DU CANAL NASAL
même insertion. Aussi peut-on , jusqu’à un certain point , la regarder comme dépendant de lui.
ü^58. Les artérioles du sac lacrymal lui sont spécialement données par les palpébrales 5 ses filets nerveux viennent du nerf nasal externe.
5°. Du Canal nasal (Ductirs nasalis).
2^59. Nous avons déjà décrit ce canal sous le rapport des os qui le composent (346). Il nous suffit de dire ici que le conduit osseux est tapissé par un prolongement cylindrique de la membrane muqueuse du sac lacrymal, qui forme dans son intérieur un autre conduit assez mince , et sans aucune valvule dans son trajet. Ce second conduit adhère foiblement au périoste, et s’ouvre, par un orifice très-rétréci , au-dessous du cornet inférieur. Cet orifice, quoique libre , est garni d’un repli circulaire formé par la membrane pituitaire.
2760. Le canal nasal transmet dans le nez les larmes que les points lacrymaux ont absorbées au grand angle de l’œil.
§ II. Des Organes de la Sécrétion et de V Excrétion de la Salive , ou des Glandes salivaires et de leurs Conduits.
A. Considérations générales.
2761. Les glandes salivaires sont placées symétriquement , au nombre de trois de chaque côté de la face , derrière et dessous la mâchoire inférieure. Leur forme est en général fort irrégulière , et leur étendue varie beaucoup suivant les sujets où on les examine. Quelquefois elles sont parlaitement distinctes et isolées-, dans d autres cas , elles semblent se confondre les unes avec les autres. Mais
584 ORGANES DES SÉCRÉTIONS
elles offrent toutes des caractères qui leur sont communs ,
et qui servent à les séparer des autres glandes du corps.
Ainsi leurs vaisseaux les pénètrent de toutes parts , et sont déjà très-ramifiés avant d'arriver dans leur parenchyme 5 tandis que le foie, la rate, les reins reçoivent les leurs par un point déterminé, et sous la forum de troncs plus ou moins volumineux.
Ainsi elles sont animées par un assez grand nombre de filets des nerfs du système de l’encéphale. Le foie n’en a
qu une fort petite quantité , et les reins en sont totalement dépourvus.
Ainsi leur couleur est grisâtre, leur tissu ferme et résistant 5 les granulations qui les composent sont réunies successivement en lobules et en lobes irréguliers , ce qui leur donne la plus grande analogie avec le pancréas et la glande lacrymale.
Ainsi elles ne sont enveloppées par aucune membrane spéciale , comme cela a lieu pour le foie , les reins , etc. Elles semblent seulement entourées d’une couche mince d un tissu cellulaire non graisseux, bien différent des membranes fibreuses.
Enfin 5 leurs conduits excréteurs vont tous s’ouvrir dans 1 intéiieur de la bouche, sans aucun réservoir intermédiaire, tandis que les larmes, la bile, l’urine, le sperme , etc. , sont renfermés pendant quelque temps dans un réservoir avant de parvenir à leur destination.
B. Des Glandes salivaires en particulier. i°. De la Glande parotide (1).
2762. La glande parotide est la plus considérable des glandes salaires. Située en partie au-devant , en partie au-dessous c pavillon de l’oreille, elle remplit l’excava-
(0 R. R. nufà, après de; £j, *KC) l'oreille.
LE LÀ GLÀHDE PAKOTIDE. 585
lion profonde qui existe sur les côtés de la face , entre le bord postérieur de la branche de la mâchoire inférieure , le conduit auditif externe et l’apophyse mastoïdedu temporal. Elle s’étend verticalement depuis l’arcade zygomatique jusqu’à l’angle de la mâchoire. Sa forme est celle d’une pyramide très-irrégulière, à base ovalaire et tournée en dehors.
2763. Sa face externe , large , aplatie, ovalaire, légèrement convexe, n’ayant point de limites précises , s’étend plus ou moins sur la face; elle est recouverte par quelques fibres du muscle peaucier et par la peau, au-dessous de laquelle rampent quelques filets de nerfs ; sa circonférence se prolonge en avant sur le muscle masseter, et en haut sur l'articulation temporo-maxillaire; au-dessous de celte circonférence, qui donne naissance en avant au conduit de Sténon , on voit sortir les branches du nerf facial.
2764. Sa face antérieure correspond en haut à l’articu- : lation temporo-maxillaire, en dehors au bord postérieur
de la mâchoire inférieure , et en dedans au muscle ptérygoïdien interne. Elle est moulée sur ces diverses parties, et pénètre dans leurs intervalles.
