‹ Traité d'anatomie descriptive./ [electronic resource] (volume 2)Chapitre 25 sur 32 · DE L OE I L · texte numérisé non relu

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pliquées l’une contre l’autre , sont rendues sensibles avec assez de facilité par l’insufflation. Sur la lame antérieure se trouvent les stries qui reçoivent les procès ciliaires.

La structure de l’hyaloïde est peu connue. Cette membrane n’offre aucun caractère qui la rapproche des autres. Elle est parcourue par quelques vaisseaux sanguins, branches de l’artère centrale de la rétine. Les exlialans sont les seuls moyens par lesquels elle peut entretenir l’humeur qu’elle renferme, etqu’évidemment aucune glande ne fournit. L’absorption rapporte ensuite dans la circulation cette humeur, qui est ainsi habituellement renouvelée.

L’hyaloïde est susceptible d’une certaine extensibilité de tissu , comme le prouvent certaines hydrophthalmies dues uniquement à l’augmentation de volume du corps vitré. Elle se racornit jusqu’à un certain point par l’action de l’eau bouillante , par celle du calorique immédiatement appliqué, par celle des acides concentrés, etc. Mais ce racornissement n’est point comparable à celui dont les autres membranes de l’œil sont susceptibles. En effet, si l’on soumet, pour terme de comparaison, la sclérotique et la choroïde aux agens dont nous venons de parler, on les voit se resserrer sur elles-mêmes avec une extrême rapidité, et diminuer considérablement de volume : au contraire, le corps vitré diminue peu dans les mêmes circonstances. Les propriétés animales de l’hyaloïde sont ignorées; elle jouit des organiques qui sont nécessaires à son exhalation et à son absorption alternatives , et à sa nutrition.

Humeur vitrée. On la sépare de la membrane

et de ses dépendances. 455

hyaloïde , soit en donnant lieu à son écoulement spontané par plusieurs incisions faites au coips vitré, soit, comme je le fais ordinairement, en comprimant doucement ce corps entier dans un linge : le fluide sort, et des stries membraneuses restent enduisant le linge.

Cette humeur présente à-peu-près la consistance de gomme délayée dans une petite quantité d’eau. Elle est miscible à ce fluide , parfaitement incolore et transparente. Soumise à l’action du calorique sur un fer chaud sans incandescence, et dans la membrane hyaloïde , ce qui forme le corp vitré en totalité , elle se boursoufïle légèrement , et il s’en dégage beaucoup de gaz. qui commence à s’échapper par sa surfaee qui est en contact avec le fer chaud. L’endroit même du contact devient opaque, et se coagule un peu de manière à offrir' une fausse membrane mince , blanchâtre , qui s’enlève facilement ensuite , et au-dessus de laquelle l’humeur a conservé sa fluidité et sa transparence.. Lorsqu’on enlève cette fausse membrane , et qu’on replace le corps vitré sur le fer chaud , une nouvelle couche se forme , et ainsi de suite successivement jusqu’à ce que , évaporée presque entièrement, cette humeur 11e laisse qu’un résidu membraneux presque nul.

L’eau bouillante trouble très-légèrement l’humeur vitrée , mais sans la coaguler aucunement, comme elle le fait pour le cristallin : aussi , lorsque l’oeil entier, plongé dans l’eau bouillante, s’est fortement racorni sur lui-même, phénomène qui est dû surtout à la sclérotique, si on y fait en arrière une piqûre, l’humeur vitrée, restée fluide comme auparavant, s’échappe avec

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impétuosité , et s’élance à une grande distance , pressée par l’enveloppe extérieure, qui n’a pu, vu le peu de compressibilité de cette humeur, obéir entièrement à sa tendance au racornissement , à laquelle elle cède alors. Parmi les expériences qui peuvent servir à démontrer la susceptibilité des membranes fibreuses pour le racornissement, celle-ci me paraît une des plus curieuses. Je l’emploie souvent dans cette vue.

L’humeur vitrée exposée à l’air se putréfie au bout de peu de jours , se dissipe progressivement , et il reste un résidu membraneux opaque. Les acides et l’alcool lui donnent , comme l’eau bouillante , une légère blancheur, mais sans coagulation. Les alcalis ne l’altèrent point , tandis qu’ils ont une certaine action sur l’hyaloïde, comme nous l’avons dit plus haut.

