‹ Traité d'anatomie descriptive./ [electronic resource]Chapitre 13 sur 27 · IV E R E S · texte numérisé non relu

IV E R E S

Le plexus splénique est de tous le moins proportionné au volume de l’artère qu’il accompagne. 11 ofire , près de l’origine de celle artère , deux ou trois ganglions assez considérables situés immédiatement sur elle ; mais ensuite on ne trouve plus qu’un petit nombre de rameaux rarement anastomosés entre eux, et dont le trajet n’est presque jamais interrompu par des ganglions nouveaux. Ces rameaux serpentent autour de l’artère splénique , dont ils s’éloignent plus ou moins , el parviennent enfin dans la scissure de la rate , où ils pénètrent avec les branches artérielles. Quelques-uns descendent dans le pancréas avec les artères pancréatiques supérieures. D’autres suivent la gastro-épiploïque gauche au bord convexe de l’estomac. Plusieurs de ceux-ci se perdent dan* le grand épiploon.

3°. Plexus mésentérique supérieur.

Au-dessous du plexus cœliaque, le réseau nerveux du solaire se prolonge sur l’aorte abdominale , et rencontre bientôt l’artère mésentérique supérieure. Là , il forme un nouveau plexus très -considérable : plusieurs ganglions lui fournissent des rameaux qui l’augmentent. Borné d’abord à l’artère , ce plexus descend avec elle entre le pancréas et la portion transversale du duodénum , s’engage entre les deux lames du mésentère et aussitôt s’épanouit beaucoup. Ses rameaux , entrelacés à l’infini , embrassent les glandes lymphatiques en même temps qu’ils suivent le trajet de l’artère , et se répandent comme elle sur toute la superficie de l’intestin grêle. L’artère colique moyenne , l’artère iléo-colique , en reçoivent cha-

cane un plexus particulier, qui remonte avec le vaisseau dans le méso-colon transverse , et va se distribuer à la portion correspondante soit du colon , soit du cæcum. De nombreux ganglions peu volumineux interrompent les rameaux du plexus mésentérique supérieur , surtout sur le bord concave de l’intestin grêle , endroit où il est plus immédiatement appliqué sur l’artère à laquelle il appartient essentiellement.

4°* Plexus mésentérique inférieur.

II peut être considéré comme le prolongement du précédent, auquel il se continue en haut, au-devant de l’aorte abdominale. Dans cet espace , il reçoit plusieurs rameaux isolés venant des ganglions abdominaux qui font suite au système général. Il en reçoit beaucoup d’autres du plexus rénal. Parvenu à l’origine de l’artère mésentérique inférieure , il l’embrasse'1 d’abord étroitement,* mais peu après, et au momentoù cette artère se rapproche du détroit supérieur du bassin , le plexus se divise assez naturellement en deux portions. I/une , interne , moins considérable et formée par des rameaux rarement entrelacés , descend avec l’artère iliaque correspondante , et fournit en partie les plexus propres de l’iîiaque externe ou crurale et de l’hypogastrique. Mais un grand nombre de ces rameaux s’écarte absolument de Tarière iliaque , 6e porte au-devant du sacrum dans une direction presque droite , et se perd dans le plexus hypogastrique.

L’autre portion , qui constitue essentiellement le plexus mésentérique , continue à accompagner l’artère mésentérique inférieure entre les deux feuillets.

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d u méso-colon iliaque , pour se terminer entre les deux lames du méso-rectum. Dans ce trajet , il environne , par des rameaux sans cesse entrelacés , l’artère principale , et c’est de ce réseau nerveux prolongé que partent , soit les filets isolés qui vont se perdre dans le méso-colon , soit les plexus particuliers qui accompagnent les branches artérielles à l’S du colon. Parmi ces plexus , on doit en distinguer un beaucoup plus volumineux que les autres , lequel accompagne l’artère colique gauche, et va, d’un côté, se répandre sur la portion lombaire gauche du colon, de l’autre s'anastomoser avec le plexus mésentérique supérieur , suivant exactement en cela la distribution de l’artère. Ces plexus s’avancent fort peu sur les parois de l’intestin lui-même, et paraissent bornés à environner les rameaux vasculaires qui y pénètrent.