2765. Sa face postérieure est unie par du tissu cellulaire assez serré , au conduit auditif externe , à l’apophyse mastoïde , au bord antéiieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien, au ventre postérieur du muscle digastrique , à l’apophyse styloïde,aux muscles qui eu naissent. Elle est côtoyée, en dedans, par l’artère carotide interne, et par la veine jugulaire interne : l’artère carotide externe, au moim-nt de sa terminaison , et surtout l’artère temporale superficielle, sont aussi en rapport avec celle face de la glande parotide; ordinairement même, elles sont enveloppées par son parenchyme , surtout la dernière , qui la traverse de bas en haut ; tandis que le nerf facial , qui est placé aussi dans cette glande pendant une partie de son
1 étendue , en perce l’épaisseur transversalement.
58t) OU GAN ES DES SÉCRÉTIONS.
2-66. La glande parotide fournit par chacune des granulations dont elle est composée , un conduit excréteur très-délié, qui se réunit avec ses voisins à la manière des veines, pour former successivement des rameaux un peu plus forts, puis des branches , et enfin un tronc considérable appelé Conduit parotidien ou de Sténon. Ce conduit sort de la partie antérieure et externe de la glande , un peu au-dessus du milieu de la hauteur du muscle masseter , sur lequel il marche horizontalement, de derrière en devant, pour se contourner sur son bord antérieur, et s’enfoncer dans le tissu cellulaire graisseux de la joue. Parvenu sur le muscle buccinateur, il traverse une ouverture pratiquée au milieu de ses fibres , et aboutit dans la bouche , au niveau de la seconde dent molaire supérieure , à troislignes environ de la réunion de la joue avec les gencives correspondantes.
Le conduit parotidien ne traverse point obliquement le muscle buccinateur -, mais il le perce perpendiculairement, et fait un coude en passant à travers la membrane muqueuse de la bouche , parce qu’il se porte un peu en avant. Son orifice est d’ailleurs très-rétréci , et garni d’un petit repli de la membrane muqueuse, eil sorte qu’il est assez difficile à découvrir.
Très-souvent le conduit de Sténon reçoit , vers le milieu de sa longueur , un autre conduit qui naît d un corps glanduleux placé dans son voisinage , et qui paroît être un accessoire de la glande parotide. Ce corps est en effet placé au-devant du muscle masseter, soit au-dessus, soit audessous du conduit, quelquefois même sur son trajet. Sa surface est ordinairement plus lisse que celle de la glande elle-m me.
Le c iduit de Sténon n’est que foiblement uni aux parties envi, mantes -, il est accompagné par plusieurs branches du nerf facial ,et par quelques artères qui iouruissent des ramifications à ses parois. Placé au-dessous de la peau
DE LA GLANDE PAKOTtDE 58?
immédiatement, il en est seulement séparé en dedans par quelques fibres du muscle peaucier et par le muscle grand zygomatique, qui croise obliquement sa direction.
Le conduit de Sténon a environ une ligne de diamètre , mais sa cavité est très-étroite. Ses parois sont composées de deux couches membraneuses distinctes ; l’une , extérieure, est blanchâtre, ferme, résistante, épaisse, comme fibrocartilagineuse ; elle acquiert encore plus de densite vers la fin du canal, qui, sans augmenter de capacité, devient conique 5 et, près du muscle buccinateur, elle donne naissance superficiellement à une aponévrose mince qui en recouvre les fibres charnues , tandis qu elle même leur fournit des points d’insertion en s’enfonçant dans l’ouverture dont nous avons parlé, et où ces fibres sont réellement interrompues et non point seulement écartées. L’autre couche membraneuse du conduit est intérieure ; elle est essentiellement muqueuse et très-fine 5 elle paroît se continuer avec la membrane qui tapisse la face interne des joues , et n’en différer quf par sa blancheur.
2767. On trouve constamment , dans l’épaisseur de la glande parotide, un grand nombre des branches du nerf facial , les artères transversale de la face et auriculaire postérieure , et la veine qui fait communiquer entre eux les troncs des jugulaires interne et externe. Elle reçoit ainsi la plupart de ses vaisseaux et de ses nerfs ; mais une branche du nerf maxillaire inférieur et un des rameaux ascendans du plexus cervical lui fournissent encore quelques-uns de ceux-ci. Ses vaisseaux lymphatiques sont assez nombreux, et se rendent dans les ganglions placés à sa surface ou derrière l’angle de la mâchoire. Son parenchyme ne diffère du reste en rien de celui des autres glandes salivaires.
ORGANES des sécrétions.
2°. De la Glande sous-maxillaire.