Voilà ce que j’ai observé dans mes expériences sur le corps vitré, qui n’étoit encore que très-peu connu, sur lequel on n’avoit que quelques essais incomplets , et qui mérite encore de fixer d’une manière particulière l’attention des chimistes , pour suppléer à ce que je n’ai point fait..

Du Cristallin et de sa Membrane .

Le cristallin , corps transparent , de forme lenticulaire , est situé entre le tiers antérieur et les deux tiers postérieurs de l’œil. Enchâssé en arrière dans le corps vitré par la moitié de son épaisseur, il correspond à ce corps par une surface convexe qui s’en sépare facilement. En devant, il fait une saillie considérable derrière la pupille , et offre également une convexité qui représente la portion d’une sphère heaucoup plus petite que celle du corps vitré. L’hu-

menr aqueuse le baigne dans cet endroit. Sa circonférence est fixée au corps vitré d’une manière pins solide que sa partie postérieure; les procès ciliaires la recouvrent un peu en devant. Le cristallin, un peu plus rapproché de l’angle interne de l’œil que de l’angle externe , a un axe différent de celui de l’œil entier. Deux parties distinctes en composent l’ensemble : une capsule membraneuse, et une humeur contenue dans cette capsule.

Membrane cristalline. Sa forme est indiquée par celle du corps entier quelle concourt à former. Elle est composée de deux portions : l’une propre qui la forme essentiellement ; l’autre qui dépend de l’hyaloïde et qui lui est ajoutée. La première enveloppe le cristallin de toutes parts , en lui formant un sac sans ouverture, qui n’envoie aucun prolongement dans son intérieur. En devant, cette capsule propre est recouverte par une lame que l’hyaloïde lui envoie , et avec laquelle elle se confond' dans le milieu , de manière à ne pouvoir presque jamais en être séparée, tandis qu’elle s’en isole facilement quand on se rapproche de la circonférence. En arrière/ une seconde lame de l’hyaloïde recouvre cette capsule, et s’en sépare aisément dans toute son étendue. Il résulte de là que la capsule cristalline propre n’est distincte de celle de l’hyaloïde qu’en arrière et dans son contour, où elle complète le canal de Petit qui est formé en partie par les deux feuillets écartés de cette même capsule hyaloïdienne. En incisant et en soulevant le feuillet antérieur, on reconnoît sans peine le canal dont nous parlons.

La capsule cristalline a beaucoup plus d’épaisseur

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et de densité que l’hyaloïde ; on peut s’en convaincre en l’examinant en arrière où elle peut s’isoler. Enlevée en entier de dessus le cristallin lui-même , elle conserve une certaine solidité , et résiste assez pour pouvoir être comparée à la cornée, dont elle pareil avoir la structure , comme l’observe Haller. Celte analogie me semble confirmée par l’observation des cataractes membraneuses , comparables aux taies dont la cornée est si souvent le siège. Exposée à l’action du calorique immédiat et à celle de l’eau bouillante , la capsule cristalline se racornit , devient opaque et légèrement blanchâtre ; le même effet résulte de l’action des acides : les alcalis ne l’altèrent point ; le contact de l’air lui donne une teinte jaunâtre.

Entre la capsule et le cristallin proprement dit, on trouve un fluide particulier, nommé humeur de Morgagni. Ce fluide s’écoule aussitôt que l’on ouvre la capsule, et son défaut de consistance le distingue suffisamment du cristallin qui en est environné. Rarement il augmente contre nature. Transparent dans l’état ordinaire , il acquiert quelquefois une blancheur et une consistance lactescentes qui forment en grande partie ce qu’on nomme les cataractes laiteuses. L’exhalation est la seule manière dont il puisse être fourni. Se fait-elle par une membrane séreuse propre , tapissant l’intérieur de la capsule ? On l’ignore absolument , aussi-bien que la nature de ce même fluide. Haller pense qu’il est souvent peu abondant dans l’état de vie; qu’il augmente après la mort; qu’il paroîl être fourni principalement par la transsudalion du cristallin lui-même, et avoir pour usage d’empecher l’aubercnec de celui-ci avec sa capsule.

