‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 23 sur 161 · DES NERFS ACOUSTIQUES. I I · texte numérisé non relu

DES NERFS ACOUSTIQUES. I I

outre, une sorte de bandelette qui semble unir les deux origines des nerfs acoustiques et leur servir de commissure : elle est recouverte par la couche postérieure de la protubérance.

Le nerf acoustique commence à s’isoler de la substance de l’encéphale dans une petite excavation à-peu-près triangulaire, et placée entre l’éminence olivaire , le pédoncule du cervelet, la protubérance et le corps restiforme. Cette excavation renferme aussi le nerf facial, qui , outre son origine distincte , est encore séparé de l’acoustique par une petite apophyse de la moelle vertébrale qui passe entre deux , et par quelques petits vaisseaux. Jusque là ce nerf est très-mou et comme pulpeux; mais il prendalors l’apparence des autres nerfs , c’est-à-dire qu’il est composé de filets nombreux revêtus d’un névrilemme. D’un volume égal à celui du nerf moteur commun , il devient aussi plus consistant que le nerf olfactif ; mais il reste néanmoins plus mou que les autres nerfs.

A mesure qu’il s’éloigne de l’encéphale, il forme un cordon aplati, comme roulé sur lui-même, et creusé en dedans d’un sillon qui loge le tronc du nerf facial. Tous les filets qui le constituent sont très-déliés et anastomosés entre eux, de manière à former un plexus très-complexe et fort serré; en arrière seulement on remarque , presque dès la naissance du nerf , un cordon plus blanc , plus mou que le reste , et non formé de filets distincts : il semble homogène et pulpeux. En outre , les filets intermédiaires qui vont se porter vers le nerf facial ordinairement, et que nous avons indiqués, viennent quelquefois se mêler aux siens , après avoir fait un petit plexus à part.

Le nerf acoustique marche parallèlement au facial tant qu’il est renfermé dans l’intérieur du crâne ; il s’introduit avec lui dans le conduit auditif interne ( 166) , où sa structure plexiforme devient de plus en plus apparente, et au fond duquel il se divise en deux branches.

1585. Branche du limaçon. Celle-ci est formée par le cordon blanc et non filamenteux que l’on distingue de bonne heure en arrière du reste du nerf. Elle se porte un peu en avant et en haut vers le fond du conduit auditif interne, et, parvenue à la base du limaçon , elle se partage en beaucoup de filets très-ténus. Tous ces filets s’engagent dans autant de petites ouvertures que présente cette base, et pénètrent ainsi dans le limaçon, parallèlement à son axe; ils répandent alors leurs ramifications sur la lame spirale qui le partage en deux rampes; elles sont d’autant plus courtes et plus fines , qu’on les observe plus près du sommet ; toutes forment , sur la partie membraneuse de cette lame, un réseau très-dense et très-épais. Au reste, pour cette distribution de filets, le nerf se contourne sur luimême autour de l’axe du limaçon , et celui de ces rameaux qui le termine passe par le canal central, et vase distribuer à l’infundibulum et au dernier demi-tour de la lame spirale : il est plus fort que les autres.

1586. Branche du vestibule et des canaux demi-circulaires. Son faisceau , d’abord uni au précédent , s’en sépare dans le conduit auditif interne , se porte en arrière et en dehors , forme un renflement grisâtre , gangliforme, duquel émanent trois rameaux d’un volume différent.

1587. Grand rameau. Plus volumineux que les autres , en arrière desquels il est situé , il entre dans le vestibule par plusieurs porosités , et s’y partage en deux portions , après avoir abandonné ses enveloppes et être devenu plus blanc. L’une de ces portions s’épanouit dans le vestibule lui-même, et forme une sorte de membrane nerveuse composée de ramifications très-déliées , réticulées et comme diffluentes ; l’autre s’avance vers les orifices rapprochés des conduits demi-circulaires vertical supérieur et horizontal ; là elle se bifurque, se mêle avec l’espèce de pulpe qui se renfle en forme d’ampoules à leur origine , et disparoit ainsi d’une manière encore peu connue.