2768. Moins grosse que la parotide, la glande sousmaxillaire est située au côté interne de la branche et du corps de l’os maxillaire inférieur , dans l’espace triangulaire que laissent entre eux les deux ventres du muscle digastrique. Irrégulièrement ovoïde *et aplatie sur trois faces, souvent bifurquée en devant , elle se prolonge pu dehors jusqu’à l’angle de la mâchoire, et se confond quelquefois dans ce sens avec la glande parotide. En dedans , la portion superficielle de son extrémité antérieure s’avance vers le muscle digastrique, et la profonde, engagée derrière le muscle mylo-hyoïdi en, touche la glande sub! in gualej dans le même sens , elle est séparée de sa semblable par les ventres antérieurs des muscles digastriques et par les muscles génio-hyoïdiens. En devant, elle est couverte par l’os maxillaire inférieur, et en arrière , elle est en rapport avec le nerf lingual , les muscles stylc**glosse et hyo-glosse, et l’artère faciale qu’elle embrasse. En bas, e lie repose sur le muscle peaucier et sur les tégumens; en haut, elle se prolonge plus ou moins entre les muscles ptérygoïdien interne et mylo-hyoïdien. Elle est en outre environnée par un nombre assez considérable , mais variable , de ganglions lymphatiques.
2769. Le canal excréteur de la glande sous-maxillaire est ordinairement désigné sous le nom de Conduit de TVar • thon ( Duclus Warthonianus). Beaucoup moins volumineux que celui de Sténon il a des parois bien plus minces, transparentes et plus extensibles. Né de la même manière par des radicules très-déliées dans les lobules de la glande, il sort de la portion la plus profonde de celle-ci , s’engage entre les muscles mylo-hyoïdien et hyo-glosse , et se porte presque horizontalement de dehors en dedans , et un peu d’arrière en avant , entre le muscle génio-glosse et la
SE LÀ GLANDE SUBLINGUALE. 58g
glande sublinguale, dont il reçoit souvent plusieurs carnaux excréteurs. Parvenu sur le côté du frein de la langue, il se place au-dessous de la membrane muqueuse de la bouche , et se termine en cet endroit par un orifice trèsétroit, situé au milieu d’un tubercule légèrement saillant. ]1 est côtoyé, dans toute son étendue, parle nerf lingual, et tapissé à l’intérieur par un prolongement de la membrane muqueuse de la bouche : peut-être même est-il entièrement formé par cette dernière.
2770. Les artères de la glande sous-maxillaire sont nombreuses , mais peu volumineuses; le tronc de l’artère faciale et les rameaux de l’artère linguale les fournissent. Ses veines leur correspondent exactement. Ses nerfs lui viennent du nerf lingual (i56o) , du rameau myloïdien du nerf dentaire inférieur (i56i) , et du ganglion sous-maxillaire ( 1 767).
L’enveloppe celluleuse de la glande sous-maxillaire est proportionnellement beaucoup plus mince que celle de la parotide. Du reste , la structure de ces deux organes est exactement la même.
De la Glande sublinguale.
2771. Placée dans l’épaisseur de la paroi inférieure de la bouche , au-dessous de la partie antérieure de la langue, elle semble le plus ordinairement n’être qu’une sorte d’appendice de la précédente. Couchée presque horizontalement et dirigée à-peu-près parallèlement à celle du côté opposé , plus petite que la glande sous-maxillaire , oblongue de derrière en devant, aplatie transversalement , et comme amygdaloïde , elle repose sur le muscle mylohyoïdien , qui la sépare de la précédente , et elle est couverte par la membrane muqueuse de la bouche, au-dessous de laquelle elle fait saillie. Elle est en outre en rapport, en dedans , avec le muscle génio-glosse ; en avant , ayec le
5qO ORGANES DES SÉCRÉTIONS.
corps de la mâchoire; en arrière , avec 1 extrémité la pins profonde de la glande sons-maxillaire , avec laquelle elle paroît souvent confondue entre les muscles hyo-glosse et mylo-hyoïdien.
2772. Celte glande a plusieurs conduits excréteurs , dont la disposition est très-variable Us sont toujours fort déliés. Il en part six ou huit de sa partie supérieure pour venir s’ouvrir sur les parties latérales du frein de la langue , pendant que cinq ou six autres sortent de ses côtés , et vont percer isolément la membrane muqueuse du plancher delà bouche. On en voit aussi deux, trois, ou même un plus grand nombre, aboutir dans le conduit de Warthon : ceux-ci sont très-courts , et souvent réunis en un seul tronc avant leur terminaison. Tous ces conduits paroissent avoir la môme structure que celui de Warthon : ils sont comme lui minces et transparens.
277T Les artères des glandes sublinguales viennent de la faciale et de la sublinguale ; leurs nerfs leur sont donnés par les nerfs linguaux et hypoglosses.
Du Pancréas , ou de l’Organe sécréteur du fluide pancréatique.