Cristallin . Ce corps, entièrement isolé de sa membrane , offre une transparence parfaite. Deux couches fort différentes le constituent. L’une, extérieure , assez épaisse, n’est nullement lamelleuse, mais molle, collante et facile à enlever. L’autre, profonde, plus solide, forme le noyau de la première et se divise en un grand nombre de lames juxla-posées les unes aux autres. Le plus simple examen suffit pour reconnoîlre celte distinction , que j’ai rendue beaucoup plus sensible dans plusieurs des expériences suivantes. i°. Si l’on expose le cristallin à l’action du calorique sur un fer chaud sans incandescence, la couche superficielle brûle avec un boursoufflement léger , tandis que le noyau ne se boursouffle point , mais se change en une masse blanche opaque , sensiblement lamelleuse et friable, qui donne une odeur assez analogue à celle de la corne brûlée. 2°. Par l’eau bouillante, la couche extérieure acquiert une blancheur de lait , une consistance un peu plus marquée et comme pâteuse. On la détache facilement. Quand elle . a été enlevée , on trouve le centre beaucoup plus solide , ayant une couleur de nacre de perle, reluisant et resplendissant , inaltérable par de nouvelles immersions dans la même eau bouillante. 5 '. L’alcool produit les mêmes effets, mais d’une manière beaucoup moins sensible, 4°, Les acides étendus d’eau ont sur le cristallin la même action que 1 eau boudlante : il n’en est pas de même des acides concentres. 5°. L acide sulfurique concentré lui donne une apparence comme gélatineuse, une couleur brune obscure, et le réduit tout entier a cet état pulpeux et charbonné commun à toutes les substances animales traitées, par lui. (j°. L’acide

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nitrique concentré le jaunit et le durcit; mais, tandis que l’extérieur devient d’un jaune opaque et foncé , le centre conserve , avec sa couleur jaune , eet éclat, remarquable , cette teinte resplendissante qui le distinguent dans la blancheur. y°. L’acide muriatique concentré lui donne beaucoup de dureté ; mais, il ne prend point alors la couleur blanche observée par l’effet des premiers réactifs. 8°. Par la macération long-temps continuée, le cristallin se putréfie et se change en une masse pulpeuse. g°. Exposé à l’air , il se dessèche , devient solide , friable même dans sa couche extérieure ; il jaunit un peu , mais conserve sa transparence et sa forme primitive. 11 se conserve très long-temps dans cet état de dessiccation,; on le prendroit quelquefois alors pour une de ces pierres arrondies et jaunâtres qui servent à nos bijoux: on diroit même que plus il est gardé , plus il devient inaltérable. io°. Mis en contact avec un sel neutre en poudre et bien sec , avec l’alun spécialement , il prend une dureté plus grande encore qu’à l’air , jaunit aussi un peu , et ensuite se conserve sans subir aucune altération. ii°. Si, dans cet état de dessiccation , on l’expose à la flamme d’une bougie , il brûle en pétillant , et en exhalant une odeur qui a quelque analogie avec celle de la corne soumise à la combustion.

Voilà les faits principaux qui peuvent servir à éclaircir la composition du cristallin. La plupart me sont propres ; d’autres avoient été établis avant moi. On a demandé depuis long-temps si le cristallin éloit organisé ? Beaucoup de recherches ont été faites pour s’en assurer > et il résulte de toutes qu aucun

f.t de ses dépendances. 459

vaisseau sanauin ne se répand dans la substance cristalline propre 3 mais seulement que sa capsule en reçoit un ou deux dépendans de l’artère centrale de la rétine. Aucun nerf ne pénètre le cristallin ni sa membrane. A ces premières données, peu favorables à l’organisation du cristallin, il faut comparer le résultat des expériences précédentes. Dans ces expériences , si l’on fait abstraction de l’action destructive qu’exercent sur le cristallin , comme sur toute substance animale , le calorique immédiatement appliqué , l’acide sulfurique très-concentré et la macération dans l’eau , si on modère l’action de ces réactifs , tous nous montrent dans le cristallin deux parties entièrement distinctes et extrêmement remarquables dans leur disposition. L’une, qui forme la couche extérieure , épaisse de deux ou trois lignes , offre une substance molle, mucilagineuse, facile à enlever et s’attachant aux doigts , sans aucune régularité dans l’arrangement de ses molécules , parfaitement transparente et incolore dans l’état naturel, mais susceptible de perdre sa fluidité , sa transparence par tous les reactifs , et d’acquérir une couleur blanche opaque , pour passer ensuite à un état de friabilité pulvérulente par la dessiccation. Ces phénomènes éloignent évidemment toute idée d’organisation de la première couche , et ne nous permettent d'y voir qu un fluide un peu condensé , environnant l’exléneur du cristallin, intermediaire à lui et à la capsule, dont les sépare seulement l’humeur de Morgagni, qui est plus fluide que lui , mais qui peut lui être identique quant a sa nature essentielle.