DES NERFS GLOSSO-PHA-RYNGIENS. I2t

i58B. Rameau moyen. Celui-ci, partage en deux filets et entrant sur-le-champ dans le vestibule, se pei.d dans la membrane qui tapisse cette cavité , par une foule de ramifications très-subtiles, tres-blanches et ties-molles.

1689. Petit rameau. Placé au-dessous des autres, il entre dans le vestibule par une ouverture unique qu’on trouve à la partie externe du conduit auditif interne. Il se dirige vers le canal demi-circulaire vertical postérieur, et semble se prolonger dans son intérieur, après s’être épanoui sur l’ampoule pulpeuse qu’on observe à son orifice.

Des Nerfs glosso -pharyngiens (1) ( Portion de la huitième paire de beaucoup d’anatom.; Nerf pharyngo - glossien , Chauss. -, Nervus glossopharyngeus, Soemm.). „ .

1590. Les nerfs glosso-pharyngiens viennent des parties supérieure et latérales de la moelle vertébrale, entre les nerfs faciaux et pneumo-gastriques , mais plus près de ces derniers, dans le sillon qui sépare les éminences olivaires des corps restifoi’mes. Cette origine est composée d® deux , trois , quatre ou cinq filamens , plus ou moins séparés , et quelquefois réunis en une seule racine qui est séparée du nerf pneumo-gastrique par des vaisseaux, par une apophyse lamellée de la circonférence du cervelet , ou par une petite portion du plexus choroïde du quatrième ventricule (i45o). Ces filets s étant réunis , constituent un faisceau placé au-dessus et en avant du tronc du nerf pneumo-gastrique, et se portent directement en dehors vers la partie antérieure du trou déchiré postérieur. Là , le nerf glosso-pharyngien s’engage dans un canal isole que lui donne la dure-mère, traverse le trou , et se trouve, en sortant, séparé du neif pneumo-gastrique parle tronc de la veine jugulaire interne. Ensuite il se dirige en bas et en

(1) Ththvva., lingua; et tcifuyÇ, pharynx .

organes de la sensibilité.

devant , passe sur l’artère carotide interne et sous le muscle stylo-pharyngien , puis entre lui et le muscle slyloglosse , et descend obliquement en devant, en suivant sa direction jusqu’à la partie postérieure et inférieure de la langue, dans laquelle il pénètre.

1591. Immédiatement à sa sortie du crâne, le nerf gîosso-pharyngien jette une de ses ramifications dans le conduit auditif ; puis il reçoit un filet qui vient du rameau stylo-hyoïdien du nerf facial (1 5^3) , et un autre que lui envoie le tronc du pneumo-gastrique (i5gy). Ensuite il fournit deux filets longs et grêles qui descendent sur l’artère carotide interne , laissant échapper dans leur trajet plusieurs filamens qui vont s’anastomoser avec le nerf pharyngien du pneumo-gastrique, ou se jeter dans le plexus du même nom. Ces deux filets continuent à descendre en dedans de l’artère carotide primitive jusqu’à la partie inférieure du cou , où ils s’unissent à des rameaux des ganglions cervicaux, et particulièrement à quelquesuns des nerfs cardiaques. Après eux , le nerf glosso-pharyngien en envoie deux autres dans le mu^de stylo-pharyngien. Il fournit aussi deux rameaux considérables , isolés ou réunis au moment de leur origine, et qui en partent au niveau du sommet de l’apophyse styloïde ou un peu plus bas : ceux-ci descendent en dedans et en arrière , et donnent, en passant, des ramifications aux muscles constricteurs supérieur et moyen et à la membrane muqueuse du pharynx : une de ces ramifications se jette dans l’amygdale 5 deux on trois autres se perdent dans le muscle stylo-pharyngien, et quelques-unes gagnent la partie superficielle et postérieure de la langue: les rameaux, continuant ensuite à descendre, se dispersent dans le plexus pharyngien.

1092. Après avoir fourni ces diverses branches, le nerf lui-même s’engage sous les muscles slylo-glosse et hyo-glosse-, il sc divise alors en trois ordres de rameaux :

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