2774. Le pancréas (1) est une glande profondément située dans l’abdomen, et couchée transversalement sur la colonne vertébrale , entre les trois courbures du duodénum , derrière l’estomac et à droite de la rate. Sa forme est irrégulière et très-variable, de même que son étendue, et son poids, qui s’élève de deux à six onces, suivant les individus.
Cet organe , beaucoup plus long que large, aplati d’avant en arrière, est légèrement concave postérieurement , pour s’accommoder à la courbure de la colonne vertébrale. Son extrémité droite est plus volumineuse que la gauche.
2775. Sa face antérieure , inclinée en haut, est recou-
£1) rûv, omne ; xpîxc, caro , c’est-à-dire tout charnu.
DU PANCRÉAS. 5ç)î
verte par le feuillet supérieur du méso-colon transverse , par l’estomac et par la première portion du duodénum.
2776. Sa face postérieure présente en haut un sillon où sont logés les vaisseaux spléniques. Elle correspond , en ■)utre , aux vaisseaux mésentériques supérieurs, à l’aorte , à ia veine cave , et à plusieurs plexus nerveux et lymphatiques.
2 777. Son bord supérieur est coupé par le passage de l’artère coeliaque, il est tourné en arrière. U! inférieur est couché sur la troisième portion du duodénum, et en est séparé parles vaisseaux mésentériques supérieurs.
2778. Son extrémité gauche , très-mince, se prolonge nu-dessous de la rate , jusque vers la capsule surrénale correspondante : 011 la désigne souvent sous le nom de Queue du Pancréas. La droite , qu’on appelle souvent aussi sa Tête , est plus épaisse , plus large , irrégulièrement arrondie , plongée dans une masse de tissu adipeux , et appuyée contre la seconde portion du duodénum, sur laquelle elle avance ordinairement un peu. Presque toujours aussi, un peu au-dessous d’elle, on trouve une petite masse glandulaire détachée qu’on a appelée petit Pancréas.
277g. Le pancréas a la plus grande analogie déstructuré avec les glandes salivaires. 11 est d’un blanc grisâtre, tirant un peu sur le rouge, et son parenchyme, d’une consistance ferme et résistante , paroît composé de lobes et de lobules granulés, distincts et réunis par un tissu cellulaire dense. C’est de chacune des granulations de ces lobules que naissent les radicules de son conduit excréteur , lesquelles sont très-déliées et s’unissent à la manière des veines.
Le conduit lui-même est presque toujours unique; quelquefois cependant il en existe deux et même trois. Placé dans l’épaisseur de l’organe, un peu plus près de son bord - inférieur que du supérieur , dirigé de gauche à droite, et augmentant progressivement de volume par les nombreux
5g2 organes des sécrétions.
rameaux qu’il reçoit dans son cours , ce canal marche en serpentant vers le duodénum , se dégage des granulations de la glande, devient libre derrière la seconde portion de l’intestin nommé , et a alors le volume d’une plume de corbeau. Près de son extrémité il reçoit un conduit excréteur qui vient isolément du petit pancréas , et, après un très-court trajet , il s’ouvre sous un angle aigu dans le canal cholédoque , ou s’accole simplement à lui pour entrer isolément dans le duodénum. Ce conduit a des parois blanchâtres, plus épaisses que celles des conduits de Warthon , mais qui sont loin d’avoir la densité des conduits parotidiens.
2780. Outre son analogie de tissu avec les glandes salivaires, le pancréas a encore plusieurs points de ressemblance avec ces organes. Comme elles, il est placé au milieu de parties très-mobiles. Il n’a aucune enveloppe extérieure distincte ; il se trouve seulement en effet recouvert d’une manière médiate et, dans une portion de sa périphérie seulement , par le péritoine , qui ne lui adhère point , ainsi que cela a lieu à l’égard du foie , de la rate, etc. Comme elles aussi , il est pénétré de toutes parts par une multitude de ramifications vasculaires; mais il n’a aucune artère qui lui appartienne en propre. Une différence remarquable est seulement celle-ci : c’est que les conduits salivaires parcourent un assez long trajet hors des glandes , tandis que celui du pancréas n’est libre et isolé que pendant fort peu de temps.
2781. Les artères du pancréas sont multipliées, mais leur volume est fort petit : elles viennent de la coeliaque , de la splénique, de la mésentérique supérieure, de la gastro-épiploïque droite , de la coronaire stomachique et des capsulaires gauches. Ses veines se rendent dans les racines de la veine porte, et en particulier daus la petite mésaraïque et dans la splénique. Ses nerfs émanent du plexus solaire , et ses vaisseaux lymphatiques vont se diviser dans des ganglions auxquels il donne son nom (2669'',
•3782- Le pancréas sécrète un fluide qui paroît avoir beaucoup d'analogie avec la salive, et qui se mêle avec la îiil c pour être versé dans l’intestin duodénum.
