Malacarne à cette éminence médiane, et A' amygdales, lobules Innsillaires, donnés aux lobules du bulbe qui proéminent, de chaque côté, dans le quatrième ventricule.

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