‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 22 sur 161 · DES NERFS FACIAUX · texte numérisé non relu

DES NERFS FACIAUX

Des Nerfs faciaux ( Portion dure de la septième paire de beaucoup d’anatom.; Nerf facial } Chauss.; Nervus facialis, SûEMM.).

1568. La véritable origine de ce nerf est très-difficile à distinguer, et on ne peut point le faire venird’une manière claire d’un endroit reculé de la moelle vertébrale. Il devient apparent immédiatement derrière le bord postérieur de la protubérance annulaire, dans son angle de réunion avec le corps resti forme , à quelques lignes en dehors du précédent, et à une ligne seulement en avant du nerf acoustique. Il forme d’abord un cordon aplati , très-blanc , mou, non enveloppé par le névrilemme , et adhérent pendant quelque temps, par son côté supérieur, au pédoncule du cervelet. Quelques filamenstrès déliés s’y réunissent alors, et semblent s’être détachés du nerf acoustique 5 leur rapport avec ce dernier nerf est rarement évident 5 mais toujours ils forment une origine distincte entre celles des deux nerfs eux-mêmes.

1569. Après être devenu libre, le nerf facial se revêt de névrilemme, et continue à se porter en dehors, en haut et en avant , appliqué dans une sorte de gouttière creusée sur le nerf acoustique, avec-lequel il pénètre dans le conduit auditif interne , et qu’il abandonne ensui le pour passer dans l’aqueduc de Fallope (169) -, il parcourt ce canal dans toute son étendue , et en sort par le trou stylo-mastoïdien , pour se répandre sur la face.

i5yo. Au niveau de l'hiatus Fallopii , le filet supérieur du nerf vidien vient s’appliquer d’arrière en avant contre le nerf facial, sans s’anastomoser véritablement avec lui. Un peu plus loin, il s’en détache un filet très-ténu qui va se perdre dans le muscle interne du marteau , eu passant par une petite ouverture pratiquée dans l’os. A la paroi postérieure de la caisse du tympan , un autre filet, encore plus petit, traverse la base de la pyramide et va se jeter

tl4 ORGANES DE LA SENSIBILITÉ.

dans le muscle de l’étrier. Encore plus bas , le rameau supérieur du nerf vidien s’en sépare de nouveau , descend parallèlement à lui pendant quelque temps , se réfléchit en haut et en dehors , et s’introduit dans la caisse du tympan par une ouverture située au-dessous de la pyramide : alors ce rameau prend le nom de Corde du tympan.

1571. En sortant par le trou stylo-mastoïdien, le nerf facial fournit plusieurs rameaux qui vont aux parties voisines :1e plus considérable est le

1572. Rameau auriculaire postérieur. ïl descend d’abord profondément pendant quelques lignes, puis il se réfléchit sur la partie antérieure de l’apophyse mastoïde , d’où il se porte derrière le pavillon de l’oreille. Là , il se divise en deux filets : l’un , antérieur , se ramifie sur la face interne de ce pavillon , et donne quelques filamens au muscle auriculaire postérieur; l’autre, postérieur , se répand en spsubdivisant sur l’apophyse mastoïde et dans le muscle occipital et les tégumens environnans. Ces ramifications s’anastomosent avec celles du plexus cervical.

Les autres rameaux que le nerf facial fournit au même point, soin le

1573. Rameau stylo-hyoïdien. Celui-ci envoie plusieurs filets aux muscles qui naissent de l’apophyse styloïde du temporal; un ou deux de ces filets traversent le muscle stylo-hyoïdien , et vont s’anastomoser avec des filets du ganglion cervical supérieur.

1574. Et le Rameau sous-mastoïdien. Tl se porte dans le ventre postérieur du muscle digastrique , le traverse après lui avoir fourni quelques filets, et se divise en deux filets : l’un d’eux remonte en dedans derrière la veine jugulaire interne, et s’anastomose avec le nerf glosso-pharyngien au moment où il sort du crâne: l’autre descend le long de l’apophyse styloïde, et va s’uyir au rameau laryngé supérieur du nerf pneumo-gaslrique.

i5n5. Après avoir fourni ces trois rameaux , le tronc du

DES ]i E S FS FACIAUX. jj 5

ùerf facial lui-même entre dans la glande parotide, où il est d’abord caché profondément , mais de la superficie de laquelle il se rapproche en descendant obliquement en avant. Au bout de sept ou huit lignes de trajet , il se divise en deux branches : une supérieure ou teraporo -faciale, plus grosse 5 l’autre inférieure ou cervico-faciale, plus petite.