Iii - Des Organes de la Secrétion et de l1 Excrétion de la Bile.
i°. Du Foie (ht r*p des Grecs. Jecur des Latins).
*- A. Coiiformation générale.
2783. Le foie est la plus volumineuse de toutes les glandes. C’est un organe impair , non symétrique, très-dense , très-pesant, facile à déchirer, d’une couleur brune-rougeâtre , qui occupe tout l’hypoehondre droit et une partie de 1 épigastre. Sa forme générale , assez irrégulière , est celle d’une portion d’ovoïde coupé suivant sa longueur. Son poids absolu, chez l’adulte, varie, d’après les expériences de Sœmmering , de deux à cinq livres, et sa pesanteur spécifique est à celle de l’eau :: 1 5, 2o3 : 10,000. Borné
■ en haut par le diaphragme , il est protégé en devant par la base de la poitrine, qu’il ne dépasse point dans l’état sain , quoiqu il soit cependant sujet à éprouver quelques légers changemens de position , suivant l’état des organes voisins, et suivant que l’on se lient debout ou que l’on est couché.
2784. Face supérieure du Foie. Convexe dans toute son étendue , plus cependant à droite et en arrière que partout ailleurs, elle est tournée directement en haut à gauche ; dans le milieu , elle regarde en arrière , et à droite elle est tout-à-fail inclinée en dehors. Par-tout elle es* contiguë au diaphragme qu’elle semble même refouler en haut, et qu’elle rend plus concave à droite qu’à gauche. Un repli du péritoine , que nous décrirons plus tard, et appelé ordinairement Ligament suspenseur du Foie, la partage d’a-
Svant en arrière en deux moitiés inégales , auxquelles on
5^ ORGANES UES SÉCRÉTIONS
tienne les noms de grand Lobe ou Lobe droit , et de Lobe moyen ou Lobe gauche.
2j85. Face inférieure du Foie. Moins étendue que la précédente , très-irrégulièrement concave , un peu mehnee en arrière, elle présente de gauche à droite :
i°. Une dépression large et superficielle qui appartient au lobe moyen et repose sur la face supérieure de l’estomac.
o°. Le Sillon de la Feine ombilicale ( Sillon horizontal mi longitudinal, Boyer), dirigé d’avant en arrière et séparant en bas les deux lobes , comme le ligament suspenseur les sépare en haut. Ce sillon est une gouttière plus ou moins profonde , assez souvent convertie dans sa moitié antérieure en un vrai canal par une portion de la substance du foie qui passe d’un lobe à l’autre. Chez le fœtus, il loge en devant la veine ombilicale et en arrière le canal veineux, et chez l’adulte il est occupé par les cordons fibreux que
forment ces vaisseaux oblitérés.
30 Le Sillon de la Feine porte ou le Sillon transversal. C’est une seconde scissure moins profonde et moins longue nue la précédente , qu’elle coupe à angle droit , et qui est dirigée suivantle grand diamètre du foie. Elle occupe a-peuprès le tiers moyen de cet organe, un peu plus près de : son bord postérieur que de l’antérieur. Elle commence sur
le lobe droit par une sorte de fente étroite , puis elle s elargit beaucoup en se dirigeant à gauche. Jamais elle n ollre.l l’apparence d’un canal, et elle loge le sinus de la veine porte (2649), l’artère hépatique 04 10) , les racines du • canal hépatique, un grand nombre de filets nerveux et de vaisseaux lymphatiques. Toutes ces parties sont liées entre elles par une espèce de gaine dense , serrée et fibro-ccllu-
lai
4(\ Le Sillon de la Feine cave inférieure. 11 est situe en arrière, près du bord convexe du foie : très-court , mai*| d’une profondeur remarquable , il est souvent converti en
un véritable canal (2629).
5°. h' Éminence Porte postérieure , ouïe Lobule , ou le petit Lobe du Joie , ou le Lobe de Spigel. Cest une soi te île mamelon d’un très-fort volume, qui est placé derrière le sillon transversal du loie , dans l’arrière-cavité du péritoine, au-dessous de l’épiploon gastro-hépatique. Sa forme, assez variable, est le plus ordinairement celle d’une pyramide triangulaire plus ou moins obtuse. Deux prolongemens paroissent fixer sa base au grand lobe du foie : l’un se perd insensiblement à sa surface; l’autre remonte postérieurement vers le sillon de la veine cave inférieure , qu’il concourt même à former. Cette éminence repose en arrière contre la colonne vertébrale, entre la veine cave inférieure et l’oesophage, et elle se trouve comme pressée entre les deux orifices de l’estomac, le pancréas et le reste du foie.