Mais quand on a enlevé ce fluide, on trouve un

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corps plus solide, offrant essentiellement la forme lenticulaire que présente le cristallin entier , d’une transparence parfaite dans l’état naturel , ce qui empêche de le distinguer de la couche extérieure , mais beaucoup moins altérable qu’elle , et conservant au milieu de toutes les épreuves qu’on lui fait subir sans le détruire, avec les acides, le feu, l’eau bouillante, cette demi-transparence qui appartient au nacre de perle. Ce corps, examiné dans l’état naturel, résiste au. doigt qui le comprime, et ne cède que difficilement en s’étendant plutôt qu’il ne sc divise. Solidifié par l’eau bouillante et par les acides, il présente au scalpel qui l’entame une multitude de lames distinctes , concentriques , qui le composent entièrement , qui s’enlèvent sans peine , et qui sont absolument semblables sous ce point de vue aux couches multipliées des racines bulbeuses. Ces lames , ultérieurement divisées , offrent dans leur tissu des libres très-distinctes , disposées parallèlement entr’elîes , et dans la direction des lames elles-mêmes. Quelques-unes de ces fibres se détachent d’une lame pour aller à la lame subjacente, et sont entr’elles deux le seul moyen d’union qu’on observe : auqun intermède celluleux ne concourt à cette union , quoique quelques anatomistes l’aient supposé. La disposition lamelleuse et fibreuse dont nous parlons se remarque jusqu’au centre du cristallin. Quelques auteurs ont compté un nombre prodigieux de lames. Peut-être ce nombre est— il plutôt le résultat d’un isolement artificiel que d’une disposition naturelle. Mais si le nombre des lames est indéterminé, leur existence est certaine , et leur distinction naturelle se montre évidemment quand

on coupe suivant son épaisseur celte poriion du cristallin soumis à la dessiccation. On voit alors leur juxla-posilion d’une manière sensible. Quant à leur texture fibreuse; elle se manifeste dans toutes les circonstances avec une évidence cgale.

De V Humeur aqueuse et de sa Membrane.

L’bumeur aqueuse occupe toute la partie de l’œil qui s’étend depuis la cornée jusqu’au cristallin. Cet intervalle est séparé par l’iris en deux espaces inégaux , dont l’ouverture permet une libre communication entre l’une et l’autre. L’espace postérieur , fort étroit , n’existe proprement que vers le contour du cristallin qui le borne en arrière, tandis que l’iris en avant, et en dehors les procès ciliaires qui sont appliqués immédiatement sur le corps vitré, le circonscrivent. Cet espace est triangulaire , ce qui dépend de la forme convexe du cristallin , et de la forme plane et perpendiculaire de l’iris. Deux choses sont à considérer dans l’bumeur aqueuse , sa capsule et l’humeur elles-même.

Membr. de l’humeur aqueuse. Elle tapisse d’abord la surface postérieure de la cornée , puis parvenue à la grande circonférence de l’iris , se réfléchit sur cette, cloison, qu’elle recouvre en devant , et sur laquelle elle paroît finir insensiblement : du moins on ne peut la suivre jusqu’à la pupille. • Il n’est pas probable qu’elle dépasse cette ouverture pour recouvrir l’iris en arrière ; l’humeur noirâtre que l’on trouve sur cette dernière partie y indique, même évidemment une disposition toute différente.

Diverses expériences rendent sensible la membrane de l’humeur aqueuse. Lorsque l’on a. soumis

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la cornée à l’ébullition , et quelle a pris une épaisseur considérable en se racornissant, on peut quelquefois la détacher en entier, et l’on voit derrière elle la membrane mince et transparente dont il s’agit occuper seule l’ouverture de la sclérotique. Mais ce procédé est difficile à exécuter; un moyen plus simple est celui-ci : examinez en arrière la cornée qui a bouilli après avoir ouvert l’œil , vous verrez souvent que l’ébullition a détaché en partie cette membrane d’avec la cornée , sur laquelle elle forme une vésicule semblable à celle que les vésicatoires déterminent sur la peau. Ce moyen de voir la membrane est en même temps le meilleur pour reconnoîire la sérosité qui lubrifie les lames de la cornée , et on pourvoit en profiter pour analyser cette sérosité accumulée ici avec assez d’abondance. Je ne crois pas qu’aucun procédé puisse rendre cette membrane sensible sur l’iris. Elle n’est nullement connue quant à sa nature et à ses propriétés. Sans doute elle fournit l’humeur aqueuse par exhalation; mais on ne lui trouve point la disposition des membranes séreuses, avec lesquelles elle n’a de commun que la transparence et la ténuité.