• Parvenu dans le méso -rectum, le plexus mésentérique s’épanouit beaucoup et se continue avec le plexus hypogastrique, qu’il concourt en grande partie à former , en se réunissant ici avec les nerfs sacrés. ] jes rameaux de ce plexus vont se répandre à l’intestin rectum , *à la vessie , ^ux vésicules séminales ; dans la femme , au vagin et à la matrice , en suivant dans toutes ces parties le trajet des artères correspondantes. Distribués aux autres divisions de l’artère hypogastrique , ils sortent avec elle du bassin , et leur forment les plexus propres qui les accompagnent à la partie postérieure de la cuisse.

On trouve peu de ganglions dans toute l’étendue du plexus mésentérique inférieur. Ceux qui se remarquent sont toujours rapprochés de l’artère principale.

5". Plexus rénal.

Celui-ci , double comme l’organe auquel il appartient, naît de la partie latérale des plexus cœliaque et mésentérique supérieur. Il commence par deux ou trois ganglions assez volumineux placés sur l’artère rénale, à l’endroit où elle naît de l’aorte. Ces. ganglions donnent naissance à beaucoup de rameaux ténus qui , pour l’ordinaire , se portent sur l’artère parallèlement à sa direction et sans s’entre-croiser ensemble , disposition remarquable par laquelle ce plexus diffère essentiellement des autres. Ce n’est qu’auprès des divisions artérielles que les rameaux nerveux s’entrelacent d’une manière sensible, mais peu fréquemment. Ils pénètrent ainsi dans la substance propre du rein , en suivant les rameaux de l’artère rénale dans leur distribution. D’autres filets pariant du même plexus vont se porter aux capsules surrénales, et concourent à former les petits plexus qui accompagnent les artères capsulaires. Enfin, c’est principalement du plexus rénal que naît un autre plexus peu considérable nommé spermatique. Celuici, formé par un petit nombre de rameaux, descend en accompagnant l’artère du même nom. Deux autres ganglions se remarquent dans ce trajet. Il suit l’artèrejusqu’à sa distribution au testicule chez l’homme , à l’ovaire chez la femme. Mais son extrême ténuité n’a pas permis, même à Walter, de le découvrir fort loin au-delà de son origine.

Tel est le plexus rénal considéré dans sa disposition générale et pris à sa principale origine. Mais le.

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j'iexus solaire n’est point le seul qui concoure à le former, comme nous le verrons tout-à-l’heure.

Petit Nerf splanchniq ue.

Celui-ci, nomme aussi neij splanchfiique accessoire par Walter, naît un peu au-dessous du grand, ordinairement par deux rameaux venant des dixième et onzième ganglions thorachiques. Ces rameaux , obliquement dirigés en bas et en dedans , s’engagent isolément derrière le diaphragme et se réunissent en un seul tronc au niveau de la douzième côte. Ce tronc pénètre aussitôt dans l’abdomen , et se divise pour d’ordinaire en deux rameaux , dont l’un remonte et s’anastomose avec le grand splanchnique avant sa division ; l’autre descend en dedans et va se jeter dans le plexus rénal, fournissant seulement quelques ramuscules au plexus solaire.