6°. L 'Éminence Porte antérieure. Moins considérable que la précédente, large, peu saillante, elle sépare la moitié antérieure du sillon de la veine ombilicale d’une fosse superficielle , ovale , qui loge la vésicule biliaire.
7°. Deux enfoncemens superficiels, dont l’un, antérieur, correspond à l’extrémité droite du colon transverse, et dont 1 autre, postérieur , répond au rein droit et à la capsule surrénale du même côté.
2ÿd6. Cil conférence du Foie. Irrégulièrement quadrilatère , elle offre une épaisseur différente dans les divers points de son étendue, et elle est embrassée par-tout, excepté tout-à-fait en arrière , par le péritoine.
Fn devant, elle est mince, convexe , appliquée contre la base de la poitrine, et constamment interrompue par deux échancrures : l’une est étroite et profonde ; elle est formée par l’extrémité antérieure du sillon de la veine ombilicale; 1 autre est plus large, mais plus superficielle , et placée à droite de la première ; elle correspond an fond de la vésicule biliaire. Cette partie de la circonférence du foie
ORGABES DES SÉCRÊTIOUS.
est horizontale dans son milieu } mais , à droite et à gauche,
elle est inclinée en bas.
En arrière , la circonférence du foie a moins de longueur ou’en avant, mais elle a une épaisseur considérable, principalement à droite. Elle est arrondie , et fixée au diaphragme , près de ses extrémités , par deux replis du périloine qu’on appelle Ligamens triangulaires du Foie. Au milieu , elle est unie à l’aponévrose diaphragmatique , d une manière intime , par un tissu cellulaire dense et serré -, elle offre aussi la fin du sillon de la veine ombilicale et celui de la veine cave, ainsi que les troncs des veines hépatiques.
A droite , la circonférence du foie est mince en devant , épaisse en arrière -, elle est contiguë au diaphragme.
A gauche , elle présente un bord mince et convexe , qui se prolonge quelquefois jusqu’à la rate sous la forme d’une languette assez large.
B. Organisation du Foie.
3787. La structure du foie est extrêmement compliquée, et offre successivement à étudier des enveloppes , des vaisseaux sanguins , des vaisseaux lymphatiques , des nerfs , un parenchyme particulier , et un appareil excréteur.
a. Enveloppes du Foie.
2-88. Enveloppe séreuse ou péritonéale. C’est un prolongement du péritoine , qui se réfléchit de la face inferieure du diaphragme sur le foie , qu’il n’entoure point dans toute son étendue. Cette enveloppe est transparente, lisse, polie, mince, et continuellement mouillée par de la sérosité. Libre du côté de la cavité de I abdomen , elle adhère par son autre face à la seconde enveloppe , et elle ne recouvre point la partie postérieure de la circonférence de l’organe , les deux sillons de sa face inférieure , celui de la veine cave et de la fosse destinée à loger la vésicule du
VAISSEAUX sanguins et lymphatiques du foie. 5g7 fiel. Elle manque également dans l’intervalle des deux feuillets du ligament suspenseur , puisque c’est elle-même qui forme ce ligament.
2789. Enveloppe celluleuse ou profonde. Elle est beaucoup plus étendue que la précédente, car elle recouvre toutes les parties du foie sur lesquelles le péritoine n’est point appliqué , et elle se prolonge dans l’épaisseur de ce viscère , en formant des gaines qui accompagnent les branches et les rameaux de la veine porte et de l’artère hépatique , ainsi que les racines du conduit du même nom , gaines qu’on appelle ordinairement Capsule de Glisson. Elles adhèrent au parenchyme du foie par des filamens nombreux , et elles n’offrent en aucune manière la structure musculaire que Glisson leur avoit attribuée. En général très-mince , quoiqu’assez dense , cette tunique est beaucoup plus apparente dans les endroits de la surface du foie où elle existe seule , que dans ceux où elle est en rapport avec le péritoine, auquel elle adhère du reste d’une manière assez intime.
b. Vaisseaux sanguins et lymphatiques du Foie.
2790. Ils sont fort nombreux : les uns y apportent îe sang; telles sont l’artère hépatique (2410) et la veine porte (2649) ■> et, avant la naissance, la veine ombilicale. Les autres emportent le sang qui a séjourné dans l’organe : ce sont les veines hépatiques (2638). Nous avons parlé de tous ces vaisseaux.
Les vaisseaux lymphatiques du foie ont été également décrits (2717-2720). Ils sont extrêmement nombreux.
Ses nerfs sont aussi très-multipliés } ils proviennent du nerf pneumo-gastrique ( 1606) , du nerf diaphragmatique ( 1 63 1 ) et du plexus hépatique (1810).
o n g A K e s ors sécrétions.
c. Parenchyme du Paie.