Humeur aqueuse. Transparente dans l’état naturel, elle varie pour la quantité, que l’on estime ordinairement à quatre ou cinq grains. Quoique susceptible d’être entièrement évaporée par le feu, elle a cependant une légère viscosité. Les acides et l’alcool ne la coagulent point; elle se trouble un peu parles acides nitrique , nitro-muriatique , et muriatique oxygéné. Abandonnée à elle-même , elle se putréfie promptement , et donne une odeur fétide. Elle aug-

■ et de ses DÉPENDANCES. 4 Cm

mente beaucoup dans l’hydrophthalmie, diminue et disparoît dans l’atrophie de l'œil. Exhalée continuellement par sa membrane, elle est réparée en vingtquatre ou trente-six heures, lorsque l’opération de la cataracte a donné lieu à son écoulement. D’autres preuves de son exhalation se tirent des injections avec l’huile de térébenthine qui s’est quelquefois mêlée à elle, de son mélange avec le mercure dans les frictions faites sur la peau avec les préparations de ce métal , etc.

ARTICLE QUATRIÈME

Développement de P Œil,

§ Ier. État de VOEïl dans le premier âge.

Chez le fœtus, les yeux sont extrêmement développés en proportion des autres organes. Toutes leurs parties sont très-prononcées et faciles à reconnoître. Cet état de développement précoce mérite une attention particulière , d’autant plus qu’il se retrouve au même degré dans les organes de l’ouïe et dans le cerveau. Si l’on compare cet état avec celui que présentent à la même époque les organes de l’odorat , resserrés sur eux-mêmes et incapables d’exercer leurs fonctions ,• si l’on observe aussi que ceux du goût , quoique plus développés que ceux de l’odorat , le sont moins cependant que ces deux premiers, on trouvera bientôt la raison de cette différence dans la diversité des fonctions auxquelles ces sens sont destinés. La vue et l’ouïe , organes des sensations

/(C)/|. DE l’oeil

purement intellectuelles, et uniquement du ressort de la vie animale, dévoient se trouver dans leur développement en rapport exact avec le cerveau, centre essentiel de 1 intelligence et de cette vie animale. En effet , c est aux fonctions cérébrales que les leurs sont exclusivement liées ; elles sont indépendantes de la vie organique , tandis que les sens de l’odorat et du goût, quoique sous l’influence du cerveau , tiennent aussi aux fonctions intérieures , et peuvent ne point être dans un rapport aussi exact de développement avec cet organe. C’est un phénomène qui m’a toujours frappé j que cette uniformité entre le cerveau , l’œil et l’oreille , sous le rapport de leur accroissement dans le premier âge : il y a entr’eux une proportion rigoureuse.

Développement des Paupières.

Toutes les parties dépendantes de l’œil offrent le même développement prématuré. Les cavités orbitaires , très-étendues , donnent à la partie de la face quelles occupent une expression toute particulière, et une forme différente de celle qu’elle aura lorsque les fosses nasales et les sinus devenus plus vastes augmenteront inférieurement la hauteur et la largeur de celle-ci.

Les paupières sont entièrement fermées chez le fœtus. Cette occlusion naturelle, à une époque où les sensations de la vue lui sont inutiles , ressemble parfaitement à celle du sommeil ordinaire , et reconnoît les mêmes causes. En effet, il n’y a point ici contraction du muscle orbiculairej il n’y a qu abaissement de la paupière supérieure, dû uniquement au

et DE SES DEPENDANCES. 4^5

défaut d’action de son releveur, qui est dans l’inertie comme la plupart des autres muscles. L’organisation des paupières du fœtus offre aussi quelques différences : la peau en est plus mince et plus ténue , le muscle orbiculaire plus pâle, et la conjonctive palpébrale moins foncée en couleur.

Développement des Membranes de VOEU .

Quant à l’œil lui-même , ses différences doivent être examinées dans ses membranes et dans ses humeurs.