1 576. Branche temporo-faciale. Elle se porte en avant et en haut, dans l’épaisseur de la glande , vers le col du condyle de la mâchoire, dont elle croise la direction , et derrière lequel elle envoie un ou deux filets s’anastomoser avec ceux du nerf temporal superficiel ( i554 ); ensuiteelle se partage en sept ou huit rameaux, qui vont en rayonnant se répandre sur la tempe et sur la face * et que, d’après leur position , on distingue en

1 J77' Bameaux temporaux. Au nombre de deux oü trois, ils sont assez petits, et se portent obliquement en haut et en devant vers la tempe , en croisant la direction de l’arcade zygomatique. Ils donnent d’abord quelques filets à la glande parotide, qui les couvre à leur origine 5 au-dessus de l’arcade zygomatique, ils se subdivisent en un nombre considérable de filets qui se répandent sur le front et sur la tempe , jusqu’au sommet de la tête, entre les tégumens et 1 aponévrose temporale. Ces filets se ramifient dans la partie antérieure du pavillon de l’oreille , dans les muscles auriculaires antérieur et supérieur, bontal, temporal et 01 biculaire des paupières, et dans les tégumens. Ils s’anastomosent avec les filets des nerfs temporal superficiel ( 1 564), auriculaire postérieur (i5;2), temporaux profonds (i556), liontal (i545), orbitaire du maxillaire supérieur (i55o), et lacrymal (i54i), et avec ceux du plexus cervical. Au teste, il y a aussi de fréquentes communications établies • titie eux et les rameaux suivans , en sorte qu’ils offrent ' 'aiment un réseau très-compliqué au-dessous de la peau des tempes.

Il6 ORttANES DE LA SENSIBILITÉ.

i5j8. Rameaux malaires. Au nombre de deux ou trois aussi , ils montent en avant vers l’os de la pommette , où ils s’épanouissent en un grand nombre de filets. Le rameau supérieur , uni par arcade avec le dernier des temporaux, se dirige vers l’angle interne de l’œil , et s’y termine en s’anastomosant avec un des filets du nerf nasal externe (i 548). Conjointement avec les deux autres, il forme un plexus très-apparent sur la joue, lequel, plus superficiel en arrière qu’en devant , envoie de nombreux filets dans les muscles zygomatiques , orbiculaire des paupières , canin , élévateur de la lèvre supérieure , et à la peau de la paupière inférieure et de la partie supérieure de la joue. Ces filets, outre leurs communications réciproques, s’unissent encore à ceux des nerfs lacrymal (i54i), sous-orbitaires (1 553), frontal interne (i545), nasal externe (i54&), et accompagnent toutes les divisions de la veine faciale, en formant autour d’elles un réseau nerveux plus ou moins prolongé.

1 5^9. Rameaux buccaux . Au nombre de trois ou quatre, ils sortent de dessous la glande parotide vers le milieu du muscle masseler, communiquent avec les précédens et avec • la branche cervico-faciale, et suivent une direction presque horizontale. Le supérieur gagne les côtés du nez, et fournit aux muscles zygomatiques, canin, releveur propre et releveur commun de la lèvre supérieure. Le moyen est le plus considérable des rameaux de la branche temporo-faciale ; souvent il naît par un tronc commun avec le supérieur ; il marche au-dessous du conduit de Sténon dont il suit la direction, passe transversalement sur le muscle buccinateur , arrive .à la commissure des lèvres, et donne des filets à la lèvre supérieure , ainsi qu’aux muscles et a 1 la peau des parties voisines. L 'inférieur se comporte à-peuprès de la même manière, et gagne la lèvre inférieure. Tous les filets émanés de ces divers rameaux forment un plexus analogue à ceux que nous venons de signaler, et:

DES NERFS FACIÀDX. I I 7

communiquent avec les leurs, ou avec ceux des nerf sousorbitaire ( 1 553),mentonnier (i 563) et buccal ( 1 568) : avec ce dernier surtout, ils ont des anastomoses multipliées qui se remarquent autour de l’artère et de la veine faciales , et qui envoient des filets secondaires le long de leurs divisions.