2791. Considérée a I intérieur , la substance du ioic présente une teinte fauve ou jaunâtre surajoutée à la couleur brune de sa surface. Son aspect général est poreux a cause du grand nombre de petits vaisseaux qui ont été divisés par la section. On y observe en outre de petits points jaunes irrégulièrement disséminés , et qui répondent aux radicules des conduits excréteurs de la bile. Un fait remarquable encore, c’est qu’on peut indiquer , d'après la direction qu’ils suivent, la nature des vaisseaux qui traversent en différons sens le parenchyme de l’organe : ainsi les branches de la veine porte et de l’artère hépatique , et les racines du caual hépatique, marchent horizontalement dans le sens du grand diamètre du foie , tandis que les troncs des veines hépatiques se portent en convergeant vers son bord postérieur. De plus, les orifices des branches divisées de la veine porte sont affaissés sur eux -mêmes , et ceux des veines hépatiques restent circulaires : cela dépend de ce que la première est accompagnée par une gaine celluleuse qui l’empcche d’adhérer au parenchyme du f oie , tandis que les secondes , dépourvues de cette enveloppe spéciale , font corps avec lui.
2792. Si , au lieu de couper le tissu du foie , on le déchire, alors il paroîl inégal et formé d’une immense quantité de granulations obrondes ou polygones solides, auxquelles viennent aboutir les dernières extrémités des rameaux de la veine porte et de l’artère hépatique, et d’où partent les radicules des conduits biliaires, des veines hépatiques et des vaisseaux lymphatiques profonds. Ces granulations sont de la grosseur d’un grain de millet , d’une consistance molle, d’une teinte rouge obscure, et elles paroissent réunies entre elles par du tissu cellulaire , qui n’en forme point des lobules comme dans les glandes salivaires et le pancréas. Les recherches les plus minutieuses 11’ont rien
AVPABEIL EXCBÉTEUR PE LA BILE. 5 QC J
appris déplus sur leur structure imime. Quelques anatomistes, Ruysch en particulier, les ont crues formées par l'entrelacement dès dilfémis vaisseaux du foie : d'autres, comme Malpighi , en ont fait des utricules , des espèces de vésicules : mais rien n’est plus incertain que «ses hypothèses pour ceux qui ne s’abandonnent point entièrement à leur imagination.
9°. appareil excréteur de la Bile.
0,793. Cet appareil se compose du conduit hépatique , qui sort immédiatement du foie, et qui , après un certain trajet, s’unit au conduit cysiique, lequel aboutit dans la vésicule biliaire, et du canal cholédoque , qui résulte de cette jonction , et se termine à l’intestin duodénum.
Conduit, hépatique.
9794. Il prend naissance , par un grand nombre de radicules très-déliées , dans les granulations du fo.e. Ces radicules se réunissenten branches successivement plus volumineuses , qui accompagnent les divisions de la veineporte et de l’artère hépatique , et qui sont enveloppées comme elles par la capsule de Glisson. Ces branches sont ensuite rassemblées en deux troncs principaux, l’un pour lelope gauche,, l’autre pour le droit , qui sortent par le sillon transversal de lafaceinférieure du foie, convergent l’un vers l’autre, collés aux branches correspondantes de la veine porte , et s’abouchent à angle droit. Dans le point même de leur réunion, quelques petites branches, en nombre indéterminé et d’un volume variable , viennent se joindre à elles.
C’est ainsi que se trouve formé le canal hépatique, lequel, long d’un pouce et demi environ et du diamètre d’une ligne et demie à-peu-près, descend obliquement en dedans, entre les feuillets de l’épiploon gastro-hépatique, et an milieu d’une assez grande quantité de tissu cellulaire graisseux , au-devant de la veine porte , derrière la branche
600 ORGANES DES SÉCRÉTIONS
droite de l’artère hépatique, à gauche du col de la vésicule biliaire et du canal cystique.
Vésicule biliaire (Cystis fellea).
2795. On nomme ainsi un réservoir membraneux, pyriforme ou ovoïde , situé dans un enfoncement superficiel de la face inférieuie du lobe droit du foie. La vésicule est dirigée obliquement, de sorte que sa grosse extrémité, est portée en avant, à droite et en bas, et que son sommet regarde en arrière , en haut et à gauche. Lorsqu'on se tient debout ou qu’on reste couché sur le côté droit , cette inclinaison est plus marquée que dans toute autre position -, elle diminue , au contraire, si l’estomac et les intestins sont remplis par des alimens ou par des gaz.
On distingue à celte vésicule un corps , un fond et un sommet ou col.