La sclérotique , comme toutes les parties du système fibreux, a fort peu d’épaisseur chez le fœtus : aussi sa couleur est moins prononcée , et sa demi-transparence permet de distinguer un peu au travers la couleur de la choroïde. C’est surtout en arrière que la sclérotique offre un aspect bleuâtre dû à la cause dont nous parlons; en devant cet aspect est moins sensible, la membrane y étant fortifiée par les tendons des muscles droits qui la rendent plus Opaque.

La cornée, un peu plus saillante que chez l’adulte , doit cet état à la plus grande quantité d’humeur aqueuse qui lui est subjacente. Son épaisseur est à-peuprès la même que dans la suite. Elle est beaucoup moins perméable , ce qui fait que l’œil paroît moins affaissé chez le fœtus au moment de la mort. On n’y observe presque jamais non plus cette couleur terne, et cet enduit particulier qui paroît constamment sur l’œil de l’adulte à la suite d’une maladie un peu longue , et que nous avons rapporté à la iranssudation du fluide propre de la cornée. Ce n’est h. 5o

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point là; au resle, un phénomène pàrlïcuîier à l’œil. Ce reste de tonicité, qui empêche encore quelque temps après la mort la perméabilité des organes, se remarque aussi ailleurs chez le fœtus , et notamment à la vésicule du fiel ; car le duodénum paroît rarement, comme chez l’adulte , coloré par la bile , dont cependant cette vésicule est également remplie. Le volume de l’œil et son brillant sont donc, chez le fœtus et même chez l’enfant mort, presque les mêmes que pendant la vie. La peau n’éprouve point non plus cette flaccidité particulière , cet affaissement caractéristique de la mort chez l’adulte : aussi F expression de la face a-t-elle peu changé et semble-t-elle souvent ne différer que très-peu de celle du sommeil. De là encore, comme' je l’ai remarqué plusieurs fois en faisant pratiquer aux élèves les opérations chirurgicales, la facilité plus grande de s’exercer à celle de la cataracte sur les petits cadavres, à cause de la saillie de la cornée.

La choroïde, déjà très-prononcée, se détache facilement de la sclérotique et de la rétine. Elle laisse sur la première une légère teinte rougeâtre. Sa surface extérieure paroît d’une couleur aussi foncée que dans les autres âges. Eu dedans, l’enduit qui la recouvre est noirâtre au lieu déire brun ; il a moins de fluidité et lui adhère plus fortement. Quand on l’a enlevé , ,1a choroïde conserve une couleur rougeâtre très-sensible et qui tient à son organisation ellemême. Cette couleur est toute différente de celle dû l’adulte , quand on a enlevé chez lui l’enduit noirâtre. Cet enduit est, comme par la suite, d’autant plus prononcé qu’on approche davantage des procès ciliaires , et d’autant plus rare qu’on l’examine plus du

côté du nerf optique : aussi c’est en arrière que la routeur propre de la choroïde se remarque le mieux.

Lorsqu’on enlève la sclérotique et la cornée , on ne trouve pas le cercle ciliaire aussi prononcé que chez l’adulte. U représente une ligne blanchâtre analogue à celle qui se voit chez le bœuf, mais qui adhère fort peu à la sclérotique. C’est au défaut de développement de ce cercle ciliaire qu’est due la saillie plus grande que forment en devant les procès de même nom , qui sont alors plus développés à proportion. On les voit d’une manière très-distincte , et autour d’eux on observe un léger enfoncement circulaire à la place que le cercle ciliaire plus développé occupera par la suite.

Les procès ciliaires sur lesquels , comme nous l’avons dit plus haut, l’enduit noirâtre est très-abondant , offrent alors, aussi-bien que la choroïde, une couleur rougeâtre dans leur tissu propre. Mais cette couleur y est moins prononcée que dans la partie postérieure de cette membrane. 11 y a donc un rapport inverse entre l’intensité de cette rougeur et la quantité de, l’enduit noirâtre. Celui-ci, peu abondant sur la choroïde , augmente sur les procès ciliaires et sur l’iris. La rougeur, au contraire, peu prononcée sur Liris en arrière , augmente sur les procès ciliaires et augmente encore davantage sur la choroïde.

L iris de l’enfant n’a rien de remarquable en devant. En arriéré, 1 enduit noirâtre et la couleur rouge propre le distinguent de ce qu’il sera par la suite. Sa grande circonférence ne paroît pas enchâssée dans le cercle ciliaire comme chez 1 adulte, ce corps étant peu développé. La petite circonférence qui corres-

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