On pourroit nommer aussi petits splanchniques deux autres nerfs assez considérables , dont l’un naît par deux rameaux des onzième et douzième ganglions thorachiques ; l’autre vient du rameau de communication qui réunit le dernier ganglion thorachique avec le premier des abdominaux. L’un et l’autre entrent dans l’abdomen en traversant le diaphragme, et s’anastomosent ensemble pour se perdre au plexus rénal. Walter les nomme nerfs, rénaux postérieurs ,

Tels sont les plexus nombreux que les viscères abdominaux reçoivent du système des ganglions. Les grands splanchniques paroissent d’abord en être la source commune , puisque ce sont eux qui , réunis ensemble , semblent servir essentiellement par leurs rameaux à constituer le plexus solaire. Mais si l’on

observe que des ganglions très-considérables et trèsmultipliés existent au-dessous du diaphragme, que de ces ganglions partent immédiatement presque tous les nerfs du plexus solaire , qu’il n’y a nulle proportion entre le volume de ces ganglions et les rameaux ténus- qu’ils reçoivent des nerfs splanchniques ; si , dis-je , on a égard à toutes ces considérations , on regardera la réunion des ganglions solaires comme le véritable centre d’où partent les nerfs distribués aux viscères abdominaux, et les nerfs splanchniques ne paraîtront qu’un moyen de communication entre ces ganglions et les thorachiques. Cette remarque se rapporte parfaitement à la manière dont il faut considérer l’ensemble du système nerveux organique , où les ganglions sont toujours les seuls points de départ , les nerfs n’étant que des productions qui en émanent.

§ V. Des Ganglions abdominaux .

Ceux-ci, plus nombreux que les cervicaux , plus constamment distincts les uns des autres que les thorachiques , font suite au système nerveux général , et ont été décrits par les auteurs comme formant la continuation de ce qu’on nommoit nerf grand sympathique. L’examen attentif de leur disposition prouve qn’on doit suivre, en les décrivant, la marche que nous avons adoptée jusqu’ici, et les considérer comme autant de centres nerveux particuliers d’où partent des rameaux destinés à diverses parties.

Ces ganglions occupent l’espace compris entre la douzième côte et l’union de la dernière vertèbre

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lombaire avec le sacrum. Us sont situés sur les parties latérales et antérieures du corps des vertèbres , plus rapproches du milieu de ce corps que les ganglions thorachiques. Ordinairement ils répondent aux os eux-mêmes , quelquefois aux fibro-cartilages qui les réunissent : ceci tient au nombre des ganglions, qui est fort sujet à varient Tantôt, en effet, on en compte cinq, tantôt, et plus souvent , on n’en trouve que trois bien marqués et bien sensibles.

Le volume des ganglions abdominaux , moindre que celui des cervicaux, l’emporte pour l’ordinaire sur celui des thorachiques. Quelquefois on les trouve plus considérables d’un côté que de l’autre. Leur forme est irrégulière * plutôt allongée qu’arrondie. Leur couleur , grisâtre comme aux cervicaux , contraste souvent avec celle de leurs rameaux , qui est plus blanclie. Ces rameaux se distinguent comme ailleurs, en supérieurs, inférieurs, externes et internes.

Rameaux supérieurs et inférieurs.

Ils se rendent d’un ganglion à l’autre , et ne servent qu’à établir cette communication que l’on prend souvent pour continuité. Leur nombre varie beaucoup plus qu’aux thorachiques : souvent au lieu d un seul on en trouve deux ou trois. Leur existence n’est pas même très-constante. 11 n’est point rare de trouver un ganglion entièrement isolé de celui qui le précède, et communiquant seulement avec celui qui le suit. D’autres fois, deux ganglions rapprochés l’un de l’autre se réunissent immédiatement par continuité de substance : ce cas est moins fréquent.

Toujours ces rameaux sont d’une tenuité extrême : différence remarquable d’avec les rameaux semblables des ganglions thorachiques. Leur longueur varie suivant l’espace qui sépare les ganglions entre eux , espace qui varie lui-même suivant le nombre et la position des ganglions. Leur direction est ordinairement un peu oblique , ce qui tient, soit à la courbure de la colonne vertébrale , soit au rapport mutuel des ganglions , qui rarement se trouvent tous sur la même ligne.

Rameaux externes.