Le corps adhère en haut, dans une étendue variable, à la substance même du foie, par l’intermède d’une couche de tissu cellulaire lamellenx , et par plusieurs ramifications de vaisseaux sanguins ; mais on ne remarque aucune espèce de conduits biliaires qui passent de l’un à l’autre de ces organes, comme les anciens l’avoienl pensé, en créant les Canaux hcpalo- cystique s. En bas , le corps de la vésicule est libre et recouveit par le péritoine, qui lui donne un aspect lisse et poli : il est appuyé, dans ce sens, sur le pylore, sur l'origine du duodénum, et sur l’extrémité droite de l’arc du colon.
Le fond est arrondi, plus ou moins large suivant les sujets, et recouvert en tout ou en partie par le péi itoine. Le plus ordinairement, il dépasse la circonférence du foie cl répond aux parois de l’abdomen , et au côté externe du muscle droit correspondant.
Le col ou le sommet est un peu recourbé en haut et très-rétréci. Il se continue avec le canal cystique.
VÉSICULE B ILlAtü K. C)0 1
vjrjfi. La surface interne de b vésicule est presque toujours teinte en vert par reflet de la bile qu’elle renferme dans sa cavité. Cette surface est rugueuse , réticulée, plissée sur elle -même; elle offre, dans toute sou étendue , des aréoles arrondies ou polygones , d’une largeur et d’une profondeur très-variables, et surtout apparentes vers son milieu.
Dans le voisinage du col de la vésicule , on remarque plusieurs petits replis valvulaires et saillans , au nombre de trois, quatre , six ou sept, et qui paroissent destinés à ralentir le cours de la bile dans cet endroit.
2797. vésicule biliaire a des parois composées de trois membranes superposées, l’une séreuse, l'autre cellulaire , et la troisième muqueuse.
279^ Membrane sereusc. Elle n’appartient qu’à la surface libre de la vésicule, et est formée par le péritoine qui sc réfléchit delà surface inférieure du foie , et qui se continue avec b* feuillet supérieur de 1 épiploon gaslt o-hépatique.
2799. Membrane cellulaire. Elle est assez serrée. C’est dans son épaisseur que rampent principalement les vaisseaux sanguins et lymphatiques. Du côté du foie, c’est elle qui établit l’adhérence de la vésicule; sur l’autre face, elle unit la membrane séreuse à la muqueuse. Elle renferme quelquefois un peu de graisse dans celles de ses cellules qui sont voisines du col.
2800. Membrane muqueuse. Son épaisseur est assez considérable ; pendant la vie, elle est blanchâtre, et ce n’est qu’après la mort qu’elle est teinte en vert par la tramsudation de la bile. On n’y aperçoit ni cryptes ni follicules muqueux; on rencontre seulement quelques petits grains analogues a ces organes entre les replis valvubircs du col. Elle est cependant couverte d’un grand nombre de papilles fongueuses tiès-rapprochées les unes des autres.
'280/. On ne recorinoit aucune trace de fibres charnues dans b s parois de la vésicule biliaire. Ses artères lui sont
602 O KG AN ICS DES SÉCRÉTIONS
données par le rameau cysliqtie de l'hépatique ; ses veines se rendent dans la veine porte } ses nerfs lui viennent du plexus hépatique , et ses vaisseaux lymphatiques se jôignent à ceux du foie.
Conduit cjsiique (i).
2802. Placé , comme le conduit hépatique , dans l'épaisseur de l’épiploon gastro-hépatique, il est un peu plus petit que lui , mais il a la meme longueur à-peu-pres. Piiigéen dedans, en arrière et un peu on haut , il le rencontre sous un angle aigu , le côtoie pendant quelque temps , et s y unit enfin. Son côté gauche est en rapport avec le tronc de l’artère cystique , et derrière lui est 1 orifice de 1 arrière cavité des épiploons.
Conduit cholédoque (2).
2803. 11 est le résultat de la jonction des conduits rystique et hépatique-, mais il paroît être la continuation de ce dernier. Long de trois pouces à trois pouces et demi «à-peuprès , logé aussi entre les feuillets de l'épiploon gastro hépatique, au-devant de la veine porte et au-dessous de 1 artère hépatique , environné de tissu cellulaire , de ganglions et de vaisseaux lymphatiques, il descend derrière l’extrémité droite du pancréas et la seconde portion du duodénum , s’abouche avec le canal pancréatique, on s’accole simplement «à lui, s’engage obliquement entre les tuniques charnue et muqueuse de l’intestin , et vient s ouvrir, un pouce plus bas, dans le duodénum, près de sa dernière courbure. Son embouchure est placée sur un petit mamelon et garnie d’un repli membraneux.
2804. Les différons conduits excréteurs de la hile sont formés par deux lames membraneuses distinctes. L’une,
(1) Kt/<rli{> vesica.
(ï) H. R. XoXii , bilis; accif/io , recif/io.