1580. Branche cervico-faciale. Elle descend obliquement en bas dans l’épaisseur de la glande parotide , derrière la branche de la mâchoire , vers l’angle de laquelle elle s’enfouce sous le muscle peaucier en se portant en devant. On distingue les rameaux qu’elle fournit en ceux qui en naissent au-dessus de la base de la mâchoire, et en ceux qui s’en séparent au-dessous de ce point.

1 58 1 . Rameaux sus-maxillaires. Ils sont au nombre de deux. Le supérieur , assez volumineux , naît à angle droit immédiatement au-dessous du lobule de 1 oreille, et se porte transversalement en avant sur la partie inférieure du muscle masseter , caché pendant quelque temps par la glande parotide. Il s’enfonce ensuite dessous les muscles peaucier et triangulaire, en se partageant en quatre ou cinq filets qui se distribuent à ces muscles , au buccinateur, à l’orbiculaire des lèvres et aux tégumens. Quelques-uns de ces filets remontent vers l’os de la pommette ; quelques autres descendent vers la lèvre inférieure; tous ont des anastomoses fréquentes avec les rameaux précédens et suivans , avec les nerfs sous-orbitaire , mentonnier et buccal.

Le Rameau inférieur se contourne sur l’angle de la mâchoire en envoyant quelques filets à la partie inférieure des muscles masseter et ptérygoïdien interne , et en étant couvert par le muscle peaucier. Il se dirige ensuite obliquement en avant et en bas sur la face externe du muscle masseter; il croise la direction des fibres de celui-ci, près du bord antérieur duquel il se divise en plusieurs filets qui se jettent dans les memes muscles que ceux du rameau précédent, et en outre dans ceux de la lèvre inférieure et

ï l8 ORGANES I)E LA SENSIBILITÉ.

du menton , ainsi que dans la peau de ces parties : ils ont aussi des anastomoses entièrement analogues.

i5&2. Hameaux sous-maxillaires. Au nombre de deux ou trois , nés ensemble ou séparément, quelquefois même unis à leur origine avec le rameau sus-maxillaire inférieur, ils descendent en avant et en bas sur la partie antérieure et supérieure du cou, couverts par le muscle peaucicr. Vers l’angle de la mâchoire , ils se divisent en un grand nombre de filets divergens qui suivent la base de l’os en s’anastomosant avec les rameaux sus-maxillaires et mentonnier , et qui se portent dans les tégumens du-cou et dans le muscle peaucier , où ils s’unissent à quelques filets du plexus cervical.

1 583. La disposition du nerf facial, telle qu’elle vient d’ètre indiquée, n’est pas constante 5 il offre des variétés individuelles extrêmement nombreuses , et il est rare qu’il se présente de la même manière chez deux sujets dilférens : au reste, la distribution qu’il adopte de préférence est celle que nous avons fait connaître. Ses anastomoses très-multipliées , comme on a pu le voir, lui ont fait donner par plusieurs auteurs Je nom de petit sympathique.

Des Nerfs acoustiques (1) ( Portion molle de la septième paire

de beaucoup danalora. ; Nerf' labyrinthique, Chaos*.;

N creus auditovius Soewm.).

1684. Le nerf acoustique naît transversalement sur le COi ps resti forme, de la substance d’un petit ruban gris, un peu saillant , qui couvre constamment la base de ce nerf, et qui l’unit au plancher du quatrième ventricule; le plus ordinairement quelques-unes de ses racines traversent ce cordon , et vont se continuer manifestement avec les deux plus supérieures des stries blanches qu’on observe sur ics côtés du calatnus scriptorius (14 10). On remarque, eu

(1) A'xoJw , audio.

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