VAISSEAUX CAPILLAIRES
organes sont divisés en un certain nombre d'îlots, séparés les uns des antres par le réseau capillaire, ne recevant aucun vaisseau dans leur intérieur, et dans lesquels, par conséquent, les fluides nourriciers ne peuvent cheminer que par voie d'imbibition, à moins que l'on n'admette, avec les micrograplies allemands, ces canalicules ramifiés et anastomosés (canaux plasmatiques) unissant entre eux les corpuscules du tissu conjonctif.
Ces îlots'de substance privés de vaisseaux sont d'autant plus petits que l'organe a besoin, pour remplir ses fonctions, d'une quantité de sang plus considérable. A ce point de vue, les organes charges de modifier le sang ou d'en séparer un liquide spécial occupent le premier rang. Destiné à mettre successivement tous les globules sanguins .
en contact avec l'air des vésicules 38) (♦).
pulmonaires, le poumon est, de tous les organes, celui qui présente le réseau capillaire le plus serré : les mailles s'y montrent sous la forme de fentes ou de points dont la largeur est inférieure à celle des vaisseaux. Après le poumon, les glandes chargées d'une sécrétion importante, particulièrement le foie et le rein, les organes qui président à l'absorption, tels que les muqueuses, se font remarquer par la richesse de leur réseau capillaire. Dans ceux, au contraire, qui ne reçoivent du sang que pour leur nutrition, les réseaux capillaires sont beaucoup plus lâches.
Encore y a-t-il une différence
énorme, sous ce rapport, entre les organes qui exercent une fonction active, comme les muscles, la portion grise de l'appareil nerveux, et ceux qui jouent un rôle plus ou moins passif, tels que la substance i nerveuse blanche, les tendons et les ligaments. C'est à peine si, dans ces derniers, on rencontre quelques rares vaisseaux capillaires.
Il est un certain nombre de tissus, voire môme des organes entiers, qui sont complètement prives de vaisseaux capillaires : ce sont les épithéliums et l'épiderme, les cartilages d'encroûtement, les parties transparentes du globe oculaire, l'émail et l'ivoire des dents. Comme toutes ces parties ont besoin, néanmoins, d'une certaine quantité de liquide nutritif, il existe toujours, à leur périphérie, des réseaux vasculaires serrés, destinés à leur fournir les matériaux indispensables pour entretenir leur vitalité : c'est ainsi qu'il faut comprendre le cercle périkératique, la grande vascularité de cette portion des épiphyses qui supporte le cartilage articulaire, celle de la peau, etc.
La largeur des mailles des réseaux capillaires est donc extrêmement variable ; elle dépend en partie du degré de réplétion des vaisseaux ; mais il y a des différences considérables pour les divers tissus, et elle n'est pas dans un
llols privés de
Réseuu capillaire des vésicules pulmonaires de l'homme.
Leur volume variable.
Poumon.
l'oie, rein.
Muscles.
Substance nerveuse.
Largeur des mailles.
(*; D'après Kœilikcr. (Grossissemcnl de CO diamètres.)
rapport conslant avec le calibre des vaisseaux. D'après E. II. Wcher, le diainùlre des vaisseaux capillaires étant pris pour unité, les inailles du réseau
(Fig- 39) (•).
Capillaires du foie.
vasculaire mesurent dans la substance médullaire du cerveau, longueur 8 à 10, largeur 4 à 6.
dans les muqueuses et la peau 3 à 4, souvent moins;
Suivant J. Muller, dans le rein 3 à 4.
— dans le pancréas . . l
Nous avons déjà dit que, dans le poumon, celte largeur des mailles estbien aud( ssous de l'unité.
Le diamètre Aes capillaires n'est pas moins variable que la largeur des mailles; invisibles à l'œil nu, ce qui explique les controverses dont ils ont si longtemps él6 l'objet, ils sont quelquefois tellement étroits que c'est à peine s'ils peuvent livrer passage aux globules rouges du sang (dont le diamètre est de 0""",00d), qui, par conséquent, ne peuvent les traverser qu'un à un; d'autres sont assez larges pour laisser passer plusieurs globules de front. Les plus gros sont ceux de la moelle et de la substance compacte des os; les plus fins, ceux du cerveau, du poumon, des nerfs, des muscles.
Les chiffres suivants, prispar E.II. Weber et par Valentin sur des préparations.
(•) S'-cliondu toie faite pdrpdndieulairemeat à l'une des branches terminales des veines Fus-hépatiqncs ; la nmcération dans une solution étendue de potasse a dissous les cellules hépatiques; le; mailles dos réseaux capillaires sont vides et paraissent foncées à la lumière réfléchifi sur un fond nour. — ana, seclu n transveriale des branches des veines hépatiques. — bb, bb' , branches de la veine porte.