Leur nombre est incertain. Ordinairement chaque ganglion en produit deux ou trois , qui tantôt naissent isolément, tantôt sont réunis dans leur origine. Ils sont assez volumineux , plus longs que dans la région thorachique , vu la position plus antérieure des ganglions sur la colonne vertébrale. Leurdireclion oblique en haut pour les ganglions supérieurs, transversale pour les moyens , est oblique en bas pour les inférieurs. Dans leur trajet , ils croisent la direction des artères lombaires, au-devant desquelles ils passent , quelquefois se contournent autour d’elles. Enfin ils s’enfoncent entre les attaches du muscle carré des lombes , et s’anastomosent , au niveau des trous de conjugaison, avec les branches antérieures des nerfs lombaires. *

Outre ces rameaux , on en trouve plusieurs autres beaucoup plus ténus qui naissent tantôt des ganglions, tantôt des rameaux supérieurs et inférieurs , tantôt enfin des rameaux externes les plus volumineux. Ils se portent sur le muscle carré des lombes, et pénètrent <lans son intérieur, où ils se perdent.

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Rameaux internes.

Ils sont multiplies et tous fort ténus. Leur origine a lieu soit aux ganglions, soit aux rameaux supérieurs et inférieurs. Presque aussitôt ilss’ entrelacent ensemble d’une manière fort irrégulière, et se dirigent ainsi audevant de l’aorte abdominale, dont ils forment en partie le plexus. Souvent, dans ce trajet , ils sont interrompus par de petits ganglions secondaires qui se trouvent aux divers points d’anastomose.

Prolongés sur l’aorte , ces rameaux vont concourir au plexus mésentérique inférieur. Souvent un d’entre eux , isolé des autres et plus volumineux , suit le trajet de l’aorte sans s’anastomoser , et va se perdre dans le même plexus mésentérique.

§ VI. Des Ganglions sacrés.

Leur nombre est assez difficile à bien déterminer ; mais leur existence est constante. Pour l’ordinaire , on en trouve trois bien prononcés ; mais lorsqu’on avance plus inférieurement , on ne voit souvent plus , de l’un et de l’autre côtés , que quelques filets ténus, qui paroissent se perdre au-devant du coccyx.

Ces ganglions , situés à la face antérieure du sacrum , répondent tantôt à l’union des différentes pièces de cet os, tantôt et plus souvent aux trous sacrés antérieurs , recouvrant alors en partie les derniers, nerfs que la moelle fournit. En devant, ils répondent au péritoine. Leur forme, habituellement irrégulière, est assez souvent ovale de haut en bas ; leur couleur est grisâtre , leur consistance très-peu marquée. Les rameaux qu’ils donnent se distinguent en supérieurs *

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inférieurs, externes, internes et antérieurs. Je ne parle ici que des trois premiers ganglions.

Rameaux supérieurs et inférieurs.

Us établissent , comme par-tout ailleurs , des communications entre les ganglions d’où ils partent. Leur nombre est plus variable que dans aucune autre région. Souvent on en trouve deux ou trois allant d’un ganglion à l’autre. Lors même qu’un seul existe , sa ténuité contraste sensiblement avec le volume du ganglion dont il conserve cependant la couleur. Souvent on peut remarquer que ces rameaux naissent des côtés du ganglion et non de sa partie supérieure ou inférieure , quoiqu’ils prennent ensuite , en se recourbant un peu , la direction verticale qu’ils ont toujours dans leur trajet.

La longueur de ces rameaux , mesurée ordinairement par l’espace qui sépare les trous sacrés antérieurs , varie suivant l’éloignement mutuel plus ou moins grand des ganglions.

Assez souvent on ne trouve aucun rameau semblable entre le premier ganglion sacré et le dernier ganglion abdominal, en sorte qu’il y a alors une interruption manifeste dans le système nerveux organique, au niveau de l’union du sacrum avec la ce-*lonne vertébrale.

Rameaux externes.

Us sont multipliés et assez gros , naissent irrégulièrement par faisceaux, et vont s’anastomoser avec les nerfs sacrés correspondans. Quelquefois ces rameaux manquent, le ganglion se continuant immé-

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